Khoshuuds

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Güshi Khan, un roi khoshuud et roi du Tibet
Carte du Khanat Koshuud sur le plateau du Tibet (« Kochueuti Kalmaki — Tibet et Tangutiæ Pars alias Lasa Regnum ») publié en 1750 en Europe. Près du lac Qinghai (Khökh nuur/Koko Nor en mongol) est écrit : « Mansio Dalay Chani. Cliens Fiduciarius Dalaÿ Lamæ », Séjour (du) Dalaï Khan. Client (serviteur) fiduciaire dalaï-lama. Au niveau de Lhassa (Lassa Regnum), Mansio Zingis chani cliens Fiduciarius Dalay Lama

Les Khoshuuds (mongol bitchig : ᠬᠣᠱᠤᠳ, translittération VPMC : Qošut), parfois orthographié Qoshots ou Khoshuts ; mongol cyrillique : Хошууд, translittération latine du mongol : Khoshuud ou Khošuud ; kalmouk : Хошууд, sont une des quatre principales tribus des Oïrats. À l'origine, les Khoshuuds étaient une tribu des Khorchin, du Sud-Est de la Mongolie, mais au XVe siècle, ils migrèrent à l'Ouest de la Mongolie pour s'allier aux Oïrats afin de contrer le pouvoir militaire du centre de la Mongolie.

écrits de Gaban Sharab sur les Oïrats

Les Khoshuuds apparurent d'abord dans les années 1580 et furent la plus puissante des tribus oïrates, lorsque Baibagas Khan en 1587 le titre de chulgan-dargoi (чулган-даргой) des Oïrats, lui conférent le pouvoir législatif, religieux et militaires. Celui-ci contribue à la diffusion du lamaïsme. Selon la biographie de Zaya Pandita, de Gaban Sharab (Габан-Шараб)[1] et fait des échanges entres Khalkhas et dalaï-lama. Ils auront ensuite un rôle important dans le contrôle militaire du Tibet et seront les protecteur de l'école gelug (école des bonnets jaunes) du bouddhisme tibétain. Les dalaï-lama, chefs de cette école , sera choisi dans leur zone de contrôle.

Zone d'influence des Oïrats, dont les Khoshuuds dans la province du Qinghai et d'autres Oïrats dans la Région autonome du Xinjiang

En 1636, Güshi Khan dirigeât de nombreux Khoshuuds qui partir de Dzoungarie pour s'installèrent autour du lac Khökhnuur (en chinois, lac Qinghai, parfois écrit Kokonor ou Kokenuur) et y établissent le Khanat qoshot qui contrôle le Kokonor (actuel lac Qinghai), et le Qaidam[2]. Une importante population khoshuud est présente dans cette région depuis lors, jusqu'à nos jours.

Le Régent du Tibet Tsangpa Desi envahi Lhassa entre 1630 et 1636[2] attaquant sauvagement les monastères de Drépung, Séra et Ganden. Güshi Khan, prince de la tribu mongole des Khoshuuds, souhaite vaincre Tsangpa Desi parce que ce dernier s'était allié à un ennemi de sa tribu Mongole. En 1641 il atteint Lhassa où il fut reçu par l'entourage du dalaï-lama. Malgré les exhortations du dalaï-lama, il progressa vers la région du Tsang et envahit Shigatsé, capturant dans sa forteresse le roi du Tsang qui fut exécuté[2]

il met en place Lobsang Gyatso comme 5e Dalaï-lama. En échange, il est intronisé Roi du Tibet par celui-ci. Quelque temps après 1645, son frère, Kondeleng Ubashi, migre vers la Volga, et rejoint les Kalmouks. Malgré tout, de nombreux Khoshuuds restent dans le territoire Oïrat, la Dzoungarie, sous Ochirtu Setsen.

Fils de Dalai Khan, Lkhazan Khan empoisonne son frère, Vangjal, qui gouverne les Khoshuuds de 1701 à 1703, et devient l'allié de l'empereur mandchou Kangxi, qui le nomme régent du Tibet[3]. En 1705-1706, Lkhazan Khan entre à Lhassa, met à mort le dési Sangyé Gyatso, dépose le jeune dalaï-lama qu'il avait choisi et en fait choisir un plus sûr[4]. Il se fait tuer en 1717 par d'autres Dzoungars, vennus de Dzoungarie et dirigés par Tsewang Rabtan, appelé par les Tibétains.

En 1723, ils se révoltent contre le pouvoir Qing sous Lobsang Danjin ( Wylie : Blo bzang bstan 'dzin), avant de les intégrer via le système de bannières[5].

Généalogie des Khans khoshuuds[modifier | modifier le code]

Carte représentant le Khanat Qoshot Oïrat de Kokonor (inscrit Kokonor Choschot Oelöths) en 1798, par Johann Christian Hüttner pour l'ambassade britannique
Article détaillé : Khanat khoshuud.

Le khanat qoshot de Kokonor ne commence qu'avec Güshi Khan vers 1642.

Génération Nom chinois nom mongol
(ou tibétain si précisé)
transcription latine Années Remarque
1re 博贝密尔咱, bóbèimìěrzán ᠪᠥᠪᠡᠢ
Бүүвэй Мирзэй
Buuvei Mirzei environ 2e moitié du XVIe siècle
2e 哈尼诺颜洪果尔, hānínuòyán hóngguǒěr ?
ᠨᠣᠶᠠᠨ
ᠬᠣᠩᠭᠤᠷ

Ханай ноён хонгор
Khanai Noyan Khonggor ?-1585 fils de Buuvei Mireei
3e 拜巴噶斯, bàibāgásī Байбагас-хан ou
Байбагас баатар
Baibagas Khan ou
Baibagas baatar
1585-1640 second fils de Khanai Noyan Khonggor
3e 昆都伦乌巴什, kūndōulún wūbāshí Batur-Ubashi-Tumen 1640-1644 troisième fils de Khanai Noyan Khonggor
4e 鄂齐尔图汗, èqíěrtú hàn ᠸᠴᠢᠷ ᠲᠤ
ᠰᠡᠴᠡᠨ
ᠬᠠᠨ

Очирт Цэцэн хан
Ochirt Tsetsen Khan 1644—1676 fils de Baibagas Khan
3e 固始汗圖魯拜琥, gùshǐ hàn túlǔbàihǔ ᠭᠦᠱᠢ
ᠬᠠᠨ

Гүүш хан
Гүүш хан Төрбайх
Güshi Khan
Guush Khan Törbaikh
1642-1655 4e fils de Khanai Noyan Khonggor
4e 達延鄂齊爾汗, dáyán èqíěr hàn ou parfois 鄂齊爾汗達延, èqíěr hàn dáyán ᠳᠠᠶᠠᠨ
ᠬᠠᠨ

Даян хан
Dayan Otchir Khan 1655-1668 fils aîné de Güshi Khan
4e 达什巴图尔, dáshén bātúěr Dashbaatar 1668-1671 10e fils de Güshi Khan
5e 貫綽克達賴汗朋素克, guànchuòkè dálài hàn péngsùkè ᠺᠣᠨᠴᠣᠭ
ᠳᠠᠯᠠᠢ
ᠬᠠᠨ

Гончиг Далай хан
Gonchig Dalai khan 1671-1701 fils aîné de Dayan Otschir Khan
6e  ? Ванжил хаан Vanjil Khaan ou Wangyal
transcr. tib: Tenzin Wangchuk Khan
1701-1703 fils de Gonchig Dalaï Khan
6e 拉藏汗, lāzàng hàn Лхазан хан Lkhazan Khan 1703-1717 fils de Gonchig Dalaï Khan
5e 罗卜藏丹津, luóbǔzàng dānjīn tibétain : བློ་བཟང་བསྟན་འཛིན, Wylie : blo bzang bstan 'dzin Lobsang Danjin 1723-1724 fils de Dashen bator

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir également ru:Сказание о дербен-ойратах (Габан Шараб)
  2. a, b et c René Grousset, « L’Empire des steppes — Attila, Gengis-khan, Tamerlan », Classiques de l'Université du Québec à Chicoutimi Voir le chapitre « Le khanat khochot du Tsaïdam et du Koukou-nor, protecteur de l’Église tibétaine. (pages 644 à 647) »
  3. (en) Henri Cordier; Paul Pelliot, « The Dalaï-Lama of Lhassa » publié en 1922 : « The Emperor of China rewarded Latsang for ridding him of his old enemy the Dési by making him Regent of Tibet, and conferring on him the title of I-fa kung-shun Han (翊法恭順汗 "Religious, helping, submissive, Khan" »
  4. René Grousset, « L’Empire des steppes — Attila, Gengis-khan, Tamerlan », Classiques de l'Université du Québec à Chicoutimi, page 646 : « Le fils de Dalaï-khan, Latsang-khan (1700-1717) se montra, lui aussi, un protecteur zélé de l’Église jaune, prenant son rôle très à cœur, réunissant des conciles pour le choix des bouddhas vivants. Ce fut ainsi qu’il dut intervenir au Tibet contre le tout-puissant ministre Sangs-rgyas rgya-mcho qui, sous le couvert d’un dalaï-lama enfant, gouvernait en maître l’Église jaune. En 1705-1706 Latsang-khan entra à Lhassa, mit à mort le redoutable ministre, déposa le petit dalaï-lama indûment choisi, puis en fit nommer un de plus sûre désignation (1708-1710). De Gouchi-khan à Latsang-khan, les rois khochot du Koukou-nor et du Tsaïdam jouèrent ainsi à l’égard du Saint-Siège tibétain un peu le rôle que les Pépin et les Charlemagne avaient joué envers la Papauté. »
  5. Uyunbilig Borjigidai 2002.

Littérature[modifier | modifier le code]

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