Promenade du Bœuf Gras au Carnaval de Paris

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Pimprenelle et Pat le Clown en tête du Carnaval de Paris 2004.
Alexandra Bristiel menant Esméralda au Carnaval de Paris 2010.

La Promenade du Bœuf Gras, également appelée Fête du Bœuf Gras, Cavalcade du Bœuf Gras, Fête du Bœuf villé (c'est-à-dire : promené en ville), Fête du Bœuf viellé ou violé (promené au son de la vielle ou de la viole) est une très ancienne coutume festive. Elle consiste, pour les bouchers ou garçons bouchers[N 1], à promener solennellement en musique, au moment du Carnaval, un ou plusieurs bœufs décorés, par exemple avec des fleurs, les cornes et les sabots dorés.

Au XIXe siècle à Paris, les prestigieuses festivités du Bœuf Gras prennent une dimension gigantesque, devenant de facto la Fête de Paris dans le cadre du très grand Carnaval de Paris. À partir de 1870, le cortège parisien du Bœuf Gras est victime de circonstanciels problèmes politiques et d'organisation : crise des bouchers parisiens avec l'affaire Mathurin Couder en 1869-1873 et absence de maire de Paris jusqu'en 1977. Il défile encore au XXe siècle, y compris à grande échelle en 1905 et 1936. Mais disparaît après les défilés de 1951 et 1952.

Après 45 ans d'interruption, il renaît en 1998 à l'initiative de Basile Pachkoff et défile depuis chaque année. À partir de 2002, il renoue avec le calendrier traditionnel du Carnaval et sort le Dimanche Gras avant veille du mardi gras.

Le Bœuf Gras était célébré jadis dans quantité d'autres villes de France et du monde, et l'est encore dans certaines d'entre elles.

Histoire de la manifestation[modifier | modifier le code]

Origines possibles de la fête[modifier | modifier le code]

La fable de l'origine égyptienne du Bœuf Gras, vue par Charles Gillot en 1884.

L'origine précise et la date d'apparition de cette fête sont inconnus. Une explication prétend qu'il s'agit du vestige d'un ancien rituel païen. Dans un numéro de 1739 du Mercure de France décrivant une promenade du bœuf gras, il est précisé « que cet usage, qui est fort ancien, paroît être un reste de certaines fêtes du pagannisme, & singulierement des sacrifices que l'on faisoit aux faux Dieux. En effet, les garçons bouchers s'habillent pour cette cérémonie, à peu près de même que l'étoient les esclaves des sacrificateurs ; Le Beuf gras est paré dans le même goût, que ceux que l'on immoloit pour victimes, & les bouchers ont des instrumens, comme on en avoit aux sacrifices »[1]. Dans un numéro de la revue Correspondance secrète datée de 1783, la fête rappelle à un spectateur « les bacchanales et les mystères des Égyptiens »[2]. Dans le programme de 1805, le poète, chansonnier, vaudevilliste et goguettier Antoine-Pierre-Augustin de Piis y voit une « procession du bœuf Apis »[3]. L'identification est reprise par Théophile Gautier en 1847[4] et par Léo Delibes qui, dans sa jeunesse, mis en musique un texte comique illustrant la fête antique. Cette œuvre connut une certaine notoriété et fut chantée en 1891 au théâtre des Bouffes-Parisiens par Désiré et Léonce[5] :

Honneur au bœuf Apis,
À l'enfant de Memphis ;
C'est le roi du bétail,
Contemplez son poitrail.
On admirait sa peau
Quand il n'était qu'un veau ;
Depuis qu'il est taureau.
Mon Dieu qu'il est donc beau !

Toutefois, le dieu égyptien Apis n'est pas un bœuf mais un taureau.

Une autre explication est proposée par un document imprimé datant de 1896, conservé dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris[réf. souhaitée] :

« ...durant longtemps, les lois civiles et religieuses ont été d'accord pour proscrire pendant le carême, l'usage des aliments gras; il n'y avait d'exception qu'en faveur des malades. Les bouchers n'avaient pas le droit d'étaler ou de vendre de la viande en temps prohibé, sans s'exposer à des peines sévères. Néanmoins, pour satisfaire aux besoins des personnes exemptes de l'abstinence, il fallait quelqu'un qui pût procurer cet aliment sur un ordre du médecin. On établit donc le boucher de carême, pour ne pas blesser les justes susceptibilités, il y avait concours entre tous les gens de la profession, en sorte que le privilège appartenait à celui qui produisait le bœuf le plus gros et le plus gras, au jugement de tous les bouchers de la localité. Le bœuf, couronné de fleurs, était triomphalement promené, au son de la trompe, par les rues et les carrefours de la ville, afin que tout le monde pût connaître le boucher du carême et son merveilleux produit. »

Détail du plan de Berty, où se trouve la « Maison des Trois Estaulx et du Beuf violé »

Un document daté de 1274 mentionne une « Maison des trois Estaulx et du Beuf violé ». C'est-à-dire où se trouvent représentés sur son enseigne trois étaux et le bœuf défilant au son de la viole[6]. Cette maison figure également sur la feuille 9 du plan archéologique de Paris, dit couramment plan de Berty. Dans le livre, la rue où se trouve la maison figure sous le nom de Rue des Boucheries, et sur le plan sous le nom de Rue de la Boucherie. Son emplacement est actuellement occupé par la partie occidentale de la rue de l'École de Médecine. Rien ne permet cependant d'affirmer qu'il est explicitement fait référence à la promenade du bœuf gras.

Les premières mentions[modifier | modifier le code]

Marche du bœuf gras, gravure de Gabriel de Saint-Aubin, 1750

La première mention connue de cette promenade à Paris date de 1712 et provient d'un passage d'une pièce de théâtre à écriteaux donnée à l'occasion du Carnaval : Écriteaux des fêtes parisiennes données au public par la grande troupe des danseurs de corde du Jeu de paume d'Orléans, à la foire Saint-Germain, au mois de février 1712[7]. L'apparition du bœuf gras dans cette pièce consacre sans doute une certaine antériorité de cette fête et ce, d'autant plus qu'en 1710 est fondée, à Mobile en Amérique française, une des premières sociétés de carnaval du nom de « Bœuf Gras Society »[8]. Une description particulièrement complète de la fête parisienne paraît en 1739 dans le Mercure de France[1]. À partir du milieu du XVIIIe siècle, les mentions se multiplient.

L'apogée des défilés[modifier | modifier le code]

Le Bœuf Gras est, avec le reste du Carnaval de Paris, interdit durant la Révolution[9]. Les festivités carnavalesques reprennent sous le Premier Empire. Le retour du Bœuf Gras est attesté en 1806 : une ordonnance du préfet de Police, le baron Dubois, tente de réglementer les réjouissances de cette année en fixant le costume des marchands bouchers et la composition du cortège. Celui-ci est admis au palais des Tuileries. Le défilé est organisé chaque année à Paris jusqu'en 1870, hormis entre 1848 et 1850. En février 1813, pour une seule et unique fois, conséquence de préoccupations politiques — l'empire napoléonien s'affaiblit —, l'Enfant costumé en Amour est remplacé par le dieu Mars[10]. Plus anecdotiquement, sept ans plus tard, Louvel assiste au cortège du Bœuf Gras avant d'aller poignarder à mort le duc de Berri[11]. La suite des réjouissance de rue est alors proscrite par le préfet de police Jules Anglès[12]. Un programme imprimé dénommé Ordre et marche du bœuf gras, orné d'une gravure, sort au moins depuis 1827 jusqu'à la fin du Second Empire à l'occasion de la fête[10]. Il est arrivé que la même image soit réutilisée pour les programmes d'années différentes[réf. souhaitée]. Le défilé est annulé en 1848 à cause de la révolution. Les autorités parisiennes s'opposent durant quelque temps à la réorganisation du cortège[13]. En 1849, il se tient à Versailles[9] et, en 1850, alors qu'il est annoncé dans un premier temps dans la capitale[14], il se déroule finalement dans les communes limitrophes de Montmartre, Batignolles et de La Chapelle, qui ne seront rattachées à Paris que dix ans plus tard[15]. L'année suivante, Lucien Arnault, dit Arnault l'aîné, directeur de l'Hippodrome, fait renaître à Paris le cortège du Bœuf Gras après trois ans d'interruption, devant deux à trois cent mille spectateurs[16],[17]. Il l'organise également en 1852[18].

Une longue éclipse[modifier | modifier le code]

Détail de l'illustration de la chanson diffusée à Paris le Mardi Gras 1871[20].

Au début de l'année 1871, la guerre franco-prussienne se termine avec l'armistice générale signée le 15 février par une France battue et occupée. Le Mardi Gras tombe six jours après, le 21 février. Les festivités du Carnaval de Paris pour les jours gras de 1871 ont été par avance interdites par la police. Quelques facétieux défilent tout de même[21]. Un document est diffusé à cette occasion[22]. Il comporte une chanson et une caricature figurant notamment le nouveau chef de l’État et du gouvernement Adolphe Thiers, élu une semaine auparavant. Il y est représenté en amour et portant un chapeau ridicule, assis sur le dos d'un Bœuf Gras versant de grosses larmes. Il tient à la main une plume interminable destinée à signer la capitulation. Sur le Bœuf Gras est inscrit en gros caractères « FRANCE ». Les deux sacrificateurs traditionnels escortant l'animal sont munis pour la circonstance de casques à pointes caricaturaux qui indiquent que ce sont des Prussiens. Le texte de la chanson est du même ton. Elle débute ainsi :

Bientôt, grâce à l'armistice,
Dans Paris défileront,
Sir Guillaume et sa milice ;
Cachons vite, il n'est que temps,
Nos pendules, notre argent.
La royale promenade,
Tombe juste au carnaval ;
Le défilé triomphal,
Servira de mascarade ;
Pour nous ça remplacera
Le cortège du bœuf gras.

Bien que le Carnaval redémarre en 1872, le Bœuf Gras ne réapparaît pas[23].

En 1873, une ex déesse du cortège du Bœuf Gras devenue chiffonnière regrette sa disparition. Caricature de Cham[24].

Le rétablissement de la promenade fait débat en 1873[25], ainsi qu'en 1874 où des propositions de souscriptions sont lancées pour financer la fête[26]. Dix ans plus tard, la Chambre syndicale de la boucherie de Paris avec le concours des Chambres syndicales d'alimentation paraît tout près de faire renaître la manifestation, d'autant plus que le préfet de Police de Paris est disposé à accéder à leur requête[27],[28]. En 1889, d'après M. Champimont, le changement de gouvernement provoqué par le renversement du gouvernement Floquet empêche la renaissance du Bœuf Gras cette année-là. Les pourparlers avancées menés avec l'ancien ministre de l'intérieur sont en effet à reprendre depuis le début[29],[30].

Le « bœuf gras, modèle rive gauche, alias : cochon » porté par les étudiants parisiens à la Mi-Carême 1894.

La renaissance du Bœuf Gras manque de survenir en 1891[5],[31]. Mais, le président du Conseil et ministre de la Guerre Charles de Freycinet appose son veto et refuse de prêter aux organisateurs le concours des cavaliers de la garnison de Paris, qui devaient paraître, costumés, dans le cortège[32], décision regrettée dans plusieurs journaux[33],[34]. Le Bœuf Gras figure, en effigie géante, dans le cortège informel parisien du Mardi Gras 1891. On y voit : « Un vaste char (qui) figure le bœuf gras, sur le dos duquel un enfant, costumé en amour, offre des bouquets de violettes[35]. » Les années suivantes, des cortèges informels parisiens du Mardi Gras ou de la Mi-Carême reprennent le Bœuf Gras en effigie géante. En 1892, lors de deux sorties, le motif principal de la cavalcade du Moulin-Rouge est un gigantesque bœuf roux en carton balançant la tête sur lequel est juché l'Amour, un enfant à perruque blonde[36]. Cette même cavalcade défile les deux années suivantes[37], mais en 1894, c'est une danseuse en maillot rose qui, sur tout le parcours du cortège, envoi à la foule des baisers et des sourires[38]. Une promenade organisée par des étudiants parisiens la même année met en scène un jeune travesti en la rosière escorté d'un minuscule maire marieur avec parmi le cortège les entourant un bœuf gras sous forme de grand cochon artificiel[39].

Renaissance du cortège[modifier | modifier le code]

Charles Zidler, responsable des cavalcades du Bœuf Gras 1896 et 1897[40].
Le Bœuf Gras 1896 salué par Félix Faure au palais de l'Élysée, détail d'un dessin en couleurs de Caran d'Ache paru dans Le Figaro.
Carte de presse pour le Bœuf Gras 1896, avec les deux sacrificateurs traditionnels costumés en sauvages.

En 1895, cela fait vingt-cinq ans que les Parisiens attendent avec impatience le retour du Bœuf Gras, mais l'aspect financier semble être le principal frein[41]. Son absence est fortement ressentie par les parisiens :

« Vous ne sortirez pas de la tête d'une quantité de très braves gens que la suppression du bœuf gras a entrainé le décadence du carnaval. Tous les ans, au retour du Mardi-Gras, il s'échappe d'une quantité de poitrines des soupirs de regret pour exprimer le chagrin que cause la disparition d'un usage séculaire. La fidélité de certains Parisiens à cette tradition est même telle, qu'ils viennent sur le boulevard pendant les trois jours consacrés aux liesses[42], avec la certitude qu'ils verront le bœuf gras. De là pour les uns et les autres une déception cruelle[43]. »

La situation paraît néanmoins devoir s'arranger. Le 25 mars 1895, quatre jours après un jeudi de la Mi-Carême parisien très festif, joyeux et réussi[44], un vœu en faveur du retour du Bœuf Gras est déposé par M. Caplain au Conseil de Paris[45]. Il est rejoint par Caumeau[46] et tous deux diffusent, le 28 novembre 1895, auprès des membres du Conseil municipal de Paris, un rapport explicitant que la Chambre syndicale de la boucherie a l'intention de procéder à l'organisation d'une Promenade du Bœuf Gras par le financement retiré d'une tombola d'une valeur de 500 000 francs. Elle en sollicite l'autorisation au ministre de l'Intérieur[47]. Ce projet est soutenu par le Conseil le 6 décembre suivant[48]. Georges Clemenceau écrit cette année-là : « Le Conseil municipal qui rêve, pour nous, des récréations plus tranquilles, nous prépare, dit-on, un prodigieux bœuf gras. Grâces lui soient rendues[49]. »

En 1896, finalement, l'affaire s'organise à grande échelle. Un Comité des fêtes du bœuf gras pour 1896 est créé[50]. Charles Zidler, ancien boucher, fils de marchand-boucher, spécialiste de l'organisation distractive, est responsable de la cavalcade. Une souscription est lancée et les autorités parisiennes abondent le budget d'une subvention de 25 000 francs : les frais du cortège du Bœuf gras sont évalués à 100 000 francs à la fin de l'année 1995[51]. Le dimanche 16 février 1896, à onze heures, au signal d'un coup de canon, le cortège — le bœuf est de race normande — quitte le Palais de l'Industrie, avenue des Champs-Élysées[52]. Deux autres animaux sont promenés les deux jours suivants : de race limousine le lundi, de race charolais le mardi. Aucun d'eux ne semble avoir reçu de nom. L'enthousiasme est général[53],[54]. Dès cette époque, les autorités cherchent à limiter l'envahissement de la publicité. Les Instructions générales de la préfecture de police pour la Police Municipale donnent entre autres instructions de « ne pas laisser les chars réclame se joindre à la cavalcade »[55].

En écho au Bœuf Gras, le jeudi de la Mi-Carême 12 mars 1896, les étudiants parisiens font défiler, dans le quartier latin, un bœuf maigre en carton, nommé le Minosdaure, servant de monture à un prince Carnaval déguisé en Amour ailé. Autour du char, de jeunes « étudiantes » « costumées en mines d'or, comme dans les revues de fin d'année, offriront au public des bons de soupes populaires »[56].

Caricature extraite de l' Ordre et Marche du Bœuf Gras 1897.
Cachet du Comité des Fêtes du Bœuf Gras 1897[57].

Malgré le déficit enregistrée par la fête du Bœuf Gras en 1896, les 28 février, 1er et , la cavalcade est organisée à nouveau. Elle est à cette occasion filmée par les équipes des frères Lumière et par Georges Méliès[58]. C'est à nouveau un succès. Le journal La Patrie annonce que «...la foule qui s'est répandue hier sur le parcours du cortège du bœuf gras se montait à six cent mille personnes[59]. »

En 1896 et 1897, en réaction à la pompe du bœuf gras les artistes et montmartrois font défiler le cortège carnavalesque de la Promenade de la Vache enragée ou Vachalcade (jeu de mots composé à partir de cavalcade et vache). Le responsable du défilé est Joseph Oller. Ayant fait d'importantes dettes pour la fête, ses organisateurs ne parviennent pas à la pérenniser, comme ils le souhaitent. Elle ne connait que deux éditions et disparait ensuite.

Le 10 novembre 1897 meurt Charles Zidler, responsable de l'organisation des cavalcades du Bœuf Gras 1896 et 1897. La disparition de cet ancien boucher, fils de boucher, organisateur de la fête traditionnelle des bouchers parisiens, a pu affaiblir la volonté de l'organiser en dépit des difficultés financières.

Quinze années passent ensuite sans aucun cortège du Bœuf Gras. Le , le Comité du bi-millénaire de Paris le fait reparaître dans le quartier des abattoirs de la Villette. Il est escorté par les élèves de l'École de la Boucherie en tenue de boucherie portant leur enseigne[réf. souhaitée]. L'année suivante, le Comité des fêtes du 19e arrondissement organise le la sortie du Bœuf Gras sur un parcours de 12 kilomètres[réf. souhaitée]. Puis, la fête tombe dans l'oubli pendant presque cinquante ans avant de réapparaître à la fin des années 1990[réf. souhaitée].

Le cortège[modifier | modifier le code]

Choix de l'animal et de son nom[modifier | modifier le code]

Le Bœuf Gras vu par Bertall en 1845-1846. Légende du dessin : « Le bœuf gras. Élève sorti de l'institution Cornet. »

Aux XVIIIe siècle et XIXe siècle, les cortège du bœuf gras comprennent un certain nombre de paramètres communs. Bien évidemment, les animaux choisis sont particulièrement corpulents. Le terme gras est utilisé pour désigner un animal fort en viande et pas nécessairement en graisse. Quelques éleveurs ont l'honneur de fournir des animaux à plusieurs reprises. En 1829, par exemple, le Journal des débats rapporte que « les deux bœufs gras destinés a être promenés dans Paris cette année, les dimanche et mardi 1er et 3 mars prochain, ont encore été vendus par M. Cornet, propriétaire de Caen. L'un de ces bœufs a 5 pieds 7 pouces de hauteur ; l'autre est d'un pouce plus petit. Tous deux sont dans les plus belles proportions ; ils pèsent 2600 livres. C'est la sixième fois depuis sept ans que M. Cornet amène au marché de Poissy les élèves qui ont obtenu la préférence »[60].

À partir de 1845, les bœufs reçoivent des noms particuliers. Ils peuvent être en rapport avec l'actualité : la guerre au Mexique fait nommer un bœuf Mexico, une victoire de Napoléon III amène un autre bœuf à s'appeler Magenta. Les noms peuvent aussi rappeler des pièces d'opérette en vogue — Rothomago et Lalla-Roukh en 1863 —, des succès musicaux — Tu-vas-me-l'payer, en 1862, L'pied qui remue, en 1863, d'après des chansons à la mode — ou littéraire du moment[10],[61]. En 1845, il porte le nom de Goriot d'après le roman de Balzac. L'année suivante, il est nommé Dagobert, d'après le roman le Le Juif errant d'Eugène Sue. La cavalcade qui suit l'animal se compose des principaux personnage du roman : Dagobert monté sur Jovial, avec Rose et Blanche, le prince Djalma, le maréchal Simon, Rodin tenant son parapluie ouvert, etc.[62]. Peu à peu, il est dit d'un auteur ainsi honoré qu'« il est entré à l'abattoir ». « Être Bœuf Gras » est une métaphore qui signifie avoir du succès[10]. Cette nouvelle mode est commentée, en 1847, par Théophile Gautier[4] et, avec beaucoup d'ironie, par Charles Monselet :

« Du reste, aucun genre de gloire ne lui aura manqué (à Alexandre Dumas). Le bœuf gras de cette année vient d'être baptisé Monte-Cristo, ce qui n'est pas un mince honneur, vous pouvez le croire. Cet animal littéraire, qui s'est tour à tour appelé Goriot et Dagobert, est passé désormais à l'état de prime et se décerne maintenant au meilleur éleveur de romans-feuilletons. On a le bœuf gras, comme on a un fauteuil à l'Institut. C'est le complément de toute réputation, le bouquet, l'apothéose, le laurier du Capitole. Eugène Sue et Balzac l'ont eu chacun à leur tour ; M. Dumas ne pouvait long-temps demeurer en reste. Apprêtez le char triomphal avec le Cupidon bouffi, l'Hercule empanaché et le sauvage brandissant sa massue ; voici venir les Orosmane de l'étal et les Almaviva de la charcuterie. C'est Monte-Cristo qui passe, c'est le roman-feuilleton qu'on mène à l'abattoir[63]. »

Soixante-cinq ans plus tard, parlant de cette pratique, Le Gaulois écrit, le 27 février 1913 : « Ainsi c'était un grand honneur de voir donner - les bouchers votaient entre eux - le nom d'une de ses œuvres au bœuf triomphateur de l'année. On appelait cela, par extension, être bœuf gras : Timothée Trimm le fut, Mlle Thérésa aussi, Émile Augier, Offenbac, Sardou, etc. »[64].

Sarlabot Bœuf Gras de 1857

En 1857, la Promenade des Bœufs Gras suscite un intérêt inaccoutumé du fait de la présence de « Sarlabot, le bœuf de la nouvelle race cotentine, autrement dit normande, élevé et engraissé par Henry Dutrône, sur son domaine de Sarlabot, à Trousseauville-Dives » dans le Calvados[65],[66]. Il s'agit d'un bœuf sans cornes, obtenu par des croisements avec des races anglaises sans cornes. Le Journal d'agriculture pratique publie le portrait gravé de la bête qui est repris pour illustrer deux brochures[67]. Les qualités laitières sont particulièrement soulignées. Sarlabot, qui porte le nom du domaine où il est né, est abattu le 19 avril 1857. Il est a posteriori Sarlabot Ier[68], un autre Sarlabot de la même race participant à la promenade de l'année suivante. Celui-ci est acheté après Carnaval par le boucher Duval, organisateur du défilé des Bœufs Gras 1858, dont le budget s'est élevé à 14 187 francs 10 centimes, qui entre en conflit avec l'éleveur Dutrône qui refuse de le livrer immédiatement comme exigé par le boucher[69].

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En 1867, plusieurs journaux se prêtent au jeu de proposer des noms à l'avance[72]. Certains seront bien donnés aux douze bœufs qui viendront à défiler à tour de rôle lors du carnaval. Tous ont été acquis par le marchand boucher parisien Fléchelle, pour pas moins de 40 000 francs, lequel fournit les bœuf gras pour la septième fois. « Jamais on n'aura constaté sur de plus pesants spécimens le triomphe de l'embonpoint... » affirme Timothée Trimm. Leur poids est compris entre 1100 et 1 500 kg[73]. Âgés de 4 à 6 ans, de race cotentine, ils ont été engraissés pendant deux ans et présentés à l'Exposition universelle de 1867 : « Ces géants, dont l'engraissement dure au moins deux ans, ne sont pas des modèles de structure, on le sait, mais leur engraisseur dépense, pour les choisir et les préparer, au moins autant de science qu'il lui en faudrait pour remporter la coupe d'honneur à Poissy[N 2] ; il est vrai que, l'année dernière, il a vendu ses élèves à un assez bon prix. »[74].

Il arrive qu'une fois baptisés pour la fête, les bœufs gras changent encore une fois de noms. C'est ainsi qu'en 1868 les quatre bœufs gras, d'abord annoncés sous les noms de : Gulliver, la Cagnotte, Blondin et Rumford[75], défilent finalement sous les noms de : la Nièvre, Mignon, le Lutteur masqué, car il est affublé d'un loup en taffetas noir, et Paul Forestier[76].

Composition du cortège et parcours[modifier | modifier le code]

Enseigne du restaurant Le Bœuf à la mode rue de Valois à Paris figurant un Bœuf Gras enguirlandé de roses (époque Directoire).

L'animal ne se promène pas seul. Il est entouré de tout un apparat : il porte divers ornements, un enfant est durant un temps juché sur son dos, et une troupe d'une composition variée et costumée l'accompagne en musique. La présence de sauvages, de bouchers déguisés en sacrificateurs ou victimaires, de turcs, d'un enfant jouant le rôle de l'Amour, de musiciens et de cavaliers est des plus courante avant la fin du XIXe siècle.

La plus ancienne description date de 1739 : le bœuf, décoré de guirlandes de fleurs et autres ornements, avec « sur la tête, au lieu d'aigrette, une grosse branche de Laurier-cerise » et qui « étoit couvert d'un tapis qui lui servoit de housse », sert de monture au « jeune Roy de la Fête, qui étoit monté sur le Bœuf gras, avoit un grand Ruban bleu, passé en Echarpe, et tenoit d'une main un Sceptre doré & de l'autre son épée nuë ». L'équipage est emmené la vieille du Jeudi-Gras par une escorte de quinze garçons bouchers, vêtus à la turque, « de corsets rouges, avec des trousses blanches, ayant sur la tête une espece de turban ou de toque rouge, bordé de blanc ». Deux d'entre eux guidaient l'animal par les cornes, d'autres jouaient du violon, du fifre et du tambour, d'autres encore tenaient un bâton. Le cortège visite différents quartiers et monte notamment jusqu'au premier étage du palais où siégeait le Parlement de Paris[1].

Une description du défilé parisien de 1783 rapporte également la présence d'un enfant à califourchon sur le bœuf aux cornes ornées de fleurs, qu'on a laissé s'affaiblir de crainte d'accident. Il est conduit par une douzaine de garçons bouchers vêtus à la turque et à cheval. La troupe marche au son d'une musique d'instruments à vent sur l'air de Marlborough. Le bœuf gras est « sacrifié » à la fin du parcours[2].

Fin février 1816, le bœuf est richement caparaçonné aux armes de France[77]. Deux ans plus tard, le Bœuf-Gras, accompagné de son jovial et nombreux cortège est entré dans la cour des Tuileries où il défile deux fois devant le Roi et ses proches qui paraissent prendre plaisir au spectacle. Des Tuileries, le Bœuf-Gras est ensuite conduit à l'Élysée-Bourbon, au Palais-Royal, au Palais Bourbon, puis aux hôtels des principaux fonctionnaires de Paris[78].

Un sacrificateur, escortant le Bœuf Gras vers 1845[79].

Le dossier des dépenses pour l'organisation du cortège du Bœuf Gras des dimanche 13 et mardi 15 février 1825 rapporte la présence de quatre sauvages, de trois sacrificateurs, de trois turcs, de vingt-cinq musiciens et trompettistes, d'un Amour, d'un Père de l'Amour, d'un Mercure, d'un Mars pour présenter l'Amour, des déesses de l'Abondance et de la Paix, de quatre Romains dont deux portant les attributs du Commerce, de trois hérauts d'arme, de deux coureurs, de cinq chevaliers et d'un cornac pour guider le bœuf[80].

Le Journal des débats du 24 février 1843, donne la description du cortège du Bœuf Gras, organisé pour la septième fois par M. Rolland aîné, qui doit défiler le dimanche gras 26 et le mardi gras 28 février[81] :

« Le char, entièrement couvert de velours cramoisi, à franges dorées et trainé par quatre chevaux richement caparaçonnés, sera monté par divers dieux et les déesses des Saisons. Les guides seront conduites par la Folie. Des gardes municipaux à cheval ouvriront et fermeront la marche. En tête marchera le corps des Musiciens du 59e de ligne aussi richement costumés. Le bœuf gras, aux cornes dorées et la tête surmontée d'une immense couronne de laurier et de cocardes, de guirlandes à rubans tricolores, sera conduit par quatre sacrificateurs romains. Le reste du cortège se composera d'une nombreuse cavalcade sous les costume de François Ier, d'Henri III, de Louis XIII, de Louis XIV et de Louis XV. »

En 1846, les organisateurs ont l'idée de mettre le Bœuf Gras sur un char tiré par six chevaux. Le véhicule est auparavant testé en le surchargeant de 258 pavés pesant six tonnes, le triple du poids de l'animal, mais le chars se brise. Dagobert, effectue donc finalement son défilé à pied[10].

En 1850, d'après le Constitutionnel, le cortège a subi des modifications importantes : « On n'y retrouve plus les sauvages classiques, les licteurs et les victimaires accoutumés, ni l'Amour traditionnel. Des archers du XIIIe siècle, des hérauts d'armes de Charles VI, des mousquetaires de Louis XIII, des Monténégrins à cheval et des hussards de l'Empire figureront dans ce cortège dont le costume est entièrement renouvelé. »[15]. L'année suivante, le Boeuf Gras normand Liberté, paré d'une housse brodée d'or et frangée d'or et de fleurs, est précédé d'un détachement de cavaliers de la Garde républicaine et d'une compagnie de tambours en costume de janissaires. Il est entouré des quatre sauvages traditionnels ornés de plumages de couleurs et de peaux d'animaux féroces. Il est suivi d'une délégation d'éleveurs bovins normands, d'un char où se tiennent cinq femmes personnifiant Cérès et les quatre saisons, de cavaliers « dans le genre Moyen Âge » et de cavaliers de la Garde Républicaine fermant la marche.

En 1861 figure dans le cortège du Bœuf Gras « un mouton gras traîné dans une petite voiture par un âne caparaçonné de bleu[82] ».

Fin décembre 1895, le Conseil municipal de Paris émet le souhait que le cortège qui doit renaître en 1896, « en raison de ses dimensions peu communes » se forme à l'arc-de-triomphe de l’Étoile et descende l'avenue des Champs-Élysées[83].

Le bœuf comme monture[modifier | modifier le code]

Très régulièrement, le bœuf gras sert de monture. Le Mercure de France rapporte qu'à Paris, en 1739, « l'on met sur le Bœuf un Enfant, qui tient en main un Sceptre, et que les Bouchers apellent leur Roy »[1]. Mais, le dimanche 10 février 1812, sur la place du Théâtre-des-Italiens, le Bœuf Gras parisien jette bas l'enfant qu'il porte, s'enfuit en renversant de nombreuses personnes, et n'est repris qu'avec beaucoup de peine[84]. L'année d'après on remplace l'enfant costumé en Amour par un figurant personnalisant le dieu Mars[10]. Cette innovation n'est pas reprise par la suite. Le voyageur américain Franklin James Didier, émerveillé par le carnaval de Paris, constate la présence d'« un petit Cupidon bien portant » sur le dos de l'animal[85].

En 1821, le Journal des débats décrivant l'arrivée du cortège du Bœuf Gras au palais des Tuileries écrit[86] signale que « l'enfant qui ordinairement est monté sur le bœuf était porté par un homme. La taille colossale de l'animal rendant sa marche vacillante, l'enfant aurait été exposé à tomber de celui-ci ». Toutefois, selon un article de journal paru en 1903, le Bœuf Gras de 1821 se serait débarrassé, deux jours de suite, du palanquin où trônait l'enfant figurant l'Amour. Dès ce moment, l'autorité aurait décidé que le bœuf ne servirait plus de monture à personne[84].

La mort du bœuf gras[modifier | modifier le code]

Le Bœuf Gras, vu par Gill, .

Après le défilé, le ou les bœufs gras sont abattus et leur viande débitée à un prix élevé chez les grands bouchers. En 1851, toutefois, l'éleveur Adeline vend la viande de ses animaux à la criée, comme la viande ordinaire : « Le pauvre ainsi que le riche, disait-on, aura la facilité, cette fois, de pouvoir manger du Bœuf-Gras »[61]. Tout ou partie des animaux pouvait être achetée en masse. En mars 1867, un restaurateur renommé pour les tripes à la mode de Caen annonce dans la rubrique Paris du quotidien Le Petit Journal[87] : « Le public est prévenu que je suis le seul acquéreur et propriétaire des tripes des bœufs gras. »

Le 1er mars 1840, le premier jour du défilé du Bœuf Gras est particulièrement mouvementé.

« Arrivé rue Sainte-Appoline, ce roi du carnaval, succombant sous le poids de ses grandeurs et de son énorme embonpoint, s'est affaissé dans le ruisseau. Sa mort a été résolue sur-le-champ, et MM. Les bouchers, improvisant d'indignes funérailles, ont en pleine rue procédé à son abattage. Le décès du monstrueux animal a donné lieu à une mêlée et à quelques coups de poing. Il paraît qu'au moment de la mort du bœuf gras il est de tradition que tous les assistants ôtent leur chapeau en signe de deuil et de respect. MM. du cortège ne manquèrent pas en effet de crier : Chapeau bas ! aux curieux, ignorants de la tradition. Ceux-ci n'ayant pas jugé à propos d'obéir à cet usage, quelques garçons bouchers se détachèrent du cortège et vinrent attaquer, à coups de poing, les chapeaux des récalcitrants. Il s'en est suivi une mêlée qui a duré quelques instants. Un nouveau bœuf gras a été couronné ce matin roi du carnaval[88]. »

Mais, quelques jours plus tard, Le Moniteur Parisien, cité par Le Constitutionnel, dément le fait de l'abattage en pleine rue. « Il est vrai que cet énorme quadrupède n'a pu continuer sa promenade, et qu'il a fallu le faire entrer à la caisse de Poissy où il a passé la nuit ; mais bien loin qu'on ait été obligé de le tuer immédiatement, il ne sera abattu que vendredi prochain[89] ».

Réception critique[modifier | modifier le code]

Réception littéraire et journalistique[modifier | modifier le code]

La réception critique des défilés du Bœuf Gras est généralement positive dans la presse et les descriptions mettent en valeur le défilé. Il ne met pas cependant en joie tous les spectateurs. En 1834, un commentateur du Journal des artistes le trouve niais[90]. Quelques années plus tard, en 1844, Delphine de Girardin écrit à propos du Carnaval de Paris : « Sur le boulevard, le carnaval a été triste et laid. ... Il n'y avait de superbe que le bœuf gras : il était fleur de pêcher, c'est une belle couleur de victime[91] ». L'Illustration du 24 février 1844 témoigne de la foule qui, du haut des fenêtres ou dans la rue, de la Madeleine à la Bastille assiste au défilé[réf. souhaitée]. L'année suivante, Gérard de Nerval écrit :

Nous l'avouerons, en voyant passer mardi dernier sur nos quais, envahis par la foule, le bœuf sacré, précédé de licteurs victimaires, en voyant rouler lourdement le char doré, de forme antique, où préside, comme aux jours de Rome, le vieux Saturne, doublement regrettable aujourd'hui, nous ne pouvions nous défendre d'un sentiment de respect à cette image des vieilles croyances de nos pères ! Si pauvre que fut cette mascarade, et si mal qu'elle fut rendue, c'était un joyeux spectacle de voir tomber le pâle éclat de notre soleil sur ces symboles riants, sur ces fronts couronnés, sur ces vêtements éclatants d'or et de pourpre[92]...

Pour Philippe Busoni, en 1851, le Bœuf Gras est, au sein du Carnaval, « son plus beau morceau de réjouissance »[13]. Deux ans plus tard, Gustave Flaubert écrit à Louise Colet que

« Si l'on veut prendre la mesure de ce que vaut l'estime publique, et quelle belle chose c'est que “d'être montré au doigt”, comme dit le poète latin, il faut sortir à Paris dans les rues le jour du mardi gras. Shakespeare, Gœthe, Michel-Ange n'ont jamais eu 400 mille spectateurs à la fois, comme ce bœuf ! Ce qui le rapproche, du reste, du génie, c'est qu'on le met ensuite en morceaux[93]. »

Fin février 1860, l'éditeur Louis Jourdan, très hostile au Carnaval de Paris, se désole de l'attachement des Parisiens à la tradition du Bœuf Gras. Il dit ne rien connaître de plus lugubre et de plus pénible que cette « funèbre mascarade »« des malheureux travestis » font « des efforts surhumains pour faire croire qu'ils s'amusent ». Il lui paraît cependant qu'aucun gouvernement n'aura le courage d'y mettre fin, craignant la colère populaire[94]. En 1857, dans un poème hostile au Carnaval de Paris : Un Mardi-Gras à Saint-Cloud, Pierre Véron se désole :

C'était un mardi-gras, ami ; dans chaque rue
Grouillait en bourdonnant cette immense cohue,
Fille de carrefours, prête dès qu'il le faut
Pour un feu d'artifice ou pour un échafaud,
Et qui, celle fois-là, courait tout empressée
Voir une pauvre hôte, à grands frais engraissée,
Traîner d'un pas boiteux sa masse avec effort,
Triste joujou paré d'avance pour la mort[95] !

En 1891, alors que le Bœuf Gras ne défile plus depuis vingt ans, Richard O'Monroy assure que le défilé du Bœuf Gras est dans les souvenirs des parisiens une des grandes joies de leur enfance[5]. Trois ans plus tard, il s'élève contre ce qu'il juge de fausses excuses à l'organisation du défilé : manque de financement, absence de cavaliers pour participer au cortège[96].

Fêtes parisiennes autour du bœuf gras[modifier | modifier le code]

Plusieurs fêtes privées reprennent la thématique du Bœuf Gras. Le 15 mars 1849, à l’occasion de la Mi-Carême, est organisé le 2e Bal d'Enfants, au Jardin d'Hiver. Un Bœuf-Gras, « modelé et peint par M. Hallé et décoré par M. Godillot d'après le Bœuf-Californie de 1849 », surmonté d'un amour en palanquin distribuant des bonbons, apparaît à la fin de la fête[97].

Trois ans plus tard, le 24 février 1852, à une prestigieuse fête costumée parisienne donnée par Charles Ponchard et sa femme, où de nombreux artistes sont présents, au nombre desquels Jacques Offenbach, défile un bœuf gras miniature :

« Après trois bis des Cris de Paris (valse comique de Victor Parizot composée pour la circonstance) et l'exécution bouffonne de la polka des bêtes fauves, fort agréable hors-d'œuvre lyrique, dû à la fantaisie de M. Hervé, le spirituel chef d'orchestre de la Montansier, nous est apparue la marche du bœuf-gras avec ses enseignes et bannières déployées, ses hallebardes, ses trompettes en la personne de M. Cerclier de l'Opéra-Comique. Strauss, en ménétrier de village, dirigeait le cortège, le tambour en main, car pour cette grave cérémonie il avait abdiqué son archet qui ferait danser les morts. — Le bœuf-gras, amené à grands frais de Lilliput à Paris, ne comptait pas plus d'un décimètre de circonférence et pesait tout juste un demi-kilo. Il était conduit par Levassor et Malézieux, précédés de l'Amour, très-comiquement représenté par le blond neveu de Mme Dorus-Gras. Des vers, en l'honneur du Carnaval, ont été lus par Charles Ponchard (…)[98]. »

Le 15 février 1896, veille du défilé du cortège dans la rue, un autre bœuf gras parade au bal de l'Opéra où est organisée une fête masquée nocturne. Il défile aux sons d'une marche triomphale exécutée par deux grands orchestres, précédé de trompettes égyptiennes, de hérauts d'armes et de 200 figurants costumés. Les participants à la fête ont été engagés à adopter le domino avec le masque[99]

Autres défilés du bœuf gras[modifier | modifier le code]

Le Bœuf Gras au Carnaval de La Nouvelle Orléans en 1873

La promenade du Bœuf Gras parisien a influencé plusieurs carnavals français et étrangers. Plusieurs villes de province françaises ont ainsi promené un Bœuf Gras. D'après le Mercure de France, en 1739, dans certaines d'entre elles, l'animal est appelé bœuf villé, parce qu'on le promène par la ville. À la différence du défilé parisien, aucun enfant n'est juché sur son dos[1]. La fête dijonnaise de 1784 présente des ressemblances avec le cortège parisien de 1783 :

« Le dimanche 28 novembre, les bouchers de Dijon ayant eu la prime du bœuf gras, à l'ouverture des foires de Seurre, ils le promenèrent par la ville en grande pompe ; ils étoient à cheval, l'épée à la main et avoient la musique de Prince[100]. »

. À Orléans, en 1807, un énorme Bœuf Gras, couvert d'une housse écarlate, les cornes ornées de fleurs et de rubans, portant sur son dos un joli enfant de six ans vêtu en amour ayant un arc à la main et un carquois sur le dos, était suivi par plus de cinquante garçons bouchers proprement vêtus, en vestes, bonnets et tabliers blancs, partie à cheval et partie à pied; le cortège parcourut une bonne portion de la ville en faisant éclater sa joie bruyante et s'arrêtant devant la demeure des principaux habitans d'Orléans, ainsi qu'à la porte des meilleures pratiques, dont les générosités servirent à faire un gala splendide qui termina cette fête[101]. À la Martinique, la figure centrale du carnaval, le Papa Diab', figure un impressionnant diable rouge qui traîne derrière lui un bœuf de Carnaval : le Bœuf Mardi Gras[réf. souhaitée].

Char du Bœuf Gras au Carnaval de La Nouvelle-Orléans en 2011

En 1710, est fondée, à Mobile en Amérique française, une des premières sociétés de carnaval du nom de « Boeuf Gras Society ». Elle défile durant 150 ans au mardi gras, de 1711 jusqu'à 1861. En tête de son cortège, le Bœuf Gras est représenté par la tête d'un énorme taureau poussée seule sur roues par seize hommes. Plus tard, une autre société de Carnaval, Rex, défile avec un véritable taureau, drapé de blanc[8]. Au Carnaval de la Nouvelle Orléans, défile au moins en 1873, un vrai bœuf vivant précédé du sacrificateur porteur d'une massue, personnage costumé typique du défilé parisien[102]. Il a laissé la place depuis 1909 à un char portant une effigie géante sculptée de cet animal[réf. souhaitée].

A partir de 1909, sous l'influence de la fête parisienne, il apparaît pour la première fois au Carnaval de La Nouvelle-Orléans un char portant un Bœuf Gras monumental sculpté, qui est toujours une des vedettes de cette manifestation[103]. A Montréal, le vendredi 23 mars 1900, lendemain du jeudi de la Mi-Carême, est organisé pour la première fois un défilé du Bœuf Gras. Il a lieu le soir sur la glace d'une patinoire, protégée par des murs du froid agressif de l'hiver, et à laquelle accèdent les spectateurs moyennant un prix d'entrée. Le défilé est composé de chars allégoriques représentant, entre autres, la ville de Montréal, l'Angleterre, la France, les États-Unis, l'Irlande, sur lesquels se trouvent de jeunes filles portant le costume national et escortées par des hallebardiers. Trente musiciens de l'Harmonie de Montréal assurent l'ambiance sonore sur fond de jeux de lumière[104].

A TRIER[modifier | modifier le code]

À la même époque, aux petits Parisiens pas sages on fait peur en les menaçant ainsi : « Tu n'iras pas voir le bœuf gras[105]

De 1849 à 1859[modifier | modifier le code]

Caricatures de Cham illustrant la Promenade du Bœuf Gras vers 1850[106].
Programme du Bœuf Gras 1852[107].
Le Bœuf Gras de 1853 vu par Bertall[108].
Le bœuf gras, Imagerie d'Épinal, lithographie Chaste 1857[109].

En février 1852, c'est à nouveau le directeur de l'Hippodrome qui organise le défilé dans la capitale, comme le rapporte la presse de l'époque :

« Jeudi dernier a eu lieu, à Poissy, le grand concours annuel des bœufs gras tant pour Paris que pour les localités environnantes.

Le bœuf gras de Paris, présenté par M. Adeline, éleveur du Calvados, a été acheté par M. Belami, boucher étalagiste du marché Saint-Honoré. Il a été nommé Manlius-Capitolinus.

Les promenades du bœuf-gras auront lieu sous la direction de M. Arnault, directeur de l'Hippodrome[110]. »

Ces promenades sont accompagnées de démonstrations équestres, comme on le voit, par exemple, le lundi gras 23 février[111] :

Le bœuf gras et son magnifique cortège fera son entrée triomphale aujourd'hui lundi, à deux heures, aux Arènes Nationales, place de la Bastille. Aussitôt son arrivée, le spectacle commencera. Le roi d'Yvetot et sa cour, course engagée sur chevaux pur-sang entre quatre dames en dominos et masques ; le tournoi grotesque et une foule d exercices plus comiques les uns que les autres, complèteront cette charmante fête. Pendant tout le temps on entendra les chœurs des Enfants de Paris[112].

Dans La Dernière Incarnation de Vautrin, œuvre publiée en 1852, Honoré de Balzac place ces mots dans une conversation entre deux truands[113] : « Tu dois t'y attendre, on ne va pas te couronner de roses comme le bœuf gras ! »

Dans les années 1850, au Carnaval de Paris on promène plusieurs bœufs au lieu d'un seul. On en avait déjà promené deux en 1829[60]. Et en 1863 il y en a jusqu'à six[114] et même huit en 1865[115].

En 1853, les trois Bœufs Gras qui défilent ont des noms américains. Car l'immense succès remporté en France par le livre d'Harriet Beecher Stowe La Case de l'oncle Tom fait qu'ils portent les noms de héros de ce livre : Père-Tom, Shelby et Saint-Clare[N 3].

De 1860 à 1870[modifier | modifier le code]

Le , A. Rolet dans La Presse littéraire, en parle dans sa description de la fête[117] :

— Un de nos abonnés, un jovial clerc de notaire, nous écrit en termes fort spirituels pour se plaindre amèrement du silence que notre chronique a gardé cette année à propos du carnaval. Le carnaval serait-il mort à tout jamais dans Paris ! s'écrie notre correspondant ; non certes, il n'a jamais été plus vivace que cette année : l'inévitable promenade du bœuf gras avait fait merveille ou du moins peau neuve ; tous ses antiques oripeaux étaient renouvelés ou retournés. Les curieux accouraient et se pressaient avec furie ; tous se pâmaient d'aise devant le cortège. Les trois héros de la fête Pékin, Qu'en dira-t-on, Shang-Haï, pesant plus ou moins de cent kilos, ont été traînés tour a tour sur leur char triomphal, précédés et suivis des gens de garde et escorte d'usage, tous quelque peu avinés, le nez rougi par le froid, sinon par Bacchus. Il y avait de plus, cette année, une mirifique nouveauté, un mouton blanc entouré de chérubins transis. Tous les Parisiens pur sang ont grandement exalté cette radieuse surprise faite à leur curiosité. On promet un petit cochon rose pour l'an prochain, et les bons Parisiens rêvent déjà des jours gras de 1862. Tout le monde à Pans se moque volontiers de cette sempiternelle parade qui nous a été transmise par le paganisme et que ramène chaque carnaval, mais pas un, petit ou grand, ne manque, au jour venu, de courir pour tout voir et ne rien perdre de la fête.

En 1861 aux États-Unis, défile pour la dernière fois au Carnaval de Mobile la Bœuf Gras Society, société de carnaval américaine inspirée par la fête carnavalesque parisienne. Elle défilait depuis 150 ans le mardi gras[8].

En 1862, paraît le roman de Victor Hugo Les Misérables. Celui-ci comprend une description détaillée de trois pages du Carnaval de Paris sur les Grands Boulevards en 1833[118]. L'auteur l'a connu. Il avait alors presque 31 ans[119]. Dans la cohue des véhicules présents apparaît le Bœuf Gras, qui fait partie des « cortèges magnifiques et joyeux » :

Quiconque est dans un de ces véhicules-là est tout à la fois spectateur et spectacle. Des sergents de ville maintenaient sur les bas côtés du boulevard ces deux interminables files parallèles se mouvant en mouvement contrarié, et surveillaient, pour que rien n'entravât leur double courant, ces deux ruisseaux de voitures coulant, l'un en aval, l'autre en amont, l'un vers la Chaussée d'Antin, l'autre vers le faubourg Saint-Antoine. Les voitures armoriées des pairs de France et des ambassadeurs tenaient le milieu de la chaussée, allant et venant librement. De certains cortèges magnifiques et joyeux, notamment le Bœuf Gras, avaient le même privilège.

En 1864, Isidore Venet note dans sa Chronique parue dans L'Ami des livres[120] :

Entre ma dernière chronique et celle-ci, il y a le carnaval. On l'a trouvé froid. La bourgeoisie et le commerce parisiens se sont tenus à l'écart des plaisirs. Les bœufs-gras ont fait leur longue promenade sans gaîté. Le peuple lui-même a mis de l'eau dans son vin, et le mont-de-piété, selon l'usage immémorial de tous les négociants possibles, murmure contre la stagnation des affaires.

Le Petit Journal rend compte de la présentation du bœuf gras au palais des Tuileries, le mardi gras 9 février :

Le cortège du bœuf gras est arrivé au palais des Tuileries, hier à une heure et demie ; après avoir défilé lentement sous les balcons du palais, il s'est rangé dans la cour en demi-cercle, et les musiques ont exécuté plusieurs symphonies.
L'Empereur, l'Impératrice et le Prince Impérial ont paru au balcon, et y sont restés jusqu'au départ du cortège. La cour des Tuileries, dont les grilles avaient été ouvertes exceptionnellement au public, était remplie d'une foule immense qui, à plusieurs reprises, a fait entendre les plus vives acclamations[121].

Un grand tableau don de l'acquéreur de bœufs gras parisiens, le boucher Achille Fléchelle[122] , est conservé à l'École de la Boucherie, boulevard Soult. Il figure le passage du cortège dans la cour des Tuileries, avec l'empereur Napoléon III, sa femme et son fils visibles à une fenêtre du palais.

À l'époque, en 1864, le Bœuf Gras est une référence en matière de notoriété. Dans la Nouvelle revue parisienne, H. de Pène peut écrire[123] :

Vers les mêmes jours où le carnaval jetait ses derniers grelots par les fenêtres, il a paru sur et contre l'Académie française une brochure : La Conspiration des Quarante, qui portait un titre à attirer autant de monde aux fenêtres que le passage du bœuf gras.

En 1864, Duval et d'autres marchands bouchers parisiens attaquent en justice le marchand boucher Achille Fléchelle[122] au motif qu'il fait sur sa devanture et sa voiture une publicité où il utilise les mérite de bêtes qu'il a acheté, et notamment celles des Bœufs Gras du Carnaval de Paris 1854, 1855, 1857, 1859, 1860, 1861, 1862 et 1864. Les plaignants, qui exercent leur profession dans le voisinage de Fléchelle, considèrent qu'il s'accapare abusivement le mérite des éleveurs et veut ainsi faire mensongèrement croire qu'il vend une viande de qualité exceptionnelle. Ils perdent leur procès le 9 juillet 1864 et font appel.

Fin février 1865, tandis que l'affaire suit son cours, le marchand boucher Duval organise un grandiose cortège du Bœuf Gras. Entre autres fastes, pas moins de huit Bœufs Gras sont prévus[115], alors qu'on n'en a jamais vu défiler plus de six dans une même édition de la fête. Quatre d'entre eux défilent ainsi le premier jour de la cavalcade[124] :

Le Bœuf Gras de 1865, caricature parue dans Le Monde illustré[125].
— Jamais peut-être le cortège du bœuf gras n'a été aussi magnifique qu'hier. On sait que les bœufs gras, élèves de M. Mesnage ont été achetés par M. Duval, le boucher restaurateur. M. Duval a déployé dans la mise en scène de la cavalcade de ses bœufs un faste inusité. L'attente des Parisiens si curieux de contempler le cortège du bœuf gras, aujourd'hui surtout que les masques sont devenus très rares, n'a pas été déçue, loin de là.
D'abord, et comme à l'ordinaire, quatre trompettes de la garde de Paris ouvraient la marche, puis venaient deux heiduques aux longues cannes à grosses pommes d'or. Derrière ceux-ci un tambour-major, des tambours et une musique en costume Louis XV, bleu clair, galonné d'argent. Après la musique s'avançait un peloton de hallebardiers du plus bel effet; puis des chevau-légers, des dragons Louis XV et des mousquetaires précédaient les chars. Le premier char portait le bœuf Ba-ta-clan, escorté de soldats chinois et flanqué de sacrificateurs romains et gaulois.
Le deuxième char supportait des arbres, des frondaisons, des bergers, peut-être Estelle et Némorin, enfin un sujet à la Florian. Le troisième char portait le bœuf Capitaine Henriot, le quatrième, de nombreux moutons paissant sur un rocher de toile peinte; le cinquième était le char de Maître Guérin, magnifique bœuf de race cotentine, le plus beau des sujets, pesant 1,303 kilog.
Le sixième char était celui de l'Olympe conduit par le Temps, et portant sous un vélum de pourpre et d'or l'Amour aux ailes immaculées.
Suivait un char allégorique de l'Agriculture avec tous les attributs de circonstance. Enfin venait un dernier char avec le bœuf Vieux Garçon. Les voitures de l'éleveur et de l'acquéreur des bœufs et une musique à cheval, suivie de quelques cavaliers de la garde de Paris, fermaient la marche. De nombreux gardes de Paris cavalcadaient sur les côtés, retenant la foule émerveillée de cette splendeur carnavalesque.

Le 12 mai 1865, Duval et consorts gagnent finalement leur procès en appel contre Fléchelle. L'affaire est rapportée de manière détaillée dans le Journal du Palais en 1865[126].

L'affiche du spectacle.

En 1866, au théâtre parisien du Châtelet est donné un spectacle de Clairville, A. Monnier et E. Blum : La Lanterne magique, Grande revue de l'année. Au 10e tableau défile sur scène le cortège du Bœuf Gras, avec, en vedette, le Bœuf Gras l'Événement qui a participé à la Promenade du Bœuf Gras 1866. Une affiche annonce le spectacle. Elle reprend la xylographie et la mise en page de l'affiche pour la Promenade du Bœuf Gras. En bas de l'affiche il est précisé :

L'Administration du Théâtre du Châtelet vient de traiter avec M. FLÉCHELLE, le propriétaire du Matériel du Cortège, que tout Paris a vu pendant le Carnaval, et l'acquéreur du remarquable BŒUF GRAS l'Evénement.

Une chanson de Clairville : Débuts du Bœuf gras au théâtre du Châtelet immortalise le Bœuf Gras gracié pour paraître sur scène[127] :

La chanson de Clairville[127].
C'est du bœuf gras de cette année
Que je vous parle, écoutez-moi :
De Paris, noble destinée,
Pendant un jour il fut le Roi.
Son entrée y fut applaudie ;
Mais la foule en vain l'acclamait.
Il regrettait sa Normandie
Son frère — un veau — la vache qu'il aimait.


Au moment le plus dramatique,
— Arrêtez ! crie un directeur,
J'ai, pour ma Lanterne magique,
Besoin de ce nouvel acteur ;
Et, pour jouer la comédie
Au théâtre du Châtelet,
Le héros de la Normandie
Échappe encore au bras qui l'immolait.
Oui, tout un jour on le protège,
Il marche entouré d’oripeaux,
On lui fait un brillant cortège,
Conduit par des municipaux.
Mais une sombre tragédie
Devait, par un coup clandestin,
De l'enfant de la Normandie,
Le même soir, terminer le destin.


Ainsi, né sous un toit champêtre,
Simple comme Cincinnatus,
Comme César il faillit être
Assassiné par un Brutus.
Et, quelle étrange parodie !
A ses yeux, encore inquiets,
Le soleil de sa Normandie
Est remplacé par de simples quinquets.

Le , un journal néo-zélandais, le Daily Southern Cross, publie un compte-rendu du Carnaval de Paris et de la Promenade du Bœuf Gras[128] :

Puis vient le carnaval des rues, qui a été aussi bruyant et aussi stupide que d'habitude. Je dois, cependant rendre pleinement justice à l'organisation de la procession du bœuf gras, qui était beaucoup mieux cette année que par le passé. Les Garçons Bouchers étaient habillés en druides. Une voiture allégorique, à la forme d'un grand navire, a représenté la ville de Paris et enfin, il y avait Gargantua, un géant monstrueux, qui a avalé sans cesse toutes sortes de nourriture, qui lui étaient fournis par une bande de petits garçons habillés en cuisiniers. La procession du bœuf gras a défilé dans les rues de Paris le dimanche, lundi et mardi, et a visité les résidences des hauts personnages officiels. Le lundi, comme c'est la coutume, la procession du Bœuf Gras a rendu visite aux Tuileries pour rendre hommage à l'empereur. La pauvre bête, vouée, comme les gladiateurs antiques, à mourir, a peut-être salué Napoléon dans son langage, comme l'ancien César, avec les mots, « Ave, César, moriturus te salutat, » après quoi il a poursuivi sa marche triomphale. Le Bœuf Gras cette année était un animal magnifique, et pesait 1 360 kg. Le carnaval est terminé, et je dois dire que je suis sincèrement heureux. On s'habitue assez au brouhaha continuel du bruit des cornes, des cris et des pleurs qui n'arrêtent pas du matin au soir, et nous rendent presque fous.
Et la mascarade, vous vous demanderez. Eh bien, il existe aussi les hommes qui se déguisent en femmes et les femmes en hommes, et vont parader en ville. Les masques sont pas autorisés à être portés dans les rues, mais il y a beaucoup de masques à l'Opéra et dans d'autres bals, où toutes sortes d'orgies se déroulent.
Le résultat du carnaval, c'est que les Monts de Piété (prêteurs sur gages) font une bonne affaire, les petites gens mettant en gage même les objets les plus nécessaires parmi leurs meubles afin de dépenser bêtement leur argent dans les festivités.

Nouvelle éclipse du Bœuf Gras et tentatives pour le faire réapparaître[modifier | modifier le code]

Le souvenir du Bœuf Gras reste vivace[modifier | modifier le code]

Dans un livre publié début 1876, Bertall déclare terminé le Carnaval de Paris dans la rue avec la fin du Bœuf Gras[129]. Selon lui, du Carnaval ne subsiste plus de vraiment authentique dans la capitale que des fêtes nocturnes privées :

Le bœuf gras est décidément mort à Paris. Le carnaval n'existe plus, et sauf quelques rares voyous déguisés en femmes qui promènent leur personne avinée le long des boulevards, et quelques abominables gamins qui soufflent dans des cornets en terre dits cornets à bouquin, il n'existe plus trace, dans le jour du moins, des joyeusetés qui égayaient nos pères et qui ont réjoui notre enfance. Le règne des pierrettes, des titis et des débardeurs ne commence que le soir, et se passe à huis clos pendant la nuit, pour finir le matin au petit jour.

En 1877, le cortège du Bœuf Gras apparaît sur la scène d'un théâtre parisien. Gérôme écrit à ce sujet dans L'Univers illustré du 18 août[130] :

Le Théâtre de la Porte-Saint-Martin a repris Le Juif-Errant. On y applaudit Paulin Ménier dans le rôle de Rodin, Lacressonnière, Paul-Deshayes, Mlle Céline Montaland, une très-belle reine Bacchanale.
Le cortège du Bœuf gras est tout à fait réussi ; le bœuf, d'une superbe corpulence, fait grand honneur aux pâturages qui l'ont nourri.

Le 21 septembre 1877, Petrus, dans le Journal pour tous s'enthousiasme pour la pièce et son bœuf gras[131] :

On vient applaudir ces grandes figures vivantes que l'on nomme Rodin (Paulin Ménier), Dagobert (Lacressonnière), Couche-tout-nu (Paul Deshayes), le Juif Errant (Laray), d'Aigrigny (Faille), la Bacchanal (Céline Montaland), la Mayeux (Mme Lacressonnière), Francoise Baudoin (Daubrun), etc., etc. Le fameux cortège du bœuf gras en 1832. — L'apothéose, etc., etc. ; enfin, une mise en scène splendide.

En 1880, parlant de la première représentation parisienne de l'opéra Pétrarque de Duprat, Arnold Mortier écrit[132] :

Ce spectacle était bien fait pour séduire un public qui déplore — vainement, hélas ! — la suppression de l'antique promenade des ruminants de carnaval. Hier encore, mardi gras, ces fêtes de la boucherie et du costume historique ont manqué aux badauds parisiens, et plus d'un s'est rappelé, en soupirant, le luxé éblouissant des Fléchelle et des Duval.

Fléchelle et Duval, ici mentionnés, étaient d'importants marchands bouchers parisiens qui ont chacun organisé un certain nombre de fois le cortège carnavalesque parisien du Bœuf Gras.

En 1883, le caricaturiste André Gill publie un livre de souvenirs : Vingt années de Paris[133]. Qui comprend un chapitre de douze pages intitulé Feu le bœuf-gras, où il raconte le Bœuf Gras de 1867 auquel il a participé. Cette année-là, un des Bœufs Gras a été choisi par Gill et baptisé en l'honneur du journal satirique La Lune auquel il collaborait. Le cortège était organisé par Fléchelle.

En 1885, alors qu'il ne défile plus depuis quinze ans, quand le fameux hebdomadaire La Caricature consacre un numéro entier à l'autre grand moment du Carnaval de Paris : la Mi-Carême. On y parle aussi du Bœuf Gras. Et il est l'objet de deux caricatures : l'une de grand format, l'autre sur la couverture[134]. À Paris, malgré les années d'absence, on pense toujours au retour du Bœuf Gras.

Souvenirs d'enfance de Gérôme :

Cela sortait vers midi de l'abattoir du Roule, alors situé sur les vastes terrains occupés maintenant par les somptueux hôtels de l'avenue de Messine. Tambour-major, musique, gardes françaises, mousquetaires, chevaliers extravagants, puis les deux chars traditionnels : le premier, celui du bœuf, portant un animal obèse, immense, difforme, aux cornes dorées, et, aux quatre coins du véhicule, les sacrificateurs à la longue barbe blanche et tenant à la main la massue du sacrifice ; le second, le char de l'Amour, agréablement garni de gaillardes accortes et d'un petit bonhomme frisé, que l'on mouchait de temps à autre, et qui, — tout Cupidon qu'il était, — avait souvent l'air de l'Amour transi. Au milieu d'une triple haie de Parisiens enthousiasmés, le cortège descendait la rue Miromesnil, poursuivait sa marche triomphale, se présentant devant les ministères, devant les clubs, aux Tuileries, et recevant partout de l'argent, des fleurs, des cigares, des bonbons.
Et le soir, quand, vers neuf heures, le bœuf gras rentrait à l'abattoir, on venait me réveiller dans mon lit d'enfant, et l'on me portait à une fenêtre, bien enveloppé dans une couverture. Et je voyais repasser, un peu las, mais ravi quand même, tous ces soldats Louis XV, tous ces guerriers, toutes ces déesses entrevus le matin aux rayons du soleil et reparaissant maintenant devant mes yeux émerveillés à la lueur des torches[30].
« La fuite des Dieux, Fresque pour l'Hôtel de Ville de la Villette », par Robida, 1885[134].

Le , Gérôme, dans L'Univers illustré, propose plaisamment que les Parisiens, à défaut de voir défiler dans Paris le cortège du Bœuf Gras, entende son homologue bruxellois grâce au téléphone, qui vient d'être mis en service entre Bruxelles et Paris[135] :

Le bœuf gras par téléphone
Dernièrement, un des employés du téléphone à Bruxelles avertit son collègue de Paris que le cortège des animaux gras primés par la ville de Bruxelles allait passer devant le palais de la Bourse, où est installé le téléphone. Le cortège était précède de tambours et de musique, et l'employé avait ouvert la fenêtre de son bureau, situé au premier étage, tout en, plaçant sur une table un appareil appelé microphone : « Écoute, pour une fois, ajoutait-il, et tu me diras, monsieur, si tu as entendu la musique. »
L'employé mit son récepteur à l'oreille et entend distinctement non seulement les roulements de tambour et la musique, mais le départ du cortège, ainsi que le brouhaha produit par les membres de la cavalcade. Voilà qui est parfait, et nos gouvernants, qui refusent depuis tant d'années de nous rendre le traditionnel bœuf gras, pourront du moins offrir un petit plaisir de compensation à la population parisienne. Elle ne verra pas le cortège, mais, grâce au téléphone, elle l'entendra; c'est déjà quelque chose.

Seconde renaissance du Bœuf Gras[modifier | modifier le code]

1898 et 1899 années sans Bœuf Gras[modifier | modifier le code]

Le Bœuf Gras caricaturé par Draner en 1898[136].

Pour 1898, les autorités parisiennes promettent 25 000 francs à ceux qui voudront bien organiser la cavalcade du Bœuf Gras[137]. Un projet est élaboré où on voit défiler au Carnaval un Bœuf Gras conduit par le duc de Beaufort, dans le cadre du cortège du roi des Halles[138]. Mais le Comité du Bœuf Gras considère qu'il accuse un déficit trop considérable. Et renonce à organiser la fête.

La Revue hebdomadaire de février 1898 en prend acte et annonce dans la foulée la disparition de l'autre cortège du Carnaval parisien, celui de la Mi-Carême[139] :

Le Carnaval aussi ne ressemblera pas cette année à celui de l'an dernier, et tout paraît devoir se réduire à des batailles de confetti ; plus de cortège du Bœuf gras, plus de procession de la Mi-Carême. Personne n'y a trouvé son compte, de ceux qui les organisaient ; ce n'est même pas un titre aux palmes académiques ; en revanche il fallait, après la fête, y mettre du sien. Ce serait vraiment étendre trop loin le devoir civique que de se ruiner pour ces réjouissances populaires.

Contrairement au propos de La Revue hebdomadaire, les festivités de la Mi-Carême 1898 ont bien lieu le 17 mars. Ce jour-là, les étudiants parisiens, en tête de leur cortège, mette à l'honneur et de manière comique le Bœuf Gras, ou plutôt sa disparition.

Le Petit Journal écrit[140] :

Le premier char apparaît aussitôt : La fin du bœuf gras. L'infortuné a été jeté vivant dans une énorme marmite qui « mijote » sur un gigantesque fourneau. Un Carnaval de carton, énorme, fantastique, coiffé d'un béret d'étudiant, tient à la main une écumoire et contemple le pot-au-feu d'un œil qu'allume la gourmandise.

La Croix raconte le sort final réservé à ce bœuf gras à l'arrivée du cortège[141] :

Le cortège s'est disloqué place du Panthéon. Le bœuf gras en carton a été retiré de sa marmite, imbibé de pétrole (et) brûlé. Autour une ronde énorme. Sarcey

[N 4] trop gros pour danser se tape sur le ventre eh cadence.

Dans un débat au Conseil municipal de Paris le 25 mars 1898, certains propos traduisent les intentions de ceux qui veulent substituer au Carnaval de Paris autre chose[138]. Le Conseiller municipal Veber « veut que nos fêtes parisiennes deviennent des cérémonies où l'art servirait à exprimer une pensée civique. » Roedel cité au Conseil municipal « Le public ne veut plus de ces cohues de circonstance uniquement faites de grotesques groupements de hasard sans aucun lien, ni logique, ni moral. Enfin, l'homme ne se lassant jamais d'apprendre et de se connaître, même et surtout par le spectacle des yeux, la marge des fêtes commémoratives et symboliques est immense. » Extrait d'un projet soumis au vote : « Article premier. — A des époques déterminées, et tout au moins le 14 juillet, il sera organisé par les soins de la municipalité, des défilés, cortèges ou fêtes populaires, comportant un enseignement scientifique, historique ou philosophique, et qui soient des manifestations d'art. » « Aujourd'hui le bœuf gras se transforme en cortège symbolique ! » ...« il ne s'agit pas seulement d'amuser les Parisiens, de remplacer le Bœuf gras mort de vieillesse. » « J'estime avec nos collègues Veber et Fournière que les cavalcades de mardi-gras et de mi-carême ont fait leur temps et qu'il importe pour l'éducation morale de la population parisienne de leur substituer des spectacles où la science et l'art s'unissent dans des conceptions d'un ordre élevé. »

Ces intentions se traduisent en actes. Le 29 décembre 1898, la subvention votée aux Comités de la Mi-Carême et du Bœuf Gras fond comme neige au soleil : seulement 12 000 francs en tout pour ces deux fêtes[142].

Dans le cadre d'« une semaine de Fêtes au Bénéfice des Pauvres », du 12 au , organisée par la ville de Paris, défile, les 17 et , un cortège costumé, « bien propre » et pas carnavalesque : le « grand cortège historique des corporations à l'époque d'Étienne Marcel ». La ville le subventionne à hauteur de 65 000 francs[143].

Il y a donc de l'argent, mais pas pour le Carnaval de Paris. À l'égard de cette fête, l'indifférence voire l'hostilité des autorités parisiennes semble être restée une constante avérée à travers les siècles. Ce qui n'est pas le cas de la police parisienne, qui paraît avoir toujours sympathisé avec le Carnaval. Voir l'article Carnaval de Paris et police de Paris.

De 1900 à 1914[modifier | modifier le code]

Char du Bœuf Gras de la Fête de l'Alimentation 1900[144].
La Cavalcade du Bœuf Gras passe Avenue Secrétan, le .

Pour l'Exposition universelle de Paris 1900 on a fait disparaître le Palais de l'Industrie où se déroulait habituellement le Concours général agricole. Ce qui fait que cette année-là, pour la première fois, il est organisé dans le quartier de la Villette où se trouvent les abattoirs[145]. Avec le concours a lieu une Fête de l'Alimentation, comprenant, le 25 février, un cortège du Bœuf Gras[146].

Fin 1900, il apparaît que le Bœuf Gras sera absent des rues de Paris en 1901. C'est pourquoi on lit dans Le Journal du 14 décembre 1900[147] :

A l'Hôtel de Ville
Sur le rapport de M. Duval-Arnould, au nom de la première sous-commission, le comité approuve le crédit de 11,000 fr. relatif à la fête de la Mi-Carême, et supprime celui de 25,000 prévu d'ordinaire pour la fête du Bœuf-Gras, cette fête n'ayant pas toujours lieu.
Il est entendu que si un comité sérieux se formait en vue de cette dernière fête, le Conseil municipal aviserait.

Le 26 février 1901, le Journal des débats annonce[148] :

Le dix-neuvième arrondissement vient de décider, après entente des comités de commerçants des différents quartiers, de célébrer, cette année, avec plus d'éclat qu'on ne l'a fait jusqu'ici, la fête du bœuf gras, qui est fixée au dimanche 17 mars prochain. Le cortège se formera dans la cour du marché aux bestiaux de la Villette, qu'il quittera à une heure pour suivre la rue d'Allemagne, le boulevard de la Villette, la rue de Flandre, la rue de Crimée, la rue Meynadier, la place Armand-Carrel, l'avenue de Laumière et la rue d'Allemagne, où le retour aura lieu à quatre heures et demie. Il y aura seize groupes ou chars symboliques. Des médailles commémoratives seront distribuées par le comité d'organisation.

La date choisie tombe le dimanche suivant le jeudi où défile l'autre cortège du Carnaval de Paris : celui de la Mi-Carême. Les organisateurs du cortège du Bœuf Gras attendent une subvention municipale. Elle n'arrivera pas. Le Journal des débats écrit, dans le compte-rendu du Conseil municipal de Paris du 13 mars 1901, paru le 15 mars 1901[149] :

Le bœuf gras. — Après une longue discussion, le Conseil repousse, contrairement aux conclusions de son bureau, l'allocation de 20,000 fr. pour une fête de l'alimentation avec cortège du bœuf gras à la Villette[150].

Il n'y aura pas de défilé du Bœuf Gras à Paris en 1901. Le projet envisagé ne sera finalement pas réalisé.

Le Comité de l'alimentation dans le 19e arrondissement de Paris annonce son intention d'organiser en 1902 une fête du bœuf gras dans le quartier de la Villette. Ce Comité dispose pour réaliser son projet d'une somme de 5 000 francs, reliquat de la Fête du bœuf gras de 1900 et de souscriptions assez importantes des commerçants de l'arrondissement[151].

Le matin du jeudi de la Mi-Carême 6 mars 1902, dix jours avant que ce Bœuf Gras défile, sort celui du Marché Lenoir. Comme le rapporte La Presse[152] :

Le Marché Lenoir
Le marché Lenoir avait organisé ce matin une cavalcade qui, par autorisation spéciale du préfet de police, a parcouru les rues de l'arrondissement.
Un magnifique char portant un bœuf gras, garni de fleurs et de jolies femmes et un char allégorique, Pierrot et Colombine à cheval sur le croissant de la lune, escorté de nombreux landaus ont été applaudis par la population qui avait répondu à l'appel du comité d'organisation.

Le dimanche , sort le cortège du Bœuf Gras du 19e arrondissement. Il défile juste dans le quartier de la Villette. Charles Chincholle écrit dans Le Figaro du lendemain que l'initiative de la fête revient à un conseiller municipal, Brard, et au Comité des fêtes du 19e arrondissement de Paris. La date tardive a été choisie dans l'espoir de bénéficier d'une météo favorable[153]. Au dernier moment, le cortège a bien faillit être empêché de sortir. Comme le rapporte Le Petit Parisien le jour de la fête[154] :

La fête du bœuf gras, que l'on croyait tombée en désuétude, aura lieu aujourd'hui, mais il ne s'en est fallu que de bien peu pour que les Parisiens soient cette année encore, privés de l'exhibition de l'énorme bœuf et de la cavalcade traditionnelle.
Une subvention très importante avait été, en effet, demandée par les organisateurs de la fête au conseil municipal et, vendredi dernier, elle était refusée. On pouvait croire que les fonds manqueraient pour mener à bien les choses ; mais, grâce aux efforts constants des membres du comité, MM. Brard, conseiller municipal du quartier du Pont-de-Flandre ; Garrouy, Touchard, Breton, Claude, Aroldi, Gauthier, Lavier, Guibard. Barbet et Monnier, des dons particuliers importants ont été acquis à l'entreprise où la bienfaisance aura malgré tout sa très large part.
D'autre part, il convient de féliciter les commerçants et les habitants des dix-neuvième et dixième arrondissements, qui ont fait le meilleur accueil aux quêteurs munis de billets le souscription.

Initialement, deux bœufs gras devaient figurer dans le cortège. Mais l'un des deux assistant à la révolte de l'autre au moment de monter sur son char, a résisté et n'a pu être emmené[153]. Dans le défilé, un char animé portant un Gargantua géant dévorant des victuailles paraît inspiré par un autre sur le même sujet accompagnant déjà le Bœuf Gras en 1866[155].

Le Petit Parisien débute ainsi l'article de compte-rendu publié le 17 mars 1902[156] :

LE BŒUF GRAS
La traditionnelle fête du bœuf gras, qui déroulait jadis ses fastes carnavalesques sur les grands boulevards, n'égaie plus maintenant, hélas ! que les habitants d'un tout petit coin de la capitale.
La joie des Parisiens du dix-neuvième arrondissement s'en trouve décuplée ; la localisation de cette cavalcade, demeurée chère au cœur du peuple, la rend plus précieuse encore à ceux qui ont la bonne fortune de la pouvoir contempler.
Disons tout de suite que la fête, organisée avec un certain souci d'art, a été gaie au-delà de toute expression. Jamais bœuf adipeux exhibé pour l'agrément des foules n'a été l'objet d'une curiosité plus ravie, et les rires ont éclaté en fusées vibrantes au passage des chars où de pittoresques allégories proclamaient la gloire du vin et le triomphe rabelaisien de la « mangeaille ».
Les chars, sortis de dessous les hangars où ils avaient été amenés la veille au soir, sont artistement décorés et les attributs dorés ou argentés qui les ornent brillent sous les rayons d'un soleil qui, malheureusement, se cache trop souvent derrière de gros nuages inquiétants.
Les figurants, et ils sont nombreux, près de cinq cents, hommes et femmes, se transforment hâtivement en hérauts d'armes, en seigneurs, en marmitons, moissonneurs, moissonneuses, etc. et la plus folle gaîté préside à tous ces apprêts.
De tous côtés vont et viennent des musiciens qui répètent les morceaux qu'ils exécuteront pendant la marche du cortège.
Vers onze heures, la foule commence à se masser aux abords du marché ; les plus curieux escaladent les grilles où montent sur les arbres pour jouir d'avance du coup d’œil.
Le bœuf gras attend seul, sans impatience, le moment de paraître en public.
C'est une superbe bête pesant douze cents kilogrammes et provenant des pâturages nivernais. Il a été fourni par des commissionnaires en bestiaux, MM. Juste, Brouard et Cie, et constitue, comme on sait, le gros lot de la tombola offerte par le comité.

À l'issue de la fête, les organisateurs se retrouvent avec un grave déficit. Ils appellent les finances municipales de Paris au secours. À sa séance du 20 juin suivant, le Conseil municipal vote qu'une somme de 4 400 francs est accordée au Comité organisateur de la fête du Bœuf gras pour l'aider à couvrir le déficit de cette fête.

Le conseiller Paris donne comme argument pour appuyer la demande : « Si on ne vote pas la subvention, on exposera à des poursuites des commerçants qui ne le méritent pas. »

Pour appuyer la demande de subvention, le rapporteur, René Piault, annonce que : « M. le rapporteur général du budget m'a prié de faire observer que cette décision ne constituait pas un précédent. »

À quoi Maurice-Quentin Bauchart, conseiller municipal du quartier des Champs-Élysées[157], réplique : « En effet, il en a déjà été de même pour la « Vache enragée » et on continue pour le « Bœuf gras ». »

Allusion au fait que le 30 décembre 1898, le Conseil municipal de Paris a alloué au Comité de la Fête de la vache enragée une subvention de 9,896 fr. 25 c. pour couvrir le déficit résultant de l'organisation du défilé de la Promenade de la Vache enragée du 21 juin 1897[158].

René Piault conclut ainsi le débat par cet avertissement : « Nous tenons à signaler que cette allocation est tout à fait exceptionnelle et qu'une autre fois les organisateurs de fêtes analogues devront se montrer plus prudents, et ne pas engager de dépenses telles que le Conseil pourrait ensuite ne pas vouloir combler le déficit[151]. »

En 1903, le Bœuf Gras est absent des rues de Paris le mardi gras[159]. Il défile dans les dixième et dix-neuvième arrondissements de Paris le 29 mars suivant, encore une fois dix jours après la Mi-Carême. Son nom est Théodoros II[160]. Le précédent Bœuf Gras du nom de Théodoros a défilé à Paris 34 ans auparavant, en 1869[161].

En 1904, sont organisés à Paris deux défilés du Bœuf Gras. Le premier, d'ampleur limité à un quartier de Paris, est organisé par M. Tricot, président des Enfants du marché Lenoir. Le Petit Journal en parle le 11 mars dans son compte-rendu de la fête de la Mi-Carême :

Le Bœuf Gras caricaturé par Caran d'Ache dans Le Figaro en 1903[162].
Le Bœuf Gras 1903[163].
Char de Romulus, Bœuf Gras du centenaire de 1805, qui a défilé le 9 avril 1905[164].
Vaugirard 1er, Bœuf Gras de la Rive Gauche (abattoirs de Vaugirard), qui a défilé le dimanche gras 10 février 1907.
Le Bœuf Gras vu par André Hellé en 1907[165].
M. Tricot, — qui a préludé à la fête en donnant à son quartier le spectacle de la promenade par les rues d'un bœuf gras traîné par un splendide attelage de chevaux caparaçonnés, — veut bien nous remercier de réserver à la reine de la Mi-Carême une réception cordiale[166].

Quelque temps plus tard, le , cette fois-ci en grande pompe, un autre Bœuf Gras parcourt « les principales voies du dix-neuvième arrondissement[167]. » Il a pris pour la fête le nom de Vercingétorix.

La sortie de l'année d'après, le , commémore avec faste le centenaire du rétablissement de la fête en 1805 après l'interruption de la période 1790-1804. Est organisé notamment un concert en plein air donné par sept cents musiciens[168]. Le Bœuf Gras 1905 s'appelle Romulus.

Le Bœuf Gras défile le 1er avril 1906. À l'époque, le Bœuf Gras fait complètement partie de la vie des Parisiens.

En 1907, il y a trois Bœufs Gras parisiens sortant à des dates différentes : le 10 février, défile le Bœuf Gras de la Rive gauche dit aussi des abattoirs de Vaugirard[169],[170]. Le 14 avril, défile le Bœuf Gras de la Rive droite dit aussi des abattoirs de la Villette[171],[172]. Le 7 mars de la même année défile, dans le cortège du jeudi de la Mi-Carême, un grand Bœuf Gras artificiel :

« Immense succès aussi pour le char du Bœuf Gras. Le monstrueux animal est en carton-pâte. Il n'a donc pas coûté cher à engraisser[173]. »

Le Bœuf Gras bien vivant défile le [174],[175].

En 1909, le « comité des fêtes du bœuf gras de la Villette » cherche à organiser le défilé. Puis renonce à la suite du « résultat négatif des démarches faites par sa délégation, accompagnée de MM. Les députés et conseillers municipaux du dix-neuvième arrondissement, tant auprès du ministre de l'intérieur qu'à l'Hôtel de Ville[176] ».

Le Bulletin municipal officiel de la ville de Paris du annonce qu'il a été voté une subvention de 20 000 francs aux « comités des fêtes de la Mi-carême » et une autre de 5 100 francs au « comité de la fête du Bœuf-gras[177] ». L'organisation de ces deux fêtes repose à l'époque sur les subventions. Le Bœuf Gras en reçoit quatre fois moins que la Mi-Carême. Une telle politique municipale explique que la Mi-Carême connaisse une ampleur beaucoup plus grande que le Bœuf Gras. Qui a lui-même du mal jusque y compris parvenir à défiler.

En 1913, le Concours Général Agricole se termine à Paris le 27 février. À cette occasion est organisé dans la rue une Fête de l'Agriculture, cortège comportant un char du Bœuf Gras. Cette date coïncide avec le jeudi de la Mi-Carême. Ce qui fait que ce jour-là, en des lieux différents de Paris défilent les deux cortèges carnavalesques traditionnels parisiens : la Promenade du Bœuf Gras et le cortège de la Mi-Carême, avec, en vedette, Germaine Brégnat, Reine des Reines de Paris 1913[178].

Sur Internet on peut voir trois photos du Bœuf Gras 1913[179]. Le Petit Journal parle du défilé :

Au Quartier-Latin, le grand cortège de l'Agriculture, bœuf Apis, bœuf gras, moissons, chasse, partant à une heure de la place Valhubert, parcourt les principales rues et avenues des 5e et 13e arrondissements, pour se terminer, à six heures, boulevard Saint-Marcel[180].

En 1914, défile à la Mi-Carême à Paris un grand Bœuf Gras en carton[181]. Avec son escorte de deux sacrificateurs[N 5] également en carton il représente d'Artagnan, un fameux Bœuf Gras sorti soixante ans plus tôt en 1854.

Dessin humoristique de L. Kern paru dans Le Journal, le Mardi Gras 17 février 1920[182].
Écho des bœufs gras de la Mi-Carême 1925[183].
Le char du Bœuf Gras à la Mi-Carême 1928, publicité pour les Boucheries Auguste Sabatier.
Le Bœuf Gras de la Mi-Carême 1934 défile sur un char attelé rue Saint-Dominique[184].
Dessin du char du Bœuf Gras 1936[185].

Après l'interruption de la Grande Guerre, le Carnaval de Paris redémarre dès mars 1919 à l'occasion de la Mi-Carême.

Le Bœuf Gras lui ne sort pas. Les bouchers parisiens continuent à élire chaque année un Bœuf Gras, mais il arrive directement dans les assiettes sans avoir connu un ultime triomphe dans Paris.

Le mardi gras , un dessin humoristique de L. Kern ironise sur le héros absent. Paru en première page du quotidien Le Journal, il s'intitule : Pas de bœuf gras. Vous vous contenterez de celui qu'on trouve en boîte[182]...

Le jeudi de la Mi-Carême le Bœuf Gras reparaît. Il défile en camion avec une génisse et des moutons.

L'Intransigeant nous apprend que le jeudi de la Mi-Carême un peu partout à Paris « on a promené des bœufs gras. Et pour ces promenades dans nos rues, les voitures des bouchers étaient fleuries, enrubannées et les chevaux eux-mêmes portaient des cocardes[183]. »

Le Petit Parisien, en 1926, écrit que pour protester contre l'augmentation exagérée des droits universitaires, dans le cortège étudiant du mardi gras 16 février, organisé par le comité des fêtes du quartier Latin, sera promené « un bœuf maigre... celui de la vie chère[186] !... »

Le , dans le cortège de la Reine de Paris sorti pour la Mi-Carême apparaît le Bœuf Gras :

« Le bœuf gras, timide et mélancolique, et songeant peut-être à sa mort prochaine, inclinait doucement ses cornes dorées vers la foule comme pour la saluer une dernière fois : Moriturus te salutat[187]. »

Le , un Bœuf Gras fait partie du cortège de la Reine des Reines de la Mi-Carême :

« Le bœuf gras, innocente victime de cette journée, marchait à la mort sous les bravos et les fleurs[188]. »

Une photo du défilé du Bœuf Gras 1927 et une du Bœuf Gras 1928 témoignent que le boucher Auguste Sabatier, président du Comité des fêtes de Paris et organisateur, s'en est fait également une publicité pour son commerce[189]. En cela, il reste fidèle à une tradition qui vit d'autres bouchers acheteurs du Bœuf gras comme Porret, Fléchelle ou Duval, créateur des célèbres bouillons Duval, faire pareillement au XIXe siècle[190]. En 1928, le Bœuf Gras sert aussi la propagande politique : le 15 mars, il défile dans un char vantant les mérites des boucheries d'Auguste Sabatier, qui est alors également en campagne électorale à Paris. Il sera élu député de la 2e circonscription du 18e arrondissement, quartier de Clignancourt, le 29 avril suivant[191].

Un Bœuf Gras défile le jeudi de la Mi-Carême sur un char attelé et pavoisé, accompagné d'employés de la boucherie[192].

Le jeudi de la Mi-Carême ce sera la dernière sortie à grande échelle du Bœuf Gras au XXe siècle. Son défilé très remarqué, parti du parc des expositions de la porte de Versailles, ira jusqu’aux abattoirs de la Villette en passant par le boulevard Saint-Michel, la place du Parvis-Notre-Dame, l’Hôtel de ville de Paris, le boulevard de Sébastopol et la gare de l’Est. L’affluence est énorme. Le Petit Parisien relève par exemple que : « Dès 15 heures, le boulevard Sébastopol était à peu près livré aux piétons[193]. »

Le Bœuf gras dans l'art[modifier | modifier le code]

Dessin de Punch, 1895.

En 1745, la reprise du Thésée de Lully inspire une parodie homonyme, œuvre de Charles-Simon Favart, Pierre Laujon et Parvy, donnée le 17 février à l'Opéra-Comique[194]. Dans cette pièce Thésée triomphe monté sur un bœuf gras. À cette occasion survient un incident comique rapporté en 1812 par les Annales dramatiques : deux hommes sont chargés de faire mouvoir le bœuf gras en carton, l'un l'avant-train, l'autre l'arrière-train. Celui de devant « lâcha une flatuosité qui suffoqua son collègue. Celui-ci, dans le premier mouvement, et pour se venger de l'effet sur la cause, mordit ce qu'il trouva sous ses dents. Léger fit un mugissement épouvantable ». Il s'ensuit une bagarre en coulisse qui manque de provoquer la mort de l'un des deux protagonistes.

La même année 1817, on édite à Paris une chanson : Le bœuf gras. Complainte., d'Antoine Antignac, à chanter sur l'air de Mon père était pot[195]. Dans cette chanson, se trouve notamment le couplet suivant :

Au bruit des fifres, des tambours,
Toute la capitale
Peut admirer, pendant trois jours,
Ma pompe triomphale.
Sans être bien fin,
Sur ma triste fin
Je ne puis me méprendre ;
Car on dit : hélas !
Plus il sera las,
Plus le bœuf sera tendre.

En 1849, consécutivement à la révolution française de 1848, le Bœuf Gras est l'objet d'une chanson révolutionnaire intitulée Du fouet à tous ces gros chiens-là ![196]. À partir de 1853, plusieurs bœufs sont promenés[10].

Le , dans Le Figaro, A. Legendre relève la présence du chœur des bouchers célébrant le bœuf gras dans La traviata[197] :

Le , au Théâtre de la Fenice à Venise, est créé l'un des plus célèbres opéras de Giuseppe Verdi : La traviata. Son action se déroule à Paris durant le Carnaval. Dans le troisième acte, Violette entend sous ses fenêtres les Parisiens accompagnant la promenade du Bœuf Gras : Largo al quadrupede sir della festa, Place au quadrupède, roi de la fête[198].

Quelque temps plus tard, le , cette fois-ci en grande pompe, un autre Bœuf Gras parcourt « les principales voies du dix-neuvième arrondissement[167]. » Il a pris pour la fête le nom de Vercingétorix. Le Journal du dimanche publie un poème de Georges Gillet écrit en son honneur :

Rondel du bœuf gras
Allez voir passer le bœuf gras,
Triomphateur morne et placide
Qui de l'abattoir homicide
Semble déjà rêver tout bas !
Accompagnez de vos hourras
Ce roi qu'attend le régicide !
Allez voir passer le bœuf gras
Triomphateur morne et placide.
Écrasez-vous, badauds, soldats,
Femmes, enfants à l'œil avide,
Et vous, gueux dont le ventre est vide,
Pour remplacer un bon repas,
Allez voir passer le bœuf gras[199] !

Xylographies ornant des programmes du Bœuf Gras[modifier | modifier le code]

Chansons, peintures, caricatures, essais, etc.[modifier | modifier le code]

Mardi Gras monté sur un Bœuf Gras, gravure anglaise de 1660[201].
Fonpré de Fracansalle, Distribution pour La mort de Mardi-Gras, tragi-comédie ou Comédie faite pour pleurer, ou tragédie pour rire. En un acte et en vers, par des membres de l'Académie de Cocagne[202], Paris 1809.
Le Bœuf Gras du Carnaval de Paris vers 1850, dessin d'Auguste Lapierre, détail d'une plaque de verre pour lanterne magique.
Sauvage moderne, pour le cortège du bœuf-gras de 1855. Caricature de Cham[203].
1864 – Photo de Charmant Bœuf gras 1 200 kg
Caricature anarchiste de Pol Cizac, « Le populo trimballe le Bœuf gras... Il bouffe la Vache enragée », extraite du Père Peinard, Paris 1894.
Le Bœuf Gras vu par Charles Léandre en 1895[204].
Caricature de Henri de Toulouse-Lautrec pour le journal La Vache enragée, 1896.
Le Bœuf Gras chanté par Thérésa.
Le Bœuf Gras et son compagnon vus par Auguste Vimar[205].
  • 1712 – Écriteaux des fêtes parisiennes données au public par la grande troupe des danseurs de corde du Jeu de paume d'Orléans, à la foire Saint-Germain, au mois de février 1712 – Pièce de théâtre[206].
  • 1745 – Thésée – Parodie du Thésée de Lully, œuvre de Charles-Simon Favart, Pierre Laujon et Parvy[207]. Dans cette pièce Thésée triomphe monté sur un bœuf gras.
  • 1750 – Marche du Bœuf gras – Gravure de Gabriel de Saint-Aubin[208].
  • 1767 – La mort du bœuf gras. Tragédie comique. Suivie d'un divertissement. – de Toussaint-Gaspard Taconet[209].
  • XIXe siècle – Les programmes du Bœuf Gras sont décorés d'une xylographie anonyme illustrant la fête[210]. Une même gravure peut être réutilisée plusieurs années différentes.
  • XIXe siècle – Le Carnaval de Paris – Planche en couleurs de l'imprimerie Gangel[211].
  • XIXe – Le Bœuf gras, poëme héroï-comi-tragique, – par Ch. Audigé de Preuilly[212].
  • XIXe – Scène entre une femme et un Pierrot[213] – Caricature de Cham.
  • XIXe – Bœufs gras – Poème de Charles Monselet[214].
  • XIXe – Œil du commodore – Fantaisie de William Busnach donnée au Théâtre des Variétés, mettant en scène un rêve de Cham dans lequel il lui avait semblé retrouver un de ses oncles passé, grâce à la métempsycose, dans le corps du bœuf gras[215].
  • XIXe – Trait d'humanité de M. Prudhomme cherchant à lui cacher l'avenir (au Bœuf Gras)[216] – Caricature de Cham.
  • XIXe – Vachalcade, la voilà !!!! la voilà !!!! – Affiche en couleurs de Henri de Toulouse-Lautrec pour la Vachalcade[217].
  • XIXe – La Vache enragée – Affiche en couleurs de Henri de Toulouse-Lautrec pour la Vachalcade[217].
  • XIXeV'là c' que c'est que l' carnaval – Chanson de Désaugiers, son huitième couplet est consacré au Bœuf Gras[218].
  • XIXe – Le Bœuf gras et son compagnon – Fable de Pierre Lachambeaudie[219].
  • XIXe – Le Bœuf gras et son compagnon – Deux illustrations d'Auguste Vimar pour la fable de Pierre Lachambeaudie[220].
  • XIXe – Causerie d'un bœuf masqué – Chanson de Maurice Patez[221].
  • XIXe – Pendule dite : « du Bœuf gras » – Pendule portée par une représentation sculptée du Bœuf Gras en bronze doré, époque Premier Empire[222].
  • 1809 – La mort de Mardi-Gras, tragi-comédie ou Comédie faite pour pleurer, ou tragédie pour rire. En un acte et en vers, par des membres de l'Académie de Cocagne – Par Fonpré de Fracansalle[202]. Dans la distribution un personnage y incarne le Bœuf Gras.
  • 1817Le bœuf gras. Complainte. – Paroles d'Antoine Antignac, à chanter sur l'air de Mon père était pot[223].
  • 1830 – Passage du cortège du Bœuf Gras sur le Pont Neuf – Tableau de Guillaume Fréderic Ronmy[224].
  • 1830 – Le Carnaval et marche burlesque du bœuf gras – Avec 24 dessins de MM. Seigneurgens et Achile Giroux, gravés par Porret, texte par « un Professeur de philosophie de l'Académie d'Yvetot ». Sans mention d'éditeur si ce n'est : Paris, chez tous les marchands de nouveautés.
  • 1830 – Le Carnaval et la marche burlesque du bœuf gras – Affichage de librairie[225].
  • 1831 – La Descente de la Courtille – Pièce de théâtre de Théophile Marion Dumersan.
  • 1834Le Bœuf Gras de 1834 – Parue dans Le Charivari, caricature en fait dirigée contre Louis-Philippe Ier[19].
  • 1835 – Ordre et marche du Bœuf Gras – Une de ses nombreuses déclinaisons, xylographie[226].
  • 1839 – Le bœuf gras – Texte de Gérard de Nerval[227].
  • 1840 – Le Bœuf gras – Estampe d'Alphonse-Charles Masson[228].
  • Entre 1842 et 1848 – Le Bœuf enragé – Pièce de théâtre présentée au Théâtre des Funambules[229].
  • 1843 – Les folies du carnaval – Gravure sur bois en couleurs, fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Épinal[230].
  • 1844 – Ordre et marche du cortège – Parodie du placard traditionnel d'annonce du cortège du Bœuf Gras, gravure de Grandville, texte de Taxil Delort[231].
  • 1845Les Bœufs – Célèbre chanson de Pierre Dupont, qui consacre à la Promenade du Bœuf Gras son troisième couplet.
  • 1845 – Le Balcon (mot donné) – Chanson, paroles d'Eugène Désaugiers, sur l'air de Parlez-moi d'ça. Le mot donné est un jeu qui se pratiquait notamment dans la célèbre goguette du Caveau. Il consistait à devoir faire sur le champ une chanson sur un mot qui vous était donné. Le septième couplet de cette chanson parle du bœuf gras[232].
  • 1845 – Le bœuf gras – Vaudeville en deux actes de Paul de Kock[233].
  • 1845 – Le bœuf gras – Article de Gérard de Nerval paru dans le journal L'Artiste[92].
  • 1848 – Louis-Philippe ou le Bœuf Gras détrôné – Paroles anonymes, sur l'air des Bœufs[234].
  • 1848 ou 1849 – Du fouet à tous ces gros chiens-là ! ou Le bœuf gras de 1849, Carnaval Politique, Satyrique et Travesti. – Paroles de L. C., sur l'air de Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans[196].
  • 1849 – Le nouveau cheval de Troie – Dessin de Bertall, gravé par Baulant.
  • 1850 – Le défilé parisien du Bœuf Gras, estampe anonyme aquarellée[235].
  • Vers 1850 – Dessinées et coloriées par Auguste Lapierre, huit plaques de verre pour lanterne magique représentent le cortège de la Promenade du Bœuf Gras[236].
  • 1852 – Le Bœuf gras, place Vendôme, photo de Hippolyte Bayard, collections du Musée d'Orsay, Paris[237].
  • 1852 – Le chat de la mère Michel et le bœuf gras de 1852 – Chanson de Léon Guillemin[238].
  • 1852 – Manlius, le Bœuf gras – Chanson, paroles de Justin Cabassol, sur l'air de J'arrive à pied de province[239].
  • 1852 – Le mardi gras – Chanson, paroles de J. Lagarde sur l'air de : C'est le biau Thomas. Le troisième couplet parle du Bœuf Gras[240].
  • Entre 1852 et 1858 – Le Carnaval de Paris – Estampe en couleurs de Gangel, fabricant à Metz[241].
  • 1853 – Largo al quadrupede – Air chanté par un chœur en coulisse, dans La traviata, opéra de Giuseppe Verdi.
  • 1855 – Monsieur Février – Chanson, paroles de Justin Cabassol, sur l'air de Tu n'auras pas, petit polisson, le quatrième couplet parle du bœuf gras[242].
  • 1855 – Sauvage moderne, pour le cortège du bœuf-gras de 1855. – Lithographie aquarellée de Cham[203].
  • 1855 – 9 caricatures des compagnons du Bœuf Gras, parues dans La Gazette pittoresque[243].
  • 1856 – Le Carnaval. – Chanson, paroles de J. Lagarde, chantées sur l'air de Bonjour, mon ami Vincent[244].
  • 1857 – Le bœuf gras et le Carnaval de Paris – Xylographie en couleurs de Chaste, imagerie Pellerin à Épinal[245].
  • 1857 – Un Mardi-Gras à Saint-Cloud - Poème contre le Carnaval de Paris, de Pierre Véron[95].
  • 1859 – Bastien n'est plus ! Adieu ses bottes et sa culotte, Scène comique du carnaval de 1859 – Par Boucher[246].
  • 1860 – L'Ordre et la Marche du Bœuf gras – Grande pièce de carnaval[247].
  • 1861Le carnaval – Chanson, paroles de Joseph Evrard, à chanter sur l'air de Ah! cotillon ! cotillon ! Son quatrième couplet parle du Bœuf Gras[248].
  • 1861 – Promenade du Bœuf Gras, à Paris. – Illustration pleine page de E. Mortin, parue dans Le Monde illustré[249].
  • 1863 – Vue instantanée du Carnaval de 1863, No 152 Char du Bœuf Gras sortant de l'abattoir, vue stéréoscopique[250].
  • 1864 – Charmant Bœuf gras 1 200 kg – Cliché photographique réalisé par l'atelier Moulin, montrant un des 6 bœufs gras de 1864.
  • 1865Le testament du Bœuf Gras – Chanson du goguettier Arthur Halbert (d'Angers) sur l'air du Jus de la Treille[251].
  • 1865 – Les lamentations du bœuf gras – Chanson d'Alexis Dalès[221].
  • 1865 – Les Bergers – Opéra comique en trois actes, musique de Jacques Offenbach, livret de Hector Crémieux et Philippe Gille. Au second acte on y chante le Bœuf gras baptisé Benoiton[252].
  • 1865 – Débuts du Bœuf gras au théâtre du Châtelet – Chanson, paroles de Clairville sur l'air de Je veux revoir ma Normandie[253].
  • 1865 – Le mois comique – Une pleine page de Edmond Morin et Zed avec 12 dessins comiques illustrant le Carnaval de Paris, dont les 2 premiers le cortège parisien du Bœuf Gras[125].
  • 1866 – Dieux et Déesses du Bœuf Gras – Chanson d'Alexis Dalès, dédiée à Timothée Trimm, à chanter sur l'air de la Femme à barbe[254].
  • 1866 – La déesse du Bœuf gras – Chanson d'Élie Frebault et Paul Blaquière, interprétée par la célèbre Thérésa.
  • 1866 – La Déesse du bœuf gras, folie carnavalesque en 2 tableaux, – par Élie Frébault et Alphonse Lemonnier[255].
  • 1866 – Les Déesses du bœuf gras, folie de carnaval en 3 actes – Donnée au théâtre Déjazet en février 1866[256].
  • 1866 – Les bœufs-gras – Paroles de C. Grou, sur l'air de Mon père était pot[257].
  • 1866 – Malheur au vainqueur – Chanson, paroles de Louis Protat, sur l'air du Petit bouton d'or. Le deuxième couplet parle du cortège du bœuf gras[258].
  • 1866 – La Lanterne magique, Grande revue de l'année – Par Clairville, A. Monnier et E. Blum : au 10e tableau défile le Bœuf Gras l'Événement qui a participé à la Promenade du Bœuf Gras 1866. Une affiche annonce le spectacle. Elle reprend la xylographie et la mise en page de l'affiche pour la Promenade du Bœuf Gras.
  • 1866 – Débuts du Bœuf gras au théâtre du Châtelet – Chanson, paroles de Clairville sur l'air de Je veux revoir ma Normandie[127].
  • 1867 – Confidences d'un Bœuf gras – Chanson de Maurice Patez[221].
  • 1867 – La Grande colère du Bœuf gras – Chanson signée Zénaïde Z... (chanson contre l'hippophagie)[221].
  • 1868 – La Mi-Carême – Au bal de l'Opéra – Vivent les Flambards ! – Gravure d'Honoré Daumier figurant le défilé grotesque de la célèbre société festive et carnavalesque des Flambards au bal de l'Opéra donné pour la Mi-Carême 1868. Le personnage en tête, couronné de plumes et portant une massue parodie la tenue traditionnelle des sacrificateurs escortant le Bœuf Gras parisien.
  • 1869 – Le Bœuf Gras – Image en couleurs, par André Gill[259].
  • 1869 – La splendeur et la misère du bœuf gras provenant du Cotentin pendant le Carnaval de Paris – Gravure de Roevens[260].
  • 1870 – Promenade du Bœuf Gras – Symphonie burlesque et imitative pour deux violons, alto, violoncelle et neuf instruments de jouets d'enfants[261] composée pour les enfants de Madame de Bousquet par Adolphe Blanc.
  • 1870 – Le Conducteur du Bœuf gras – Chanson de Victor dit : Torvic, sur l'air du Conducteur d'Omnibus[221].
  • 1870 – Dernières volontés du Bœuf gras – Chanson d'Aubry[221].
  • 1870 – La promenade du bœuf gras – Poésie de Arthur de Boissieu[262].
  • 1871 – La marche du bœuf gras et la promenade du roi Guillaume dans Paris – Chanson illustrée à chanter sur l'air de la complainte de Fualdès[263].
  • 1872 – A propos de bœuf – Planche de dessins humoristiques de G. Lafosse à propos de la suppression du cortège du Bœuf Gras en 1872[264].
  • 1873 – Mes crêpes – Poésie de Maxime[265].
  • 1876 – Minerve déesse du Bœuf-Gras – Petit récit mélancolique de Pierre Véron[266].
  • 1884Le bœuf gras dans l'antiquité. – Dessin de Charles Gillot.
  • 1885 – La Caricature, numéro sorti au moment de la Mi-Carême. Il y figure une quantité d'illustrations, dont deux du cortège de la Promenade du Bœuf gras[267].
  • 1895Demandez l'ordre et la marche ! – Caricature en couleurs de Charles Léandre[268].
  • 1896 – Affiche pour la Promenade de la Vache enragée ou Vachalcade – Cortège montmartrois se moquant du Bœuf Gras[269].
  • 1896 – La Vache enragée – Couverture en couleurs de Henri de Toulouse-Lautrec pour le journal La Vache enragée.
  • 1896Affiche de Jules Chéret pour le 3e Bal masqué de l'Opéra – Elle annonce un Cortège triomphal du Bœuf Gras dans son cadre, le samedi gras 27 février 1896, veille de la renaissance de ce cortège dans la rue.
  • 1896 – Au bœuf gras – Poème de Achille Millien, illustré par Ducoudray[270].
  • Vers 1896 – La Ballade du Bœuf-Gras – Chanson comique paroles de Léo Lelièvre, musique de Émile Spencer, créée par Reschal à l'Alcazar d'Hiver[271].
  • 1898 – Carnavals parisiens par Louis Morin – Affiche pour la parution du livre de Louis Morin Carnavals parisiens, dessin de Louis Morin, lithographie[272].
  • XXe siècle – Le Bœuf Gras – Carte réclame en couleurs, premier quart du XXe siècle[273].
  • 1903 – À quoi pense un bœuf gras ? – Page de dessins comiques, de Caran d'Ache[162].
  • 1904 – Manifestation du bœuf gras dans les rues de Paris – Photo stéréoscopique[274].
  • 1904 – Rondel du bœuf gras – Poème de Georges Gillet[199].
  • 1906 – Cortège du Mardi-Gras ! – Caricatures en pleine page faites par Radiguet[275].
  • 1907Le Bœuf Gras – Caricature d'André Hellé[276].
  • 1908 – Photo de Dunois 1er Bœuf Gras 1908[175].
  • 1909 – Char du Bœuf Gras – Célèbre char du Carnaval de La Nouvelle-Orléans. Il sort toujours, chaque année[103].
  • 1910 – La Promenade du Bœuf Gras. Chanson-marche carnavalesque. Paroles de K. Le V. Musique de Paul Darthu[277].
  • 1912 – Publicité pour l'oxygénée Cusenier montrant la Promenade du Bœuf Gras. – Dessin anonyme paru dans Le Journal amusant[278].
  • 1913 – Lendemain de Mardi Gras – Caricature de Mirande[279].
  • 1914 – Dialogue des bœufs gras – Dialogue comique de Louis Sonolet[280].
  • 1920Pas de bœuf gras. Vous vous contenterez de celui qu'on trouve en boîte... – Dessin humoristique de L. Kern[182].
  • 1920 – Raoul Ponchon mentionne le Bœuf Gras dans son poème L'intrépide vide-bouteilles[281].

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Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bibliothèque nationale de France, département des Arts du spectacle : la collection complète des affiches du Carnaval de Paris depuis 1998, ainsi que La renaissance du Carnaval de Paris, cinq volumes de documents choisis (584 pages), portant sur la période du 9 juin 1985 au 18 mars 2002, édités par Basile Pachkoff à petit tirage. S'y ajoutent un certain nombre d'autres documents concernant la renaissance du Carnaval de Paris, mais en moindre quantité qu'à la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
  • Bibliothèque nationale de France, département des imprimés, notamment la collection Le Senne. Il y figure, en particulier, le programme du bœuf gras 1805.
  • Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine. Elles ont malheureusement été anéanties par le feu dans l'incendie de l'Hôtel de ville de Paris en mai 1871. Il y a donc là très peu de documents antérieurs à cette date, à l'exception notable d'une liasse de programmes xylogravés anciens de la Promenade du Bœuf Gras et de la Mi-Carême.
  • Bibliothèque historique de la ville de Paris : dossiers Actualités Carnaval.
  • Bibliothèque administrative de l'Hôtel de ville : budgets imprimés de la ville.
  • Collections historiques de la Préfecture de police de Paris, dossiers sur le Carnaval, le Bœuf Gras, la Mi-Carême à Paris. La plus grande partie des archives de la police de Paris a malheureusement brûlé en mai 1871.
  • Centre de documentation du musée national des Arts et Traditions populaires, Paris : programme officiel de la Fête de l'Alimentation à la Villette, en 1900. Ce musée a été supprimé en 2005 et ses collections transférées par la suite à Marseille, au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, qui devait ouvrir en 2008 et a finalement ouvert en 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le terme garçons bouchers ne paraît plus utilisé aujourd'hui, on dit plutôt : apprentis-bouchers.
  2. Il s'agit d'une récompense au très important concours des animaux de boucherie à Poissy, près de Paris.
  3. Les trois Bœufs Gras de 1853, Père-Tom, Shelby et Saint-Clare ont été baptisés en l'honneur de héros du livre La Case de l'oncle Tom de Harriet Beecher Stowe. Une controverse a été soulevée à cette occasion par un journaliste parisien à propos de l’appellation Père-Tom choisie à la place d'Oncle-Tom[116].
  4. « Sarcey » est ici une personne costumée figurant Francisque Sarcey, personnalité célèbre notamment physiquement par son embonpoint objet de moqueries des étudiants parisiens.
  5. Les Bœufs Gras ont plus d'une fois figurés dans le cortège du Carnaval avec une escorte de deux sacrificateurs vêtus de peaux de bêtes, la tête garnie de plumes et armés de massues, préfigurant le sort tragique dévolu aux héros de la Promenade. Voir à ce propos l'article Personnages typiques du Carnaval de Paris.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Mercure de France, février 1739, pages 387 à 390. Ce texte aurait pour auteur Boucher d'Argis.
  2. a et b Correspondance secrète, tome 14, page 189. Citée page 109 de la Revue anecdotique des lettres et des arts, Librairie Poulet-Malassis, Paris 1858, volume 6, page 109.
  3. Il est conservé dans la collection Le Senne, à la BNF.
  4. a et b La Presse, 14 février 1847.
  5. a, b et c Richard O'Monroy, rubrique Courrier de Paris, L'Univers illustré, 31 janvier 1891, page 93, 1re colonne.
  6. Adolphe Berty, Topographie historique du vieux Paris. Tome III, Région du Bourg Saint-Germain, Paris 1876 (pages 26 et 27), Imprimerie nationale. L'ouvrage a été révisé, annoté et complété par L.M. Tisserand.
  7. Écriteaux des fêtes parisiennes données au public par la grande troupe des danseurs de corde du Jeu de paume d'Orléans, à la foire Saint-Germain, au mois de février 1712., Paris 1712.
  8. a, b et c Mardi Gras History
  9. a et b « Encore le bœuf gras », Revue comique à l'usage des gens sérieux. Histoire morale, philosophique, politique, critique, littéraire et artistique de la semaine,‎ , p. 238 (lire en ligne).
  10. a, b, c, d, e, f et g R. Bompard, « Rapport, présenté par M. R. Bompard, au nom du Bureau, sur une proposition de MM. Caplain et Caumeau relative à la reprise de la promenade du Bœuf gras », Conseil municipal de Paris, no 150,‎ (lire en ligne).
  11. M. Froment, a police dévoilée, depuis la restauration, et notamment sous MM. Franchet et Delavau, t. 1, Paris, Lemonnier, , LII-379 p. (lire en ligne), p. 43.
  12. « s.n. », Le Constitutionnel,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  13. a et b Philippe Busoni, « Courrier de Paris », L'Illustration,‎ , p. 131, 2e colonne (lire en ligne).
  14. « Petites nouvelles de Paris et des départements », La Feuille du village,‎ , p. 93, 3e colonne (lire en ligne).
  15. a et b « Nouvelles diverses », Le Constitutionnel,‎ , p. 2, 5e colonne (lire en ligne).
  16. « Nouvelles diverses », Le Constitutionnel,‎ , p. 2, 5e et 6e colonnes (lire en ligne).
  17. Darthenay, « La Fête de l'Agriculture », Le Nouvelliste,‎ , p. 2, 2e colonne (lire en ligne).
  18. « Chronique et faits divers », L'Ami de la religion et du Roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, no 5335,‎ , p. 444 (lire en ligne).
  19. a et b Caricature parue dans Le Charivari, no 42, 11 février 1834.
  20. Détail du dessin ornant la chanson « La marche du bœuf gras et la promenade du roi Guillaume dans Paris ».
  21. Pierre Véron, « Courrier de Paris », Le Monde illustré,‎ , p. 114, 2e colonne (lire en ligne).
  22. Robert Brécy, La chanson de la Commune : chansons et poèmes inspirés par la Commune de 1871, Ivry-sur-Seine, Éditions ouvrières, , 273 p. p. (ISBN 2708228552, lire en ligne), p. 51.
  23. Th. de Langeac Bulletin, L'Univers illustré, 17 février 1872, p. 100 et 102.
  24. Cham Revue comique du mois, L'Univers illustré, 15 mars 1873, p. 173.
  25. Maxime, Mes crêpes, Le Tintamarre, 2 mars 1873, page 4, 2e colonne.
  26. Gérôme Courrier de Paris, L'Univers illustré, 14 février 1874, page 98, 2e colonne.
  27. Le bœuf gras, Le Petit Parisien, 10 octobre 1883, page 3, 1re et 2e colonnes.
  28. Rubrique Nouvelles diverses, Le Figaro, 29 novembre 1883, page 2, 3e colonne.
  29. M. Champimont, rubrique Par-ci Par là, Le Voleur illustré, 28 février 1889, page 140, 2e colonne.
  30. a et b Gérôme Courrier de Paris, L'Univers illustré, 2 mars 1889, p. 130, 1re colonne.
  31. Jacques Lefranc Le Courrier de la Semaine du Supplément littéraire illustré du "Petit Parisien" du 1er février 1891, p. 2, 1re colonne (voir l'article en entier reproduit sur la base Commons.
  32. Le Matin, 8 février 1891, Le Constitutionnel, 10 février 1891.
  33. Le supplément illustré du Petit Journal du
  34. Carle de Perrières Courrier de Paris, Le Gaulois, 8 février 1891, page 1, 1re colonne.
  35. La Mi-Carême, Le Gaulois, mercredi 11 février 1891, page 3, 1re colonne.
  36. Le Petit Journal, 2 mars 1892.
  37. L'Intransigeant, 16 février 1893.
  38. Le Petit Parisien, 7 février 1894, page 3, 1re colonne.
  39. L'Intransigeant, 2 mars 1894, p. 3, 1re colonne. Voir l'article de L'Intransigeant reproduit en entier sur la base Commons.
  40. Photo extraite de : Écuyers et écuyères, histoire des cirques d'Europe (1680-1891) par le Baron Charles-Maurice de Vaux, Paris 1893, p. 313.
  41. L'Éclair, 10 décembre 1895.
  42. Dimanche gras, lundi gras, mardi gras
  43. Le Soleil, 7 octobre 1895
  44. La sorée, Le Petit Journal, 22 mars 1895, page 2, 4e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  45. Renvoi au Bureau d'une proposition de M. Caplain tendant au rétablissement de la promenade du bœuf gras., Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 26 mars 1895, p. 799, 3e colonne. Voir l'extrait du Bulletin municipal officiel de la ville de Paris reproduit sur la base Commons.
  46. Source : Rapport, Présenté (au Conseil municipal de Paris) par M. R. Bompard, au nom du Bureau, sur une proposition de MM. Caplain et Caumeau relative à la reprise de la promenade du Bœuf gras., p. 1.
  47. Rapport, Présenté (au Conseil municipal de Paris) par M. R. Bompard, au nom du Bureau, sur une proposition de MM. Caplain et Caumeau relative à la reprise de la promenade du Bœuf gras
  48. Avis favorable au rétablissement de la promenade du Bœuf-gras. — Renvoi au Bureau d'une proposition de M. Caplain., Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 7 décembre 1895, p.3101, 3e colonne, p.3102 et p. 3103, 1re colonne.
  49. Georges Clemenceau, Le Grand Pan, page 349, Paris, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle, éditeur, 1919 (la première édition est de 1895). Dans ce livre, on trouve également, pages 338-344, une apologie de la grande fête carnavalesque parisienne de la Mi-Carême et de la fête populaire en général.
  50. On lit dans le Bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 14 janvier 1896, p. 177, 1re colonne
  51. Bulletin municipal officiel (B.M.O.), 31 décembre 1895.
  52. Communications diverses, Carnaval de 1896. - Comité des fêtes du Bœuf gras. - Itinéraire officiel du cortège., Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 9 février 1896, p. 434, 3e colonne.
  53. Le mardi-gras à Paris, L'Écho de Rouen illustré, 22 au 29 février 1896, page 2.
  54. Le Petit Parisien, 19 février 1896, page 2, 1re colonne.
  55. Instructions pour la police municipale, Carnaval de Paris 1896.
  56. Rubrique Au jour le jour, La Mi-Carême des étudiants, Le Temps, 20 février 1896, page 3, 2e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  57. Cachet apposé à la fin d'une lettre en date du 19 février 1897, écrite par Marguery, Président du Comité des Fêtes du Bœuf Gras 1897. Voir cette lettre.
  58. Voir la Filmographie du Carnaval de Paris.
  59. La Patrie, 2 mars 1897.
  60. a et b « Feuulleton du Journal des débats », Journal des débats,‎ , p. 2, 3e colonne (lire en ligne).
  61. a et b Jacques Lefranc, « Courrier de la semaine », Le Petit parisien, vol. 3, no 104,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  62. « Intérieur, Paris, 22 février », Le Constitutionnel, no 54,‎ , p. 2, 3e colonne (lire en ligne).
  63. Charles Monselet, « Revue de la semaine : Le Monde parisien », L'Artiste, vol. IV, no VIII,‎ , p. 222, 2e colonne (lire en ligne).
  64. Tout-Paris, « On regrette le cortège du Bœuf Gras », Le Gaulois, no 12920,‎ , p. 1, 4e colonne (lire en ligne).
  65. « Promenade des bœufs gras, Introduction en France d'une nouvelle race », La Presse littéraire, vol. 6, no 11,‎ , p. 344 (lire en ligne).
  66. « Faits divers », La Presse,‎ , p. 2, 5e colonne (lire en ligne).
  67. Rapport de M. Magne et lettre de M.M. les membres du syndicat de la boucherie de Paris sur Sarlabot, De Soye & Bouchet, 1857 - 20 pages. Urbain Leblanc Rapport sur Sarlabot Ier bœuf de la race Cotentine sans cornes, Martinet, 1858 - 20 pages.
  68. Le rapport d'Urbain Leblanc publié en 1858 va baptiser à postériori le premier Bœuf Gras de ce nom figurant au défilé à Paris : Sarlabot IerLe 7 mai 1861, dans une lettre à Dutrône, le bourgmestre de Gand, Ch. de Kerchove l'appellera également Sarlabot Ier.
  69. Petit-Jean Courrier du Palais, Le Monde illustré, 8 mai 1858, p. 299, 1re et 2e colonne.
  70. Le Moniteur des comices et des cultivateurs, Journal spécial des associations, des établissements et des intérêts agricoles, tome 2e, novembre 1856-octobre 1857, p. 290.
  71. Détail d'un dessin pleine page figurant le cortège de la promenade du Bœuf Gras, paru dans Le Monde illustré, 27 février 1858, p. 136.
  72. Le Figaro, 17 février 1867, page 2.
  73. Timothée Trimm Messieurs les bouchers !..., Le Petit Journal, 26 février 1867, page 2, 1re et 2e colonne
  74. Journal d'agriculture pratique, 1867, p. 556.
  75. « Les bœufs gras de 1868 », Le Petit Journal,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  76. L'Illustration, 8 février 1896.
  77. a et b « Paris, 27 février », Le Constitutionnel, no 59,‎ , p. 3, 2e colonne (lire en ligne).
  78. FRANCE, Paris, 3 février., Journal des débats, 4 février 1818, p. 1, 2e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  79. Il s'agit d'un personnage typique du Carnaval de Paris escortant le Bœuf Gras, représenté par Bertall, vers 1845.
  80. Communication de Gabriel Cottreau : Le Bœuf gras de 1825., Nouvelle revue rétrospective, 1897, p. 158-168.
  81. Journal des débats, 24 février 1843, p. 3, 2e colonne.
  82. Nathaniel, Chronique, La Semaine des familles, revue universelle illustrée, J. Lecoffre éditeur, Paris, 23 février 1861, 3e année, numéro 21, page 336.
  83. Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 24 décembre 1895, p. 3352, 1re colonne. Voir l'extrait du Bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 24 décembre 1895 reproduit sur la base Commons.
  84. a et b Robert Lefort, Le bœuf-gras, Le Journal du Dimanche, 1er mars 1903, page 12, 2e colonne.
  85. Franklin James Didier, Lettre VII, Paris, 15 mars 1817., Lettres d'un voyageur américain, ou Observations morales, politiques et littéraires sur l'état de la France... en 1815, 1816, 1817 et 1818., tome 1, traduit de l'anglais et accompagnées d'additions et de notes... (par Philarète Chasles), Pillet aîné éditeur, Paris 1823, pages 58-59.
  86. France, Paris, 4 mars, Journal des débats, daté du 3 mars 1821, p. 2, 1re colonne.
  87. Rubrique Paris, Le Petit Journal, 5 mars 1867, page 2, 3e colonne.
  88. Journal des débats, 4 mars 1840, p. 3, 4e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  89. Le Constitutionnel, 5 mars 1840, p. 2, 3e colonne. Voir l'article publié sur la base Commons.
  90. Journal des artistes et des amateurs ou Revue pittoresque et musicale, VIIe année, 1er volume, N°V, page 94, 2 février 1834, page 94.
  91. Madame Émile de Girardin, née Delphine Gay, Lettre première, 26 février 1844, Œuvres complètes de madame Émile de Girardin, née Delphine Gay.... Tome 5, introduction par Théophile Gautier, H. Plon éditeur, Paris 1860-1861, page 231.
  92. a et b Gérard de Nerval, Le bœuf gras, L'Artiste, 1845 (SER4,T3).
  93. Gustave Flaubert, Correspondance, Bibliothèque de la Pléiade, tome 2, page 335.
  94. Louis Jourdan Le bœuf gras et son cortège ; comment les peuples s'amusent ; difficulté d'innover en matière de fêtes et réjouissances publiques., Le Causeur, no 52, 26 février 1860, p. 401-402.
  95. a et b Un Mardi-Gras à Saint-Cloud, de Pierre Véron, paru dans Réalités humaines, Amyot éditeur Paris 1857.
  96. Richard O'Monroy Courrier de Paris, L'Univers illustré, 10 février 1894, p. 82, 3e colonne, p. 83, 1re colonne.
  97. « 2e bal d'enfants au Jardin-d'Hiver », Le Ménestrel, vol. 16, no 15,‎ , p. 3, 1re colonne (lire en ligne).
  98. « Bal costumé de M. et Mme Ponchard », Le Ménestrel, vol. 19, no 14,‎ , p. 1, 2e colonne (lire en ligne).
  99. « Les théâtres », La Revue diplomatique, vol. 18, no 6,‎ , p. 10, 3e colonne (lire en ligne).
  100. Mercure Dijonnois, page 1118, cité par les Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Imprimerie de Frantin, Dijon 1830, page 319.
  101. Denis Lottin, Recherches historiques sur la ville d'Orléans, vol. 3, t. 1, Orléans, A. Jacob puis J.-B. Niel, 1836-1845, VIII-438 p. (lire en ligne), p. 41.
  102. Voir la gravure montrant le Bœuf Gras de la société Rex à la Nouvelle Orléans défilant le mardi gras 1873. En tête marche le sacrificateur inspiré par le cortège du Bœuf Gras de Paris. Gravé par James Wells Champney, légendé « The Boeuf-Gras--the fat ox--is led in the procession. » Cette gravure est extraite du livre d'Edward King « The Great South » publié en 1875.
  103. a et b Voir la photo du char du Bœuf Gras de la Nouvelle Orléans prise en 2007.
  104. Le cortège est annoncé dans La Patrie, quotidien montréalais, du 21 mars 1900, en haut de la page 2, 6e et 7e colonnes.
  105. L'Illustration, No 1, vol. I, 4 mars 1843, page 11, dans l'article « Promenade du Bœuf-Gras ».
  106. Extraites de l'album du Charivari Nouvelles charges, Paris 1851. La caricature en haut à gauche illustre la Promenade du Bœuf Gras 1850 qui eut lieu cette année-là dans la banlieue de Paris. Dans la caricature en bas à droite, le personnage debout près du Bœuf Gras abattu à l'issue des jours gras est Philippe Musard.
  107. Les dates indiquées, 20 et 22 février 1852, sont erronées. Le Bœuf Gras est sorti en tous les cas au moins le lundi gras 23 février 1852, comme le rapporte Le Nouvelliste daté du même jour, page 4, 1re et 2e colonnes. Le nom du Bœuf Gras indiqué sur le programme n'est pas non plus celui donné au Bœuf Gras qui a défilé. Il s'appelle ici Apis et s'est finalement nommé Manlius.
  108. Caricature de Bertall : le Bœuf Gras de 1853 baptisé Père Tom plutôt que Oncle Tom en l'honneur du héros de La Case de l'oncle Tom, justifie son nom en adoptant le traducteur du livre, Émile de Labédollière. Ainsi, devenu papa par adoption, il peut légitimer son appellation. Dessin extrait de la page 1 du Journal pour rire du 12 février 1853.
  109. Détail de la lithographie Chaste Le bœuf gras et le carnaval de Paris, Épinal 1857.
  110. L'Ami de la religion et du Roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, samedi 21 février 1852, No 5335, page 444. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  111. Le Nouvelliste, 23 février 1852, p. 3, 1re et 2e colonnes.
  112. « les Enfants de Paris » était une société chorale, autrement dit un orphéon. 13 ans plus tard, Le Petit Journal annonçait un concert en précisant la qualité de société chorale de cet ensemble. Voir l'annonce dans la rubrique Petites nouvelles du Petit Journal, 15 mai 1875, p. 2, 2e colonne. Voir cette annonce reproduite dans la base Commons.
  113. Honoré de Balzac La dernière incarnation de Vautrin, chapitre XV, La confession, Œuvres illustrées de Balzac, Marescq et compagnie éditeurs, Paris 1853, vol. 1, p. 18, 1re colonne.
  114. Le Rapport, Présenté (au Conseil municipal de Paris) par M. R. Bompard, au nom du Bureau, sur une proposition de MM.Caplain et Caumeau relative à la reprise de la promenade du Bœuf gras., 28 novembre 1895, page 3, affirme que la pratique consistant à promener plusieurs bœufs au Carnaval de Paris commence en 1859. Ce qui est évidemment erroné car, par exemple, le programme de 1853 annonce déjà plusieurs bœufs.
  115. a et b « Journal de 26 février 1865 », Le Petit Journal, no 757,‎ , p. 2 (lire en ligne)
    1re colonne.
  116. J. Berny, « Père ou non ? », Le Journal pour rire, no 74,‎ , p. 4 ([%5Bhttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54995711/f4.image.r.langFR lire en ligne])]
  117. Début de l'article de A. Rolet dans sa chronique Mélanges et nouvelles, La Presse littéraire, 5 mars 1861, p. 78, 2e colonne.
  118. Victor Hugo Les Misérables, 5e partie Jean Valjean, livre VI, La Nuit blanche, Hachette éditeur, Paris 1881-1882, p. 279-281.
  119. Le mardi gras tombait le 19 février en 1833. Victor Hugo, né le 26 février 1802, eut 31 ans une semaine plus tard.
  120. Isidore Venet Chronique, L'Ami des livres, 1864, p. 203. Voir ce passage de l'article d'Isidore Venet reproduit sur la base Commons.
  121. Le Petit Journal, 10 février 1864, page 1, 4e colonne et page 2, 1re colonne.
  122. a et b Le prénom de Fléchelle est précisé par André Gill dans son livre autobiographique Vingt années de Paris, chapitre Feu le bœuf-gras, C. Marpon et E. Flammarion éditeurs, Paris 1883, p. 43.
  123. H. de Pène Le Mois parisien, Nouvelle revue de Paris, t.1, 15 février-15 mars 1864.
  124. Journal des débats, 28 février 1865, p. 2, 2e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  125. a et b Edmond Morin et Zed Le mois comique, Le Monde illustré, 4 mars 1865, p. 141.
  126. PARIS 12 mai 1865. PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE, MÉDAILLES, BOUCHERIE, CONCURRENCE DÉLOYALE, ACTION., Journal du Palais : contenant les jugemens du Tribunal de cassation, et des tribunaux d'appel de Paris et des départemens, dans les principales causes et questions que les lois nouvelles rendent douteuses et difficiles, Paris 1865, p. 593 et p. 594.
  127. a, b et c Clairville, Débuts du Bœuf gras au théâtre du Châtelet, La Lanterne magique. Chansons d'actualités parisiennes par MM. Clairville, Albert Dick, Alcibiade Fanfare, Alexandre Flan, Eugène Grangé, Ch. Grou, F. Vergeron etc., C. Grou éditeur, Paris 1866.
  128. Daily Southern Cross, Volume XXII, numéro 2744, 10 mai 1866, Page 4 :
    Extrait d'un article, texte original en anglais :
    Then comes the carnival of the streets, which has been as noisy and as stupid as usual. I must, however, render full justice to the organisation of the procession of the bœuf gras, which was much better got up this year than before. The garçons bouchers (butcher boys) were dressed as Druids. An allegorical car, in the form of a large ship, represented the city of Paris and lastly, there was Gargantua, a monstrous giant, who swallowed unceasingly all kinds of food, which were supplied him by a band of small boys dressed as cooks. The procession of the bœuf gras paraded the streets of Paris on Sunday, Monday and Tuesday, and visited the residences of the high official personages. On Monday, as is the custom, the procession of the Boeuf Gras visited the Tuileries to pay homage to the Emperor. The poor beast, doomed, like the ancient gladiators, to die, may be said in its language to have hailed Napoleon, as Caesar of old, with the words, "Ave, Caesar, moriturus te salutat," after which it continued its triumphal march. The Bœuf Gras this year was a magnificent animal, and weighed 1,360 kilogrammes. The carnival is now over, and I must say I am heartily glad of it. One gets tired of the continual uproar the blowing of horns, the yelling and crying which goes on from morning to night, deatens, and almost drives us out of our senses.
    And the masquerade, you will ask Well, that exists also the men disguise themselves as women, and the women as men, and parade about the town. Masks are not allowed to be worn in the streets, but there are plenty of masks at the opera and other balls, where all sorts of orgies take place.
    The result of the carnival is that the Monts de Piete (pawn shops) do a good business, the lower order pledging even their most necessary articles of furniture in order to foolishly spend their money in revelry.
  129. Bertall La comédie de notre temps : études au crayon et à la plume. La vie hors de chez soi : l'hiver, le printemps, l'été, l'automne, Le carnaval de Nice, E. Plon éditeur, Paris 1876, p. 186.
  130. Gérôme, rubrique Théâtres, L'Univers illustré, 18 août 1877, page 518, 3e colonne. Ce défilé théâtral est annoncé par le même Gérôme, dans la rubrique Courrier de Paris, L'Univers illustré, 21 juillet 1877, page 450, 3e colonne.
  131. Petrus Théâtres, Journal pour tous, 21 septembre 1877, p. 1616, 2e colonne.
  132. Arnold Mortier Les Soirées parisiennes... / par un monsieur de l'orchestre, Dentu éditeur, Paris 1880, p. 56.
  133. André Gill, Vingt années de Paris (autobiographie), Paris, C. Marpon et E. Flammarion,
  134. a et b Numéro de La Caricature consacré à la Mi-Carême, sorti le 14 mars 1885, deux jours après cette fête.
  135. Gérôme Courrier de Paris, L'Univers illustré, 23 avril 1887, p. 238, 3e colonne, p. 239, 1re colonne.
  136. Le Journal amusant, 19 février 1898.
  137. Bibliothèque historique de la ville de Paris, dossiers Actualités Carnaval.
  138. a et b Organisation de fêtes civiques et subvention au Comité chargé d'organiser le cortège « A la gloire de Paris » pour le 14 juillet., Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 26 mars 1898, débat retranscrit de la page 845, 2e colonne à la page 849, 2e colonne.
  139. La Revue hebdomadaire, février 1898, page 285.
  140. La promenade dans Paris, Les chars, Le Petit Journal, 18 mars 1898, page 2, 2e colonne.
  141. La Mi-Carême, La Croix, 19 mars 1898, page 2, 3e colonne.
  142. Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 4 janvier 1899, 2e colonne. Voir l'adoption de la subvention transcrite sur la base Commons.
  143. Budget imprimé de la ville de Paris, Bibliothèque administrative de la ville de Paris.
  144. La Fête de l'Alimentation, Le Petit Journal, 26 février 1900, page 2, 2e, 3e et 4e colonnes. Le nom du Bœuf Gras 1900 n'est pas indiqué par Le Petit Journal. Il est en revanche rapporté tout à la fin de l'article compte-rendu de la fête paru dans Le Figaro : A la Villette, 26 février 1900, page 3, 4e, 5e et 6e colonnes. Voir l'article du Figaro reproduit en entier sur la base Commons.
  145. « A cause de l'Exposition qui a supprimé le Palais de l'Industrie, le concours des animaux gras a eu lieu à la Villette, où il était parfaitement à sa place. » Nos gravures, Le Bœuf gras à la Villette, Le Petit Journal, supplément illustré du dimanche, 11 mars 1900, page 79, 4e colonne.
  146. Le programme officiel de la fête, consulté en 1995 à l'Iconothèque du musée des arts et traditions populaires à Paris s'intitule : « Fête de l'Alimentation et du Bœuf gras ».
  147. A l'Hôtel de Ville, Le Journal, 14 décembre 1900, page 2, 6e colonne. Voir le début de la rubrique A l'Hôtel de Ville reproduit sur la base Commons.
  148. Rubrique Faits divers, Journal des débats, 26 février 1901, page 3, 5e colonne.
  149. A L'HÔTEL DE VILLE, Conseil municipal de Paris, Séance du 13 mars, Journal des débats, 15 mars 1901, p. 3, 1re colonne.
  150. Le débat est rapporté dans le Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 14 mars 1901, p. 937-938.
  151. a et b Allocation au comité du bœuf gras., Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 21 juin 1902, p. 2065.
  152. Le Marché Lenoir, La Presse, 7 mars 1902, 1re page, 4e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  153. a et b Charles Chincholle Le bœuf gras de la Villette, Le Figaro, 17 mars 1902, page 3, 3e, 4e et 5e colonnes.
  154. Le bœuf gras, Le Petit Parisien, 16 mars 1902, page 3, 5e et 6e colonnes. Voir l'article en entier copié sur la base Commons.
  155. Voir le char de l'Alimentation 1902, animé avec Gargantua.
  156. Le bœuf gras, Le Petit Parisien, 17 mars 1902, page 2, 4e et 5e colonnes. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  157. Il s'agit de Maurice Quentin-Bauchart (1857-1910) comme conseiller municipal des Champs-Élysèes. [a.bnf.fr/13168509/pierre_quentin-bauchart/ Voir la page consacrée à son fils Pierre-Quentin Bauchart (1881-1916)]
  158. Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 17 janvier 1899, p. 325, 3e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  159. « Pas de cavalcade, pas de cortège officiel organisé : à peine quelques char-réclame, dont quelques-uns, il faut l'avouer, n'étaient pas somptueux. » Article Le mardi gras, Le Petit Journal, 25 février 1903, page 3, 5e colonne.
  160. A Paris, Le bœuf gras, Le Figaro, 29 mars 1903, page 3, 4e colonne. Voir l'annonce du défilé dans Le Figaro, reproduite sur la base Commons.
  161. Les bœufs gras de 1869 sont mentionnés dans La Presse, 9 février 1869. Timothée Trimm dans l'article Le Bœuf gras... Théodoros... paru en première page du Petit Journal du 9 février 1869 indique dans sa 2e colonne comme origine des noms des bœufs gras 1869 : Théodoros : souverain d'Abyssinie, despote cruel et barbare ; Chilpéric : une folie non dramatique que le théâtre des Folies-Dramatiques a représentée ; Tulipatan : une œuvre d'Offenbach représentée au théâtre des Bouffes Parisiens. Timothée Trimm mentionne à la fin de son article, en page 2, l'acheteur des bœufs gras : M. Porret, et le nom d'un quatrième bœuf gras de 1869 qui lui n'a pas reçu l'honneur de la publicité : Monsieur Lecoq. On trouve sur Internet le programme de la Marche des Bœufs Gras de 1869.
  162. a et b Caran d'Ache À quoi pense un Bœuf gras ?, page de dessins comiques publiée le lundi 23 février 1903, veille du mardi gras, Le Figaro, page 3.
  163. Détail d'une illustration du Supplément du dimanche du Petit Journal, page 8. Voir l'illustration entière reproduite sur la base Commons.
  164. Le Petit Parisien, 10 avril 1905, page 4.
  165. Détail d'une illustration en pleine page d'André Hellé montrant le cortège du Bœuf Gras, paru dans le magazine Le Rire, le 9 mars 1907, p. 9. Voir l'illustration en entier reproduite sur la base Commons.
  166. La Mi-Carême, Le Petit Journal, 11 mars 1904, page 2, 2e colonne.
  167. a et b La cavalcade du bœuf gras, Le Petit Journal, 27 mars 1904, page 2, 5e colonne.
  168. Programme de la cavalcade 1905 conservé dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
  169. « Le Carnaval de 1907, Le Bœuf Gras de la Rive Gauche, Vaugirard 1er », Le Petit Journal, no 16117,‎ , p. 1 (lire en ligne)
    4e et 5e colonnes.
  170. « Les fêtes du bœuf gras, Vaugirard 1er et sa folle cour », Le Petit Parisien, no 11062,‎ , p. 2 (lire en ligne)
    3e et 4e colonnes.
  171. « Les fêtes du bœuf gras », Le Petit Parisien, no 11110,‎ , p. 4 (lire en ligne)
    3e et 4e colonnes.
  172. « La journée de « Givrillot » », Le Petit Parisien, no 11126,‎ , p. 1-2 (lire en ligne)
    page 1, 5e et 6e colonnes et page 2, 1re et 2e colonnes.
  173. Le Petit Journal, 8 mars 1907, page 2, 1re colonne.
  174. « La cavalcade de la Villette, Le Cortège du Bœuf gras », Le Petit Journal, no 16568,‎ , p. 4 (lire en ligne)
    1re colonne et feuille volante programme de la fête, conservée dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
  175. a et b Photo de Dunois 1er Bœuf Gras 1908.
  176. Suppression de la cavalcade du bœuf gras., rubrique Faits divers, Journal des débats, 15 mai 1909, p. 3, 4e colonne.
  177. Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 4 janvier 1910, page 55, 1re colonne. Voir l'extrait du Bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 4 janvier 1910 reproduit sur la base Commons.
  178. La coïncidence des deux fêtes est évoquée dans l'article La Promenade du Bœuf Gras, L'Humanité, 20 février 1913, page 4, 5e colonne. Voir l'article reproduit dans Commons.
  179. Sur Internet on peut voir en photo une vue générale du défilé du Bœuf Gras 1913 et deux vues rapprochées du char du Bœuf Gras : 1, 2.
  180. Le Petit Journal, 27 février 1913, page 2, 1re colonne.
  181. Le Petit Journal, 20 mars 1914.
  182. a, b et c L. Kern Pas de bœuf gras. Vous vous contenterez de celui qu'on trouve en boîte..., dessin humoristique paru en première page du quotidien Le Journal, le mardi gras 17 février 1920. Voir le dessin reproduit sur la base Commons.
  183. a et b L'Intransigeant, 20 mars 1925, page 2, 2e colonne.
  184. Une photo presque identique illustrant l'article La Mi-Carême à Paris publié le 9 mars 1934 dans Le Petit Parisien, page 8, est sous-titrée : Les fêtes de la rue Saint-Dominique. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  185. Le Petit Journal, 19 mars 1936, page 1.
  186. Le mardi gras des étudiants, Le cortège du bœuf... maigre et de la vie chère, Le Petit Parisien, 15 février 1926, page 2, 2e colonne.
  187. La Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 25 mars 1927, page 2, 4e colonne.
  188. Le Petit Parisien, 15 mars 1928, page 1.
  189. Photo du Bœuf Gras 1927 sur son char et du passage du char du Bœuf Gras 1928 sur la place de l'Opéra.
  190. On peut lire sur Internet une biographie d'Auguste Sabatier.
  191. Auguste Sabatier, Assemblée nationale, Base de données des députés français depuis 1789.
  192. Photo du Bœuf Gras de la cavalcade de l'esplanade des Tuileries, jeudi de la Mi-Carême 8 mars 1934.
  193. Yves Dartois,La joyeuse animation des rues et des boulevards, Le Petit Parisien, 20 mars 1936, page 5, 2e colonne.
  194. Favart, Laujon, Parvy, Thésée, 1745.
  195. L'Enfant lyrique du Carnaval : choix des meilleures chansons joyeuses, anciennes, modernes et inédites, par M. Ourry, Membre du Caveau Moderne (2e Année 1817.), à Paris, Chez Alexis Eymery, Libraire, Et Delaunay, Libraire, Palais Royal., p. 49.
  196. a et b Du fouet à tous ces gros chiens-là ! : ou le bœuf gras de 1849, Carnaval Politique, Satyrique et Travesti, Paris, Desoye, Valéri et Cie, , 1 p. (lire en ligne).
  197. A. Legendre, rubrique Échos de Paris, Le Figaro, 7 décembre 1856, p. 7, 2e colonne.
  198. (en) « La traviata by Giuseppe Verdi, libretto », sur www.murashev.com, Murashev.com (consulté le 23 juillet 2017).
  199. a et b Le Journal du dimanche, 20 mars 1904, page 6, 1re colonne.
  200. Collection Hartmann, reproduit dans La vie parisienne à travers le XIXe siècle : Paris de 1800 à 1900 d'après les estampes et les mémoires du temps, tome 2, publié sous la direction de Charles Simond, E. Plon, Nourrit et Cie éditeurs, Paris 1900-1901, page 278. Trois autres illustrations du Bœuf Gras sur la même page, indiquées comme datant de 1846, datent en fait de 1830 et proviennent de l'ouvrage anonyme Le Carnaval et marche burlesque du bœuf gras avec 24 dessins de MM. Seigneurgens et Achile Giroux, gravés par Porret, texte par un professeur de philosophie de l'Académie d'Yvetot.
  201. Gravure reproduite dans l'Histoire de la caricature et du grotesque dans la littérature et dans l'art, 2e édition, par Thomas Wright, traduit de l'anglais par Octave Sachot ; notice par Amédée Pichot, A. Delahays éditeur, Paris 1875, page 341.
  202. a et b Fonpré de Fracansalle, La mort de Mardi-Gras, tragi-comédie ou Comédie faite pour pleurer, ou tragédie pour rire. En un acte et en vers, par des membres de l'Académie de Cocagne, A Paris, à l'Imprimerie de Carnavallo, rue de la Bonne Morue, 1809, 31 pages ; in-8.
  203. a et b Actualités No 163, lithographie aquarellée, format 26,7 cm × 19 cm, avec les marges : 35 cm x 27 cm, Paris 1855.
  204. Détail d'une caricature parue en double page dans Le Rire, numéro 20, 23 mars 1895.
  205. Détail d'une illustration pour la fable de Pierre Lachambeaudie Le bœuf gras et son compagnon.
  206. Écriteaux des fêtes parisiennes données au public par la grande troupe des danseurs de corde du Jeu de paume d'Orléans, à la foire Saint-Germain, au mois de février 1712, Paris 1712, 21 p. 1 planche, in-12. Dans la première fête apparait le Bœuf Gras parisien avec son cortège.
  207. Donnée le 17 février 1745 à l'Opéra-Comique ; Favart, Laujon, Parvy, Thésée, 1745.
  208. Gravure 13,5 × 16,4 centimètres. Le bœuf est enguirlandé de roses et porte sur son dos un enfant déguisé en amour. Des Turcs le tiennent par les cornes. Le cortège est composé de divers personnages costumés : trompettes, Romains à cheval, un sacrificateur armé d'une hache, une folie avec sa marotte, etc. [1]
  209. Représentée pour la première fois à la Foire Saint-Germain le 26 février 1767. Édité à Paris en 1767 chez Claude Herissant, Imprimeur-Libraire rue neuve Notre-Dame. Peut être lu en ligne sur la base Gallica [2].
  210. Celui du rétablissement du Bœuf Gras en 1805 après son interruption depuis 1790, qui est conservé dans la collection Le Senne de la BNF, ne comporte pas d'illustration.
  211. Planche en couleurs conservée au MuCEM de Marseille, peut être vue sur Internet dans l'album Carnaval, Le Carnaval de Paris, imprimerie Gangel, XIXe siècle.
  212. Ch. Audigé de Preuilly, Le Bœuf gras, poëme héroï-comi-tragique, Paris : au Cabinet spécial d'affaires pour la littérature, les sciences et les arts, (s. d.), In-16, notice BNF n° : FRBNF30036999
  213. Visible sur Internet.
  214. Bœufs gras, poème de Charles Monselet. Il se termine par le quatrain :
    Suprême couronne de rose !
    Laurier poussé sur le verglas !
    Et l'on n'a pas été grand'chose
    Tant qu'on n'a pas été bœuf gras !
  215. Félix Ribeyre Cham, sa vie et son œuvre ; préface par Alexandre Dumas fils ... eau-forte de Le Rat, d'après Yvon, héliogravure d'après Gustave Doré, fac-similé d'aquarelles et de dessins, E. Plon, Nourrit et Cie éditeurs, Paris 1884, p. 223.
  216. Visible sur Internet.
  217. a et b Estampe, 60 × 83 cm
  218. V'là c'que c'est que l'Carnaval peut être lu sur Internet.
  219. Pierre Lachambeaudie, Le Bœuf gras et son compagnon
  220. Auguste Vimar,Illustration pour Le Bœuf gras et son compagnon, n°1 et no 2.
  221. a, b, c, d, e et f Cité par Valensol dans l'article Les Complaintes du Bœuf gras, Le Petit Parisien, 15 février 1896, page 2, 5e et 6e colonnes.
  222. Voir la photo de la pendule.
  223. Antoine Antignac, Le bœuf gras. Complainte.
  224. Il exposé sous le nom de « Mascarade sur le Pont Neuf », à Paris, salle 127 du musée Carnavalet (Inv. p. 1080).
  225. Le Carnaval et la marche burlesque du bœuf gras, affichage de librairie, format 43,1 × 55,2 cm, imprimé par la lithographie Thierry Frères, Paris. Publicité pour un livre paru en 1830.
  226. 50,2 cm sur 42,7 cm, conservé au MuCEM de Marseille, visible sur Internet [3]
  227. Le bœuf gras, texte de Gérard de Nerval, paru en 1839 dans L'Artiste, p. 92-93.
  228. Alphonse-Charles Masson, Le Bœuf gras, estampe eau-forte, 11 × 15,5 cm, ca 1840, notice BNF : FRBNF40273473
  229. Voir l'analyse de la pièce. Ce document appartient à une collection débutée en 1842 et portant le cachet Bibliothèque royale de la Bibliothèque nationale de France. Il date donc d'une période débutant en 1842 et s'achevant avec la royauté en France, donc 1848.
  230. Les folies du carnaval, gravure sur bois en couleurs, 42 × 32 cm. Sur cette gravure apparaît notamment le Bœuf Gras.
  231. Version mise en couleurs de la gravure parue page 37 de : Un autre monde : transformations, visions, incarnations, ascensions, locomotions, explorations, pérégrinations, excursions, stations... par Grandville ; texte par Taxile Delord. H. Fournier Libraire-Éditeur, Paris 1844. Cette gravure figurant le bœuf gras a été reprise en 1869 dans sa version en noir et blanc dans Le diable à Paris : Paris et les Parisiens à la plume et au crayon. Partie 2/ par Gavarni, Grandville..., Éditeur : J. Hetzel Paris, 1868-1869, page 176. Côte BNF : 4-Li3-165(2)(B). Une variante de cette gravure a été reproduite dans Le Monde, 29 décembre 2000, page 27 avec pour titre : Procession du Bœuf-gras.
  232. Eugène Désaugiers, Le Balcon, 7e couplet :
    Sur son balcon
    Au carnaval je vois Camille,
    Avec sa femme et son garçon ;
    Qu'il est doux quand le plaisir brille,
    De voir le bœuf gras en famille,
    Sur son balcon !
  233. Paul de Kock Le bœuf gras – Vaudeville en deux actes, en ligne sur le site Gallica.
  234. Louis-Philippe ou le Bœuf Gras détrôné, estampe, éditeur : Imp. Pollet, rue Saint-Denis, 380. - Carré, associé, passage du Caire, 77, où l'on trouve ladite chanson et d'autres. Format : 1 estampe ; 2,9 × 5 cm (dimensions de la gravure), 24,7 × 18,5 cm (dimensions de l'ensemble texte et gravure).
  235. Voir une reproduction partielle de cette estampe.
  236. Ces plaques sont conservées à la Cinémathèque française à Paris. Sur l'une figure le Bœuf Gras, et sur les sept autres divers éléments du cortège : [4], [5], [6], [7], [8], [9], [10].
  237. Hauteur 20,7 cm - Largeur 25,4 cm, tirage sur papier salé, collections du Musée d'Orsay, référence de l'image : 01-021234 / PHO1983-165-146, visible sur Internet [11]
  238. Guillemin, Léon (18..?-18.. ; auteur dramatique), Le chat de la mère Michel et le bœuf gras de 1852, paru dans Le Chansonnier populaire. Notice BNF n° : FRBNF33294661
  239. Justin Cabassol, Manlius, le Bœuf gras
  240. J. Lagarde, Le mardi gras
  241. Fabrique d'Estampes de Gangel, à Metz. Le Carnaval de Paris, hauteur 45,6 cm, longueur 36,2 cm. Lithographie couleurs sur papier, conservée au Musée des Civilisations de l'Europe et la Méditerranée, Marseille, numéro d'inventaire : 46.106.13 D.
  242. Justin Cabassol, Monsieur Février
  243. La Gazette pittoresque, 18 février 1855 : L'avant-garde du bœuf gras, quatre autres caricatures et quatre autres encore.
  244. J. Lagarde, Le Carnaval, 1856. Un couplet évoque le Bœuf Gras (le « sapin » dont il s'agit ici est un fiacre, c'est ainsi que le populaire les appelait) :
    Se promenant dans Paris
    Sur d'élégantes voitures,
    Il se distinguait jadis
    Par d'agréables allures ;
    Mais, de notre temps on ne voit, hélas !
    Que maigres chevaux autour d'un bœuf gras ;
    Chicard ivre et ses créatures
    Font d'un vieux sapin leur char triomphal.
  245. Chaste Le bœuf gras et le Carnaval de Paris, format 37 × 47 cm.
  246. Sur Gallica
  247. L.-Félix Savard écrit dans la Revue artistique et littéraire, 1860, p.207 :
    ...et les Folies-Dramatiques, après leur revue, Il pleut, il pleut Bergère ! donneront une grande pièce de carnaval, intitulée l'Ordre et la Marche du Bœuf gras.
  248. Joseph Evrard, Le carnaval., paru dans l'Album du gai chanteur, Paris 1861.
  249. E. Mortin Promenade du Bœuf Gras, à Paris., Le Monde illustré, 16 février 1861.
  250. Vue instantanée du Carnaval de 1863, No 152 Char du Bœuf Gras sortant de l'abattoir, vue stéréoscopique.
  251. Chanson en sept strophes et un refrain publiée dans la Marche des Bœufs Gras, 1865, notice BNF n° : FRBNF41525480. Les troisième, cinquième et septième couplets sont reproduits par Timothée Trimm dans Le Petit Journal, 27 février 1865, page 1, 4e colonne. Cette œuvre est mentionnée par John Grand-Carteret dans son article « Le Carnaval et le Bœuf gras », La lecture illustrée, 10 mars 1897. John Grand-Carteret affirme dans le même article qu'on n'a pas écrit de chansons sur le Bœuf Gras avant 1859, ce en quoi il se trompe.
  252. Les Bergers  : compte-rendu et critique par Jules Ruelle, L'Orchestre, décembre 1865.
  253. Clairville, Débuts du Bœuf gras au théâtre du Châtelet, La Lanterne magique. Chansons d'actualités parisiennes par MM. Clairville, Albert Dick, Alcibiade Fanfare, Alexandre Flan, Eugène Grangé, Ch. Grou, F. Vergeron etc., C. Grou éditeur, Paris 1865.
  254. Timothée Trimm, L'ordre et la marche des Bœufs Gras, Le Petit Journal, 13 février 1866, 1re page.
  255. Élie Frébault et Alphonse Lemonnier, La Déesse du bœuf gras, folie carnavalesque en 2 tableaux, première représentation donnée à Paris au théâtre Beaumarchais le 3 mars 1866. Texte imprimé, publication : Paris : Librairie centrale, 1866, In-16, 28 pages, Bibliothèque du théâtre moderne, notice BNF n° : FRBNF30788343
  256. Voir l'annonce du spectacle donné au théâtre Déjazet dans L'Orchestre, février 1866.
  257. C. Grou, Les bœufs-gras.
  258. Louis Protat, Malheur au vainqueur
  259. Parue en première page de L'Éclipse, 7 février 1869.
  260. 32 × 22,5 cm : trois vues où figurent, dans l'ordre : le veau pâturant dans les prairies de l'ouest de la France, le bœuf triomphant promené sur son char de carnaval dans les rues de Paris et la fin, c'est-à-dire l'abattoir.
  261. Trompette Coucou, Tambour de basque, Petit Tambour, Crécelle, Petite grosse caisse, Cymbales, Triangle, Trompe (en terre), Chapeau chinois (ad libitum).
  262. Arthur de Boissieu, Poésies d'un passant, Alphonse Lemerre, Libraire-Éditeur, Paris 1870, Pages 163-170, peut être lu en ligne sur la base Gallica [12]. Le bœuf gras du nom de Chilpéric dont parle ici le poète est un des trois bœufs gras ayant défilé en 1869.
  263. Voir un détail de la gravure illustrant La marche du bœuf gras et la promenade du roi Guillaume dans Paris. Le document, illustration d'accompagnement plus texte, a été reproduit intégralement dans l'ouvrage de Robert Brécy La Chanson de la Commune, Chansons et poèmes inspirés par la Commune de 1871, Les Éditions Ouvrières, Paris 1991.
  264. G. Lafosse A propos de bœuf, planche de dessins humoristiques parue dans Le Journal amusant, no 807, p. 7, 17 février 1872.
  265. Maxime, Mes crêpes, Le Tintamarre, 2 mars 1873, pages 3 et 4. Cette poésie parle du Bœuf Gras à la fin.
  266. Pierre Véron, La Mythologie parisienne, Calmann-Lévy Éditeur, Paris 1876, pages 173-178, peut être lu sur la base Gallica [13].
  267. La Caricature. Ce numéro est sorti le 14 mars, soit deux jours après la Mi-Carême 1885.
  268. Charles Léandre, Demandez l'ordre et la marche !, caricature parue sur une double page dans Le Rire, no 20, 23 mars 1895
  269. Conservée au Musée du Vieux Montmartre.
  270. Achille Millien, Au bœuf gras, Au Quartier latin, organe de la cavalcade des étudiants, Paris 1896, p. 29, 1re colonne.
  271. La partition imprimée est illustrée par Punch.
  272. Carnavals parisiens par Louis Morin, lithographie 38 × 48 cm, Imp.-Ed. Crété, Corbeil ; dessin reprod. par Reymond. Côte de l'exemplaire conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon : AffP0027
  273. Le Bœuf Gras, carte réclame en couleurs.
  274. Collection de la SFP, Manifestation du bœuf gras dans les rues de Paris, 1904, négatif souple stéréoscopique noir et blanc, 7,9 × 17,6 cm.
  275. Radiguet Cortège du Mardi-Gras !, Le Rire, 3 mars 1906. Voir la page reproduite sur le site Commons. Voir un détail : la caricature du Bœuf Gras reproduite sur la base Commons.
  276. André Hellé Le bœuf gras, Le Rire, 9 mars 1907, p. 9.
  277. La Promenade du Bœuf Gras. Chanson-marche carnavalesque., paroles de K. Le V., musique de Paul Darthu. Schoensers-Millereau éditeur, Paris 1910.
  278. Publicité parue dans Le Journal amusant, 24 février 1912, p. 4. Voir la publicité reproduite sur la base Commons.
  279. Voir le dessin reproduit sur la base Commons. Ce dessin qui fait allusion au Bœuf Gras est paru en pleine page dans Le Journal amusant le 8 février 1913.
  280. Louis Sonolet Dialogue des bœufs gras, Le Rire, 14 mars 1914, p. 5 et 6.
  281. Extrait de : Raoul Ponchon L'intrépide vide-bouteilles, poème dédié à Forain, paru dans La muse du cabaret, Fasquelle Éditeurs, Paris 1920, 1998 Éditions Grasset et Fasquelle :

    Tu nous amusas, somme toute,
    Tant que tu fus sur notre route...
    Sommes-nous ingrats !
    Car te voilà dans la Ténèbre,
    Sans même l’oraison funèbre
    Qu’on fait au Bœuf gras,

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