Fièvre hémorragique vénézuélienne

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La fièvre hémorragique Vénézuélienne (VHF) est une Zoonose, une maladie humaine identifiée pour la première fois en 1989. La maladie est répandue dans plusieurs zones rurales du centre du Venezuela et est provoquée par le virus Guanarito (GTOV) un arenavirus appartenant à la famille des Arenaviridae. La souris à queue courte ( Zygodontomys brevicauda) est l'hôte principal du GTOV[1] qui se propage principalement par l'inhalation de gouttelettes d'aérosol provenant de salive, de sécrétions respiratoires, d'urine ou de sang de rongeurs infectés[2]. la transmission de personne à personne est possible, mais rare.

Histoire[modifier | modifier le code]

De septembre 1989 à décembre 2006, l'État de Portuguesa a enregistré 618 cas de VHF. Presque tous les cas sont survenus chez des personnes qui ont travaillé ou vécu à Guanarito où ils ont été infectés. Le taux de létalité était de 23,1 %[3].

Parce que le virus est contracté par la diffusion d'aérosol, une inquiétude est née peu de temps après que les premiers cas soient apparus en 1989 en raison de la crainte de guerre biologique. Les agents biologiques potentiellement utilisables pour le terrorisme ont été identifiés et classés en 1999 par le Centers for Disease Control and Prevention(CDC) dans le cadre de l'initiative du Congrès pour promouvoir les capacités d'intervention par les armes biologiques [4].Les Arénavirus provoquant des fièvres hémorragiques, avec un virus du genre filovirus, ont été classés dans la catégorie A, ce sont des agents pathogènes dont l'impact potentiel sur la sécurité et la santé publique est le plus élevé.

Un événement notable dans la chronologie de la connaissance scientifique de ce virus a été la disparition inexpliquée d'un flacon du virus au Medical Branch Galveston National Laboratory de l'Université du Texas annoncé le 24 mars 2013[5].

Virus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : virus Guanarito.

Les Arénavirus sont des virus enveloppés, à ARN simple brin, à génome bisegmenté avec double polarité positive et négative[6]. Sur la base de leurs propriétés antigéniques, les arénavirus ont été classés en deux grands groupes: les arénavirus de l'Ancien Monde, et les arénavirus du Nouveau Monde. Les Arénavirus de l'ancien monde comprennent le virus de la chorioméningite lymphocytaire (en) et le virus de Lassa. Les Arénavirus du nouveaux monde sont répartis en trois classes A, B, et C. Le virus Guanarito appartient à classe B et est là l'origine de la VHF. Sur l'échelle de niveaux de biosécurité graduée de un à quatre, le niveau quatre est celui qui expose au maximum de risques, les virus provoquant des fièvres hémorragiques ont été classés quatre par le CDC[7].

Hôte[modifier | modifier le code]

La souris à queue courte, l'hôte principal du GTOV, est originaire de l'ouest du Venezuela et pullule en grand nombre dans les hautes herbes, les champs agricoles cultivés, les habitations humaines, et leurs dépendances[3]. Il est supposé que les changements démographiques et écologiques dans les zones rurales ont augmenté la fréquence des contacts entre les humains et les rongeurs infectés de telle sorte que la VHF a émergé.

Manifestations cliniques[modifier | modifier le code]

La VHF possède beaucoup de similitudes avec la Fièvre de Lassa et les fièvres hémorragiques à arénavirus qui sévissent en Argentine et en Bolivie[6]. Il provoque de la fièvre et un malaise suivi par des manifestations hémorragiques et des convulsions[8]. Certaines manifestations du virus sont également caractérisées par des lésions vasculaires, des saignements, de la fièvre, et des hémorragies atteignant plusieurs organes. Le diagnostic clinique de VHF s'est avérée difficile sur la base de symptômes non spécifiques.[4]La maladie est mortelle dans 30 % des cas et est endémique à l'état de Portuguesa et à l'état de Barinas au Venezuela.

Le traitement et la prévention de la VHF sont limités et il n'y a aucun vaccins homologué disponible pour prévenir la maladie [4] .Cependant, une fois l'infection déclarée, la ribavirine, un médicament anti-viral administré par voie intraveineuse, peut être utilisé pour traiter la VHF.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Salas, R., and De Manzione, N.. "Venezuelan haemorrhagic fever." Lancet. 8774.338 (1991): 1033-1037. Print.
  2. Milazzo, Mary L., Narua N.B. Caimat, Gloria Duno, Freddy Duno, Antonio Utera, and Charles F. Fulhorst."Transmission of Guanarito and Pirital Viruses among Wild Rodents, Venezuela."Emerging Infectious Diseases. 17.12 (2011): 2209-2215. Web. 26 Apr. 2012. <www.cdc.gov/eid>.
  3. a et b Fulhorst, Charles F., Maria N.B. Cajimat, Mary Louise Milazzo, Hector Paredes, Nuris M.C. deManzione, Rose A. Sala, Pierre E. Rollin, and Thomas G. Ksiazek. "Genetic diversity between and within the arenavirus species indigenous to western Venezuela." Virology. 378.2 (2008): 205-213. Print. <http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2583173/>.
  4. a, b et c Hruby, D.E., Bolken, T.C., & Dai, D. (2011). U.S. Patent No. 7,872,037. Corvallis, OR: Siga Technologies, Inc.
  5. http://www.kltv.com/story/21779393/virus-vial-missing-from-galveston-lab
  6. a et b (en) Radoshitzky Sheli R, Jens H. Kuhn't, Christina F. Spiropoulout, Cesar G. Albarifiod, Dan P. Nguyen, Jorge Salazar-Bravo, Tatyana Dorfman, Amy S. Lee, Enxiu Wang, Susan R. Rossll, Hyeryun Choe, and Michael Farzan « Receptor determinants of zoonotic transmission of New World hemorrhagic fever arenaviruses » Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America. 105.7 (2008): 2664-2669. Print.
  7. (May 19, 2011).Special Pathogens Branch. Centers for Disease Control and Prevention. http://www.cdc.gov/ncidod/dvrd/spb/mnpages/disinfo.htm
  8. de Manzione N, Salas RA, Paredes H, et al., « Venezuelan hemorrhagic fever: clinical and epidemiological studies of 165 cases », Clin. Infect. Dis., vol. 26, no 2,‎ 1998, p. 308–13 (PMID 9502447, DOI 10.1086/516299)