Bataille de Rorke's Drift

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Bataille de Rorke's Drift
Bataille de Rorke's Drift, peinture d'Alphonse de Neuville, 1880.
Bataille de Rorke's Drift, peinture d'Alphonse de Neuville, 1880.
Informations générales
Date 22 janvier 22 - 23 janvier 1879
Lieu KwaZulu-Natal, Afrique du Sud
Issue Victoire britannique
Belligérants
Flag of the United Kingdom.svg Empire britannique Royaume zoulou
Commandants
Lieutenant John Chard
Lieutenant Gonville Bromhead
Dabulamanzi kaMpande
Forces en présence
150 hommes entre 3 000 et 4 000 hommes
Pertes
17 morts
14 blessés
351 morts
Guerre anglo-zouloue
Batailles
Inyezane · Isandhlwana · Rorke's Drift · Eshowe · Ntombe · Hlobane · Kambula · Gingindlovu · Ulundi
Coordonnées 28° 20′ 57″ S 30° 32′ 03″ E / -28.349166666667, 30.534166666667 ()28° 20′ 57″ Sud 30° 32′ 03″ Est / -28.349166666667, 30.534166666667 ()  

Géolocalisation sur la carte : Afrique du Sud

(Voir situation sur carte : Afrique du Sud)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Rorke's Drift.

La bataille de Rorke's Drift (c'est-à-dire le gué de Rorke) est livrée les 22 et 23 janvier 1879, pendant la guerre anglo-zouloue. Quelques heures après le désastre d'Isandhlwana, une poignée de soldats britanniques retranchés dans une ferme sont attaqués par près de 4 000 guerriers zoulous et repoussent tous les assauts à la suite d'une lutte acharnée.

Le site[modifier | modifier le code]

Il se trouve sur la rive sud de la rivière Buffalo, ou Mzinyathi en zoulou, qui constituait la frontière entre la colonie du Natal et le Zululand dans la région. Elle est le plus important affluent de la rivière Tugela, dont le confluent se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud-est.

L'endroit était un lieu connu avant la bataille. C'est par là que l'armée britannique a pénétré dans le Zoulouland le 11 janvier à l'ouverture de la guerre pour rejoindre Isandhlwana.

La bataille[modifier | modifier le code]

Dabulamanzi

À 15 h, des rescapés de la bataille d'Isandhlwana avertissent une compagnie du 24th Regiment of Foot, qui stationne à Rorke's Drift, de la défaite. Cette mission a été transformée en hôpital militaire par les Britanniques. Le Lieutenant John Chard est responsable des lieux. Il fait fortifier les bâtiments avec des planches, divers matériels et matériaux, des sacs de sable ainsi que deux chariots et il fait aussi percer des meurtrières dans les murs. Il dispose d'environ 170 hommes valides et de 20 000 cartouches. Les fuyards abandonnent leurs camarades et continuent leur fuite.

À 16 h 20, un régiment frais de Zoulous (il faisait partie de la réserve à Isandhlwana) arrive à Rorke's Drift. Il est commandé par le prince Dabulamanzi, frère du roi Cetewayo, qui désobéit à son roi en se lançant à l'assaut d'une position fortifiée. Dabulamanzi lance la première attaque dès 16 h 30 mais les Britanniques repoussent les Zoulous grâce à un feu nourri. Les guerriers zoulous se replient et contournent la place par le nord pendant que d'autres occupent les Britanniques en les arrosant de tirs peu précis de fusils et de vieux mousquets. Le second assaut a lieu à la tombée de la nuit.

Les Zoulous chargent et arrivent à entrer dans l'hôpital et à y mettre le feu. Les Britanniques détruisent alors des murs en boue séchée à coups de pioche et parviennent à sortir. Ils se fraient un chemin parmi les lignes zouloues à l'arme blanche et reviennent dans la cour avec les blessés, abandonnant ainsi l'hôpital devenu une vraie fournaise. Le manque de munitions commence à ce moment à se faire cruellement sentir, les soldats étant obligés de repousser les Zoulous à coups de baïonnettes.

La nuit tombant, les Zoulous n'ont toujours pas brisé le moral des défenseurs. Ces derniers sont acculés à l'entrepôt et à un cercle formé par des sacs de sable. La nuit est tombée depuis plusieurs heures et les Zoulous préparent une dernière attaque à l'est. Mais l'obscurité qui doit gêner les tireurs est contrebalancée par les flammes s'élevant de la ferme. Vers 4 h du matin cet ultime assaut est repoussé. Il était temps pour les Britanniques : ils ne disposent plus que de 900 cartouches.

Peu après, les sentinelles détectent une colonne anglaise et les Zoulous, dépités, doivent abandonner les lieux et 351 morts après un dernier hommage chanté envers les anglais pour leur résistance et leur courage. Les Britanniques déplorent 14 blessés et 17 tués.

Culture[modifier | modifier le code]

  • Le film Zoulou (Cy Endfield, 1964), avec Stanley Baker et Michael Caine, retrace cet événement.
  • La série Zoulouland (bande dessinée) dont le sujet est la guerre anglo-zouloue.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Howard Whitehouse, Battle in Africa 1879-1914, Fieldbooks, Mansfield, 1987
  • Victor Davis Hanson, Carnage and Culture : landmark battles in the rise of western power, chapitre 8, Doubleday 2001.
  • Vae Victis n°79, mars-avril 2008, d'après l'article de Patrick Receveur "Tenir ou mourir".