Distribution Linux

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Une distribution Linux, appelée aussi distribution GNU/Linux pour faire référence aux logiciels du projet GNU, est un ensemble cohérent de logiciels, la plupart étant logiciels libres, assemblés autour du noyau Linux.

Il existe une très grande variété de distributions, ayant chacune des objectifs et une philosophie particulière. Les éléments différenciant principalement les distributions sont : la convivialité (facilité de mise en œuvre), l'intégration (taille du parc de logiciels validés distribués), la notoriété (communauté informative pour résoudre les problèmes), l'environnement de bureau (GNOME, KDE…), le type de paquet utilisé pour distribuer un logiciel (principalement deb et RPM) et le mainteneur de la distribution (généralement une entreprise ou une communauté). Le point commun est le noyau (kernel) et un certain nombre de commandes.

Définition[modifier | modifier le code]

Les distributions rassemblent les composants d'un système dans un ensemble cohérent et stable dont l'installation, l'utilisation et la maintenance sont facilitées. Elles comprennent donc le plus souvent un logiciel d'installation et des outils de configuration.
Il existe de nombreuses distributions, chacune ayant ses particularités. Certaines sont dédiées à un usage spécifique (pare-feu, routeur, grappe de calcul, édition multimédia…), d'autres à un matériel spécifique.

Les distributions généralistes destinées au grand public pour un usage en poste de travail (bureautique) sont les plus connues (Debian, Gentoo, Mandriva Linux, Red Hat/Fedora, Slackware, SUSE Linux Enterprise/openSUSE, Ubuntu). Le mainteneur de la distribution peut être une entreprise (comme dans le cas de Mandriva, RedHat et Ubuntu, Canonical) ou une communauté (comme Debian, Gentoo ou Slackware).

Leurs orientations particulières permettent des choix selon les besoins et les préférences de l'utilisateur. Certaines sont plus orientées vers les utilisateurs débutants (Mandriva Linux, Ubuntu, etc.), car plus simples à mettre en œuvre. Debian, en revanche, reste prisée pour les serveurs ou plutôt considérée comme une méta-distribution, c'est-à-dire pour servir de base à une nouvelle distribution. Diverses distributions en dérivent, comme Ubuntu, Knoppix, MEPIS… L'installation de Debian est devenue plus facile depuis la version 3.1 (Sarge), néanmoins des compétences en shell et une culture des projets libres restent nécessaires pour obtenir le GNU/Linux de ses rêves ; en revanche la mise à jour et la maintenance du système sont très aisées grâce aux outils Debian. La distribution Gentoo, destinée à des utilisateurs plus connaisseurs, à la recherche de mises à jour fréquentes, a pour particularité d'être compilée depuis le code source sur le poste même de l'usager, en tenant compte des nombreux paramètres locaux. Ceci en fait le système d'exploitation le plus optimisé pour chaque configuration individuelle. Certaines distributions sont commerciales, comme celles de Red Hat, Mandriva (ex-MandrakeSoft) ou de Novell/SUSE, alors que d'autres sont l'ouvrage d'une fondation à but non lucratif comme Gentoo et Debian.

GNU/Linux et l'immense majorité des logiciels contenus dans une distribution sont libres, mais libre ne veut pas dire gratuit, même si les logiciels libres sont généralement distribués gratuitement. Ainsi, lorsque l'on achète une distribution GNU/Linux, le prix payé est celui du média, de la documentation incluse et du travail effectué pour assembler les logiciels en un tout cohérent. Toutefois, pour se conformer aux exigences des licences utilisées par ces logiciels, les entreprises qui éditent ces distributions acceptent de mettre à disposition les sources des logiciels sans frais supplémentaires.

La multiplication des distributions Linux a pu dans le passé être vue comme un inconvénient, mais Linus Torvalds défend au contraire avec vigueur la multiplicité de distributions spécialisées chacune sur un créneau particulier[1], à côté des distributions orientées « grand public » comme openSUSE, Fedora ou Ubuntu.

Historique[modifier | modifier le code]

Arbre des distributions GNU/Linux

La première distribution apparue en 1992 était assemblée sur quelques dizaines de disquettes. En raison de la très forte croissance de GNU/Linux, une distribution actuelle peut occuper de quelques mégaoctets (pour être installée sur une clé USB par exemple) à plusieurs gigaoctets.

Avant l'existence des distributions, les utilisateurs de GNU/Linux devaient composer eux-mêmes leur système en réunissant tous les éléments nécessaires.

En 1992, Linux (version 0.96) est pleinement fonctionnel. C'est la naissance des premières distributions GNU/Linux : Yggdrasil Linux, MCC Interim Linux, TAMU. Au milieu de l'année, Softlanding Linux System (SLS) est créée : Slackware, la plus ancienne distribution encore en activité aujourd'hui, est dérivée de cette distribution. Elle est aussi la première, longtemps avant les autres, à permettre un usage direct depuis le CD-ROM, sans installation préalable.

Architecture logicielle d'une distribution[modifier | modifier le code]

Composants d'une distribution Linux.

Ce qui fait l'intérêt d'une distribution est l'exploitation du concept de couche d'abstraction. Comme on peut le voir sur le schéma les parties qui composent la distribution sont distinctes. On peut donc, par exemple, changer le noyau sans changer les logiciels et donc porter plus facilement la distribution sur une autre architecture matérielle.

Différences entre distributions commerciales et non commerciales[modifier | modifier le code]

Une distribution commerciale est une distribution constituée par une société commerciale. Par « constituer une distribution » on entend « choisir et assembler les logiciels qui composent la distribution » (le noyau du système d'exploitation, un lecteur vidéo, un programme et les pilotes de connexion Wi-Fi, le programme d'installation de la distribution, etc.).

Les distributions commerciales proposent généralement des versions gratuites, ce qui n'en fait pas des distributions non commerciales puisque l'objectif est de réaliser du profit par la vente de services liés à l'utilisation de la distribution (support, développement...) ou par la vente d'un code permettant d'activer une partie bridée de celle-ci.

Ainsi, Ubuntu est une distribution commerciale car elle est constituée par la société commerciale, Canonical. Debian est en revanche une distribution non commerciale car elle est constituée par l'organisation à but non lucratif SPI.

La distinction entre distributions non commerciales et commerciales est importante car les choix en matière de technologie ou de marketing ne sont pas fondés sur les mêmes critères selon qu'ils sont faits par des bénévoles organisés en démocratie directe, ou par le (ou les) propriétaire(s) d'une société commerciale.

Principales distributions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des distributions Linux.

Distribution grand public[modifier | modifier le code]

Logo de Fedora

Fedora est une distribution communautaire supervisée par Red Hat. Elle est basée sur le système de gestion de paquetages logiciels RPM.

Logo de Mageia

Mageia est une distribution GNU/Linux éditée par une association à but non lucratif : Mageia.Org. C'est une distribution dérivée de Mandriva Linux qui s'adresse à tous, utilisateurs débutants comme avertis. De création récente (2011) et offrant la plupart des environnements graphiques elle s'est rapidement montrée apte à toucher un large public. http://distrowatch.com/dwres.php?resource=popularity : Caractéristiques, comparatifs et actualités des distributions.

Logo de Mandriva

Mandriva est la plus grande distribution européenne. C'est une distribution internationale d'origine française éditée par la société Mandriva. Très orientée vers le grand public, elle est conçue pour être facile d'installation et d'usage pour les débutants et les professionnels. Elle est disponible en plusieurs versions, certaines commerciales et d'autres gratuites et également en Live CD. En 2012, la distribution Mandriva devient indépendante de Mandriva SA et communautaire. Elle change de nom pour OpenMandriva. La première version stable de celle-ci est sortie le 22 novembre 2013.

Logo de SUSE

openSUSE est une distribution communautaire majeure destinée tant à un usage grand public qu'à un usage professionnel. Elle est sponsorisée, entre autres, par SUSE qui l'utilise comme base pour ses solutions commerciales destinées aux entreprises. C'est une distribution indépendante réputée pour ses outils de configurations et sa stabilité.

Logo d'Ubuntu

Ubuntu, basée sur Debian. Distribution commerciale orientée vers le grand public et constituée par Canonical, édite des versions stables tous les six mois. Elle est disponible en live CD. Cette distribution dispose d'une communauté d'utilisateurs dans le monde entier très dynamique.

Distribution large[modifier | modifier le code]

Logo d'ArchLinux

ArchLinux est une distribution communautaire sans versions : elle est en mise à jour permanente. Elle dispose toujours des dernières versions des logiciels disponibles, grâce à une communauté de développeurs très active. Cette distribution ultra-légère a été inspirée par Crux Linux, suivant le principe KISS de simplicité technique. Son absence d'outils spécifiques (excepté son gestionnaire de paquets, pacman), en font une distribution adaptée à la découverte de l'administration des systèmes GNU/Linux.

Logo de Debian

Debian est une distribution non commerciale régie par le contrat social Debian. Elle se distingue par le très grand nombre d'architectures supportées, son importante logithèque et par son cycle de développement relativement long, gage d'une certaine stabilité. Sa qualité et son sérieux sont unanimement reconnus, de sorte qu'elle est particulièrement appréciée par les experts et très utilisée sur les serveurs. Son ergonomie ayant gagné en convivialité elle est également utilisée par des non experts, notamment ceux attirés par le caractère non commercial de Debian. C'est la distribution qui a été retenue pour le déploiement de GNU/Linux dans la ville de Munich (14 000 PC).

Logo de Gentoo

Gentoo est une distribution caractérisée par sa gestion des paquetages à la manière des ports BSD, effectuant généralement la compilation des logiciels (X, OpenOffice, etc.) sur l'appareil de l'utilisateur. Elle est dédiée aux utilisateurs avancés, aux développeurs et aux passionnés. La compilation des logiciels in situ donne une liberté de choix de fonctionnalités et de dépendances très poussée, apportant davantage de souplesse dans la gestion des paquets que dans une distribution utilisant des paquets binaires. Enfin, Gentoo se fait forte d'une communauté d'utilisateurs particulièrement active et d'une documentation complète et centralisée.

Logo de Red Hat

Red Hat (officiellement Red Hat Enterprise Linux ou RHEL) est une distribution commerciale largement répandue dans les entreprises (surtout aux États-Unis). La société Red Hat qui la supervise a développé RPM, un gestionnaire de paquets sous licence GPL que d'autres distributions utilisent.

Logo de Slackware

Slackware est l'une des plus anciennes distributions existantes. Slackware a été historiquement une des premières permettant de faire tourner GNU/Linux in situ depuis un CD-ROM, dès 1995. Slackware est toujours activement maintenue par son créateur Patrick Volkerding. Slackware Linux est particulièrement adaptée aux utilisations serveur, on peut la considérer comme la distribution la plus pure de GNU/Linux.

Pour avoir toutes les distributions faisant l'objet d'un article : voir Catégorie:Distribution Linux.

Standardisation[modifier | modifier le code]

En raison de la variété des options du noyau à compiler, des logiciels nécessaires ou souhaitables pour le fonctionnement du système, et de caractéristiques propres à des besoins géographiques locaux, de nombreuses distributions différentes ont vu le jour. Par exemple Conectiva, était l'une des plus populaires en Amérique du Sud, et très peu connue en Europe ; Mandrake et Conectiva ont fusionné en 2005 créant ainsi la distribution Mandriva.

La multiplicité des distributions et l'existence des différents formats de paquet est parfois perçue comme source de possibles incompatibilités.

Un standard a été créé, nommé Linux Standard Base ou LSB, réunissant les distributeurs respectant ses normes. C'est déjà le cas de plusieurs distributions, comme Mandriva Linux, Red Hat et SuSE.

De nouvelles versions sont régulièrement publiées afin d'incorporer les nouveaux développements. La plupart intègre également des logiciels annexes, tels des suites bureautiques et des jeux vidéo. La complexité de l'offre ou des questions d'incompatibilité provisoire (par exemple Kuickshow a pendant quelque temps manifesté une incompatibilité avec KDE 3.2) font que certains choix du menu pointent parfois dans le vide, même à l'intérieur d'une distribution, argument qui est mis en avant par ceux qui préfèrent les systèmes de Microsoft. Les partisans de GNU/Linux font remarquer que cela est dû au développement plus rapide de GNU/Linux[2] et que celui-ci ne fait que manifester ici le défaut de ses qualités.

Certaines distributions se caractérisent par des options prédéfinies qui leur sont propres. Ainsi Slackware utilise-t-elle le système de fichiers ReiserFS là où la plupart des autres considèrent comme implicite l'usage d'ext3fs.

Pour le codage des caractères, les distributions récentes sont généralement pré-configurées pour utiliser UTF-8 en tant que locale.

Critères de distinction des distributions[modifier | modifier le code]

Depuis l'instauration du concept de distribution, plusieurs questionnent la nécessité de centaines de distributions différentes, alors que le système de Microsoft, Windows et celui d'Apple ne se déclinent qu'en une voire deux versions. La réponse réside dans l'éventail de possibilités offertes par le grand choix logiciel permettent de créer de nombreuses distributions adaptées aux objectifs que se fixe l'utilisateur.

Voici une liste (non exhaustive) des critères permettant de distinguer deux distributions. Des exemples s'appuient sur les distributions les plus célèbres. Attention : il ne s'agit pas ici de classer les distributions les plus célèbres selon le critère en question (ce qui risquerait d'amener le troll) mais d'illustrer chaque critère pour faciliter la compréhension du lecteur.

Architecture matérielle supportée[modifier | modifier le code]

Une distribution peut ne supporter qu'une seule et unique architecture matérielle comme elle peut en supporter plusieurs. A priori on peut penser qu'une distribution spécialisée sur une architecture fonctionnera mieux qu'une distribution plus générique mais ce n'est pas toujours vrai.

Exemple : Yellow Dog ne fonctionne que sur les machines à base de processeurs PowerPC (Macintosh avec processeur G3, G4 ou G5, PlayStation 3) alors que Debian fonctionne sur pas moins de onze architectures matérielles différentes.

Stabilité[modifier | modifier le code]

C'est ici un choix des utilisateurs, certains préfèrent avoir un système très stable, qui ne plantera jamais et dont la cohérence est assurée, quitte à avoir des logiciels d'une version un peu ancienne. A contrario, d'autres utilisateurs veulent avoir tous leurs logiciels dans la toute dernière version, quitte à ce que le système soit un peu instable.

Un modèle courant : plus une distribution se veut stable, plus elle met de temps à éditer des versions. Debian, dont la stabilité est réputée, a mis jusqu'à trois ans pour éditer une version.

Exemples[modifier | modifier le code]

  • Debian se décline en plusieurs versions : stable, testing, unstable[3].
    • La version « stable » est mise à jour en essayant de rester le plus stable possible, les mises à jour étant essentiellement des modifications liées à la sécurité. C'est la plus stable des distributions Linux.
    • La version « unstable » est destinée aux utilisateurs plus expérimentés et souhaitant un maximum de programmes ; cela peut se faire parfois au détriment de la stabilité.
    • Il existe un compromis, « testing », qui permet l'accès à de très nombreux paquets provenant de la branche instable et expérimentale, mais ayant fait preuve d'une certaine stabilité. Cette version est la future version stable et elle est aussi stable que la plupart des autres distributions GNU/Linux.
  • ArchLinux est un peu l'opposé de Debian en matière de politique de fonctionnement : en développement constant, il n'existe pas de "version" d'Arch Linux, étant donné que les mises à jours se font sans discontinuer. Elle souffre cependant de plus d'instabilité que la moyenne des distributions.
  • Mandriva Linux est revenu à une version tous les six mois. On peut aussi installer la version vieille de six mois, quitte à avoir certains logiciels avec un an de retard par rapport au dépôt CVS officiel.
  • Slackware est un système doté d'une grande stabilité, mais à réserver aux utilisateurs expérimentés, ainsi qu'aux personnes désireuses d'apprendre à gérer leur système en profondeur. C'est la distribution qui offre le plus de possibilités de configuration. Les documentations sont à la hauteur de ces dernières et leurs conseils doivent être suivis pour obtenir un système stable.

Serveur ou station de travail[modifier | modifier le code]

Les distributions peuvent être destinées à faire fonctionner une machine serveur ou une machine de type bureau et cela influence le choix logiciel. Une distribution orientée bureau se doit d'inclure un environnement graphique (GNOME ou KDE) et un serveur graphique (XFree86 ou Xorg), tout le contraire d'une distribution serveur qui se passera très bien de ces logiciels.

  • Debian fut originellement orientée serveur, mais depuis la version 5 sortie en février 2009, cette distribution a atteint un niveau de convivialité qui la rend de plus en plus attractive auprès du grand public, et particulièrement auprès de celles et ceux qui partagent et soutiennent la philosophie non commerciale de Debian.
  • Ubuntu est à l'origine une distribution bureau mais il existe une version serveur avec des logiciels performants pour une distribution orientée serveur, sans bureau.
  • Mandriva est à l'origine orientée bureau. Toutefois, rien n'oblige l'installation de l'interface graphique : les outils de configuration Drakconf sont disponibles sous trois modes : graphique, graphique déporté sur un autre poste (donc sans serveur X utilisant des ressources sur le serveur) et mode texte via Ncurses.

Tolérance aux contraintes imposées par les licences logicielles[modifier | modifier le code]

Chaque logiciel, étant doté d'une licence qu'il faut respecter, donne ou non une certaine liberté à l'utilisateur. Des distributions n'intègrent strictement que des logiciels libres. D'autres, au contraire, incluent des logiciels, des pilotes, ou des codecs propriétaires.

  • Debian, de par son contrat social, s'est engagé à n'inclure que du logiciel strictement libre[4], mais permet explicitement l’utilisation de logiciels non libres[5].
  • La société Mandriva, dans certaines de ses versions gratuites ou commerciales (One, Powerpack, Flash), inclut les pilotes propriétaires de cartes graphiques ATI/NVIDIA ainsi que des logiciels propriétaires tels que Adobe Acrobat Reader, Real Player, Skype, etc. Cette même société distribue également Mandriva Linux Free qui est totalement libre (et gratuite).

Distribution autonome ou amorçable[modifier | modifier le code]

Certaines distributions fonctionnent sans qu'on ait besoin de les installer. Elles sont appelées distributions « autonomes » ou « amorçables ».

Le principe est de pouvoir démarrer l'ordinateur depuis un support de stockage : CD-rom, DVD-rom, clé USB… qui contient la distribution en lecture seule (à l'exception des clés USB), donc sans installation sur le disque dur.


Articles détaillés : Live CD et Live USB.

Grand public ou expert[modifier | modifier le code]

Les distributions peuvent se distinguer par le niveau requis de l'utilisateur en matière d'administration système : Mandriva Linux, Ubuntu ou Debian (depuis la version 5) s'adressent au grand public qui n'a besoin d'aucune compétence particulière pour utiliser ces systèmes. Linux From Scratch s'adresse à un public plutôt expert en administration système. Il est nécessaire d'avoir installé et administré bien des systèmes en ligne de commande avant de se lancer dans une installation de LFS.

Sélection et installation des logiciels[modifier | modifier le code]

Une des tâches centrales d'une distribution GNU/Linux, sans équivalent sur Microsoft Windows, consiste à centraliser dans un ou plusieurs dépôt(s) central(aux) un (plus ou moins) grand nombre de logiciels tiers et à les empaqueter de manière à ce que les utilisateurs de la distribution puissent les installer en 1 clic, sans CD mais par Internet, dans la plus grande légalité.

Un système de gestion de paquets installé et souvent spécifique à la distribution permet la recherche, l'installation, la désinstallation et la mise à jour de ces logiciels.

Sélection des logiciels installés par défaut[modifier | modifier le code]

Les distributions se distinguent également en fonction des logiciels disponibles par défaut, qui répondent aux attentes de publics différents. Cette sélection peut être généraliste ou spécialisée. Ainsi :

  • Ubuntu et Mandriva Linux proposent un système généraliste. Mandriva est basée sur les environnements GNOME ou KDE. En ce qui concerne Ubuntu, il existe quatre distributions principales: Ubuntu qui fonctionne sous GNOME (mais utilisant un shell alternatif, Unity), Kubuntu sous KDE, Xubuntu sous Xfce et Lubuntu sous LXDE.
  • AGNULA/Demudi est une distribution dédiée à la création multimédia. Ne sont donc inclus que des logiciels de mixage, sampling, encodage audio, etc.
  • GeeXboX permet de transformer (presque) n'importe quel ordinateur en véritable Media Center.
  • IPCop est destinée à transformer un ordinateur en pare-feu. Ne sont intégrés que les logiciels servant à effectuer cette tâche.

Dépôts de paquets[modifier | modifier le code]

Au-delà du choix des logiciels installés par défaut, les distributions gèrent un ensemble plus ou moins grand de paquets pouvant être installés par la suite par l'utilisateur.

Debian (par extension Ubuntu) ou Mandriva ont des dépôts particulièrement vastes, permettant ainsi à leurs utilisateurs d'installer les logiciels qu'ils préfèrent, du traitement de texte au montage vidéo et du jeu vidéo aux outils réseaux ou de programmation

D'autres ont préféré optimiser l'espace disque (sur le CD comme sur le disque dur) en se restreignant à un logiciel par tâche. Zenwalk propose un choix restreint de paquets en sélectionnant les logiciels.

Formats des paquetages[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paquetage.

Plusieurs formats de paquets existent :

  • tgz : archive tar compressée incluant des fichiers de contrôle, utilisé notamment par Slackware ou Archlinux (cf. infra). Un paquet tgz comporte juste chaque fichier et le nom du répertoire où il doit être placé : pas de gestion de l'existant (versions) ni des dépendances.
  • deb : système de gestion de paquets créé par la communauté Debian pour Debian GNU/Linux (cf. infra) et utilisé par de très nombreuses distributions telles que Ubuntu ainsi que d'autres dérivées.
  • rpm : système de gestion de paquets inventé par Red Hat et utilisé par Fedora, SuSE, Mandriva (voir infra) et quelques autres.
  • ebuild : système de Gentoo (voir infra).
  • fpm : paquets de Frugalware
  • pisi : paquets de Pardus

Binaire ou source[modifier | modifier le code]

Il est possible d'utiliser des distributions dites sources (par exemple, Gentoo ou Funtoo) dans lesquelles le système de paquets télécharge les sources du logiciel puis produit le logiciel désiré sur l'ordinateur de l'utilisateur en le compilant.

L'un des intérêts avancés pour les utilisateurs d'une distribution source est que théoriquement, les programmes compilés sur la même machine que celle sur laquelle ils seront exécutés seront plus rapides - cette théorie n'est cependant pas appuyée de façon significative par le benchmarking.

Le principal avantage de compiler toute une distribution depuis les sources est qu'il est possible de mélanger les branches stables et test. Ceci est possible car les programmes installés dépendent uniquement des programmes qui existaient déjà lors de la compilation. Il est ainsi possible d'avoir un système de base stable et d'installer la dernière version de son logiciel préféré sans avoir à passer tout le système en version de test.

Un autre avantage de la distribution source est de permettre l'installation de GNU/Linux sur des plateformes matérielles pour lesquelles aucune distribution n'est disponible (en particulier pour des microprocesseurs autres que x86 ou PPC).

D'un autre côté, les distributions dites binaires (par exemple, Mandriva Linux ou Ubuntu) permettent, comme Microsoft Windows ou Mac OS, d'installer directement des logiciels déjà compilés pour son ordinateur, ce qui a pour principal avantage un gain de temps lors de l'installation.

Puissance de la machine[modifier | modifier le code]

Des distributions sont dédiées à l'utilisation sur des appareils plus anciens, que l'on pourrait considérer comme obsolètes : c'est le cas de Damn Small Linux. Ces distributions s'efforcent de proposer une interface graphique la plus réactive possible, par exemple en proposant une sélection de logiciels légers tournant dans l'environnement graphique Xfce.

Zenwalk, bien que n'étant pas destinée à cette catégorie d'ordinateurs mais plutôt à des ordinateurs «récents», utilise d'office Xfce afin d'augmenter les performances. De même pour Ubuntu dont il existe une version officielle dans laquelle GNOME est remplacé par Xfce baptisée Xubuntu ou encore Mandriva qui a adapté son système d'exploitation avec Xfce sur un LiveCD de la même manière que pour GNOME et KDE.

Localisation et internationalisation[modifier | modifier le code]

La plupart des distributions sont issues de l'Europe et des États-Unis d'Amérique. Des distributions sont nées pour des besoins locaux, par exemple pour qu'une distribution existante puisse être utilisée avec un encodage de texte ou un clavier différent. Ces distributions se sont notamment répandues de façon importante dans les pays asiatiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://distrowatch.com/weekly.php?issue=20090202#feature
  2. conformément à l'un des principes du libre : release early, release often
  3. « Les versions de Debian », debian (consulté le 3 août 2012)
  4. [1],2. Nous donnerons nos travaux à la communauté des logiciels libres.
  5. [2],5. Travaux non conformes à nos standards sur les logiciels libres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]