NCSM Bonaventure (CVL 22)

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NCSM Bonaventure (CVL 22)
Image illustrative de l'article NCSM Bonaventure (CVL 22)

Autres noms HMS Powerful
Histoire
A servi dans Pavillon de la marine canadienne Forces armées canadiennes
Quille posée 21 novembre 1943
Lancement 27 février 1945
Armé 17 janvier 1957
Statut Désarmé le 3 juillet 1970
démoli en 1971
Caractéristiques techniques
Type Porte-avions
Longueur 192,02 m
Maître-bau 24,38 m
Tirant d'eau 7,47 m
Déplacement 16 000 t
Propulsion Turbines à vapeur Parsons à simple réduction, 4 chaudières Parsons Admiralty 3-drum type 350 psi (2.4 MPa), 2 hélices
Puissance 30 MW
Vitesse 24,5 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage aucun
Armement 4 canons de 3 pouces
8 canons Bofors de 40 mm
Aéronefs 34 chasseurs MD F2H-3 Banshee
Grumman CS2F Tracker ASW
Hélicoptères Sikorsky HO4S
Autres caractéristiques
Électronique radar de recherche en surface AN/SPS-10, radar de recherche aérienne AN/SPS-12 et altimètre SPS-8
Équipage 1 200 (1 370 en temps de guerre)
Chantier naval Harland and Wolff, Belfast
Port d'attache Halifax, Canada
Indicatif CVL-22

Le NCSM Bonaventure est un porte-avions de la classe Majestic, initialement construit sous le nom d'HMS Powerful pour la Royal Navy britannique. Il servit dans la Marine royale canadienne puis dans le Commandement de la Force maritime des Forces canadiennes de 1957 à 1970. Il fut le dernier porte-avions du Canada.

Historique[modifier | modifier le code]

Construction et origines[modifier | modifier le code]

Les deux porte-avions Powerful et Magnificent en construction
Le Bonaventure (à droite) en construction avec le Magnificent

La construction du HMS Powerful débuta dans les chantiers Harland and Wolff de Belfast le 21 novembre 1943 et il fut lancé le 27 février 1945. Les travaux sur le navire furent suspendus avec la fin de la guerre et il ne fut pas armé avant qu'il ne soit acheté par le Canada au début des années 1950. La marine canadienne cherchait à remplacer son vieux porte-avions léger NCSM Magnificent (un autre porte-avions de la classe Majestic) et le Warrior, un porte-avions léger de la classe Colossus, qui n'étaient pas adaptés aux nouveaux avions à réaction. Plusieurs porte-avions en surplus de l’US Navy et de la Royal Navy furent étudiés avant le non achevé HMS Powerful. Celui-ci fut acheté en 1952 à la Royal Navy à condition qu'il soit réaménagé avec une piste d'envol d'angle et une catapulte à vapeur.

Son nom vient de l'île Bonaventure, une île côtière de Gaspésie dans le golfe du Saint-Laurent et qui abrite des colonies d'oiseaux marins (l'île avait été colonisée par les franciscains récollets, qui l'auraient nommée en l'honneur du cofondateur de l'ordre, Bonaventure de Bagnorea).

Il fut mis en service dans la Marine canadienne le 17 janvier 1957, après sa modernisation. Nouveau navire amiral de la flotte et vite affectueusement surnommé Bonnie, il emportait une force aéronavale de 34 avions de chasse à réaction McDonnell F2H Banshee, d'avions de lutte anti-sous-marine Grumman S-2 Tracker (construit par de Havilland à Toronto) et des hélicoptères Sikorsky H-19.

Un F2H-3 Banshee de l'escadron VF 871 du Bonaventure en 1957
Un avion Tracker canadien en train de tourner
Un S-2 en vol

Malgré son réaménagement, poser un Banshee sur le pont relativement court du Bonaventure n'était pas facile, idem pour les Tracker aux larges ailes. Quelques graves accidents furent malheureusement causés par cet handicap, comme celui du 4 mars 1958 lorsqu'un Banshee se présenta pour apponter mais ne put freiner efficacement et passa par-dessus bord. Mais malgré cela et grâce à l'implication de son personnel, le Bonaventure était capable en 1958 de mener des opérations soutenues 24h/24, maintenant en permanence 4 Tracker et 2 HO4S en vol, couvrant une zone de 200 milles nautiques (690 km2) avec un avion de lutte anti-sous-marine. Cela faisait de la Marine royale canadienne la seule marine au monde avec l’US Navy à être capable d'avoir un porte-avions en opérations 24h/24 pendant des périodes soutenues.

Mise en service[modifier | modifier le code]

Un Sikorsky HO4S (Sikorsky H-19) de la MRC au milieu des années 1950

Le 5 avril 1957 le premier Banshee se pose sur le pont du navire peu avant midi et c'est dans l'après-midi que la catapulte du Bonaventure lance son premier appareil : le chasseur Banshee ayant atterri plus tôt. C'est le 20 janvier 1958 que commence la première grande croisière du Bonaventure dans les environs des Bermudes. Durant cette croisière, pour la première fois dans l'histoire de la MRC, des opérations de vol et un ravitaillement en carburant des destroyers NCSM Sioux, NCSM Nootka, NCSM Algonquin et NCSM Micmac est effectué[1].

En septembre 1958 une autre croisière le mena jusqu'à Malte en Méditerranée. Ainsi en octobre le navire se rendit à Grand Harbour pour l’exercice Medaswex 27 en compagnie de navires anglais et italiens. Durant cet exercice les appareils embarqués du porte-avions réussirent à chasser un sous-marin « ennemi »[1].

En mai 1959 une situation hors de l’ordinaire eu lieu lorsque le Bonaventure vint s'arrêter à côté du porte-avions hollandais HNLMS Karel Doorman en Islande pour le repeindre car ce dernier avait violemment heurté les murs de ciment des docks.

Années 60[modifier | modifier le code]

F2H-3 Banshee à la base aéronavale américaine de Key West en Floride en 1957

Le 13 février 1961 le porte-avions commence l’exercice Tout Droit et reste en mer pour les six semaines suivantes. En juin de la même année le Bonaventure est impliqué dans un exercice à grande échelle de l'OTAN durant lequel ses appareils effectuent de nombreuses sorties. Pendant ces manœuvres un hélicoptère HS-50 s'écrase mais l'équipage est sauvé par le USS Voorhis.

Toujours en 1961, mais en octobre, à la suite de l'exercice TRAPLINE avec un porte-avions de l'US Navy les équipages des appareils de chacun des navires profitent de l'hospitalité des uns et des autres durant 24 heures avant de commencer la requalification des pilotes de chasse de l'escadron VF 870. Durant cette même traversée, pour illustrer les bonnes relation entre la MRC et l'US Navy le 9 000e appontage sur le Bonaventure est effectué par un pilote de la marine américaine. Finalement en avril 1962 durant des exercices sur la côte de la Nouvelle-Écosse le navire dépasse le cap des 10 000 appontages[1]. Les chasseurs Banshee furent retirés du service en septembre 1962 et ne seront jamais remplacés, ils resteront les seuls chasseurs à réaction basés sur porte-avions à être utilisés par la marine canadienne.

Les missiles nucléaires russes déployés à Cuba.

Le mois suivant, en octobre, le Bonaventure rentre à Halifax pour une période de repos. Cette dernière est brutalement interrompue par la Crise des missiles de Cuba qui met le monde au bord d'une guerre nucléaire. L'OTAN mobilise tous ses moyens pour faire tenir le blocus instauré par les Américains. Le Canada n'y échappe pas, le navire quitte le port prêt à toutes éventualités. Bien que de nombreux membres d'équipage se sont éparpillés en Grande-Bretagne un destroyer va les recueillir et les ramène à bord. Le Bonaventure participe, en compagnie d'autres porte-avions alliés, au blocus de Cuba. Les porte-avions étant chacun espacés de 150 miles. À la fin du mois la situation, jusque-là extrêmement tendue se détend et le navire rentre à Halifax pour de l’entretien après cette longue période en mer[1].

En 1964, de nouveaux hélicoptères CHSS-2 Sea King complétèrent la flottille embarquée en remplaçant les Banshee. Le mois de mars de la même année voit l’engagement du Bonaventure à Chypre dans l'opération de maintien de la paix de l'ONU. Il sert de transport pour le contingent canadien de maintien de la paix. Les véhicules et les hommes étaient dans les hangars sous le pont tandis que des Tracker étaient sur le pont d'envol. Tout ceci dans le but d'éviter que les Turcs ou les Grecs ne confondent les véhicules avec des armes offensives. De retour de Chypre, le navire se dirige vers Norfolk. À cette époque le remplacement des Banshee par des Skyhawk était envisagé par la Marine Canadienne. C'est pourquoi deux A-4E de l'US Navy opérèrent depuis le Bonaventure durant un cours laps de temps pour voir s'ils étaient adaptés à l’emploi sur un petit porte-avions comme le NCSM Bonaventure. Les résultats furent concluants et on établit que le Bonaventure pourrait opérer jusqu'à 25 de ces avions. Malgré cela aucun Skyhawk ne fut ni acheté ni construit par le Canada. Pendant ce même exercice avec la marine américaine le capitaine du Bonaventure, un ancien opérateur d'ASDIC, utilisa son porte-avions et ses Tracker embarqués comme un destroyer ASM et traqua le sous-marin américain USS Sea Owl. Les sous-mariniers américains furent grandement étonnés d'avoir été pourchassés par un porte-avions! À la fin de l'exercice le navire rentre à Halifax avec à son actif 41 750 miles parcourus, 4 156 heures de vol et 2 432 appontages[1].

Le premier exercice OTAN pour l'an 1965 était Trapline, qui se déroulait aux alentours de Porto Rico. Pour l'occasion le Bonaventure emporte 12 CS2F-2 Tracker de lutte ASM, 6 hélicoptères ASM Sea King, 1 hélicoptère HO4S-1 et Tracker Cod de transport pour les liaison avec le sol. C'était la première fois qu'autant d'avions étaient transportés ce qui entraîna l'augmentation du nombre de membres de l'équipage jusqu'à 1 350, l'effectif en temps de guerre du porte-avions. Plus tard le porte-avions se rend à San Juan pour une période de maintenance de deux semaines. C'est là que l'ancien White Ensing est remplacé par le nouveau Canadian Ensign suite à l'adoption d'un nouveau drapeau national par le Canada. Une cérémonie comprenant, entre autres, un défilé de Tracker et de Sea King ainsi qu'un salut d'armes eut lieu[1].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Peu de temps avant son carénage le Bonaventure prit part à la plus grandeTask Force de l'histoire de la Marine Royale Canadienne. Cette dernière comprenant; le navire de ravitaillement NCSM Provider (AOR 508), le navire de maintenance NCSM Cape Scott (ARE 101); les destroyers porte-hélicoptères NCSM Nipigon (DDH 266) et Annapolis (DDH 265); les destroyer de classe Saint-Laurent NCSM Saguenay (DDH 206) et Skeena (DDH 207); les destroyer de classe Prestonian NCSM Stettler (FFE 311) et NCSM Antigonish (FFE 301), les destroyers de la classe Restigouche NCSM Kootenay (DDE 258), Ste Croix (DDE 256) et Restigouche (DDE 257); le sous-marin de la Royal Navy HMS Acheron (S61, anciennement P.411) et le sous-marin canadien NCSM Grilse (SS-71) et, bien entendu, le porte-avions de classe Majestic NCSM Bonaventure (CVL-22)[1]. C'était la première fois depuis 1956 qu'un exercice de la marine canadienne impliquait des navires de la flotte du Pacifique et de la flotte de l'Atlantique. La Task Force, sous le commandement du Commodore JC O'Brien à bord du Bonnie, fit de nombreuses escales et participa à des exercices avec l'US Navy. Un autre anecdote savoureuse eut lieu lors du déploiement de la Task Force. Devant faire un atterrissage à Belem au Brésil pour quelques raisons, et bien qu'ignoré par la tour de contrôle, le pilote d'un Tracker Cod s'y posa quand même. L'intervention d'un consulaire britannique auprès des autorités locales permit à l'avion canadien de repartir en direction de son porte-avions. Cependant étant donné que les habitants n'acceptaient pas un achat du Gouvernement canadien le pilote du Tracker utilisa sa carte de crédit Esso pour acheter le carburant et le lubrifiant nécessaire au retour du Tracker. Grande fut la surprise de sa femme au Canada quand elle reçut la facture[1]!

En 1966, le porte-avions fut mis en cale sèche à Québec pour une remise à niveau de mi-vie qui l'immobilisa 18 mois jusqu'en 1967 et coûta 11 millions de dollars canadiens de l'époque. Peu après l'unification des forces canadiennes en 1968, le Bonaventure resta en service quelque temps comme navire de support mais fut finalement désarmé à Halifax le 3 juillet 1970 puis envoyé à la casse à Taïwan en 1971, mettant ainsi fin à 27 ans d'histoire de porte-avions au Canada. Des pièces de la catapulte à vapeur du Bonaventure furent par la suite utilisées pour reconstruire la catapulte du porte-avions australien HMAS Melbourne[2].

Engagements[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Avant la révision de 1967[modifier | modifier le code]

Déplacement: 16 000 t, 19 920 t à pleine charge
Dimensions: 192,02 par 24,38 par 7,47 m
Propulsion: turbines à vapeur à engrenage à simple réduction Parsons, quatre chaudières de type Admiralty 3-drum 350 psi (2,4 MPa), deux arbres; 40 000 cha (chevaux sur l'arbre)(30 MW)
Vitesse maximale: 24,5 nœuds (45 km/h)
Équipage : 1200 hommes; 1370 en temps de guerre
Aviation: environ 34 aéronefs, dont :

  • Escadron HS 50 : 12 Sikorsky HO4S
  • Escadron VF 870 et VF 871 : 16 McDonnell F2H-3 Banshee
  • Escadron VS 880 et VS 881 : 8 Grumman CS2F Tracker

Pont d'envol: 214,58 par 34,29 m
Radar: de recherche en surface AN/SPS-10 américain, de recherche aérienne AN/SPS-12 et altimètre SPS-8
Armement : 4 50 twin mounts de 3 in (76 mm), 3 saluting guns de 6 pdr (3 kg)

Après la révision de 1967 (les changements figurent en gras)[modifier | modifier le code]

Déplacement : 16 000 tonnes et 19 920 tonnes en plein charge
Dimensions: 192,02 par 24,38 par 7,47 m
Propulsion: turbines à vapeur à engrenage à simple réduction Parsons, quatre chaudières de type Admiralty 3-drum 350 psi (2,4 MPa), deux arbres; 40 000 cha (30 MW)
Vitesse maximale : 24,5 nœuds (45 km/h)
Équipage : 1200 hommes; 1370 en temps de guerre
Aviation: environ 21 aéronefs, dont :

  • Escadron HS 50 : 3 Sikorsky HO4S
  • Escadron HS 50, HU 21 et VX 10 : 10 Sikorsky CHSS-2 Sea King
  • Escadron VS 880 et VS 881 : 8 Grumman CS2F Tracker

Pont d'envol: 214,58 par 34,29 m
Radar: de recherche en surface AN/SPS-10 américain et de recherche aérienne AN/SPS-501
Armement: Deux 50 twin mounts de 3 pouces (76 mm), trois saluting guns de 6 pounder (3 kg) ???

Galerie[modifier | modifier le code]

Commémoration[modifier | modifier le code]

Ancre du Bonaventure au parc Point Pleasant

L'ancre du Bonaventure a été conservée au parc Point Pleasant (en) où elle est édifiée en monument aux hommes et aux femmes morts au service pour la Marine royale canadienne en temps de paix. La cloche du navire est préservée au Shearwater Aviation Museum (en) à la Base des Forces canadiennes Shearwater, où on retrouve aussi un modèle réduit du Bonaventure.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]