Hani Ramadan

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Hani Ramadan, né le 2 juin 1959 à Genève, est un enseignant, intellectuel et prédicateur suisse de confession musulmane originaire d'Égypte. Docteur ès lettres à l'université de Genève, en Suisse. C'est un des fils de Saïd Ramadan, et le frère de Tariq Ramadan. Il est marié et père de 3 enfants.

Directeur du centre islamique de Genève et employé des écoles du canton de Genève, Hani Ramadan est l'auteur de plusieurs livres et articles de presse controversés concernant l'islam et sa doctrine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hani Ramadan est né le 2 juin 1959 à Genève. Il a suivi toute sa scolarité dans les écoles du canton de Genève.

Entré à l'université de Genève, il obtient une licence en lettres en octobre 1981, une licence en philosophie en 1983 et une licence en arabe et islamologie en 1984. En 1990 il obtient un titre de docteur ès lettres auprès de cette même université[1].

En 1983 il obtient la nationalité suisse par naturalisation[1].

Depuis 1981, il enseigne le français au cycle d'orientation de La Golette, dans la région de Genève, à des élèves âgés de 12 à 15 ans.

Depuis les années 1980, Hani Ramadan tient des conférences au sujet de l'islam. Ses conférences sont diffusées sous forme de cassettes vidéo en Suisse et en France. Il publie également des livres sur l'islam et sa doctrine, participe à des colloques, des forums et des rencontres interreligieuses[1].

En 1991 il publie le livre "La femme en Islam" où il décrit le rôle de la femme conformément à ses convictions religieuses. Les propos dans ce livre sont jugés « discriminatoires » par ses collègues du cycle d'orientation - femmes en particulier. Ce livre est à l'origine de tensions entre les enseignants du cycle d'orientation[1].

En 1995 il reprend la place de son père décédé, en tant que directeur du centre islamique de Genève. Outre la gestion administrative de l'institution, Hani Ramadan exerce des activités d'imam, il y prononce des sermons, dirige des prières et célèbre des mariages religieux. Ses sermons sont publiés sur le site web de l'institution. Il exerce cette fonction de manière bénévole, quelques heures par semaine[1].

Ses enfants sont nés entre 1990 et 1996[1].

En 2002, Hani Ramadan publie dans le quotidien français Le Monde un article intitulé "La charia incomprise"[2]. Cet article provoque de très nombreuses et vives réactions dans la presse. Dans cet article il revient sur la récente condamnation à mort de Amina Lawal par lapidation au Nigéria, fustige la réaction de la presse face à cet événement, qu'il décrit comme étant la volonté de Dieu[3]. Il parle également du SIDA, qu'il suggère être une punition divine à l'encontre de comportements « déviants »[1].

Début 2003, Hani Ramadan est licencié de son poste d'enseignant au cycle d'orientation de La Golette. Son employeur - le canton de Genève - estime que ses opinions affichées publiquement, ses écrits et son activité d'imam sont incompatibles avec les valeurs de laïcité, de neutralité politique et religieuse de l'établissement[1],[4].

Hani Ramadan fait recours contre cette décision et obtient gain de cause après une procédure qui a duré deux ans. Son employeur se voit dans l'obligation de le réintégrer au collège de La Golette et lui verser deux années d'arriérées de salaire, il n'occupera cependant plus une place d'enseignant.

En 2004 les services secrets suisses ont vent que des moudjahidins sont recrutés à Genève, en direction de la Syrie et de l'Irak, ils suspectent le centre islamique de Genève, dirigé par Hani Ramadan d'être lié à ce "trafic" et engagent un agent double pour enquêter secrètement à ce sujet. L'enquête relève que Hani Ramadan n'est pas lié et n'est pas au courant de ce trafic. Deux ans plus tard, l'agent double Claude Covassi, se retourne contre son employeur et rend l'enquête publique[5].

Licenciement de son poste d'enseignant[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est enseignant de français au Cycle d’orientation de la Golette dans la région de Genève depuis 1981, en 1991 parait son ouvrage La Femme en Islam, dans lequel il explique la différence de statut des hommes et des femmes dans cette religion ; le contenu en est jugé discriminatoire par des collègues, en particulier femmes. Il s'ensuit une certaine animosité à son égard, qui prépare le terrain de la suite des événements[6]. En 1998, à la suite d'une présentation du livre dans le journal l'Hebdo, un grand hebdomadaire suisse romand, une pétition mettant en question la compatibilité de ses déclarations avec le devoir de réserve des enseignants, signée par une cinquantaine de collègues, est soumise à la présidente de la direction des écoles. H. Ramadan estime que ses propos ont été déformés. Par ailleurs, ses élèves organisent une pétition en sa faveur et aucune suite n’est donnée, à l’exception d’un rappel au devoir de réserve[6]. En 2000, une nouvelle polémique démarre dans les media, à la suite d’un appel au djihad qu’il lance à l’occasion d'une manifestation qu’il codirige contre l’occupation israélienne. H Ramadan affirme que le djihad qu’il prône n’est en aucun cas violent, et que la presse a encore une fois trahi ses propos. Son employeur estime pour sa part qu’il a enfreint son devoir de réserve, mais ne juge pas nécessaire de donner suite[6].

Le 10 septembre 2002, dans un article du journal le Monde intitulé La Charia incomprise, Hani Ramadan explique la notion de droit islamique dont « la richesse est reconnue par les plus grands spécialistes du droit comparé ». Il fait référence à la lapidation en la présentant comme une mesure dissuasive pratiquement impossible à appliquer dans la réalité et facilement contournable mais légitime « parce qu'il s'agit d'une injonction divine, la rigueur de cette loi est éprouvante pour les musulmans eux-mêmes. Elle constitue une punition, mais aussi une forme de purification ». Il établit un parallèle avec le SIDA dont souffrent « ceux qui ont un comportement déviant », en particulier les homosexuels, les personnes pratiquant l'adultère ou consommant de la drogue  : ce sont des punitions imposées par Dieu à une humanité pécheresse, qu'il convient d'accepter, mais en montrant de la compassion pour la victime[7].

Le Département de l'instruction publique (DIP) de Genève estime, sur avis du Conseil d’État, qu’il a enfreint l’obligation de réserve et de neutralité exigés des fonctionnaires et le démet de ses fonctions[8]. Néanmoins, l’enquête ayant relevé qu’il « s’abstient de faire état de ses convictions religieuses directement devant ses élèves », la Commission de recours de l’instruction publique (CRIP) considère qu’il a exercé sa liberté d’expression en toute légalité, puisque dans un cadre sans lien direct avec sa fonction[6]. Elle annule la décision de licenciement lors de deux jugements consécutifs, en 2004 et en 2005. Le gouvernement du canton de Genève, qui a refusé de tenir compte de la décision du Tribunal administratif en 2004, se voit en 2005 dans l’obligation de le réintégrer et de lui verser son salaire, y compris les sommes dues durant sa période de licenciement. Néanmoins, il n’a pas été réaffecté à un poste d’enseignant[9].

En 2006, il a été recruté par le centre de formation Shâtibî (librairie Tawhid) de Lyon, fondé en 1986 par l'UJM, comme responsable de travaux dirigés.

Thèses et polémiques[modifier | modifier le code]

Dans un texte intitulé « La civilisation du Dajjâl, l'Antéchrist » du 26 août 2009 [10], Hani Ramadan a déclaré : « La tradition islamique reconnaît la venue, vers la fin des temps, d’un homme qui trompera le monde, appelé Al-Masîh Ad-Dajjâl, le Messie Imposteur, ou si l’on veut l’Antéchrist. Il sera borgne. (...) L’œil du grand architecte des Lumières et d’un nouvel ordre mondial apparaît ainsi au sommet de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, tout comme sur le dollar américain. Est-ce vraiment un hasard ? » [10] Dans un autre texte intitulé "Vol d'organes palestiniens?" du 23 août 2009 [11], Hani Ramadan reprend un article du site internet d' Al-Manar, la chaîne de télévision du mouvement politique libanais Hezbollah, accusant l'État d'Israël de confisquer les cadavres des Palestiniens afin de faire commerce de leurs organes. Faisant référence à l'article de Donald Boström publié le 17 août 2009 dans les pages "Cultures" du journal suédois Aftonbladet, Ramadan évoquait le « dernier crime mis à jour par la presse suédoise, qui démontre que la barbarie sioniste n'a pas de limite »

Hani Ramadan réagit fréquemment sur le conflit israélo-palestinien en termes controversés. Il considère que la "logique sioniste est guerrière par essence", et "se traduit par le massacre des innocents" [12]. Il estime également que la politique israélienne vise à "affirmer dans les faits la suprématie du peuple élu" [13]. Enfin il pense que l'Europe est "infiltrée par Tsahal" [14].

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Femme en Islam, 1991.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h « Enquête sur Hani Ramadan et son activité pour l'État de Genève »
  2. « La charia incomprise »
  3. conformément à ce qui est écrit dans les textes sacrés de l'islam
  4. « Conseil d'État de Genève, point de presse du 5 février 2003 »
  5. « Le retour en Suisse de Claude Covassi »
  6. a, b, c et d Rapport d'enquête
  7. La Charia incomprise
  8. Débat sur l'affaire - Tribune de Genève 14.10.2002
  9. Le Monde 23.12.03
  10. a et b [1]
  11. [2]
  12. [3]
  13. [4]
  14. [5]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]