César Vallejo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

César Vallejo

Description de cette image, également commentée ci-après

César Vallejo en 1929

Nom de naissance César Abraham Vallejo Mendoza
Autres noms Poeta de los Andes
(Poète des Andes)
Activités Poète, romancier, essayiste, journaliste, enseignant
Naissance 16 mars 1892
Santiago de Chuco
Flag of Peru (1825 - 1950).svg Pérou
Décès 15 avril 1938
Paris
Drapeau de la France France
Langue d'écriture espagnol
Mouvement avant-garde, modernisme
Genres poésie

Œuvres principales

  • Trilce
  • Los Heraldos Negros
  • Poemas humanos

César Vallejo, de son nom complet César Abraham Vallejo Mendoza, est un poète péruvien né à (Santiago de Chuco (es), le 16 mars 1892 - et mort à Paris, le 15 avril 1938).

Il est considéré comme l'un des plus grands poètes de langue espagnole et l'un des plus novateurs, malgré la brièveté de sa vie comme de son œuvre. Vallejo est le poète péruvien le plus célèbre et l'une des figures les plus importantes de la poésie hispano-américaine du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

César Vallejo est né à Santiago de Chuco, un petit village dans les Andes péruviennes. Il était le onzième enfant d'une famille d'origine indigène et espagnole. Depuis son enfance, il connaissait la misère, mais aussi la chaleur du foyer, loin duquel il se sentait orphelin.

Très jeune, il s’intéressa à la poésie et fréquenta d’abord les écrivains romantiques et classiques, puis les modernistes. Il a étudié la littérature à l'université de la Libertad à Trujillo, au Pérou. Le poète a laissé l'université plusieurs fois. Travaillant dans des plantations de sucre, il a été témoin de l'exploitation de travailleurs. Cette expérience a influencé sa pensée. Il a reçu sa maitrise en Littérature espagnole en 1915.

À Trujillo, il a publié ses premiers poèmes avant de s'installer à Lima à la fin de l'année 1917. À Lima, il a été stimulé par la bohème locale formée par des journalistes, des écrivains et des politiciens rebelles. Il a beaucoup souffert dans les années précédant la publication de son premier livre « Los Heraldos Negros » en 1919.

Après avoir publié Trilce en 1923 et ayant perdu un autre poste d'enseignant, le poète a émigré en Europe. Vallejo s’installe à Paris et prend contact avec les Avant-gardes européennes, devenant un grand ami de Juan Larrea. En 1928, il entre au Parti Communiste. En proie à de graves problèmes économiques, il survit grâce à de nombreuses collaborations dans des journaux. En Espagne Vallejo collabore avec la République. Il écrit quinze textes sur la guerre d’Espagne, qui furent édités en 1939 sous le titre « Espagne écarte de moi cette coupe(faisant ainsi référence à la parole du Christ aux jardins des oliviers "Père, éloigne de moi cette coupe") » .

César Vallejo meurt à Paris le 15 avril 1938. Il repose au Cimetière du Montparnasse.

Son premier livre poétique Les Hérauts Noirs fut publié en 1919. L’influence moderniste y apparait à travers le langage et l’utilisation d’images avec une intention symboliste. Néanmoins, on perçoit déjà que le poète s’éloigne du Modernisme, par sa tentative de refléter le quotidien et par l’utilisation d’une langue conversationnelle. Les Hérauts Noirs laissent transparaitre une vision triste du monde. L’être humain est un être coupable qui subit les caprices du destin. Il n’existe aucun baume à la souffrance humaine. On dirait que Vallejo –poète profondément croyant- se plaint de l’abandon des êtres humains de la part de Dieu.

Dans son livre suivant, Trilce (1922), la rupture avec la poésie antérieure est totale. Les poèmes mettent encore plus en évidence le pessimisme déjà présent dans l’œuvre précédente; mais l’angoisse et la désolation apparaissent avec un nouveau langage poétique, désormais dépourvu de toute trace moderniste. L’anecdote y est totalement absente. Le langage se désarticule. La syntaxe disparaît parfois. Le tout donne l’impression d’un monde chaotique et angoissant. Ce livre se convertit en l’un des plus importants de la poésie d’avant-garde.

Dans Espagne écarte de moi ce calice (1939) il dépasse sa conception tragique et pessimiste du monde pour se sentir solidaire de tous ceux qui souffrent. L’action du peuple permettra - selon Vallejo - d’en finir avec les injustices et aux êtres humains de faire face aux forces cosmiques qui répandent la souffrance à travers le monde.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Principales publications
  • Los Heraldos negros (1918). Un des exemples les plus représentatifs du Post-modernisme. Là le poète confronte son angoisse existentielle, sa culpabilité et sa douleur dans ses fameuses phrases : « Il y a des coups dans la vie, aussi forts. Je ne sais pas » et « Je suis né un jour quand Dieu était malade »
  • Trilce (1922). Qui est considéré comme un moment fondamental dans le renouvellement du langage poétique hispano-américain. Le livre a pris un style radical et extrême, en utilisant une technique aujourd'hui connue comme surréaliste.
  • Poemas Humanos (1939). Publié par sa femme après son décès. Il y incorpore des éléments historiques et des réalités concrètes (péruviennes, européennes et universelles avec lesquels il manifeste une foi passionnée pour la lutte de l'homme pour la justice et la solidarité social.
Traductions françaises
  • César Vallejo, Poèmes humains, trad. de Claude Esteban, in Claude Esteban, Poèmes parallèles, Galilée, 1980.
  • César Vallejo, Poésie complète, trad. de Gérard de Cortanze, Flammarion, coll. « Barroco », 1983, rééd. 2009.
  • César Vallejo, Poésie complète 1919-1937, trad. de Nicole Réda Euvremer, Flammarion, coll. « Poésie », 2009.
  • César Vallejo, Poèmes humains suivis de Suivi de Espagne, écarte de moi ce calice, trad. de François Maspero, préf. de Jorge Semprun, Le Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle », 2011.
  • César Vallejo, Tungstène, trad. de Nicole Réda Euvremer, Le Temps des Cerises, coll. « Romans des libertés », 2011.

Sur les autres projets Wikimedia :