Congrès de La Haye

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Le Congrès de La Haye, considéré par beaucoup comme un des premiers véritable moment fédéral européen et intitulé à l'époque « Congrès de l'Europe », a rassemblé du 7 mai au 10 mai 1948 près de 750 délégués venus de presque tous les pays d'Europe, et quelques observateurs des États-Unis et du Canada.

Organisateurs[modifier | modifier le code]

Le Congrès fut organisé par des associations, issues notamment de la résistance, comme l'Union des fédéralistes européens ou encore le United Europe Movement de Winston Churchill qui fut le président d'honneur du congrès.

En septembre 1946, Churchill prononce son célèbre discours de Zurich. Simultanément se déroule à Hertenstein non loin de là une rencontre des mouvements fédéralistes européens. L'Union européenne des fédéralistes est fondée en décembre 1946 à Paris.

En novembre 1947, un comité de coordination rassemble l'UEF et le United Europe Movement, le Mouvement pour les États-Unis socialistes d’Europe et les Nouvelles équipes internationales. Il s'intitule «Comité international de coordination des mouvements pour l'unité européenne».

Ce Comité est à l'origine du « Congrès de l'Europe ». Le but de cette manifestation était «d’attirer sur ce problème l’attention de l’opinion publique internationale et d’indiquer la formation des États-Unis d’Europe comme objectif commun de travail de toutes les forces démocratiques européennes» (selon un mémorandum du 22 janvier 1948).

Alexandre Marc, secrétaire général de l'UEF, avait proposé de l'intituler « États généraux de l'Europe » afin de donner un connotation populaire voire révolutionnaire à l'événement. Cette formulation n'est pas retenue par le Comité de coordination.

Déroulement du Congrès[modifier | modifier le code]

Le contexte du Congrès est particulier : le « Coup de Prague » a lieu en février. En mars est signé le Traité de Bruxelles, alliance défensive entre France, Royaume-Uni et Benelux. La RFA n'est pas encore constituée.

Le Congrès se déroule du 7 mai au 10 mai 1948, soit trois ans exactement après l'armistice en Europe. Il a réuni entre 750 et 800 participants selon les sources. Y participaient des hommes politiques, intellectuels et syndicalistes. Dix-sept pays sont représentés, notamment France, Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Italie et Allemagne (à l'époque encore sous occupation par les Alliés). Participent aussi des personnes venues d'Europe de l'Est : Roumains, Polonais, Tchèques, Hongrois et Yougoslaves. Quarante députés travaillistes britanniques renoncent à participer suite à une interdiction par la direction de leur parti.

Le Congrès se déroule dans la « Ridderzaal », Salle des Chevaliers du château de La Haye sous la présidence d'honneur de Winston Churchill, en présence des souverains des Pays-Bas.

Les séances plénières sont présidées par Anthony Eden et Paul van Zeeland.

Trois commissions se réunissent :

Le Congrès est marqué par un clivage entre unionistes et fédéralistes. Les premiers, dont Churchill, souhaitent une simple coopération entre États afin de résoudre les difficultés économiques et de renforcer le camp occidental dans la Guerre froide naissante. Les fédéralistes veulent aller plus vite et plus loin et demandent un transfert partiel de souveraineté à une Fédération européenne.

Henri Brugmans souligne plus tard «l'atmosphère joyeuse, créatrice, presque révolutionnaire du Congrès» (dans la revue « L'Europe en formation » en 1968). Les fédéralistes concluent cependant à une domination des unionistes au cours du Congrès. Pour Denis de Rougemont : «Les maîtres du Congrès ont retiré la parole au peuple européen pour la donner à des ministres qui en ont fait l'usage que l'on sait». Plusieurs affrontements verbaux ont lieu entre les deux camps qui se forment.

Paul Reynaud propose l'élection d'une assemblée constituante européenne, idée qui ne sera pas retenue dans les conclusions.

Résultats[modifier | modifier le code]

Le Congrès adopte un « Message aux Européens » rédigé et lu par Denis de Rougemont. Il déclare notamment :

« Tous ensemble, demain, nous pouvons édifier (…) la plus grande formation politique et le plus vaste ensemble économique de notre temps. Jamais l'histoire du monde n'aura connu un si puissant rassemblement d'hommes libres. Jamais la guerre, la peur et la misère n'auront été mises en échec par un plus formidable adversaire ».

Il appelle à :

  • l'élimination des restrictions à l'échange des marchandises, la convertibilité des monnaies, la programmation des ressources, la mobilité de la main-d'œuvre, la coordination des politiques économiques et la promotion du plein emploi.
  • une Assemblée européenne élue au suffrage universel
  • une Europe unie ouverte à l'Allemagne
  • l'adoption d'une Charte des droits fondamentaux
  • la création d'une Cour suprême
  • la création d'un centre européen de l'enfance, de la jeunesse et de la culture

Conséquences[modifier | modifier le code]

À la suite du Congrès sont également créés le Collège d'Europe[1] à Bruges et le Centre européen de la Culture à Genève.

Une de ses conséquences sera la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui a été signée à Rome le 4 novembre 1950.

Participants notables[modifier | modifier le code]

Parmi les participants notables se trouvaient :

Notes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Guieu et Christophe Le Dréau, Le congrès de l’Europe à La Haye (1948-2008), Bruxelles, Peter Lang,‎ 2009, 427 p.

Compléments[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]