Manne

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La récolte de la manne, James Tissot vers 1896-1902

La manne (en hébreu מָן, man) est la nourriture des Hébreux dans le désert, d'après l'Ancien Testament, Livre de l'Exode (16)[1].

Histoire biblique[modifier | modifier le code]

Nicolas Poussin, Les Israélites recueillant la manne dans le désert

Selon l'Exode (16:2) : « Toute la communauté des Israélites se mit à murmurer contre Moïse et Aaron dans le désert. » Les Hébreux murmuraient contre Moïse parce qu'ils mouraient de faim. Le soir, il leur tomba des cailles du ciel ; le matin suivant, il se répandit un brouillard ou une rosée ; lorsqu'elle se fut évaporée, « apparut sur la surface du désert quelque chose de menu, de granuleux, de fin comme du givre sur le sol » (16:14). Moïse leur dit : « C’est le pain que l’Éternel vous donne pour nourriture (16:15) ». Et plus loin[2]: « la maison d'Israël donna à cette nourriture le nom de manne ».

La manne tombait du ciel tous les jours, excepté le jour du Chabbat ; la veille de ce jour il en tombait une quantité double. « Les enfants d’Israël mangèrent la manne pendant quarante ans, jusqu’à leur arrivée dans un pays habité ; ils mangèrent la manne jusqu’à leur arrivée aux frontières du pays de Canaan »[3].

Exsudation ou suintement de végétaux[modifier | modifier le code]

La récolte de la manne par Tiepolo

La manne est par ailleurs une exsudation sucrée provenant de plusieurs végétaux.

La manne de Briançon : provenant du mélèze fut redécouverte en août 2016 dans le Briançonnais [1], elle est le résultat d'un suintement de l'épine du mélèze d'Europe (Larix decidua) qui se produit dans des conditions climatiques particulières. Elle est principalement formée de mélézitose.

La manne du Liban : provenant du cèdre du Liban.

La manne du Caucase : provenant en Mésopotamie de différentes espèces de chêne.

La manne d'Australie : provenant de feuilles de divers eucalyptus, dont le principe sucré est le raffinose.

La manne des Hébreux ou du Sinaï : exsudat du tamarix (Tamarix mannifera) par suite de la piqûre de la cochenille Trabutina mannipara. Cette manne serait, pour certains auteurs, la manne de la Bible.

La manne de Sicile : exsudat du frêne à manne, Fraxinus ornus, par suite de la piqûre du puceron Gossyparia ulmi. La manne de Sicile est encore de nos jours utilisé pour sucrer les pâtisseries et dans les cosmétiques. Elle est produite dans la région de Cefalu à Castelbuono après incision du tronc du bois. Une sève élaborée est ensuite récoltée. Cette manne était connue des anciens apothicaires qui comme Nicolas Lémery la prescrivait au XVIIe siècle : « La manne purge doucement les humeurs bilieuses et séreuses, on s’en sert pour évacuer la pituite du cerveau » (Cours de chymie).
On distinguait autrefois trois qualités de manne de Sicile : la manne en larme la plus pure, la manne en sorte constituée de petites larmes agglutinées entre elle par un liquide collant, la manne grasse qui était mêlée de débris végétaux et dont l'odeur était désagréable [4].

La manne de Perse : exsudat d'une fabaceae nommée Alhagi maurorum commune de la péninsule arabique [4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Élément repris dans le Coran (al-Manna).
  2. Ex 16. 31
  3. Ex 16. 35
  4. a et b Article manne dans le Dictionnaire encyclopédique Quillet, Paris, 1934

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