Joseph Primoli

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Portrait du comte Primoli par Armando Spadini (1917), musée napoléonien de Rome

Le comte Joseph Napoléon Primoli, né à Rome le 1851 et mort à Paris le 13 juin 1927, surnommé Gégé[1], neveu de la princesse Mathilde, est un mondain du XIXe siècle qui fréquentait les salons bonapartistes et qui fut l'auteur de Souvenirs. Il était moitié français et moitié italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Salle à manger de la princesse Mathilde, 24 (aujourd'hui 10) rue de Courcelles

Joseph Napoléon Primoli est le fils de Pietro Primoli, comte de Foglia (1820-1883), et de la princesse Charlotte Bonaparte (1832-1901), fille de Charles-Lucien Bonaparte et de sa cousine Zénaïde Bonaparte[2].

Sa famille s'installe à Paris en 1853 et Joseph fait ses études au collège Rollin. Il fréquente dès sa jeunesse la cour de Napoléon III et se lie au prince impérial et à sa mère.

Il quitte Paris à la chute du Second Empire, mais y retourne bientôt. Il s'installe dans un appartement avenue du Trocadéro et fréquente assidument le salon de sa tante, la princesse Mathilde. Il y rencontre Alexandre Dumas fils, François Coppée,Flaubert, Théophile Gautier, les frères Goncourt, Renan, etc. Lorsqu'il se rendait à Rome, il rencontrait Enrico Nencioni et plus tard Gabriele D'Annunzio, dont il fut le confident, ainsi que la Duse. Il aimait collectionner les livres, c'était aussi un bon photographe. Il reçut en séjour dans son palais romain de la via Zanardelli Guy de Maupassant, Paul Bourget ou Sarah Bernhardt.

Sur le perron d'Edmond de Goncourt, une photo réalisée par le comte Primoli en 1890 et montrant une réunion amicale de personnalités du tout-Paris artistique.

Marcel Proust était invité dans sa jeunesse au salon de la princesse Mathilde, dans son hôtel particulier parisien du 20, rue de Berri et il a côtoyé le vieux comte dont on moquait la barbe blanche et la manie de collectionner des timbres. Le gratin fut fort étonné, lorsqu'on apprit qu'il avait vendu sa collection pour un million de francs de l'époque[1]. Le comte Primoli était aussi un habitué du salon de Madame Arman de Caillavet qui le conseillait pour la rédaction de ses écrits. Il avait aussi la fâcheuse habitude d'inviter ensemble des ennemis mortels à dîner chez lui, ou de poser des questions embarrassantes par facétie. Proust l'imitera plus tard en invitant ensemble des dreyfusards et des anti-dreyfusards, ce qui provoquera la colère de Léon Daudet[3].

Le comte légua son palais, où il avait installé un musée napoléonien avec les souvenirs de sa famille, à la ville de Rome, qui administre aujourd'hui ce musée.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Gustave Flaubert, Lettres inédites à la princesse Mathilde, Paris, Louis Conard, 1927, préface et étude du comte Joseph Primoli et de la princesse Mathilde

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b George Painter, op. cité, p. 141, tome I
  2. Elle-même fille de Joseph, roi de Naples
  3. George Painter, op. cité, p. 361, tome I

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • George Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1966, 2de édition 1992
  • Joseph-Napoléon Primoli, Pages inédites, Edizioni di storia e letteratura, 1959

Liens externes[modifier | modifier le code]