Doukhobors

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Les Doukhobors (russe: Духоборы/Духоборцы) sont une secte chrétienne d'origine russe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Doukhobors signifie "lutteurs de l'esprit". Les doukhobors rejetaient le gouvernement des hommes, les prêtres russes orthodoxes, les icônes, tous les rituels ecclésiastiques, la Bible à l'exception des Évangiles et le caractère divin de Jésus de Nazareth. Ils étaient persuadés que nul n'a besoin d'intermédiaire entre Dieu et l'homme, car chaque homme porte en lui un morceau de divinité. Ils étaient par ailleurs d'ardents pacifistes, ce qui leur valut à double titre, religieux et politique, une dure répression en Russie, de la part tant des autorités tsaristes que de l'église orthodoxe, subissant tortures, exil et privations de liberté.

Les doukhobors sont cités pour la première fois en 1785 par l'archevêque orthodoxe russe Ambrosius[1].

À la fin du XIXe siècle, les doukhobors commencèrent à quitter la Russie en masse.

Ils trouvèrent refuge aux frontières de la Russie, et en particulier en Géorgie, dans la région inhospitalière de la Samskhé-Javakhétie, à la frontière de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. La communauté connue en Géorgie compte environ 500 membres, vit simplement comme à ses origines, en traitant de manière égale hommes, femmes et enfants et en vivant de l'agriculture. Cette communauté est repoussée à présent vers la Russie par le gouvernement Géorgien.

Ils choisirent aussi le Canada comme pays d'immigration pour son isolement et son caractère pacifique, et le fait que ce pays était disposé à les accueillir. Ils s'y installèrent en 1899.

Les doukhobors au Canada.

Leur voyage transatlantique fut payé par des quakers, par des tolstoïens sous l'action de Vladimir Tchertkov qui avaient pitié de leurs malheurs, et par le romancier Léon Tolstoï lui-même, qui fit abandon des droits d'auteur de Résurrection pour alimenter le fonds de leur émigration. Il collecta également de l'argent auprès d'amis aisés. Au Canada, les doukhobors établirent un mode de vie communautaire semblable à celui des huttérites.

Aujourd'hui, la majorité des doukhobors (environ 30 000) vivent au Canada.Quelque 30 000 autres vivraient encore peut-être en Russie.


Jusqu'en 1957, la Colombie-Britannique n'accordait le droit de suffrage aux doukhobors, objecteurs de conscience comme les mennonites et les huttérites, que s'ils avaient servi en temps de guerre, ce qui revenait concrètement à les en exclure. C'est seulement en 1960, avec une première application aux élections fédérales de 1963, que les restrictions au droit de vote et d'éligibilité basées sur la "race" ou la religion furent levées au Canada (voir Droit de vote au Canada)[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir une présentation des doukhobors sur le site Internet du Doukhobor Village Museum, un village musée reconstituant un des premiers villages doukhobors installé aux États-Unis. Site consulté le 21/10/2007.
  2. Commission Royale d'Enquête sur le Bilinguisme et le Biculturalisme, L'apport culturel des autres groupes ethniques, Ottawa, 1969, vol.4, pp. 75-94