Gymnosophiste

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sculpture d'un yogi dans le Birla Mandir

Les gymnosophistes (mot grec signifiant « sages nus ») sont des philosophes indiens ainsi appelés par les Grecs parce qu'ils méditaient parfois nus.

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Plutarque raconte la rencontre d'Alexandre le Grand avec dix Gymnosophistes[1]. Calanus se sacrifie en montant sur un bûcher devant Alexandre et toute l'armée macédonienne. Pyrrhon d'Élis, un des fondateurs du scepticisme, semble avoir été influencé par eux lors du voyage qu'il fit avec Alexandre[2].

Trois siècles plus tard, un autre gymnosophiste, Zarménochégas, se brûla dans Athènes devant Auguste.

La doctrine des gymnosophistes nous est connue par la Géographie de Strabon qui s'appuie sur le récit du philosophe et historien Onésicrite qui a accompagné Alexandre en Inde.

Ils faisaient profession de vivre dans la retraite et de mépriser la douleur, doctrine proche de l'ascétisme. Ils s'abstenaient de femme et de vin, allaient nus et gardaient la barbe longue[3]. Strabon, puis au IIe siècle le théologien chrétien Clément d'Alexandrie[4], distinguent parmi les gymnosophistes, les Sramanas et les Brahmanes.

Influence sur la philosophie occidentale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : origine de la philosophie.

À l'opposé de l'idée d'un « miracle grec » concernant l'invention de la philosophie, certains auteurs (tel que par exemple Roger-Pol Droit) parlent de naissances simultanées en Grèce, Inde et Chine. Ces naissances simultanées furent peut-être totalement indépendantes, sans aucun contact. La mention des gymnosophistes par certains présocratiques[Qui ?] permettrait de soutenir l'hypothèse que des contacts intellectuels entre l'Inde et la Grèce ont bel et bien eu lieu, et ont généré la naissance de la philosophie au même moment dans ces deux régions du monde.

Dans Funérailles et diverses manières d'ensevelir les Romains, Grecs et autres nations, (1581) Claude Guichard cite les auteurs antiques : « Les Brachmanes, qui avoyent reputation de Sages par toute l’Inde, hommes sacrés, vacans à la contemplation de Dieu, et vivans selon leurs reigles et loix particulieres, specialement ceux que les Grecs appelloyent gymnosophistes, pour ce qu’ils alloyent nuds, faisans profession d’une vie penible et austere, tenoyent peu de compte de leur sepulture. » (Livre III, p. 355)

Dans l’essai II, 29, De la vertu[5], Montaigne cite l'exemple des gymnosophistes après celui des femmes indiennes qui suivent leur époux dans la mort : « En ce mesme païs, il y avoit quelque chose de pareil en leurs Gymnosophistes  : car, non par la contrainte d'autruy, non par l'impetuosité d'un' humeur soudaine, mais par expresse profession de leur regle, leur façon estoit, à mesure qu'ils avoyent attaint certain aage, ou qu'ils se voyoient menassez par quelque maladie, de se faire dresser un bucher, et au-dessus, un lict bien paré, et apres avoir festoyé joyeusement leurs amis et cognoissans, s'aller planter dans ce lict, en telle resolution, que le feu y estant mis, on ne les vist mouvoir, ny pieds ny mains : et ainsi mourut l'un d'eux, Calanus, en presence de toute l'armée d'Alexandre le Grand. »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Plutarque, Vie d’Alexandre, 107 et 108 ; Vie de Lycurgue, 6.
  • Glaude Guichard, Funérailles et diverses manières d’ensevelir les Romains, Grecs et autres nations, Lyon, Jean de Tournes, 1581. en ligne

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Gymnosophiste » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

  1. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Vie d'Alexandre ; (en) Life of Alexander, 64.
  2. Diogène Laërce, IX, 61 ; 63.
  3. Strabon, XV, I, 60
  4. Modèle:CléStro, 1, 15, 71 (éd. Colon, 1688, p. 305, A, B).
  5. édition Villey, p. 708; édition Céard, La Pochothèque, 2001, p. 1097

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]