Yatung

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Yatung
Yatung
Le haut Yatung, février 1937
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau du Tibet Tibet
Province ou région autonome Xian de Yadong
Statut administratif Établissement humain
Indicatif +86 (0)
Géographie
Coordonnées 27° 29′ 11″ nord, 88° 54′ 32″ est
Localisation

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La ville de Yatung (ou Yatoung ou encore Yadong) (tibétain : གྲོ་མོ་, Wylie : Dromo, est une petite ville tibétaine du comté de Yadong dans la préfecture de Shigatsé, dans la région autonome du Tibet. Elle est située dans la vallée de Chumbi, à proximité du Sikkim en Inde, du Bhoutan, et non loin du Népal.

Histoire[modifier | modifier le code]

Yatung fut une ville de commerce dès la fin du XIXe siècle. En 1893, le Tibet Trade Regulation, ou traité commercial anglo-chinois sur le Tibet, signé le 5 décembre à Darjeeling, autorisa l'Inde britannique à commercer au Tibet et lui permit d’ouvrir un comptoir commercial à Yatung, avec la garantie de la libre circulation des ressortissants britanniques entre ce point et la frontière[1],[2],[3]. Selon Jamyang Norbu, écrivain tibétain en exil militant pour l'indépendance, le Tibet n'y était représenté qu'à titre d'observateur[4].

Selon le sociologue chinois Rong Ma, les comptes des douanes de Yatung indiquent que le tonnage annuel de laine exporté en Inde atteignait 544 tonnes de 1895 à 1898[5].

La construction d’une barrière entre Yatung et Lhassa fut un des éléments qui menèrent à l'expédition militaire britannique au Tibet entre 1903 et 1904.

Le commerce entre l'Inde britannique, puis l'Inde indépendante, et le Tibet fut effectif jusqu'en 1954, date à laquelle les 10 soldats indiens en escorte des agents de la mission commerciale furent retirés, conformément à l’accord sino-indien[6].

Selon Michael H. Goodman, après l'intervention militaire chinoise du Tibet en 1950, le dalaï-lama souhaitait rester à Lhassa « pour aider son peuple », mais, à la demande du Kashag et de l'Assemblée nationale tibétaine, il partit pour Yatung en décembre 1950. Avant son départ, il nomma Lukhangwa et Lobsang Tashi, premiers ministres (Sileun) et leur conféra les pleins pouvoirs du gouvernement du Tibet[7]. Selon Alexandra David-Néel, qui quitta définitivement l'Asie en juin 1946[8], les Chinois étant à Lhassa, le dalaï-lama et sa cour avaient le choix entre rebrousser chemin avec le trésor du Potala ou bien s'exiler en Inde et y mener la même vie que ceux de la cour du précédent panchen-lama exilé en Chine. L'exploratrice affirme que les paysans de Yatung et des environs, qui devaient nourrir gratis la troupe et le troupeau de mules, commençaient à rechigner[9].

Équipements[modifier | modifier le code]

On trouve actuellement à Yatung un hôtel, un bar, un seul bâtiment officiel, des hangars de l'armée et il est indiqué l’existence d’une station météorologique[10].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Deshayes, Histoire du Tibet, Fayard, 1997, p. 223, (ISBN 978-2213595023).
  2. Stéphane Guillaume, La question du Tibet en droit international.
  3. (en) Convention Between Great Britain and China Relating to Sikkim and Tibet (1890).
  4. (en) Jamyang Norbu, BLACK ANNALS: Goldstein & The Negation Of Tibetan History (Part I).
  5. (en) Rong Ma, Population and Society in Tibet, Hong Kong University Press, 2010, 350 pages, p. 143 : « The Yatung customs records indicate that the annual export of wool to India reached 544 tons from 1895 to 1898 (Huang Wangun, 1982:49) ».
  6. Selon un article en ligne de The Hindu (Thursday, Oct 07, 2004).
  7. Michael Harris Goodman, Le dernier Dalaï-Lama ? Biographie et témoignages, Éditeur Claire Lumière, 1993, (ISBN 2905998261).
  8. Jean Chalon, Le Lumineux Destin d’Alexandra David-Néel, pp. 418-419.
  9. Alexandra David-Néel, Le vieux Tibet face à la Chine nouvelle (1953), in Grand Tibet et vaste Chine, Plon, 1999, p. 981 : « Les Chinois étaient à Lhassa, le dalaï-Lama et sa Cour pouvaient y retouner avec le trésor du Potala ou bien s'exiler et n'être plus rien qu'une troupe de gens riches quelconques, comme l'ont été pendant longtemps ceux de la Cour du Panchen lama exilé en Chine. / Les paysans de Yatung et des environs commençaient à trouver encombrants le Précieux Protecteur, sa horde et son troupeau de mules qu'ils avaient à nourrir, gratis bien entendu, et des murmures s'élevaient parfois au lieu des formules habituelles de vénération. »
  10. (en) Michael Buckley and Robert Strauss, Tibet: a travel survival kit, Lonely Planet Publications, Victoria, Australia, 1986, p. 163, (ISBN 0-908086-88-1).