Charles Seignobos
Charles Seignobos (10 septembre 1854 à Lamastre-24 avril 1942 à Ploubazlanec) est un historien français, spécialiste de la IIIe République, et membre de la Ligue des droits de l'homme.
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Biographie [modifier]
Né en 1854 à Lamastre en Ardèche, il est le fils de Charles-André Seignobos, député-maire de Privas de 1871 à 1894, de famille protestante et républicaine. Il passe le baccalauréat à Tournon en 1871, où il fut pour un temps élève de Stéphane Mallarmé[1]. Après de brillantes études à l'École Normale Supérieure, où il suit les cours de Fustel de Coulanges et de Ernest Lavisse, il finit premier à l'agrégation d'histoire.
Il part ensuite étudier deux années en Allemagne. Il s'installe quelque temps à Göttingen, Berlin, Munich et Leipzig. Nommé maître de conférence à l'université de Dijon en 1879 ainsi que professeur aux Écoles des Hautes Études Internationales et Politiques (HEI-HEP), il soutient sa thèse de doctorat en 1881, puis est nommé à la Sorbonne. Il est considéré comme un des deux fondateurs, avec son ami le physiologiste Louis Lapicque, de la communauté scientifique et humaniste « Sorbonne-Plage », à L'Arcouest, près de Paimpol[2].
Il succède à son père à la mairie de Lamastre. Il meurt en avril 1942, après avoir été placé en résidence surveillée à Ploubazlanec en Bretagne.
Considéré avec Charles-Victor Langlois comme l'un des chefs de l'école méthodique de l'Histoire, Seignobos est l'auteur de nombreux ouvrages d'histoire politique mettant en application la méthode historique allemande et bénéficiant de son excellent niveau linguistique en allemand et en anglais pour la recherche documentaire. Il est l'un des acteurs majeurs de l'histoire méthodique, qui repose sur la lecture critique des sources manuscrites.
Citations [modifier]
- « L'homme instruit par l'histoire sait que la société peut être transformée par l'opinion, que l'opinion ne se modifiera pas toute seule et qu'un seul individu est impuissant à la changer. Mais il sait que plusieurs hommes, opérant ensemble dans le même sens, peuvent modifier l'opinion. Cette connaissance lui donne le sentiment de son pouvoir, la conscience de son devoir et la règle de son activité, qui est d'aider à la transformation de la société dans le sens qu'il regarde comme le plus avantageux. Elle lui enseigne le procédé le plus efficace, qui est de s'entendre avec d'autres hommes animés des mêmes intentions pour travailler de concert à transformer l'opinion. L'enseignement de l'histoire comme instrument d'éducation politique. »
- « L'historien est dans la position d'un physicien qui ne connaîtrait les faits que par le compte rendu d'un garçon de laboratoire ignorant et peut-être menteur. »
Charles Seignobos dans La Méthode historique appliquée aux sciences sociales.
- « L'histoire a pour but de décrire, au moyen de documents, les sociétés passées et leurs métamorphoses » Extrait de Seignobos
Ouvrages [modifier]
- 1892 : Histoire narrative et descriptive de la Grèce ancienne, éd. Armand Colin.
- 1894 : Histoire narrative et descriptive du Peuple Romain, éd. Armand Colin.
- 1897 : Histoire politique de l'Europe contemporaine.
- 1897 : Introduction aux études historiques, en collaboration avec Charles-Victor Langlois, rééd. 1992.
- 1901 : La Méthode historique appliquée aux science sociales, Alcan.
- 1905 : Histoire de la civilisation (3 volumes in-16, cartonnés toile marron, avec figures), 4ème édition, éd. Masson et Cie
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- Histoire de la civilisation ancienne (Orient,Grèce,Rome)
- Histoire de la civilisation au moyen-âge et dans les temps modernes
- Histoire de la civilisation comtemporaine
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- Histoire de la civilisation (correspondant a la quatrième et cinquième année de l'enseignement des jeunes filles) (2 volumes in-16,avec figures, cartonnés toile verte, avec figures)
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- Abrégé de l'histoire de la civilisation (depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, début XXème siècle)
- Histoire de la civilisation ancienne (jusqu'au dixième siècle) Orient,Grèce,Rome,Les Barbares (Programmes scolaires du 31/05/1902 pour les secondes et les premières)
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- 1921 : Histoire de la France contemporaine, en collaboration avec Ernest Lavisse.
- 1934 : Études de politique et d'histoire, PUF.
- 1937 : Histoire sincère de la Nation française.
- 1938 : Essai d’une Histoire comparée des peuples de l’Europe.
Sources [modifier]
- Bizière J.M. et Vayssiere P., Histoire et historiens, Hachette, Paris, 1995
- Yves Morel, Charles Seignobos devant ses contradicteurs. Analyse de la controverse intellectuelle française du début du XXe siècle sur l'histoire, ANRT, 1998 (ISBN 2284016413)
- Antoine Prost, « Charles Seignobos revisité », Vingtième siècle, no 43, juillet-septembre 1994, p. 100-118
Notes et références [modifier]
- Mallarmé, Correspondance, Folio Classique, 1995, p. 189, note 1.
- Sorbonne-Plage. Les Curie et les Joliot : des savants sur la côte bretonne (1900-1950), présentation de l'exposition de la BNF
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- Naissance dans l'Ardèche
- Décès dans les Côtes-du-Nord
- Naissance en 1854
- Décès en 1942
- Historien français du XXe siècle
- Personnalité de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen
- Élève de l'École normale supérieure (rue d'Ulm)
- Enseignant à l'université de Bourgogne
- Professeur à la Sorbonne