Curie Julia

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Curie et Curie (Rome antique).
Curie Julia
La Curie sur le Forum romain
La Curie sur le Forum romain

Lieu de construction Forum Romanum
Date de construction 29 av. J.-C.
Ordonné par Jules César
Type de bâtiment Assemblée
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Curie Julia

Localisation de la Curie Julia dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 35″ N 12° 29′ 08″ E / 41.892926, 12.48542541° 53′ 35″ Nord 12° 29′ 08″ Est / 41.892926, 12.485425  
Liste des monuments de la Rome antique

La Curie Julia est construite sur l'initiative de Jules César et terminée en 29 av. J.-C., elle est accolée au Forum de César, près de l'emplacement de l'ancienne Curie Hostilia

Dans la Rome antique, le mot curia, traduit en français par curie, est riche de sens. À l'époque républicaine, la Curie (en latin Curia) désigne le bâtiment où se réunissait le Sénat romain, bâtiment toujours visible sur le forum romain aujourd'hui. Le terme désignait aussi des subdivisions civiques à Rome et dans les cités de droit latin.

Description et historique[modifier | modifier le code]

Jules César bâtit un nouveau forum sur l’emplacement des ruines de la Curie Hostilia, et reconstruisit de fond en comble une nouvelle Curie avec une autre orientation, alignée sur ce forum et la via Argilète. Mais il fut assassiné avant son achèvement. Octave la termina et l’inaugura en 29 av. J.-C., sous l’appellation de Curia Iulia. Elle est de nouveau détruite par un incendie en 283 sous Carin et rebâtie sur le même plan par Dioclétien[1].

La version actuelle du bâtiment correspond à la salle de réunion de la Curia Iulia datant de Dioclétien. Les transformations de l'époque médiévale ont été éliminées lors de la reconstitution de l'édifice antique en 1930.

Sa largeur est de 18 mètres, sa profondeur est de 21 mètres et sa hauteur est de 21 mètres. L'épaisseur relativement faible des murs, à l'exception des contreforts aux angles du bâtiment, permit d'exclure l'hypothèse d'une couverture antique en voûte, et de préférer un toit reposant sur une charpente en bois. Derrière cette salle, une seconde salle était probablement destinée aux réunions à huis clos, et une troisième dite chalcidicum ou atrium Minervae fut construite par Domitien. La façade en briques était revêtue de marbre et de stuc, et précédée d'un portique. Ses portes en bronze ont été transportées au Latran au milieu du XVIIe siècle[2],[3].

À l'intérieur, le sol était pavé de marbres polychromes (opus sectile). Les murs étaient aussi revêtus de marbre, et décorés de trois niches encadrées de colonnettes d'albâtre pour recevoir des statues. Les sénateurs s'asseyaient de part et d'autre de la salle sur des sièges curules disposées sur trois gradins peu élevés. Au fond un petit podium soutenait une base en maçonnerie adossée au mur. On suppose que cette base était le piédestal de la statue en or de la Victoire qu'Auguste avait fait venir de Tarente. Deux portes encadraient cette base et menaient à une petite cour entourée de colonnes. On y a retrouvé une statue de porphyre représentant un homme en toge, sans tête ni bras qui devaient être des pièces rapportées d'une pierre de couleur différente. La qualité d'exécution et la richesse de la pierre font supposer qu'il s'agissait d'une statue d'empereur, peut-être Trajan ou Hadrien. Dans cette cour, on a découvert un base portant une inscription en l'honneur d'Aétius[3].

L’autel de la Victoire[modifier | modifier le code]

Les luttes entre christianisme et religions traditionnelles eurent leur écho dans la Curie. Un autel à la Victoire y était placé. L’empereur Constance II le fit enlever en 357, Julien le rétablit en 361 ; Gratien le fit de nouveau enlever en 382, en même temps qu’il supprimait toutes les immunités et revenus des Vestales et des sacerdoces romains. Une pétition des sénateurs demanda l’abolition de ces mesures, mais l’évêque de Rome Damase Ier[4] la neutralise par une contre-pétition de sénateurs chrétiens.

Symmaque en 384 plaida de nouveau auprès de l’empereur Valentinien II pour la levée de ces mesures[5], en vain car Ambroise de Milan, qui avait une grande influence sur l’empereur, réfuta ses arguments[6]. Le poète Prudence rédigea aussi un Contra Symmachum. En 393, Eugène, chrétien mais modéré fit réinstaller l’autel de la Victoire, pour la dernière fois[7].

Transformation et restauration de la Curie[modifier | modifier le code]

Statue en porphyre, découverte derrière la Curie.

La Curie Julia subit de nouveaux dégâts lors du sac de Rome en 410.

Au VIIe siècle, le pape Honorius Ier la transforme en église Saint Adrien, ce qui sauve le bâtiment de l'abandon et de la destruction. Un couvent s'établit autour. De cette période subsistent des traces de peintures à thème religieux dans la première niche à droite de l'entrée.

De 1930 à 1936, dans le cadre des fouilles du forum dirigées par Alfonso Bartoli, l'église saint Adrien et le couvent sont détruits et la Curie rétablie dans ses formes antiques. On met en place une copie des portes en bronze dont les originaux sont à la basilique de Latran. Dans la curie, on expose la statue de porphyre de l'homme en toge, et les plutei de Trajan, balustrades dont les bas-reliefs célèbrent les bienfaits de l'empereur, à savoir les remises des dettes et l'institution d'un fond d'assistance aux enfants pauvres d'Italie[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Andreae, L’art de l’ancienne Rome, Mazenod, 1973, réédité en 1988, (ISBN 2-85088-004-3)
  2. Pierre Grimal, La civilisation romaine, Flammarion, Paris, 1981, réédité en 1998, (ISBN 2-08-081101-0), p. 224
  3. a, b et c Pietro Romanelli, Le Forum Romain, traduction d'Olivier Guyon, 1967, Istituto poligrafico dello stato, Ministero della pubblica istruzione, Rome
  4. Rappelons qu’à cette époque les titres de pape et souverain pontife n’étaient pas encore portés
  5. Symmaque, Relatio III
  6. Saint Ambroise, Épitre XVIII
  7. Paul Petit Histoire générale de l’Empire romain

Références[modifier | modifier le code]