Savagnin

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Voir variante Savagnin rose

Savagnin B
Savagnin
Cépage savagnin blanc
Caractéristiques phénologiques
Floraison

Le Savagnin B[a] ou Savagnin Naturé B (B pour Blanc, appelé également naturé B) est un cépage à petites grappes vertes ou jaunes de la famille des Traminers.

Historique[modifier | modifier le code]

Dégustation de vins à base de cépage savagnin au Concours mondial du savagnin.

Ce cépage est cultivé de très longue date dans les pays germaniques. D'après des analyses génétiques effectuées en 2014, le Savagnin est affilié directement au pinot noir (en tant qu'ascendant ou descendant, la filiation est indéterminée)[1],[2]. En 2019, l'ADN d'un pépin de raisin datant du xiie siècle, retrouvé dans une fosse d'aisance de l'ancien prieuré de la Madeleine à Orléans, se révèle quasi identique à celui de l'actuel Savagnin B, qui s'est donc perpétué depuis plus de 900 ans, sans doute par boutures et greffes[3],[4].

En 2014 l’association des œnophiles et dégustateurs du Jura, association œnophile bachique du vignoble du Jura, fondée en 2004, organise le 17 novembre la première session du concours mondial du savagnin, au lycée agricole / viticole de Montmorot / Lons-le-Saunier, capitale du Jura, pour promouvoir le savagnin et sélectionner et récompenser les meilleurs vins du monde contenant au moins 85 % de ce cépage.

Géographie[modifier | modifier le code]

À ce jour, il est majoritairement cultivé dans le vignoble du Jura (dont il est le cépage-roi le plus typique pour la production de savagnin, de vin jaune, de Château-chalon (AOC) et de vin de paille ...), et également en moindre mesure dans de nombreux vignobles du monde dont principalement les vignobles alsacien, allemand et autrichien sous le nom de weisser-traminer, et dans le vignoble suisse du Valais sous le nom de Heida ou païen[5],[6].

Fin 2008, l'organisme gouvernemental australien Organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle (CSIRO) démontre que les 150 hectares de cépage Alvarinho de la vallée Barossa du vignoble australien, sont en réalité du Savagnin[7].

Caractères ampélographiques[modifier | modifier le code]

L'extrémité du jeune rameau est très velue.

Les feuilles adultes sont de petite taille, trilobées, avec un sinus pétiolaire peu ouvert ou à bords chevauchants, des dents courtes ogivales, un limbe bullé et parfois gaufré et tourmenté.

Les grappes sont petites. Les baies sont petites et sphériques, de couleur jaune-doré[8].

Aptitudes[modifier | modifier le code]

Culturales[modifier | modifier le code]

Le Savagnin est très bien adapté aux terroirs marneux (marnes grises / bleues) du Trias comme ceux du vignoble du Jura[9].

Sensibilité aux maladies[modifier | modifier le code]

Il se montre relativement résistant, en particulier vis-à-vis de la pourriture grise, grâce à sa pellicule épaisse[9].

Vinification[modifier | modifier le code]

Son raisin permet la vinification (ouillé ou sous voile dans le vignoble du Jura) de vins blancs de garde, puissants, complexes et riches en alcool, tout en conservant une bonne acidité.

Il trouve toute son ampleur dans l'élaboration du vin jaune et Château-chalon (AOC).

Sa richesse en sucre peut encore être augmentée par passerillage pour l'élaboration de vin de paille[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « "Histoire et futur des cépages" par le Dr José Vouillamoz », sur Académie du Vin de Bordeaux (consulté le 5 février 2019)
  2. Laurent Gotti, « Bordeaux-Bourgogne : la génétique jette un pavé dans la cuve », sur 365 jours en Bourgogne (consulté le 5 février 2019)
  3. « Le cépage à l’origine du vin jaune vieux d’au moins 900 ans », sur www.leprogres.fr (consulté le 11 juin 2019)
  4. (en) Nathan Wales, M. Thomas P. Gilbert, Roberto Bacilieri et Patrice This, « Palaeogenomic insights into the origins of French grapevine diversity », Nature Plants, vol. 5, no 6,‎ , p. 595–603 (ISSN 2055-0278, DOI 10.1038/s41477-019-0437-5, lire en ligne, consulté le 11 juin 2019)
  5. « Le savagnin sur www.concoursmondialdusavagnin.com », sur www.concoursmondialdusavagnin.com (consulté le 22 novembre 2014)
  6. « Heida ou païen, le vin jaune valaisan. » (consulté le 24 juillet 2010)
  7. (en) Jancis Robinson, « Australian 'Albarino' isn't », (consulté le 24 juillet 2010)
  8. ENTAV-INRA-ENSAM-ONIVINS, Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France, ENTAV, Éditeur (ISBN 2-9509682-0-1), page 137
  9. a b et c ENTAV-INRA-ENSAM-ONIVINS, Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France, ENTAV, Éditeur (ISBN 2-9509682-0-1), page 235

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]