Ganden

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Monastère de Ganden en 2005
Ganden en 2006

Le monastère de Ganden est une des trois grandes universités monastiques Gelugpa de la région autonome du Tibet en République populaire de Chine. Il est situé au-dessus de la montagne de Wangbur, dans le district de Tagtse, à 36 kilomètres au Nord-Est du palais du Potala à Lhassa, à une altitude de 4300 m. Les deux autres grands monastères Gelugpa sont Séra et Drepung.

Fondé en 1409 par le maître tibéto-mongol Tsongkhapa, Ganden est le premier monastère de l'ordre Gelugpa. Il est considéré comme étant le siège de la puissance administrative et politique Gelugpa. Le Ganden Tripa, ou « détenteur du trône de Ganden », est le chef de l'école Gelugpa.

Description[modifier | modifier le code]

Ganden est un exemple prestigieux des monastères d'altitude tibétains.

Le monastère de Ganden est composé de deux universités, Jangtse et Shartse (« la crête du nord » et « la crête de l’est » respectivement). Les trois sites principaux du monastère sont le Serdung, qui contient le tombeau de Tsongkhapa, la salle d’sssemblée de Tsokchen et le Ngam Cho Khang, la chapelle où Tsongkhapa a enseigné. Le monastère contient des objets qui ont appartenu à Tsongkhapa.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Étant, des trois universités monastiques, la plus éloignée de Lhassa, Ganden a eu une plus petite population avec environ 6000 moines au début du XXe siècle. Depuis l'Intervention militaire chinoise au Tibet en 1950, Ganden ne compte pas plus de 300 moines.

Lors du soulèvement tibétain de 1959, le monastère de Ganden est bombardé par l'armée chinoise.

En 1966, sous la révolution culturelle, le monastère principal, et les salles de cérémonie et de réunion sont pillés, et la plus grande partie du monastère est détruite à la dynamite. Les moines sont forcés de démonter les ruines. Les restes du corps de Tsongkhapa avaient été conservées dans un tombeau situé au monastère de Ganden. Un lama tibétain, Bomi Rinpoché, est contraint de porter sur son dos les reliques de Tsongkhapa et de les jeter au feu après que les gardes rouges eurent détruit sa tombe. À l'insu de ces derniers, Bomi Rinpoché réussit cependant à sauvegarder le crâne et les cendres[1],[2].

Au début des années 1980, Fox Butterfield affirme que, selon des fonctionnaires chinois, Ganden, qui contenait 10 000 moines, avait tout simplement disparu après la révolution culturelle[3],[4].

Après 10 ans d’abandon, les lamas reviennent en 1985 et entament la restauration d’une douzaine de bâtiments. En 1994, l’ancienne cité monastique, qui comportait autrefois 500 bâtiments, ressemblait encore à une ville morte.

En 1994, la police investit les lieux et des équipes de rééducations patriotiques s’installent, exigeant des moines de dénoncer le dalaï-lama. Il est devenu difficile d'y maintenir l’enseignement traditionnel, des moines sont arrêtés et d’autres s’enfuient[5]. Ainsi, le moine Jigme Gyatso est condamné le 23 novembre 1996 à 15 années d’emprisonnement pour son soutien au dalaï-lama[6],[7].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Moines à Ganden en 2006

À la suite des troubles au Tibet en 2008, le monastère de Ganden est fermé en décembre 2008[8].

En 2013, selon l'ONG Free Tibet Campaign, les autorités chinoises autorisent les moines d'afficher des photos du dalaï-lama[9],[10].

Ganden hors des murs[modifier | modifier le code]

Rétablissement de Ganden en Inde[modifier | modifier le code]

Gaden Jangtse Thoesam Norling

Le monastère de Ganden a été rétabli par les Tibétains en exil dans le camp de réfugiés tibétains de Mundgod au Karnataka, en Inde. Dans ce camp, établi en 1966 sur un terrain offert par le gouvernement indien, se trouvent les monastères de Ganden et de Drepung. En 1999, il y avait au total environ 13 000 résidents. Le camp tibétain se compose de 9 camps avec deux monastères et un couvent. Y ont été établis une banque de crédit pour des fermes, un institut agricole et un centre d’artisanat. Les technologies modernes, notamment de communication, y ont été introduites. Le programme d'études du nouveau monastère de Ganden demeure semblable aux enseignements du monastère de Ganden d’avant 1959.

Les universités Jangtse et Shartse du monastère de Ganden ont été également rétablies en Inde. Elles sont appelées l'université de Ganden Jangtse et le monastère de Ganden et se trouvent dans le Karnataka.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Victor Chan, Tibet. Le guide du Pèlerin, Éditions Olizane, Genève, 1998, 1248 p., section Ganden : le siège principal des gélugpa, pp. 153-157

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Death of a controversial lama: Obituary of Bomi Rinpoche (1918-2002)(TIN).
  2. Le fondateur du monastère de Ganden est "Lama Tsongkhapa", né en 1357....
  3. Fox Butterfield, La Chine - Survivant dans la mer d'amertume, Paris, Presses de la Cité, 1983, page 309.
  4. « Since the Chinese assumed full control over Tibet after an abortive Tibetan uprising in 1959, the number of Buddhist monasteries has been cut from 2464 to 10, Chinese officials told me during a week's tour of "the roof of the world." Some, like the Gadan monastery, once the third largest in Tibet with nearly 10000 monks, simply disappeared ».
  5. Ganden, cité martyre de l’invasion chinoise au Tibet, Géo, No. 186, août 1994.
  6. Situation des droits de l'homme au Tibet, Question écrite n° 26437 de Mme Christiane Demontès (Rhône - SOC) publiée dans le JO Sénat du 01/03/2007.
  7. September 2000 - Human Rights Updates - TCHRD.
  8. Récit du périple d'un Français à travers le Tibet, Nouvel Obs, Carlo Blanco, 13 décembre 2008.
  9. Pékin permet des photos du dalaï-lama dans un monastère à Lhassa. Les Échos, 2013
  10. Reuters, Tibet : des photos du dalaï-lama autorisées, Europe1, 27 juin 2013.