Gare de Lausanne-Flon

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Article général Pour un article plus général, voir Le Flon (Lausanne).
Lausanne-Flon
Image illustrative de l'article Gare de Lausanne-Flon
Toit de la partie LEB de la gare.
Localisation
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Ville Lausanne
Quartier Flon
Adresse Place de l'Europe
1003 Lausanne
Coordonnées géographiques 46° 31′ 14″ N 6° 37′ 49″ E / 46.52057, 6.63037546° 31′ 14″ Nord 6° 37′ 49″ Est / 46.52057, 6.630375  
Gestion et exploitation
Propriétaire LEB
TL
Exploitant L-O (1877-2006)
TL (dès 1991)
LEB (dès 2000)
Services D, R, M
Caractéristiques
Ligne(s) 101, 103, 104
Voies 6
Quais 5
Hauteur 0,55 m
Transit annuel 29,2 millions
Zone 11 (Mobilis)
Altitude 479 m
Historique
Mise en service 1877
Fermeture 2006 (L-O)
Correspondances
TL  18  22  60 

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Lausanne-Flon

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La gare de Lausanne-Flon ou gare du Flon est une gare ferroviaire de Suisse. Elle se situe dans le secteur du Flon, quartier du centre de la commune de Lausanne, dans le canton de Vaud. C'est un nœud ferroviaire important pour le trafic voyageurs.

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Établie à 479 m d'altitude, la gare de Lausanne-Flon regroupe trois lignes de chemins de fer : une ligne régionale ainsi que deux lignes de métro. Elle est située au point kilométrique -0,80 de la ligne Lausanne – Bercher (101), 0,000 de la ligne Lausanne-Flon − Renens-Gare (103) et 1,485 de la ligne Ouchy − Croisettes (104). Elle est le point de départ des lignes 101 et 103. Elle se situe entre les stations de Lausanne-Gare et Riponne-Maurice Béjart de la ligne 104.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après avoir reçu sa concession en 1871[A 1], la compagnie du Lausanne-Ouchy (abr. L-O) ayant pour but de réaliser une ligne reliant la commune libre d'Ouchy au centre ville, entame les travaux dès 1874. Le terminus nord de la ligne se situe dans le quartier du Flon récemment au cœur de l'industrialisation de la ville. La gare est inaugurée le 16 mars 1877 avec la mise en service de la ligne Ouchy − Lausanne-Flon. Deux ans plus tard, en 1879 la seconde ligne du L-O, Lausanne-Gare − Lausanne-Flon, est aussi inaugurée et mise en service[A 1].

Le 18 mai 1953, pour le trafic marchandises, le L-O met en service la ligne Lausanne-Flon − Lausanne-Sébeillon. Toutefois, suite au départ progressif des industries du quartier du Flon, cette dernière ligne sera supprimée à la toute fin de l'année 1979[A 1], le 27 décembre[D 1]. Ainsi, à cette date, le transport de marchandises cesse et dès lors la gare sert exclusivement au trafic de voyageurs.

En 1986, sous le nom des Tramways du Sud-Ouest Lausannois (abr. TSOL), les Bus TL obtiennent une concession pour exploiter une ligne reliant la gare du Flon à celle de Renens. Les travaux débutent en 1988 et le 2 juin 1991 la ligne est inaugurée[A 2]. Désormais deux lignes de train différentes aboutissent au Flon et la gare devient vite un nœud ferroviaire pour le trafic voyageurs. En effet, le TSOL, actuel métro M1, dessert l'université de Lausanne ainsi que l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, ce qui implique une forte importante densité de voyageurs en provenance de la gare CFF de Lausanne qui transitent par le Flon.

Le 28 mai 2000, la ligne du LEB arrive, elle aussi, enfin au Flon[B 1], ce qui renforce encore la position centrale du pôle de cette gare. Cette connexion avec le L-O était prévue dès 1873, mais pour diverses raisons propre à la compagnie, il aura fallu attendre 127 ans pour que cela se réalise[Note 1]. Cette nouvelle gare est située à 1 200 mètres de l'ancienne gare de Chauderon, soit au point kilométrique 0,00 de la ligne. Les coûts des travaux se sont élevés à 115 millions de francs répartis entre la Confédération suisse, le canton de Vaud et 38 communes[Ref 1].

Le 22 janvier 2006, le L-O vit sa dernière course[B 2]. La ligne est démontée pour faire place au futur métro M2. Achevée en 2008, l'inauguration de la ligne du M2 a lieu le 18 septembre de cette année[B 3]. La dernière partie de la gare du Flon est dévoilée au public. L'exploitation régulière débutera le 27 octobre de la même année. Depuis cette ouverture à la seconde ligne de métro, la gare voit transiter quotidiennement 80 000 voyageurs[Ref 2].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Gare marchandises[modifier | modifier le code]

Vestige d'une ancienne voie d'accès aux entrepôts.

Jusqu'en 1979, la gare du Flon est aussi une gare marchandises. Le frêt est acheminé depuis la gare centrale par le LG jusqu'en 1953 avant d'arriver par l'ouest depuis la gare de Lausanne-Sébeillon[A 1]. L'intégralité des voies est à écartement normal.

L'actuel secteur du Flon garde encore des traces de son passé. Si toutes les voies de cette ancienne gare ont été déferrées, les anciens entrepôts demeurent et rappellent au quartier son ancienne activité. Les anciens bâtiments de la Société des Entrepôts de Lausanne sont équipés de quais à hauteur qui ont servi à accéder de plain pied aux wagons rangés sur les voies de garage. Il reste néanmoins quelques vestiges des rails çà et là dans le quartier.

Les infrastructures de la gare aux marchandises du Flon sont propres à elle. En effet, la gare n'est équipée d'aucun système d'aiguillage à l'exception de la seule aiguille du raccordement à la liaison vers la gare de Lausanne-Sébeillon[C 1]. Trois voies provenant de la liaison depuis Sébeillon arrivent sur un pont tournant donnant accès au chariot transbordeur. L'atelier du LO dispose lui aussi de deux petites plaques tournantes pour déposer les voitures dans une remise. Hormis ces dispositifs, tous les accès aux voies donnant sur les entrepôts et hangars se font par un chariot transbordeur qui est orienté perpendiculairement à toutes les autres voies et parcourt toute la longueur de la gare en son centre[C 2],[C 3].

Chariot transbordeur[modifier | modifier le code]

Vestige des voies du chariot transbordeur.

Le chariot transbordeur du Flon sert à toutes les opérations de manœuvre dans la gare. Au début et à la fin du service voyageurs, il sort et rentre, respectivement, les voitures du LO et du LG des remises. Toutefois, son activité principale consiste à acheminer les wagons provenant des trains de marchandises vers les différents entrepôts et hangars et, inversement, à reformer des trains de marchandises à partir de ces mêmes wagons.

Le chariot transbordeur roule sur quatre rails. Les deux rails centraux sont écartés de 1,64 m et chaque rail extérieur est distant de 1,70 m du rail central. L'écartement total est donc de 5,04 m[C 3]. Ce véhicule est composé d'un plateau sur lequel peut être chargé un wagon et d'un poste de commande, ou de contrôle.

Plusieurs versions du chariot transbordeur se sont succédé. La première est utilisée jusqu'en 1908[C 4] et n'est pas motorisée. Le chariot est fixé à un câble disposé entre les rails. Une turbine disposée à l'extrémité est de la gare, du côté du Grand-Pont, permet de mouvoir le chariot. De l'autre côté, tout à l'ouest, se trouve une poulie de renvoi[C 4].

La seconde version du chariot transbordeur, utilisée jusqu'à la fin du service marchandises au Flon, est équipée d'un moteur électrique fonctionnant sous une tension de 600 V à courant continu[C 5]. Le câble est ainsi supprimé. Le système de captage, de par sa forme, est surnommé la tour Eiffel[C 5]. Dans la toute dernière version du chariot transbordeur, ce système est remplacé par deux pantographes[C 6].

Entrepôts[modifier | modifier le code]

Ancien quai de chargement des entrepôts de Port Franc.
Ancien entrepôt de Port Franc de la Société des Entrepôts de Lausanne marquant le style architectural du secteur du Flon, actuellement transformé en commerces.

Avec les voies appartenant au chemin de fer Lausanne-Ouchy, il y a en tout 44 voies desservies par le chariot transbordeur. La plupart mènent à des entrepôts et hangars. Ces derniers appartiennent à la Société des Entrepôts de Lausanne. Entreprise fondée le 22 août 1884 et dont les activités marchandes débutent le 1er novembre 1886 suite à l'octroi d'une concession fédérale accordée le 26 octobre 1886[C 7].

Le terrain sur lequel sont bâtis les entrepôts et la gare, d'une surface totale de 2 310 m2 est acquis par la compagnie du chemin de fer de Ouchy à Lausanne pour 75 000 CHF[C 7].

Un entrepôt particulier de la gare est celui nommé la banane. Construit en 1900 entre la route de Bel-Air et celle de Genève, il présente la particularité de posséder un ascenseur à wagons afin de connecter les voies normales du L-O aux voies métriques du LEB via celles des tramways lausannois assurant ainsi un transfert du frêt, par le biais de trucks, avant que le LEB et les CFF n'utilise les installations de transfert de frêt à la gare de Lausanne-Sébeillon. Le bâtiment est démoli à la fin du XXe siècle pour être remplacé par des commerces[Ref 3].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Partie émergente de la partie LEB de la gare.

Dans sa forme actuelle, la gare est divisée en trois grandes parties distinctes ainsi qu'une partie centrale qui donne accès aux trois autres parties. Chacune donne accès à une ligne de transport : LEB, métro M1 et métro M2. Chaque ligne a ses propres numéros de voies. Ce qui fait que les deux voies du métro M1 sont numérotées Voie 1 et Voie 2 comme pour le LEB qui a aussi une Voie 1 et une Voie 2. Ainsi, pour des déplacements dans la gare par exemple, il faut toujours préciser la ligne en plus de la voie pour indiquer correctement le lieu où se rendre.

LEB[modifier | modifier le code]

En voie 1 (droite), automotrice LEB RBe 4/8 43. En voie 2 (gauche), automotrice LEB Be 4/8 33 Bercher.

Terminus de la ligne, la gare de Lausanne-Flon comporte, pour le LEB, un quai et deux voies. Étant donné les infrastructures offertes par les TL pour les services à la clientèle, il n'y a pas de guichets spécifiques à la compagnie. La gare comporte néanmoins une salle d'attente fermée et deux automates à billets CFF. Il y a aussi un petit poste de contrôle d'où il est possible de contrôler visuellement l'ensemble de la gare, grâce à un système de vidéosurveillance.

Métro M1[modifier | modifier le code]

Composition du métro M1 avec automotrices Bem 4/6 558 209-3 et 558 202-8 en voie 1 prête au départ.

Terminus de la ligne, la gare de Lausanne-Flon comporte, pour le métro M1, deux quais et deux voies. Entièrement couverte, la gare n'offre pas de salles d'attentes fermées. En 2008, la station est rénovée, son rafraîchissement s'inscrit dans le cadre de mise en valeur du quartier du Flon[Ref 4].

Métro M2[modifier | modifier le code]

Espace d'attente du métro M2 direction les Croisettes.

La gare du Flon est une station qui se situe entre les arrêts Riponne et Lausanne-Gare. Il y a un quai et une voie par sens de circulation. L'accès aux voies est complètement fermé depuis les quais par des portes automatiques qui ne s'ouvrent que lorsqu'un métro est arrêté à la gare. Là aussi, comme pour le M1, la gare n'offre pas de salles d'attentes fermées. Plusieurs automates à billets Bus TL sont implantés de façon éparse dans la gare.

Les Bus TL ont aussi centralisé leur service à la clientèle dans la partie M2 de la gare. En effet, on trouve les guichets de vente de la gare à l'étage supérieur, au-dessus des voies du métro.

Commerces[modifier | modifier le code]

Quelques commerces sont implantés dans la gare du Flon. Il y a notamment une animalerie et un bar tous deux accessibles depuis le quai du métro M1. Dans l'enceinte centrale de la gare se trouve une pharmacie ainsi qu'un kiosque à journaux jumelé avec une petite épicerie. Sont aussi implantés dans la gare des cabines automatiques de photographie, des distributeurs automatiques de produits alimentaires ainsi que des guichets automatiques bancaires.

Desserte[modifier | modifier le code]

Gare terminus de la ligne du LEB, la gare de Lausanne-Flon est desservie par des trains régionaux et directs à destination de Bercher et d'Échallens. De plus, le matin, les trains nos 11008 et 11010, partant d'Échallens[Ref 5], sans dénomination particulière et pouvant être assimilés à des S-Bahn bien que n'en étant pas, arrivent aussi à cette gare.

La gare est aussi desservie par deux métros. Le métro M1 pour lequel la gare est aussi le terminus de la ligne. Ce métro part à destination de l'EPFL et de la gare de Renens. Quant au second, le métro M2 dessert la gare avec des rames à destination des Croisettes, de la gare de Lausanne ainsi que la station d'Ouchy.

Direction précédente Gare précédente Trains Gare suivante Direction suivante
Terminus Terminus LEB Lausanne-Chauderon Bercher
Terminus Terminus  m1  Vigie Renens-Gare
Ouchy Lausanne-Gare  m2  Riponne − Maurice Béjart Sallaz ou Croisettes

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • ROCH00 : Chemins de fer privés vaudois 1873 - 2000
  1. a, b, c et d ROCH00, p. 253
  2. ROCH00, p. 377
  • ROCH09 : Chemins de fer privés vaudois 2000 - 2009 : 10 ans de modernisation
  1. ROCH09, p. 111
  2. ROCH09, p. 130
  3. ROCH09, p. 148
  • PAIL87 : La compagnie du chemin de fer Lausanne-Ouchy : Épopée lausannoise
  1. PAIL87, p. 141
  2. PAIL87, p. 76
  3. a et b PAIL87, p. 116
  4. a et b PAIL87, p. 113
  5. a et b PAIL87, p. 117
  6. PAIL87, p. 119
  7. a et b PAIL87, p. 61
  • DIET11 : Le paradis perdu : Le démantèlement du trafic régional ferroviaire à voie normale en Suisse
  • Autres références
  1. Caroline Zuercher, « Le Flon enfin sur les rails », Le matin, no 147,‎ 26 mai 2000, p. 5
  2. [(fr) Le Flon, c'est le cœur de ma ville! (page consultée le 22 janvier 2012)]
  3. Rémy-Pierre Berra, « La «Banane» prend l'ascenseur », 24 heures, no 60,‎ 11-12 mars 2000, p. 21
  4. [PDF] [(fr) Communiqué TL sur le rafraîchissement de la station M1 (page consultée le 27 janvier 2012)]
  5. [PDF] [horaire 2012 du LEB (page consultée le 15 janvier 2012)]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Encyclopédies spécialisées[modifier | modifier le code]

  • [ROCH00] Michel Dehanne, Michel Grandguillaume, Gérald Hadorn, Sébastien Jarne, Anette Rochaix et Jean-Louis Rochaix, Chemins de fer privés vaudois 1873 - 2000, Belmont, La Raillère (anciennement BVA),‎ 2000 (ISBN 2-88125-011-8[à vérifier : ISBN invalide]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [ROCH09] Jean-Louis Rochaix, Sébastien Jarne, Gérald Hadorn, Michel Grandguillaume, Michel Dehanne et Anette Rochaix, Chemins de fer privés vaudois 2000 - 2009 : 10 ans de modernisation, Belmont, La Raillère,‎ 2009 (ISBN 978-2-88125-012-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [PAIL87] Jean Paillard, Roger Kaller, Gaston Fornerod, Michel Dehanne et Jean-Éric Seewer, La compagnie du chemin de fer Lausanne-Ouchy : Épopée lausannoise, Lausanne, BVA,‎ 1987 (ISBN 2-88125-005[à vérifier : ISBN invalide]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [DIET11] Marc Dietschy, Le paradis perdu : Le démantèlement du trafic régional ferroviaire à voie normale en Suisse, Genève, Slatkine,‎ mai 2011 (ISBN 978-2-83210-439-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Autre ressource bibliographique[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]