Alfred Aston

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Alfred Aston
Pas d'image ? Cliquez ici.
Biographie
Nationalité Drapeau : France Français
Naissance 16 mai 1912
Lieu Chantilly
Décès 10 février 2003 (à 90 ans)
Taille 1,65 m (5 5)
Période pro. 1932-1948
Poste Ailier puis entraîneur
Parcours junior
Saisons Club
0000-1930 Drapeau : France US Chantilly
Parcours amateur
Saisons Club
1930-1932 Drapeau : France US Chantilly
1948-1949 Drapeau : France CA Paris
1949-1950 Drapeau : France CS Fontainebleau
1950-1951 Drapeau : France AC Amboise
1951-1956 Drapeau : France FC Tours
Parcours professionnel 1
Saisons Club M. (B.)
1932-1938 Drapeau : France Red Star 152 (56)
1938-1940 Drapeau : France RC Paris 027 (11)
1940-1943 Drapeau : France Red Star
1943-1944 Drapeau : France É.F. Paris-Capitale
1944-1946 Drapeau : France Red Star
1946-1947 Drapeau : France Angers SCO 027 (13)
1947-1948 Drapeau : France Stade français
1948 Drapeau : France Stade français-Red Star 017 0(3)
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe M. (B.)
1934-1946 Drapeau : France France 31 0(5)
Équipes entraînées
Années Équipe Stats
1948-1949 Drapeau : France CA Paris
1949-1950 Drapeau : France CS Fontainebleau
1950-1951 Drapeau : France AC Amboise
1951-1956 Drapeau : France FC Tours
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.

Alfred « Fred » Aston, né le 16 mai 1912 à Chantilly et mort le 10 février 2003, est un footballeur international français reconverti entraîneur.

Alfred Aston est un des meilleurs footballeur français des années 1930-1940. Petit gabari, il est baptisé « Feu-follet » tant sa science de l'esquive et de la feinte est efficace[1]. Son jeu en déséquilibre perpétuel donne du plaisir au public et désoriente les défenses. Sous les couleurs du Red Star pendant onze ans, il côtoie notamment André Simonyi, avec qui l'entente est efficace. Aston remporte le championnat de France zone Nord 1941 et la Coupe de France 1942 avant d'échouer en finale en 1946. Trente et une fois capés en équipe de France, sa carrière internationale se déroule sur douze ans avec la participation à deux phases finales de Coupe du monde en 1934 et 1938[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Joueur[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts à Chantilly[modifier | modifier le code]

Alfred Aston nait d'un père anglais et d'une mère française dans ce milieu britannique qu'est le monde des courses. Il est d'ailleurs apprenti jockey à Chantilly dans sa jeunesse[1],[3].

Fred est télégraphiste puis rejoint la capitale en allant travailler chez son oncle cordonnier. Avec le aller-retour journalier à Chantilly, venant à Paris tous les jours pour son travail et jouant tous les dimanches comme « inter » dans l’équipe locale de l'US Chantilly. Alfred Aston s’inscrit un jour au concours des jeunes footballeurs et est classé premier[3].

« Fred » fait donc ses premières armes dans l'équipe junior de l'Union sportive de Chantilly, au bout de deux ans, il opère dans la formation fanion. Encore deux ans, et il endosse le maillot du Red Star[4].

Red Star (1932-1946)[modifier | modifier le code]

En 1932, avec l'introduction du football professionnel en France, Aston devient « pro » pour 500 Francs par mois après un match d'essai contre une équipe allemande[3]. Il est appelé en sélection de Paris le 4 décembre 1932[2],[4].

Lorsque la Division 1 passe de vingt à quatorze équipes en 1933, le club est relégué. Mais il remonte dès l'année suivante avec un titre de champion de D2 en prime. Aston remporte avec le Challenge Kentish en 1934[2],[4].

Tout en étant professionnel, Aston doit continuer à travailler pour vivre. En effet, à cette époque, le joueur n’a que sa mensualité qui s’augmente d’une petite prime pour les parties gagnées et cela durant leur courte carrière. Alred Aston travaille donc à l'usine, une petite entreprise familiale et artisanale de fabrication d’articles en papier. Cette entreprise est dirigée par notre champion, qui en est le directeur, le représentant, le technicien et le livreur. Il perd ainsi deux doigts de la main droite avec un coup de massicot en 1938[3],[5].

Lors de la saison 1937-1938, on l'estime le meilleur ailier d'Europe. Son duo avec André Simonyi fait accéder le Red Star aux quarts de finale de la Coupe de France[1].

En septembre 1938, à nouveau relégué en D2, les dirigeants du Red Star Olympique laissent Alfred Aston s'en aller au Racing Club de Paris. Lui qui, le 26 octobre 1938, a l'honneur d'être l'ailier droit de la sélection continentale lors de son match à Highbury contre l'Angleterre[1].

Il signe au Racing en 1938, mais rate les deux finales de Coupe de France 1939 et 1940 : non qualifié pour la première, mobilisé pour la campagne de mai-juin 1940 en Allemagne occidentale lors de la seconde[6].

Pendant la saison 1940-1941, Alfred Aston revient au Red Star qui domine le championnat de la Zone Occupée par les Allemands. Lors de la saison suivante, le club remporte la Coupe De France contre le FC Sète, Aston inscrit le second but de son équipe. Pour la saison 1943-1944, Aston joue dans l'Équipe fédérale Paris-Capitale qui termine troisième du championnat mis en place. En 1945-1946, Aston dispute une nouvelle finale de Coupe de France, perdue 4-2 contre le Lille OSC.

En sélection (1934-1946)[modifier | modifier le code]

En tant que joueur de deuxième division, Alfred Aston débute en équipe de France le 11 mars 1934, lors d'un match nul face à la Suisse (1-1).

Alfred Aston apprend sa sélection pour la Coupe du monde 1934 dans le journal sportif L'Auto de l'époque. Pour se qualifier, l'équipe de France joue contre le Luxembourg pour un match annecdotique remporté sur un score invraisemblable de 6-1, avec un but d'Aston. Les Bleus partent en train en Italie pour le premier grand voyage d'Aston. Lors de ce Mondial, la France réussir presque l'exploit d'éliminer une des meilleures équipes du monde, la « Wunderteam » autrichienne. Mais les Français s'inclinent après prolongation. À leur retour, les joueurs sont accueillis en France par plusieurs milliers de personnes à une époque où l'Europe centrale domine le football[7].

Pour la Coupe du monde 1938 en France, fin mai, les 22 joueurs sont rassemblés à l´hôtel du Grand-Cerf pour trois semaines de préparation à Chantilly. « Dans mon bled. Il ne s´agissait pas d´un stage de commando, c´était plutôt pépère et décontracté. On faisait des marches dans la forêt, de la chaise longue et on jouait à la belote. L´idée de nous entraîner deux fois par jour ne nous aurait pas effleuré l´esprit. Pour se détendre, on se baignait dans l´Oise, à Boran, ou bien on allait à la pêche[5] ». Pour la compétition, les Bleus bénéficient d'un tirage au sort favorable mais sont éliminés après deux matchs, en quart-de-finale[7]. Aston est le seul joueur français retenu dans la sélection continentale qui affronte l'Angleterre en octobre 1938[1].

Au sommet de son art, Fred Aston aurait pu prétendre à une troisième Coupe du monde. Mais, quatorze mois plus tard, la Seconde Guerre mondiale éclate. Il est mobilisé dans l´armée de l´air au Maroc[5].

Le numéro 7 tricolore[5] connaît sa dernière sélection chez les Bleus le 19 mai 1946 au Stade olympique Yves-du-Manoir de Colombes devant près de 60 000 spectateurs[2], à l'occasion d'un succès face à l'Angleterre (2-1)[8] de Stanley Matthews et Billy Wright. Aston est l'auteur de la passe décisive pour Jean Prouff premier but français.

Angers et le Stade français (1946-1948)[modifier | modifier le code]

En 1946, Aston signe au SCO Angers pour retrouver son ami André Simonyi[2], il y joue une saison. Il est sélectionné en LOFA (Ligue de l'Ouest) en avril 1947[6].

Surnommé « feu follet » en raison de ses dribbles rapides et déroutants pour les défenseurs adverses[6], Aston achève sa carrière professionnelle en évoluant dans l'équipe de vedettes mise en place par le Stade Français.

Entraîneur-joueur (1948-1956)[modifier | modifier le code]

Alfred Aston n'abandonne pas le football après son départ du Stade Français en 1948, et se consacre au poste d'entraîneur-joueur puis d'entraîneur à des formations qu'il extrait des limbes : Fontainebleau et Tours au premier chef. À 39 ans, il participe ainsi activement, sur le terrain, à la qualification du FC Tours pour les 32e de finale de la Coupe de France 1952 face aux professionnels de l'AS Troyes. Il joue avec Tours jusqu'en 1956 (44 ans)[9].

Reconversion[modifier | modifier le code]

Après avoir terminé sa carrière dans le sport à Tours, il reste dans la ville est ouvre un magasin de sport qui lui permet de rester dans le football[7], où il voit défiler Raymond Kopa, Armand Penverne ou Dominique Colonna[5].

Alfred ouvre une première boutique « Fred Aston » en 1952. Le petit magasin d'articles sportifs se porte bien. En 1962, « Fred » et son épouse s'installent un peu plus loin dans la même rue de Bordeaux. Jean-Pierre Aston vient travailler avec son père en 1968. Aston père prend sa retraite à la fin des années 1980 laissant la gestion à son fils[10].

Alfred Aston passe sa retraite sur la Côte d'Azur[4], sur les hauteur de Cannes[5] et décède le 10 février 2003.

Style de jeu : ailier dribbleur[modifier | modifier le code]

Fred Aston, sur son aile droite, donne le tournis à ses gardes du corps. Le numéro 7 tricolore, par son dribble court, ses feintes en virevolte, est un véritable poison pour les défenses adverses[5]. En le voyant, sur le terrain, en admirant sa science et sa technique, on devine sa vivacité d’esprit et son intelligence[3].

Baptisé « Feu-follet », tant sa science de l'esquive et de la feinte, sa façon de savoir tomber et se relever comme mu par un ressort, son jeu en déséquilibre perpétuel surprennent, déroutent ses adversaire et enthousiasment les spectateurs. Avec ses courses pleines d'imprévu, mais toujours inspirées et souvent victorieuses, Aston fait évoluer son poste[4].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Générales[modifier | modifier le code]

Ce tableau représente les statistiques d'Alfred Aston[6],[11],[12].

Statistiques de Alfred Aston
Saison Club Championnat Coupe(s) nationale(s) Drapeau : France France Total
Division M B M B M B M B
1932-1933 Drapeau de la France Red Star D1 14 3 - - - - 14 3
1933-1934 Drapeau de la France Red Star D2 25 15 - - 5 1 30 16
1934-1935 Drapeau de la France Red Star D1 30 14 - - 4 0 34 14
1935-1936 Drapeau de la France Red Star D1 30 5 - - 2 0 32 5
1936-1937 Drapeau de la France Red Star D1 28 10 - - 2 0 30 10
1937-1938 Drapeau de la France Red Star D1 25 9 - - 4 2 29 11
Sous-total 152 56 - - 17 3 169 59
1938-1939 Drapeau de la France RC Paris D1 27 11 - - 3 0 30 11
1939-1940 Drapeau de la France RC Paris D1 - - - - - - 0 0
1940-1941 Drapeau de la France Red Star D1 - - - - - - 0 0
1941-1942 Drapeau de la France Red Star D1 - - - - 2 0 2 0
1942-1943 Drapeau de la France Red Star D1 - - - - - - 0 0
1943-1944 Drapeau de la France Paris-Capitale D1 - - - - - - 0 0
1944-1945 Drapeau de la France Red Star D1 - - - - 3 1 3 1
1945-1946 Drapeau de la France Red Star D1 29 8 - - 6 1 35 9
1946 Drapeau de la France Red Star D1 11 2 - - - - 11 2
1946-1947 Drapeau de la France SCO Angers D2 27 13 - - - - 27 13
1947-1948 Drapeau de la France Stade français D1 27 5 - - - - 27 5
1948 Drapeau de la France Stade français-Red Star D1 17 3 - - - - 17 3
1948-1949 Drapeau de la France CA Paris D1 17 0 - - - - 17 0
Total sur la carrière 105 4 5 0 31 5 141 9

En sélection[modifier | modifier le code]

Détails des sélections d'Aston par compétition[8],[13]
Compétition Matchs Buts
Coupe du monde 3 0
Qualifications CdM 1 1
Match amical 27 4
Détails des sélections d'Alfred Aston[2]
# Date Compétition Affiche Score Lieu But
1 11/3/1934 Amical France Drapeau : France - Drapeau : Suisse Suisse 0-1
2 25/3/1934 France Drapeau : France - Drapeau : Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie 1-2
3 15/4/1934 Qualif. CdM 1934 Luxembourg Drapeau : Luxembourg - Drapeau : France France 1-6 But inscrit après 6 minutes 6e
4 10/5/1934 Amical France Drapeau : France - Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas 4-5
5 27/5/1934 Coupe du monde 1934 Italie Drapeau : Italie - Drapeau : France France 3-2 ap Stade Benito Mussolini (Turin)
6 17/2/1935 Amical Italie Drapeau : Italie - Drapeau : France France 2-1
7 17/3/1935 France Drapeau : France - Drapeau : Allemagne Allemagne 1-3
8 14/4/1935 Belgique Drapeau : Belgique - Drapeau : France France 1-1
9 19/5/1935 France Drapeau : France - Drapeau : Hongrie Hongrie 2-0
10 27/10/1935 Suisse Drapeau : Suisse - Drapeau : France France 2-1
11 12/1/1936 France Drapeau : France - Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas 1-6
12 13/12/1936 France Drapeau : France - Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie 1-0
13 23/5/1937 France Drapeau : France - Drapeau : Irlande (île) Irlande 0-2
14 24/3/1938 France Drapeau : France - Drapeau : Bulgarie Bulgarie 6-1 But inscrit après 29 minutes 29e et But inscrit après 52 minutes 52e
15 26/5/1938 France Drapeau : France - Drapeau : Angleterre Angleterre 2-4
16 5/6/1938 Coupe du monde 1938 France Drapeau : France - Drapeau : Belgique Belgique 3-1 Stade olympique Yves-du-Manoir
(Colombes)
17 12/6/1938 France Drapeau : France - Drapeau : Italie Italie 1-3
18 4/12/1938 Amical Italie Drapeau : Italie - Drapeau : France France 1-0
19 22/1/1939 France Drapeau : France - Drapeau : Pologne Pologne 4-0
20 16/3/1939 France Drapeau : France - Drapeau : Hongrie Hongrie 2-2
21 8/3/1942 France Drapeau : France - Drapeau : Suisse Suisse 0-2
22 15/3/1942 Espagne Drapeau : Espagne - Drapeau : France France 4-0
23 24/12/1944 France Drapeau : France - Drapeau : Belgique Belgique 3-1 But inscrit après 79 minutes 79e
24 8/4/1945 Suisse Drapeau : Suisse - Drapeau : France France 1-0
25 26/5/1945 Angleterre Drapeau : Angleterre - Drapeau : France France 2-2
26 6/12/1945 Autriche Drapeau : Autriche - Drapeau : France France 4-1
27 15/12/1945 Belgique Drapeau : Belgique - Drapeau : France France 2-1 But inscrit après 77 minutes 77e
28 7/4/1946 France Drapeau : France - Drapeau : Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie 3-0
29 14/4/1946 Portugal Drapeau : Portugal - Drapeau : France France 2-1
30 5/5/1946 France Drapeau : France - Drapeau : Autriche Autriche 3-1
31 19/5/1946 France Drapeau : France - Drapeau : Angleterre Angleterre 2-1 Stade olympique Yves-du-Manoir
(Colombes)

Palmarès[modifier | modifier le code]

Drapeau : France Red Star
Autres

Vie privée[modifier | modifier le code]

Alfred Aston se marie avec sa femme Hélène[5] qui l'aide dans son métier à l'usine et à deux enfants : Danielle, née en 1939 et Jean-Pierre, né en 1946[3].

André Simonyi est son grand copain au Red Star. Chez les Bleus, il s´entends très bien avec Raoul Diagne[5].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guide de L'Équipe : Football 54, « Dictionnaire des internationaux français », p.102
  • Red Star, histoire d'un siècle, « Fred Aston, le feu follet », p.70-73

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « L'AILE DROITE ASTON - SIMONYI », sur allezredstar.com (consulté le 30/01/2015)
  2. a, b, c, d, e et f « ASTON Fred », sur allezredstar.com (consulté le 30/01/2015)
  3. a, b, c, d, e et f « Fred Aston », sur allezredstar.com,‎ 1947 (consulté le 01/02/2015)
  4. a, b, c, d et e « Fred Aston », sur allezredstar.com,‎ 2002 (consulté le 01/02/2015)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i « 1938 : Fred Aston le gentleman footballeur », sur leparisien.fr,‎ 27 mai 1998 (consulté le 01/02/2015)
  6. a, b, c, d et e « Alfred Aston », sur sco1919.com (consulté le 30/01/2015)
  7. a, b et c « Alfred Aston : « L'Italie le méritait » », sur football365.fr,‎ 21 janvier 2002 (consulté le 30/01/2015)
  8. a et b « Fiche d'Alfred Aston », sur fff.fr (consulté le 30/01/2015)
  9. (en) « France - Trainers of First and Second Division Clubs », sur rsssf.com,‎ 12 juillet 2007 (consulté le 30/01/2015)
  10. « Fred Aston : une histoire de foot et de famille », sur lanouvellerepublique.fr,‎ 16 janvier 2013 (consulté le 01/02/2015)
  11. Fiche d’Alfred Aston sur footballdatabase.eu
  12. (en) « Alfred Aston », sur national-football-teams.com (consulté le 30/01/2015)
  13. « Les statistiques des joueurs de la FIFA : Alfred Aston », sur fifa.com (consulté le 30/01/2015)