Bataille de Malplaquet

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Bataille de Malplaquet
Bataille de Malplaquet, vue du côté des coalisés autrichiens et hollandais
Bataille de Malplaquet, vue du côté des coalisés autrichiens et hollandais
Informations générales
Date 11 septembre 1709
Lieu Malplaquet, sur la commune de Taisnières-sur-Hon situé au sud de Mons et au nord-ouest de Maubeuge
Issue Défaite tactique mais victoire stratégique des Français[1]
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Drapeau de l'Autriche Archiduché d'Autriche
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Drapeau du Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Commandants
Claude Louis Hector de Villars
Louis François de Boufflers
John Churchill Marlborough
Eugène de Savoie-Carignan
• Le prince de Hesse-Cassel
Forces en présence
96 bataillons d’infanterie
180 escadrons de cavalerie
60 canons
80 000 hommes
128 bataillons d’infanterie
253 escadrons de cavalerie
100 canons
110 000 hommes
Pertes
6 000 tués ou blessés 20 000-25 000 tués ou blessés
Guerre de Succession d'Espagne
Batailles
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Coordonnées 50° 19′ 11″ N 3° 50′ 12″ E / 50.3197222222, 3.8366666666750° 19′ 11″ Nord 3° 50′ 12″ Est / 50.3197222222, 3.83666666667  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Malplaquet.

La bataille de Malplaquet eut lieu le 11 septembre 1709 au cours de la guerre de Succession d'Espagne au sud de Mons dans les Pays-Bas espagnols (sur le territoire de l'actuelle commune de Taisnières-sur-Hon en France). Les forces commandées par le général John Churchill, duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, essentiellement autrichiennes et hollandaises, affrontèrent les Français commandés par le maréchal de Villars. Bien que l'armée française fît retraite, elle infligea à ses ennemis des pertes quatre fois plus importantes que les siennes, et l'invasion de la France fut empêchée.

Contexte[modifier | modifier le code]

La situation désespérée de la France sur le plan militaire et économique après les défaites et sept années de guerre est accentuée par un déclin économique et un hiver rigoureux où plusieurs milliers de Français périssent[2]. Le peuple désire la paix et une partie de la Cour soutient ce parti. Les termes préliminaires ont néanmoins été repoussés par Louis XIV en raison des conditions inacceptables posées par les coalisés. Au mois de juin, le roi adresse un appel à son peuple, pour l’exhorter à un dernier effort dans le but d'obtenir une paix honorable. Le peuple se joint à son monarque et se scandalise des termes proposés par les Alliés. En province, les intendants rivalisent de zèle pour approvisionner l'armée. De nombreux jeunes gens s'engagent et refusent parfois les primes d’engagement[3]. Abattue après les défaites de Ramilies et d’Audenarde, l’armée des Flandres retrouve l’espoir et le moral grâce à son énergique commandant, le maréchal de Villars. Arrivé à la mi-mars, Villars s’attelle à réconforter ses hommes, à améliorer le ravitaillement et à construire une série de lignes défensives et de camps retranchés entre Douai et Saint-Venant.

Les coalisés cherchent à exploiter l’avantage obtenu l’année précédente grâce à la bataille d'Audenarde et la prise de Lille. De leur côté les Français tentent timidement de soutenir Mons assiégée après la chute prématurée de Tournai fin juillet.

Déroulement[modifier | modifier le code]

BattleOfMalplaquet.jpg

Les forces des coalisés, 86 000 hommes et 100 canons[4] surtout formés d'éléments autrichiens et néerlandais commandés conjointement par le duc de Marlborough et le prince Eugène, s'opposent à l'armée franco-bavaroise des maréchaux Villars et Boufflers, forte de 75 000 hommes et de 80 canons[5]. Les deux armées se mettent en position face à face, à portée de canon. Le 11 septembre à h 0 du matin, Eugène de Savoie, avec l'appui du régiment prussien du comte von Finckenstein, amorce une offensive sur l’aile gauche française. Il y a massé 83 bataillons et n’en laisse que 30 face à l’aile droite française qui, elle, en compte 70. L’idée directrice de ce plan est de forcer Villars à engager ses réserves et ainsi à affaiblir son centre ; mais le maréchal français fait au contraire glisser sa première ligne, esquissant un demi-repli.

Sur l'autre aile, les cuirassiers du prince Jean-Guillaume d’Orange chargent une heure plus tard, et au prix de lourdes pertes parviennent à fixer les régiments du duc de Boufflers.

Marlborough et le prince Eugène redoublent leur attaque sur l'aile gauche des Français, cette fois avec l'appui du régiment du général Withers, contraignant Villars à dégarnir le centre pour les contrer. Vers 13 h, le maréchal de Villars, blessé au genou par une balle de mousquet, doit être évacué et confie l'intégralité du commandement au maréchal de Boufflers.

Lorsque l'infanterie britannique commandée par le comte Hamilton passe à l'attaque sur le centre ennemi affaibli, elle emporte toute la ligne de redents, forçant les escadrons de cavalerie de la maison du roi, commandés par Guillaume François Gibert de Lhène à affronter la cavalerie du prince de Hesse-Cassel. Le maréchal de Boufflers prend lui-même le commandement du centre français et parvient à repousser six assauts ennemis depuis les redents, sans toutefois parvenir à les reprendre à cause des tirs de couverture des fusiliers britanniques. Vers 15 h, Boufflers réalise qu'il ne peut plus l'emporter qu'au prix d'un bain de sang et préfère ordonner le repli.

Les coalisés ont essuyé de telles pertes au cours de leurs assauts successifs (plus de 21 000 hommes[6]) qu'ils renoncent à harasser les Français.

Bilan[modifier | modifier le code]

Au cours de cette bataille, la plus sanglante de la guerre de Succession d'Espagne, les alliés qui ont perdu 20 000 à 25 000 hommes, renoncent à envahir la France. Les Français n'ont perdu qu'environ 6 000 hommes, et se replient en bon ordre sur Bavay et Valenciennes. Ce bilan donne à l'armée française un avantage qui permet à la France de continuer à se défendre jusqu'à la victoire de Denain, de négocier le traité d'Utrecht et de terminer la guerre dans une position avantageuse. Villars informa Louis XIV en ces termes : « Si Dieu nous fait la grâce de perdre encore une pareille bataille, Votre Majesté peut compter que ses ennemis sont détruits[7]. »

Anecdote[modifier | modifier le code]

Le duc de Marlborough que les Français croient mort, sera dès lors l'objet d'une chanson célèbre : Marlbrough s'en va-t-en guerre. En réalité, Marlborough n'est même pas blessé à l'issue de la bataille et décèdera en 1722. Son bras droit, le Prince Eugène de Savoie reçoit cependant une blessure légère au cours de l'assaut sur le bois de la Sarre.

Fénelon, archevêque de Cambrai, fit ouvrir l'archevêché et les greniers pour soigner et nourrir les blessés et les réfugiés de Malplaquet. Cet événement est représenté sur l'un des trois cadres sur son tombeau (par David d'Angers).

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les Mémoires du capitaine Peter Drake (lire en ligne)[8] constituent un témoignage de première main sur la bataille de Malplaquet. Leur auteur, un mercenaire Irlandais au service de la France qui fut blessé plusieurs fois au cours de la bataille, en rédigea le récit à un âge avancé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Alliés sont trop affaiblis pour envahir la France.
  2. Corvisier 1997, p. 19
  3. Corvisier 1997, p. 37-38
  4. Lynn 1999, p. 332
  5. Lynn 1999, p. 331
  6. Lynn 1999, p. 334
  7. Mémoire du maréchal de Villars, page 187 de l'édition de 1839 téléchargeable depuis le site internet de la Bibliothèque nationale de France
  8. (en) Amiable Renegade : The Memoirs of Peter Drake (1671-1753), [lire en ligne], p. 163–170. On peut consulter une recension critique de ce livre dans Honoré Jean, « Amiable Renegade. The Memoirs of Captain Peter Drake (1671-1753) : compte rendu de lecture », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, vol. 17, no 2,‎ 1962, p. 399-400 (lire en ligne).