Qoshots

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Güshi Khan, un roi qoshot et roi du Tibet.
Carte italienne de 1682 représentant Kokonor dans le royaume des Tangoutes « Regno di Tenduc o di Tangut » et frontalier du Bhoutan
Carte du Khanat Koshuud sur le plateau du Tibet (« Kochueuti Kalmaki — Tibet et Tangutiæ Pars alias Lasa Regnum ») publié entre 1700 et 1750 en Europe. Près du lac Qinghai (Khökh nuur/Koko Nor en mongol) est écrit : « Mansio Dalay Chani. Cliens Fiduciarius Dalaÿ Lamæ », Séjour (du) Dalaï Khan. Client (serviteur) fiduciaire dalaï-lama. Au niveau de Lhassa (Lassa Regnum), Mansio Zingis chani cliens Fiduciarius Dalay Lama

Les Qoshots, parfois orthographié Qoshots ou Khoshuts / Hoshuts (mongol : ᠬᠣᠱᠤᠳ, VPMC : Qošutcyrillique : Хошууд, MNSKhoshuud / Hoshuud ou Khošuud / Hošuud ; kalmouk : Хошууд, ou encore autrefois en français, Khochoute[1], sont une des quatre principales tribus des Oïrats. À l'origine, les Khoshuuds étaient une tribu des Khorchins, du sud-est de la Mongolie, mais au XVe siècle, ils migrèrent à l'ouest de la Mongolie pour s'allier aux Oïrats afin de contrer le pouvoir militaire du centre de la Mongolie.

Démographie[modifier | modifier le code]

Certains vivent dans l'aïmag (ligue) de Khovd de en Mongolie Extérieure[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

écrits de Gaban Sharab sur les Oïrats

Les Khoshuuds apparurent d'abord dans les années 1580 et furent la plus puissante des tribus oïrates, lorsque Baibagas Khan en 1587 le titre de chulgan-dargoi (чулган-даргой) des Oïrats, lui conférent le pouvoir législatif, religieux et militaires. Celui-ci contribue à la diffusion du lamaïsme. Selon la biographie de Zaya Pandita, de Gaban Sharab (Габан Шараб)[3] et fait des échanges entre Khalkhas et dalaï-lama. Ils auront ensuite un rôle important dans le contrôle militaire du Tibet et seront les protecteurs de l'école gelug (école des bonnets jaunes) du bouddhisme tibétain. Les dalaï-lamas, chefs de cette école, seront choisis dans leur zone de contrôle.

Zone d'influence des Oïrats, dont les Khoshuuds dans la province du Qinghai et d'autres Oïrats dans la Région autonome du Xinjiang.

En 1636, Güshi Khan dirigeât de nombreux Khoshuuds qui partir de Dzoungarie pour s'installèrent autour du lac Khökhnuur (en chinois, lac Qinghai, parfois écrit Kokonor ou Kokenuur) et y établissent le khanat qoshot qui contrôle le Kokonor (actuel lac Qinghai), et le Qaidam[4]. Une importante population khoshuud est présente dans cette région depuis lors, jusqu'à nos jours.

Le régent du Tibet Tsangpa Desi envahi Lhassa entre 1630 et 1636[4] attaquant sauvagement les monastères de Drépung, Séra et Ganden. Güshi Khan, prince de la tribu mongole des Khoshuuds, souhaite vaincre Tsangpa Desi parce que ce dernier s'était allié à un ennemi de sa tribu mongole.

En 1641 il atteint Lhassa où il fut reçu par l'entourage du dalaï-lama. Malgré les exhortations du dalaï-lama, il progressa vers la région du Tsang et envahit Shigatsé, capturant dans sa forteresse le roi du Tsang qui fut exécuté[4].

Il met en place Lobsang Gyatso comme 5e dalaï-lama. En échange, il est intronisé roi du Tibet par celui-ci. Quelque temps après 1645, son frère, Kondeleng Ubashi, migre vers la Volga, et rejoint les Kalmouks. Malgré tout, de nombreux Khoshuuds restent dans le territoire Oïrat, la Dzoungarie, sous Ochirtu Setsen.

Fils de Dalai Khan, Lkhazan Khan empoisonne son frère, Vangjal, qui gouverne les Khoshuuds de 1701 à 1703, et devient l'allié de l'empereur mandchou Kangxi, qui le nomme régent du Tibet[5]. En 1705-1706, Lkhazan Khan entre à Lhassa, met à mort le dési Sangyé Gyatso, dépose le jeune dalaï-lama qu'il avait choisi et en fait choisir un plus sûr[6]. Il se fait tuer en 1717 par d'autres Dzoungars, vennus de Dzoungarie et dirigés par Tsewang Rabtan, appelé par les Tibétains.

En 1720, l'Empereur Qing Kangxi intervient pour redresser la situation, l'armée mandchoue reprend Lhassa et fait placer le dalaï-lama sur le trône, en tant que chef temporel du Tibet[7],[8],[9].

En 1723, ils se révoltent contre le pouvoir Qing sous Lobsang Danjin ( Wylie : Blo bzang bstan 'dzin), avant de les intégrer via le système de bannières[10].

Généalogie des Khans qoshots[modifier | modifier le code]

Carte représentant le Khanat Qoshot Oïrat de Kokonor (inscrit Kokonor Choschot Oelöths) en 1798, par Johann Christian Hüttner pour l'ambassade britannique
Article détaillé : Khanat qoshot.

Le khanat qoshot de Kokonor ne commence qu'avec Güshi Khan vers 1642.

Génération Nom chinois nom mongol
(ou tibétain si précisé)
transcription latine Années Remarque
1re 博贝密尔咱, bóbèimìěrzán mongol : ᠪᠥᠪᠡᠢcyrillique : Бүүвэй Мирзэй Buuvei Mirzei environ 2e moitié du XVIe siècle
2e 哈尼诺颜洪果尔, hānínuòyán hóngguǒěr mongol : ᠬᠠᠨ ᠠ
ᠨᠣᠶᠠᠨ
ᠬᠣᠩᠭᠤᠷ
cyrillique : Ханай ноён хонгор
Khanai Noyan Khonggor ?-1585 fils de Buuvei Mireei
3e 拜巴噶斯, bàibāgásī mongol : ᠪᠠᠶᠢᠪᠠᠭᠠᠰ
ᠬᠠᠨ
cyrillique : Байбагас-хан ou
mongol : ᠪᠠᠶᠢᠪᠠᠭᠠᠰ
ᠪᠠᠭᠠᠲᠤᠷ
cyrillique : Байбагас баатар
Baibagas Khan ou
Baibagas baatar
1585-1640 second fils de Khanai Noyan Khonggor
3e 昆都伦乌巴什, kūndōulún wūbāshí ?
ᠤᠪᠠᠰᠢ

? Убаши
Kondeleng Ubashi
ou
Batur-Ubashi-Tumen
1640-1644 troisième fils de Khanai Noyan Khonggor
4e 鄂齐尔图汗, èqíěrtú hàn mongol : ᠸᠴᠢᠷ ᠲᠤ
ᠰᠡᠴᠡᠨ
ᠬᠠᠨ
cyrillique : Очирт Цэцэн хан
Ochirt Tsetsen Khan 1644—1676 fils de Baibagas Khan
3e 固始汗圖魯拜琥, gùshǐ hàn túlǔbàihǔ mongol : ᠭᠦᠱᠢ
ᠬᠠᠨ
cyrillique : Гүүш хан
Гүүш хан Төрбайх
Güshi Khan
Guush Khan Törbaikh
1642-1655 4e fils de Khanai Noyan Khonggor
4e 達延鄂齊爾汗, dáyán èqíěr hàn ou parfois 鄂齊爾汗達延, èqíěr hàn dáyán ᠳᠠᠶᠠᠨ
ᠬᠠᠨ

Даян хан
Dayan Otchir Khan 1655-1668 fils aîné de Güshi Khan
4e 达什巴图尔, dáshén bātúěr mongol : ᠳᠠᠰᠢᠪᠠᠭᠠᠲᠤᠷcyrillique : Дашбаатар Dashbaatar 1668-1671 10e fils de Güshi Khan
5e 貫綽克達賴汗朋素克, guànchuòkè dálài hàn péngsùkè mongol : ᠺᠣᠨᠴᠣᠭ
ᠳᠠᠯᠠᠢ
ᠬᠠᠨ
cyrillique : Гончиг Далай хан
Gonchig Dalai khan 1671-1701 fils aîné de Dayan Otschir Khan
6e  ? mongol : ᠸᠠᠩᠵᠢᠯ
ᠬᠠᠭᠠᠨ
cyrillique : Ванжил хаан
Vanjil Khaan ou Wangyal
transcr. tib: Tenzin Wangchuk Khan
1701-1703 fils de Gonchig Dalaï Khan
6e 拉藏汗, lāzàng hàn mongol : ᠯᠠᠽᠠᠩ
ᠬᠠᠨ
, VPMC : Lazaang qancyrillique : Лхазан хан
Lkhazan Khan 1703-1717 fils de Gonchig Dalaï Khan
5e 罗卜藏丹津, luóbǔzàng dānjīn tibétain : བློ་བཟང་བསྟན་འཛིན, Wylie : blo bzang bstan 'dzin Lobsang Danjin 1723-1724 fils de Dashen bator

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aleksis de Levchine, Description des hordes et des steppes des Kirghiz-Kazaks ou Kirghiz-Kaïssaks (lire en ligne), p. 252
  2. (mn) « Олон ястны өлгий-Ховд », sur Gouvernement de l'aïmag de Khovd
  3. Voir également Сказание о дербен-ойратах (Габан Шараб) (ru) (Légende de Derby Oirats par Gaban Sharab).
  4. a, b et c René Grousset, « L’Empire des steppes — Attila, Gengis-khan, Tamerlan », Classiques de l'Université du Québec à Chicoutimi Voir le chapitre « Le khanat khochot du Tsaïdam et du Koukou-nor, protecteur de l’Église tibétaine. (pages 644 à 647) »
  5. (en) Henri Cordier; Paul Pelliot, « The Dalaï-Lama of Lhassa » publié en 1922 : « The Emperor of China rewarded Latsang for ridding him of his old enemy the Dési by making him Regent of Tibet, and conferring on him the title of I-fa kung-shun Han (翊法恭順汗 "Religious, helping, submissive, Khan" »
  6. René Grousset, « L’Empire des steppes — Attila, Gengis-khan, Tamerlan », Classiques de l'Université du Québec à Chicoutimi, page 646 : « Le fils de Dalaï-khan, Latsang-khan (1700-1717) se montra, lui aussi, un protecteur zélé de l’Église jaune, prenant son rôle très à cœur, réunissant des conciles pour le choix des bouddhas vivants. Ce fut ainsi qu’il dut intervenir au Tibet contre le tout-puissant ministre Sangs-rgyas rgya-mcho qui, sous le couvert d’un dalaï-lama enfant, gouvernait en maître l’Église jaune. En 1705-1706 Latsang-khan entra à Lhassa, mit à mort le redoutable ministre, déposa le petit dalaï-lama indûment choisi, puis en fit nommer un de plus sûre désignation (1708-1710). De Gouchi-khan à Latsang-khan, les rois khochot du Koukou-nor et du Tsaïdam jouèrent ainsi à l’égard du Saint-Siège tibétain un peu le rôle que les Pépin et les Charlemagne avaient joué envers la Papauté. »
  7. Ram Rahul, Central Asia : an outline, New Delhi, Concept Publishing Company, (ISBN 9788170226796, OCLC 44211475, présentation en ligne)
  8. (en) William Woodville Rockhill, « The Dalai Lama of Lhasa », p. 41
  9. Soloshcheva 2014.
  10. Uyunbilig Borjigidai 2002.

Littérature[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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