Altiero Spinelli

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Spinelli.

Altiero Spinelli (né le 31 août 1907 à Rome, mort le 23 mai 1986 dans la même ville) était un homme politique italien, partisan du fédéralisme européen. Journaliste, jeune militant communiste et anti-fasciste, il fut condamné en 1927, sous le régime de Mussolini, à 16 ans de prison. Il fut déporté sur l'île de Ventotene où il rédigea un manifeste pour l'Europe unie. Il est parfois cité parmi les Pères fondateurs de l'Union européenne en raison de son influence sur l'intégration européenne après-guerre.

Fondateur du Mouvement fédéraliste européen en 1943, puis cofondateur de l'Union des fédéralistes européens, il fut plus tard membre de la Commission européenne, puis du premier Parlement européen élu au suffrage universel direct en 1979.

Altiero Spinelli fut l'un des promoteurs d'un projet de traité sur l'Union européenne adopté par le Parlement européen en 1984. Ce projet de relance de la construction européenne par des mesures politiques dans une dynamique fédéraliste a été modifié par la Commission européenne, présidée alors par Jacques Delors. La Commission prônait, une fois de plus dans l'histoire de la construction européenne, une relance par des mesures économiques. Ces tergiversations ont donné naissance à l'Acte unique.

C'est le père de Barbara Spinelli.

Début de sa vie[modifier | modifier le code]

Spinelli naît à Rome en 1907. Il est initié par son père, socialiste convaincu, à la politique. Il rejoint le Parti communiste italien très jeune et devient journaliste contestataire avec l'arrivée au pouvoir de Mussolini. Arrêté le 3 juin 1927 à Milan, il passe 10 ans en prison suivis de 6 ans d'isolement, à Ponza au printemps 1937 puis à partir de juin 1939 sur l'île de Ventotene dans le Golfe de Gaeta avec 800 autres dissidents hostiles au régime fasciste.

Le manifeste de Ventotene[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Manifeste de Ventotene.

En juin 1941, Spinelli et Ernesto Rossi rédigent un « Manifeste pour une Europe libre et unie », aujourd'hui connu sous le nom de « Manifeste de Ventotene ». Pour garder le secret et faute de papier, il est écrit sur du papier à cigarettes et caché dans le faux fond d'une boîte en fer.

Le Manifeste met en cause l’État national et le considère comme étant la cause de la Deuxième guerre mondiale. Il indique que la priorité stratégique pour les progressistes doit être la lutte pour la fédération européenne plutôt que la transformation de l’État national.

Le Manifeste circulera clandestinement dans la Résistance italienne et sera adopté comme programme du Mouvement fédéraliste européen (MFE) que Spinelli fonda les 27-28 août 1943 à Milan. Le Manifeste a plus tard été publié dans plusieurs langues.

Fin de la guerre[modifier | modifier le code]

En 1944, Spinelli fait partie des délégués de différents mouvements nationaux de résistance qui se réunissent chez le pasteur Willem Visser 't Hooft à Genève pour rédiger puis adopter la Déclaration des résistances européennes.

Parallèlement, Spinelli reste engagé en politique et adhère au Partito d'Azione mi-1944 où il participe au secrétariat et dirige plusieurs publications. Il y reste jusqu'à 1946.

Le MFE adhère en 1946 à l'Union des fédéralistes européens comme section italienne, où Spinelli exerce des responsabilités. Il deviendra en 1962 secrétaire général du MFE.

Un politicien européen[modifier | modifier le code]

Spinelli participe aux efforts en vue de lancer la construction européenne dans l'après-guerre. Il participe notamment à la création de l'Union des fédéralistes européens puis au Congrès de La Haye.

En 1951, il conseille à Alcide De Gasperi lors de la négociation du traité de Communauté européenne de défense dont l'article 38 prévoit que l'assemblée parlementaire fera une proposition de Communauté politique.

Au sein du mouvement fédéraliste il prône une orientation à gauche du mouvement, qui s'oppose à l'époque notamment au gaullisme au pouvoir en France. En Italie, il devient conseiller de Pietro Nenni et député de 1976 à 1983.

En 1970, Spinelli devient membre de la Commission européenne chargé de la politique industrielle et de la recherche. Il occupera cette fonction jusqu'en 1976.

Membre de l'Assemblée parlementaire européenne (1976-1979), il est élu apparenté communiste du premier Parlement européen désigné au suffrage universel en 1979, il fonde le Club du Crocodile, un groupe d'eurodéputés se réunissant dans le restaurant strasbourgeois du même nom. Ce groupe agit, conformément au slogan « Nous avons voté qui va gouverner ? », afin que le Parlement fasse une proposition de type constitutionnel pour relancer la construction européenne. Spinelli devient rapporteur de la Commission institutionnelle qui propose un projet de traité d'Union européenne adopté le 14 février 1984 par le Parlement européen. Spinelli est réélu en 1984.

Décédé en 1986, Spinelli est enterré sur l'île de Ventotene en présence de nombreuses personnalités dont Jacques Delors, alors président de la Commission européenne. L'Institut Spinelli y organise chaque année un séminaire de formation.

Aujourd'hui, l'une des ailes du bâtiment principal du Parlement européen à Bruxelles porte son nom, l'autre aile portant celui de Paul-Henri Spaak. Le bâtiment est désigné par l'abréviation ASP.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :