Château Saint-Maire

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Château Saint-Maire
Image illustrative de l'article Château Saint-Maire
Le château Saint-Maire
Nom local Le Château
Début construction 1396
Propriétaire initial Évêque de Lausanne
Destination initiale Palais des évêques
Propriétaire actuel Canton de Vaud
Destination actuelle Siège du Conseil d'État, de la Chancellerie d'État et l'état-major du Département de l'intérieur
Protection Bien culturel d'importance nationale
Coordonnées 46° 31′ 29″ N 6° 38′ 08″ E / 46.52472, 6.63556 ()46° 31′ 29″ Nord 6° 38′ 08″ Est / 46.52472, 6.63556 ()  
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton suisse|Canton Vaud
Commune Lausanne

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Château Saint-Maire

Le château Saint-Maire est un château situé à l'extrémité septentrionale de la colline de la Cité de Lausanne, en Suisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir du IXe siècle les évêques de Lausanne logèrent dans le Palais épiscopal (actuel Musée historique), à côté de la cathédrale.

À la fin du XIVe siècle, sous l'épiscopat de Guy de Prangins, l’Évêché était devenu trop exigu et n'apportait plus la sécurité nécessaire aux évêques. Le , l'évêque Guillaume de Menthonay obtint du pape le droit de faire déplacer le couvent Saint-Maire et de construire à son emplacement un château-fort appuyé au rempart extrême de la Cité-Dessus, qui deviendrait le palais des évêques. En 1406, à la mort de Guillaume de Menthonay, son successeur, Guillaume de Challant, reprit la construction. Dès 1426, le château resta en chantier, et ce jusqu’à la mort de Guillaume de Challant en 1431. Lors de sa construction, il surplombait le sud de la ville et contrôlait la route d'accès par le Mont, au nord.

Le château doit son nom à Marius d'Avenches (né vers 530, mort en 593 ou 594), appelé également Saint Maire. Marius est considéré comme l'évêque ayant transféré l'évêché d'Avenches à Lausanne.

Construction[modifier | modifier le code]

Château de défense et d'habitation, il fut bâti, comme plusieurs autres châteaux de la même époque (Vufflens-le-Château et Blonay notamment), en forme de grand cube. Le château mesure 25 m sur 23 m et à une hauteur de 25 m du côté sud. Les murs ont une épaisseur constante de 2m80. La partie inférieure de l'édifice, en molasse, est surplombée d'un étage en brique rouge avec mâchicoulis et tourelles d'angles en poivrière. La toiture est à quatre pans droits, haut de 13m50, avec un faîte à deux pointes. Même si l'utilisation de la brique pour les parties supérieures laisse penser que les maîtres d'œuvre étaient d'origine lombarde, la conception de l'édifice rappelle le renouveau des bâtiments du domaine royal français (Louvre, Vincennes), se caractérisant par des formules romanes: châteaux sans donjon, constitués d'un corps de logis de plan carré, ouvert de fenêtres et cantonné de tours rondes. À l'origine, le château Saint-Maire était séparé de la « Cité-Dessus » par une ou plusieurs enceintes et par un fossé sec à l'ouest. Un pont-levis, actuellement comblé, permettait d'accéder à l'entrée principale.

Le château Saint-Maire accueillit en 1415 l'empereur Sigismond 1er qui travaillait au concile de Constance et en 1417 le pape Martin V sur son chemin entre Constance et l'Italie.

De 1476 à 1491, sous Benoît de Montferrand, furent entrepris des aménagements intérieurs : il appliqua son écu sur des peintures murales attribuées à Pierre Spicre et à un vitrail. Entre 1491 et 1517, l'évêque Aymon de Montfalcon procéda à d'importants travaux sur l'édifice ainsi qu'à des aménagements internes. L'intérieur du château reçut un nouvel ensemble de peintures et la chambre dite « de l'évêque » fut entièrement rénovée : la devise et les armes de Montfalcon sont toujours visibles en 2011. À la même époque, des prisons furent aménagées dans les parties basses.

Période bernoise[modifier | modifier le code]

En mars 1536, les Bernois conquirent le Pays de Vaud et le dernier évêque, Sébastien de Montfalcon, dut s'enfuir. Le château devint alors le siège du bailli bernois. Avant l'arrivée des Bernois, le haut du château possédait des créneaux, comme le montrent les merlons encore visibles de nos jours. Les toits étaient alors probablement en retrait et un chemin de ronde faisait le tour du bâtiment. Les Bernois, une guerre étant peu probable, bouchèrent les créneaux et le toit fut avancé jusqu'au bord des murs, assurant ainsi une meilleure isolation du château face au froid et aux intempéries. Entre 1572 et 1575, la défense de la colline de la Cité fut complétée par la construction, à l'est du château, de la porte Saint-Maire.

Vers 1789, le bailli accola un bâtiment à deux étages à l'ouest du château, au nord du pont-levis. À la fin du XVIIIe siècle, un vestibule et une cage d'escalier y furent ajoutés par Gabriel Delagrange, faisant disparaître le pont-levis.

Période vaudoise[modifier | modifier le code]

En 1798, une fois le Pays de Vaud libéré des Bernois, le dernier bailli, Louis von Büren, quitta le château.

En 1803, le château devint maison cantonale à la création du Canton de Vaud et le pouvoir exécutif vaudois s'y installa. Entre 1814 et 1815, des aménagements furent effectués. Ils furent confiés à Alexandre Perregaux, puis à son fils Henri. La réalisation la plus importante de cette période fut la construction de la conciergerie.

Au cours du XIXe siècle siècle, plusieurs nouvelles transformations furent effectuées : un angle du château fut enterré par une terrasse et la porte Saint-Maire, située initialement au nord-est de l'édifice, fut détruite pour agrandir la route menant à la place du château.

Restaurations du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le monument dédié au Major Davel, contre la face sud du château

De 1841 à 1844, la cour fut réaménagée pour comporter une partie haute (l'actuelle esplanade) avec balustrade et escalier et une partie basse, surbaissée pour mettre au jour le pied du donjon. Les bûchers, situés dans une cour au pied du mur sud, furent déplacés dans les caves.

De 1844 à 1846, la chambre « de l'évêque » fut restaurée (probablement sous la direction de Louis Wenger) pour devenir la salle d'audience du Conseil d'État, restauration complétée par l'adjonction d'un mobilier.

De 1890 à 1895, les abords du château furent modifiés : les accès, les jardins et les annexes, ainsi que la porte Saint-Maire et la conciergerie, furent supprimés. La place fut en outre abaissée de plusieurs mètres pour faciliter la circulation.

En 1898 eut lieu une réfection générale des façades, avec un agrandissement ou la création de baies. Les côtés sud et est, surtout, subirent d'importantes modifications, réalisées par l'architecte Eugène Jost. Un monument de Maurice Reymond dédié au Major Davel fut édifié contre la façade sud. La porte de la rue de la Barre, en bois doublé de fer, fut construite en 1899.

Jusqu'en 1900, la charpente fut réparée afin de supprimer les poussées qui déséquilibraient l'étage de brique et la porte du côté de la rue de la Barre fut renforcée.

Tous les remaniements de cette époque sont clairement marqués comme interventions modernes par les sigles RL (réfection libre), RF ou RFS (réfection en fac-similé).

Restaurations du XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1908, le bûcher installé dans les caves fut remplacé par un local protégé du feu par une chape de béton, qui reçut les archives du Conseil d’État et du Département de justice et de police jusqu'alors entreposées dans les combles. La façade du vestibule fut réparée.

Entre 1911 et 1915, le couloir du rez-de-chaussée fut restauré, mettant au jour les peintures du XVIe siècle et l'emplacement des portes d'origine. La salle de l'évêque fut rafraîchie et dotée d'un lustre à huit branches.

Entre 1915 et 1924 fut restauré le couloir du premier étage pour lui redonner son état présumé du XVIe siècle. La salle de lecture reçut un décor de style XVIe siècle.

Entre 1918 et 1922, l'étage supérieur fut complètement transformé.

Entre 1931 et 1932, les pierres des façades du vestibule furent changées et la cage d'escalier fut rénovée.

Par la suite, aucun nouveau remaniement important ne fut effectué. Un projet de porche, donnant accès au vestibule, daté de 1951, fut abandonné. En 1952, une rénovation de la salle de conférences permit de mettre à jour des peintures de l'ancien oratoire.

Le château Saint-Maire est classé comme monument historique depuis le 25 mai 1920 et est inscrit comme bien culturel suisse d'importance nationale[1]. Il est le siège du Conseil d'État, de la Chancellerie d'État et l'état-major du Département de l'intérieur. Il ne peut pas être visité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Vaud

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]

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