Hassan el-Banna

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Hassan el-Banna
حسن البنا
Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans
Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans
Biographie
Date de naissance 14 octobre 1906
Date de décès 12 février 1949 (assassiné)
Parti politique fondateur des Frères musulmans
Profession instituteur égyptien

Hassan el-Benna (alternativement Hassan al-Bannâ) (14 octobre 1906 - assassiné le 12 février 1949), en arabe حسن البنا, est un instituteur égyptien fondateur des Frères musulmans[1]. Il est le grand-père de Tariq Ramadan et Hani Ramadan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

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Il fut élevé dans une famille pieuse. Son père, horloger de métier, était diplômé de l'Université al-Azhar, où il étudie entre autres la sunna. Il édite le Musnad d'Ahmad Ibn Hanbal et compose des ouvrages sur les hadiths et assurait la fonction d'imam à la mosquée du village.

À 8 ans, il sera élu président d'une "association pour les bonnes mœurs", créée à l'instigation de l'un de ses instituteurs. Un peu plus tard, il participera à une "association contre les violations de la Loi" dont les membres faisaient parvenir de façon anonyme des remontrances écrites aux personnes suspectées d'avoir enfreint quelque principe religieux ou moral.

Hassan el-Banna était l'aîné de cinq garçons. Il reçut sa première formation dans son village natal de 1914 à 1918, puis au chef-lieu Damâhur, tout en s'initiant au métier d'horloger par Nassim Bahout et au travail de reliure à Ismâ'îliyya.

Hassan El-Banna sera membre de la confrérie Husâfiyya.

En 1920, à 14 ans, Hassan el-Banna décide de s'orienter vers le métier d'instituteur plutôt que vers le cycle d'études préparatoires de l'Université al-Azhar.

De 1920 à 1923, il est muezzin de la mosquée de l'école de Damâhur, une fonction qu'il accomplissait avec zèle. Il est amené par exemple à protester contre l'horaire des cours qui ne tenaient pas compte des heures de la prière.

En 1923, à 17 ans, il est admis à l'école normale du Caire (Dâr al-'ulûm), fondée en 1872 par Alî Pacha Mubârak où il fait preuve de sérieux. Il reçoit une bourse du Ministère de l’Éducation égyptien pour poursuivre ses études en Europe, ce qu'il refusa. En juin 1927, à 20 ans, il est nommé instituteur à Ismâ'îliyya.

Fondation de l’association des Frères musulmans[modifier | modifier le code]

Hassan al-Bannâ fonde l’association des Frères musulmans (djam'iyyat al-ikhwân al-muslimîn) en 1928 (Dhû l-Qa'da 1347). Il est convaincu que le seul moyen de libérer son pays de la colonisation culturelle britannique passe par l'émergence de ce qu'il appelle un islam social. Il s'engage à lutter contre l'emprise laïque occidentale et contre l'imitation aveugle du modèle européen. Au-delà, Hassan al-Banna contribue à un basculement, en considérant que la notion de jihâd doit être envisagée comme guerre offensive, et non plus uniquement défensive, avec comme objectif une révolution islamique[2].

Il prêche dans des lieux populaires, comme les cafés, le retour à la pratique religieuse et l’observance de la loi islamique. Ce souci de rencontrer les gens directement reste comme un trait caractéristique de l'action des Frères musulmans.

La formation des militants passe par la lecture et commentaire du Coran, étude du hadîth, du fiqh, de l'histoire musulmane, de la vie du prophète de l'islam, Mahomet. Ces enseignements sont accompagnés d'une formation pratique de communication. Soixante personnes suivent cette préparation la première année.

En octobre 1932, le siège des Frères musulmans est transféré au Caire où Banna venait d'être muté.

En avril 1933, la branche féminine des "Sœurs Musulmanes" est créée.

Hassan el-Banna devient quelqu'un de très populaire, il fonde des écoles, des associations de charité, des dispensaires, des bibliothèques, et des entreprises[réf. souhaitée]. En 1948 la confrérie compte 2 millions de membres, la monarchie égyptienne s'en inquiéta.[réf. nécessaire]

Philosophie et combat politique[modifier | modifier le code]

El-Banna s’oppose vigoureusement à la conception exclusivement spiritualiste de l'islam. Pour lui, et au vu de ses analyses à partir des textes scripturaires de l'islam, cette dernière englobe toutes les affaires privées et publiques. En plus d’une dimension religieuse, la oumma a aussi une dimension politique. Il souhaite restaurer le califat.

Les Frères Musulmans s'engagent très vite dans le combat politique. Ils soutiendront la cause de la Palestine arabe dès 1936. Pendant la Seconde Guerre mondiale, el-Banna mène une campagne nationaliste contre la Grande-Bretagne. À la suite d'activités jugées subversives, il est muté en Haute-Égypte et brièvement emprisonné. C'est de cette époque que datent ses premiers rapports avec des officiers égyptiens, tout particulièrement Anouar el-Sadate.

De 1942 à 1944, les Frères musulmans collaborent non sans heurts avec le parti Wafd, alors au pouvoir.

Après la guerre, les Frères musulmans demandent la révision des accords anglo-égyptiens et la réalisation de l'unité de la vallée du Nil (Soudan et Égypte) et l'islamisation du droit.

Les Frères musulmans sont dissous le 8 décembre 1948 pour menées subversives contre la sécurité de l'État suite à l'assassinant du chef du gouvernement Ahmed Maher, et le meurtre d'un juge tués par des frères musulmans sous les ordres d'El Banna. Le 28 décembre, 1948 le chef du gouvernement Mahmoud an-Nukrashi Pacha est assassiné par un jeune frère musulman. El-Banna tente de s'entendre avec le nouveau gouvernement et réprouve ouvertement tous les actes de violence.

Le 12 février 1949, Hassan el-Banna meurt assassiné[3] sur ordre du roi Farouk Ier d'Égypte. Son gendre, Saïd Ramadan poursuit son projet panislamiste.

Hassan el-Banna est le grand-père de Tariq Ramadan

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. *Andrea Mura, « A genealogical inquiry into early Islamism: the discourse of Hasan al-Banna », Journal of Political Ideologies, vol. 17, no 1,‎ 2012, p. 61–85 (DOI 10.1080/13569317.2012.644986, lire en ligne)
  2. Isabelle Surun (dir), Les sociétés coloniales à l'âge des Empires (1850-1960), Atlande, 2012, p. 331.
  3. Voir page 300 in The Middle East and Islamic world reader, Marvin E. Gettleman & Stuart Schaar, Grove Press, 2003