Application linéaire
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En mathématiques, une application linéaire (aussi appelée opérateur linéaire ou transformation linéaire[1] mais beaucoup d'auteurs[2] réservent le mot de « transformation » à celles qui sont bijectives) est une application entre deux espaces vectoriels sur un corps K ou deux modules sur un anneau qui respecte l’addition des vecteurs et la multiplication scalaire définie dans ces espaces vectoriels ou modules, ou, en d’autre termes, qui « préserve les combinaisons linéaires ».
Sommaire |
Définitions [modifier]
Soit ƒ une application de E dans F où E et F sont deux espaces vectoriels à gauche sur un corps K.
L'application ƒ est une application linéaire (ou morphisme de K-espaces vectoriels) si et seulement si :
Une application ƒ possédant la première propriété est dite additive, et, pour la seconde, homogène. Elle possède ces deux propriétés à la fois si et seulement si :
ou plus simplement, si et seulement si :
- Un isomorphisme est un morphisme bijectif.
- Un endomorphisme est un morphisme ayant même espace vectoriel de départ et d'arrivée.
- Un automorphisme est un endomorphisme bijectif.
- Si l'espace vectoriel d'arrivée est le corps K on parle de forme linéaire.
On note
l’ensemble des applications linéaires de E dans F ;
l’ensemble des isomorphismes de E sur F;
l’ensemble des endomorphismes de E ;
(appelé aussi le groupe linéaire) le groupe des automorphismes de E.
(Le corps K en indice est parfois omis et implicite.)
Noyau et image [modifier]
Si ƒ est une application linéaire de E dans F, alors le noyau de ƒ, noté Ker(ƒ), et l’image de ƒ, notée Im(ƒ), sont définis par
Ker provient de Kernel, traduction de « noyau » en allemand. Im provient de image. L'ensemble Ker(ƒ) est un sous-espace vectoriel de E et l'ensemble Im(ƒ) est un sous-espace vectoriel de F. Plus généralement,
- L'image réciproque d'un sous-espace vectoriel de F par f est un sous-espace vectoriel de E ;
- Et l'image directe d'un sous-espace vectoriel de E par f est un sous-espace vectoriel de F.
Le théorème de factorisation affirme que f induit un isomorphisme de l'espace vectoriel quotient E/kerf sur l'image im f.
Tout ce qui précède reste valide si « espace vectoriel » est remplacé par « module » et « corps » par « anneau ». Ce qui suit, en revanche, est spécifique aux espaces vectoriels sur un corps :
Deux espaces isomorphes ayant même dimension, il suit de l'isomorphisme ci-dessus la relation suivante, valable pour un espace E de dimension finie, appelée théorème du rang :
.
Le nombre dim( Im(ƒ) ) est aussi appelé rang de ƒ et est noté rg(ƒ).
Exemples [modifier]
- l'endomorphisme appelé homothétie vectorielle de rapport a :
où a est un scalaire, à savoir un élément du corps de base ; - l’application dérivation, de l'espace des applications dérivables de R dans R vers l'espace de toutes les applications de R dans R :
- d :

- d :
- on peut condidérer l'ensemble des polynômes
à coefficients dans K, le corps des réels ou des complexes, et dont on a substitué à l'indéterminée la dérivation
ci-dessus. Alors
est un anneau et l'ensemble
des fonctions indéfiniment dérivables de
dans K est un
-module. Si
est un élément de
(qu'on appelle un opérateur différentiel), l'application
est un endomorphisme de
qui est une homothétie de rapport
pour la structure de
-module.
Propriétés [modifier]
-
- Soit E et F deux espaces vectoriels (resp. deux modules) à gauche sur le corps (resp. l'anneau) K. L'ensemble L(E,F) des applications linéaires de E dans F est un espace vectoriel (resp. un module) sur le centre C de K.
Montrons que L(E, F) est un sous-espace vectoriel (resp. un sous-module) de l'espace vectoriel (resp. du module) des applications de E dans F sur C. Il est non vide car contient l'application nulle. Si a et b sont deux applications linéaires, leur somme est encore linéaire. Enfin que si λ est un élément de C, l'application λa est aussi linéaire, car elle évidemment additive et pour tout
et tout
,
-
.
-
- La composée de deux applications linéaires est linéaire. Plus précisément :

-
- Si E est un K-espace vectoriel (resp. un K-module libre), une application linéaire
est entièrement déterminée par l'image par
d'une base de
. Plus précisément : pour toute base
de
et toute famille
de vecteurs de
(indexée par le même ensemble
), il existe une unique application linéaire
de
dans
telle que pour tout indice
,
.
- Si E est un K-espace vectoriel (resp. un K-module libre), une application linéaire
Soit
une telle application. Pour tout vecteur
de
, si
désigne la famille presque nulle de ses coordonnées dans la base
, on a (par linéarité de
) :
,
ce qui détermine complètement
.
Soit
définie en chaque vecteur
de
par la formule ci-dessus. Pour tout indice
, en appliquant cette formule à
, on trouve bien
. D'autre part,
est bien linéaire car pour tous vecteurs
de
, de coordonnées
dans
, et pour tous scalaires
, la définition de
donne :
.
-
- Tout choix d'une base
de
fournit une bijection de
sur
, donc si E et F sont des espaces vectoriels de dimension finie sur un corps commutatif, alors la dimension de L(E,F) est également finie, et
- Tout choix d'une base
.On utilise l'application fournie par la proposition précédente (à toute famille
de vecteurs de
on associe l'unique application linéaire qui envoie les
sur les
) ; l'application de
dans
ainsi définie est bijective. Si
et
, on en déduit (en notant
le corps des scalaires) :
.
-
- Si E et F sont des espaces vectoriels de dimension finie (resp. des modules libres de type fini) à droite sur un corps (resp. un anneau) K, une application linéaire de E dans F se représente par une matrice dans des bases fixées dans E et F.
Notes et références [modifier]
- David C. Lay, Algèbre linéaire, De Boeck, 2004 (ISBN 978-2-80414408-1) [lire en ligne], p. 77 et suivantes
- Nicolas Bourbaki, Éléments d'histoire des mathématiques [détail des éditions], p. 164
- N. Bourbaki, Éléments de mathématique, Algèbre, Chap. II.




l’ensemble des applications linéaires de E dans F ;
l’ensemble des isomorphismes de E sur F;
l’ensemble des endomorphismes de E ;
(appelé aussi le 

.
où a est un 
à coefficients dans K, le corps des réels ou des complexes, et dont on a substitué à l'indéterminée la dérivation
ci-dessus. Alors
des fonctions indéfiniment dérivables de
dans K est un
est un élément de
est un endomorphisme de
.
est entièrement déterminée par l'image par
), il
,
.
sur
.