Henri Conneau

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Le docteur Conneau, gravure de Fournier, impression de Roze.

Enrico, François, Alexandre, dit Henri Conneau, né à Milan le 4 juin 1803 et mort à La Porta le 16 août 1877, est un médecin, chirurgien et homme politique français, proche de Napoléon III.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, études de médecine et secrétaire particulier de Louis Bonaparte à Florence[modifier | modifier le code]

Le docteur Conneau en docteur Faust, Félix Cottrau (en) (1799-1852), [réf. à confirmer]1856, château de Compiègne.

Son père Alexandre, Jean-Louis Conneau (1772-1835), né à Servian à côté de Béziers dans l'Hérault, était receveur de la couronne du royaume d'Étrurie à Arezzo, où il passa toute son enfance. Sa mère, Thérèse Raucher (1774-1859) était née à Nice (Alpes Maritimes). Henri Conneau fait ses études de médecine à Florence en Italie de 1820 à 1827 et obtint le diplôme de docteur en chirurgie. Au cours de son cursus, Henri Conneau est un temps le secrétaire de Louis Bonaparte, roi de Hollande de 1806 à 1810, frère de Napoléon Ier.

Le docteur Henri Conneau, une fois diplômé, s'installe à Rome en 1828 pour exercer son métier, où il prit part, après 1830, aux révolutions italiennes. Il y rencontre les deux fils de Louis Bonaparte, le prince Napoléon-Louis et Louis-Napoléon[1], qui participent à l'insurrection. Les volontaires de l'insurrection - qui avait duré deux mois - défaits, en 1831, par l'armée autrichienne, cherchaient maintenant à quitter l'Italie en toute hâte pour sauver leur tête. Les trois jeunes gens Napoléon-Louis, Louis-Napoléon et Henri marchaient en tête des fugitifs. Le prince Napoléon-Louis, l'aîné, fut atteint par une balle au cours d'une embuscade en Romagne et mourut dans les bras du docteur Conneau, à Forli. Le futur Napoléon III faillit lui-même mourir à Ancône.

Il est le frère de Théophile Conneau (1804-1860), dit Théodore Canot[2], marin, écrivain, aventurier et négociant, qui laissa un ouvrage célèbre et très documenté sur la traite des noirs au XIXe siècle.

Château d'Arenenberg[modifier | modifier le code]

Par la suite, Henri Conneau devient l'hôte privilégié et le médecin particulier de la reine Hortense, l'épouse de Louis, et de la famille Bonaparte, en Suisse, au château d'Arenenberg. Il accompagnera la reine dans ses derniers instants[3].

Fort de Ham[modifier | modifier le code]

Il participe à la tentative de soulèvement de Louis-Napoléon à Boulogne-sur-Mer en 1840 et est emprisonné au fort de Ham avec Bonaparte pendant cinq ans. Le 26 mai 1846, le docteur Henri Conneau prit une grande part à l'évasion du prince Louis-Napoléon.

Le prince-président - Palais de l'Elysée[modifier | modifier le code]

Après l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République après la révolution de 1848, Conneau devient son médecin attitré et est naturalisé français. Il sera nommé médecin personnel du prince-président et chirurgien municipal de l'état-major de la garde nationale de Paris. Le 2 février 1849, il reçoit la Légion d'honneur.

Napoléon III - Palais des Tuileries[modifier | modifier le code]

Les titres du docteur Henri Conneau de premier médecin de la maison impériale et de médecin personnel de Napoléon III lui conférèrent un rang fort enviable dans la maison civile de l'empereur qu'il accompagna dans tous ses déplacements et dans toutes les résidences impériales.

Docteur Conneau, sénateur, Léopold Ernest Mayer (1822-1895) et Pierre-Louis Pierson (1822-1913), Musée d'Orsay, Paris.

Le docteur Henri Conneau sera élu membre du corps législatif, en 1852, il est élu député de la Somme et le reste jusqu'à sa nomination au Sénat le 18 novembre 1867[4]. Il est promu officier de la Légion d'honneur en 1853, date de son mariage tardif avec Juliette Pasqualini, une jeune fille, enfant d'un de ses amis de Haute-Corse et petite nièce du comte, maréchal de France et ministre de la marine, du 11 août au 16 novembre 1830, et des Affaires Étrangères du 17 novembre 1830 au 11 octobre 1832 - Horace, François, Bastien Sébastiani della Porta (1772-1851). Au château de Compiègne, l'assistance avait remarqué que cette madame Henri Conneau, qui était musicienne et chantait à ravir, parlait franc presque autant que son mari à l'empereur. De cette union naquirent deux enfants : Louis Conneau et Henriette Conneau. Dans la nuit du 15 au 16 mars 1856 l'impératrice Eugénie, après un accouchement difficile, donna naissance au Prince impérial. Le docteur Conneau se hâta d'aller l'annoncer en plein congrès de Paris — qui a rétabli la paix après la guerre de Crimée — l'heureuse nouvelle à Napoléon III. En 1856, le docteur Henri Conneau est commandeur de la Légion d'honneur, quelques années plus tard, le 7 août 1867, il sera élevé à la dignité de grand-officier de la Légion d'honneur. Le docteur Henri Conneau devint médecin et chirurgien associé libre de l'Académie de médecine et directeur des dons et secours de l'empereur; il accède, ensuite, à la fonction élective de conseiller général de la Porta d'Ampugnani, en Haute Corse.

Donation d'un hôtel particulier par l'empereur Napoléon III[modifier | modifier le code]

Sachant que son médecin personnel n'avait ni biens ni fortune Napoléon III offrit, tout naturellement, au docteur Henri Conneau un hôtel particulier avec jardin. Ce bâtiment haussmannien de trois étages est transformé, de nos jours, en hôtel de luxe visible au no 6 de la rue Pierre Demours dans le XVIIe à deux pas de la place de l'Étoile à Paris.

Unité italienne[modifier | modifier le code]

Henri Conneau sera chargé par l'empereur Napoléon III d'une mission secrète auprès de Cavour. Les excellentes relations entretenues depuis l'insurrection de la Romagne jusqu'alors avec le comte Francesco d'Arèse permirent à Henri Conneau de concrétiser l'entrevue fatidique de Plombières, en juillet 1858 et de jouer un rôle déterminant dans la préparation de la rencontre secrète de Napoléon III et du comte Cavour.

La défaite et la chute de l'empire[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Sedan et la chute de l'Empire le 4 septembre 1870, Conneau accompagna Napoléon III en captivité à Wilhelmshöhe, puis en exil à Chislehurst en Angleterre où l'ex-empereur mourut le 9 janvier 1873. La dernière parole qu'il prononça fut à l'adresse d'Henri Conneau : « Conneau, étais-tu à Sedan ? ».

La fin du docteur Conneau[modifier | modifier le code]

Henri Conneau rentre en France après la mort de l'empereur en 1873. Henri Conneau fut reconduit, jusqu'à la fin, dans son mandat de conseiller général de la Porta d'Ampugnani en Corse, ville qu'il affectionnait particulièrement et où il décédera, en août 1877. Il est le père du général de division Louis Conneau.

Liste des titres et décorations[modifier | modifier le code]

François, Henri, Alexandre CONNEAU.jpg
Portrait du Docteur Conneau, Gustave Le Gray (1820–1884), Château de Compiègne.

Le docteur Henri Conneau avait de multiples titres officiels ; il était grand officier de la Légion d'honneur, titulaire de nombreuses décorations françaises et étrangères, à savoir :

Titres officiels[modifier | modifier le code]

  • Médecin et chirurgien associé libre de l'Académie de médecine,
  • Médecin personnel et 1er médecin de l'empereur Napoléon III,
  • Chef du service sanitaire de leurs majestés impériales,
  • Directeur des dons et secours de l'empereur,
  • Chirurgien municipal de l'état-major de la garde national de Paris,
  • Membre du conseil de la maison impériale,
  • Membre de l'Académie statistique de Milan,
  • Membre de l'Académie de médecine de Ferrare,
  • Patricien héréditaire de la république de Saint-Marin,
  • Député de la Somme de 1852 à 1867,
  • Sénateur du Second Empire de 1867 à 1870,
  • Conseiller général du département de la Corse, membre du conseil de La Porta.

Décorations françaises[modifier | modifier le code]

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Chapelle funéraire de la maison Sebastiani-Conneau[modifier | modifier le code]

À la Porta d'Ampugnani, en Haute-Corse, le bâtiment est l'une des grandes demeures de notables construites par étapes du XVIIIe et XIXe siècles, selon les besoins de la famille. La chapelle funéraire est classée au Monument historique pour ses décors intérieurs peints du XIXe siècle. Henri Conneau, médecin personnel de Napoléon III, a réhaussé en 1853 la casone d'un étage de réception lors de son mariage.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tulard, Jean (dir.), Dictionnaire du Second Empire, Paris, Fayard, 1995.
  • « Conneau (François-Alexandre-Henri », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore])
  • Bernard, Hervé, Henri Conneau et la Famille Impériale, Biarritz, Atlantica, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Académie des Sciences et des Lettres de Montpellier : Daniel Grasset, La pierre de Napoléon III
  2. Notice d'autorité personne : Canot, Théodore (1804?-1860) pseudonyme forme internationale
  3. Mémoires de Valérie Masuyer, dame d'honneur de la reine Hortense, Plon, rééd. 1937
  4. A. Robert et G. Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889
  5. « Notice no LH/581/10 », base Léonore, ministère français de la Culture
  6. a, b, c, d et e André F. Borel d'Hauterive et Albert Révérend, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, Champion,‎ 1868 (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

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