Panneau de fibres à densité moyenne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
un échantillon de MDF

Un panneau de fibres à densité moyenne[1] ou MDF (pour Medium Density Fiberboard, l'appellation anglophone) est un panneau composite de fibres de bois à moyenne densité (avec des masses volumiques variables : 800 kg/m³ pour le HDF, 750 kg/m³ pour le MDF, 600 kg/m³ pour le light MDF), par opposition aux panneaux de fibres de bois durs (type Isorel ou Unalit) dont la densité est élevée (de l'ordre de 1 000 kg/m³). Également connu sous la dénomination de medium (nom commercial du produit utilisé par la société Isoroy), ce panneau issu d'un procédé industriel continu, est constitué de fibres de bois et d'un liant synthétique à base de résine urée-formol que l'on soumet à des contraintes de température et de pression[2].

Matériau industriel récent, produit par hasard aux États-Unis en 1966, le MDF présente de multiples avantages :

  • il est quasiment isotrope, c'est-à-dire présente des propriétés physiques homogènes dans les trois dimensions,
  • sa texture fine le rend facile d'emploi en décoration,
  • il est meilleur marché que le bois massif[réf. nécessaire],
  • il est disponible en de multiples épaisseurs,
  • il permet l'utilisation de bois de première éclaircie (arbres de faible diamètre, qui ne peuvent pas être valorisés en bois massif).

Le MDF est un panneau polyvalent, que l'on retrouve surtout dans l'aménagement et la décoration intérieure.

Il peut être ignifuge (Euroclasse B), cintré, laqué ou mélaminé et dans une certaine mesure hydrofuge (exclusivement en ambiance intérieure présentant des risques d'exposition temporaire à l'humidité).

Procédé de fabrication[modifier | modifier le code]

Les panneaux de MDF sont élaborés à partir de bois feuillus ou résineux (écorcés afin de réduire le taux de silice), réduits en copeaux à l'aide d'une coupeuse-déchiqueteuse. On élimine enfin les particules de moins de 5 mm et de plus de 40 mm.

Après une opération de défibrage à chaud, le mélange collant, constitué de plusieurs composants dont un liant ou colle (urée formol ou mélamine formol) un catalyseur et éventuellement d’autres adjuvants, est projeté en fines gouttelettes sur l’ensemble fibre + vapeur.

À l'issue d'un séchage, la matière fibreuse est pressée en panneaux.

En résumé, le procédé d'élaboration du MDF comprend 8 opérations :

  1. le déchiquetage du bois en plaquettes,
  2. le triage, lavage et dépoussiérage des plaquettes,
  3. le défibrage par traitement à la vapeur,
  4. l'encollage des fibres,
  5. le séchage,
  6. le pressage,
  7. le refroidissement et la stabilisation,
  8. la mise au format.

Pour l'anecdote, c'est en 1966, aux États-Unis, à l'occasion d'un incident technique que fut obtenu le premier MDF. La production débute réellement vers le milieu des années 1970.

Les producteurs de MDF en France sont Isoroy avec les usines du Creusot et d'Ussel, Finsa[3] avec l'usine de Morcenx et Unilin[4] avec l'usine de Bazeilles.

En 2009, Isoroy a fermé le site de Saint-Dizier et arrêté sa dernière presse à étage. Ce fut le premier site français à fabriquer des panneaux MDF. Le panneau de fibre est un panneau qui offre de multiples possibilités.

Polémiques sanitaires[modifier | modifier le code]

Les MDF ou fibres de moyenne densité sont un matériau composite fabriqué à partir de fibres agglomérées et contenant du formaldéhyde, responsable de cancers chez les animaux et donc probablement cancérigène pour l’homme. Il irrite également la peau, les yeux et les muqueuses. Une exposition même brève et à de faibles concentrations peut dans certains cas déclencher des crises d’asthme chez les personnes sensibles. Couper, percer et usiner du MDF expose à de grandes quantités de poussière. Par inhalation, elles peuvent causer des pathologies ORL comme l’asthme ou le cancer de l'ethmoïde[réf. nécessaire]. On a largement évoqué ces risques concernant les bricoleurs à qui l'on recommande de prendre des précautions d'usage, telles que porter un masque et ouvrir portes et fenêtres de l'espace de travail.

Une fois posé et peint ou verni, le MDF continue à produire du formaldéhyde, mais à des niveaux moindres. Une norme européenne vise à limiter cette émission dans les matériaux récents.

Kelly et al. (1999) [5] ont évalué les émissions de formaldéhyde de plusieurs produits du bois dans une chambre sur une période de 24 heures. Les émissions des produits du bois enduits contenant de l'urée-formaldéhyde (p. ex. mélamine, stratifié) variaient de < 2,7 à 55 μg/m²h, à l'exception d'un produit qui émettait 460 μg/m²h, alors que les émissions des produits du bois non enduits contenant du phénol-formaldéhyde variaient de 4,1 à 9,2 μg/m²h. Parmi les produits non-enduits contenant de l'urée-formaldéhyde, les émissions des produits de contreplaqué variaient de 8,6 à 103 μg/m²h, celles des panneaux d'aggloméré de 104 à 1 580 μg/m²h et celles des produits de MDF[6] de 210 à 364 μg/m²h.

Références[modifier | modifier le code]