Monégasque

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la langue monégasque. Pour les habitants de Monaco, voir Monégasque (gentilé).

monégasque
munegascu
Pays Monaco
Nombre de locuteurs environ 8 000 (2014)[1]
Typologie Langue SVO
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 lij [2]
IETF lij-MC
Linguasphere 51-AAA-cha
Glottolog mone1238

Le monégasque est un dialecte ligure (italien, appartenant aux langues romanes), parlé historiquement en principauté de Monaco mais peu pratiqué de nos jours (une centaine de locuteurs parlant à peu près correctement). Il est au programme scolaire dans le premier degré et dans les premières classes de collège. Des cours de langue et de culture monégasque pour adultes sont donnés, depuis 1993, au sein de l'Académie des Langues Dialectales durant l'année scolaire (voir lien ci-dessous).

Il s'agit d'une langue vernaculaire assez proche de celle parlée à Vintimille (intémélien) mais différente du mentonasque voisin. Elle a été influencée par le provençal. C'est une langue ligure dont l'origine est le génois dont elle a évolué au cours du temps (Monaco a été fondé en 1215 par Gênes. Il y a eu toujours des relations avec la mère patrie). Monaco est un isolat linguistique : Menton et Roquebrune-Cap-Martin, villes françaises, ont des dialectes provençaux, comme le niçois. Le problème de la survie de la langue monégasque se pose dans un pays de 39 000 habitants, dont 9.300 Monégasques (2018) et 138 autres nationalités (2018).

Exemple[modifier | modifier le code]

L'Hymne monégasque est écrit en monégasque.

Lecture[modifier | modifier le code]

Un texte en monégasque se lit avec les particularités suivantes :

  • le ü se lit /y/ ("u").
  • le u se lit /u/ ("ou").
  • le e et le œ se lisent /e/ ("é"), et non comme /œ/ (comme le <œ> dans le mot bœuf comme en ligure, où l'on utilise aussi la notation ö)
  • le ë se lit "e" très fermé[pas clair] ou /i/.
  • le ç se lit comme en français : tradiçiu̍n vient du latin traditio et non de l'italien tradizione[Quoi ?].
  • c devant a, o, u, ü et ch devant e, i, œ se lit /k/.
  • g devant a, o, u, ü et gh devant e, i, œ se lit /g/.
  • ci devant a, o, u, ü, œ et c devant e, i se lit /t͡ʃ/ ("tch").
  • gi devant a, o, u, ü, œ et g devant e, i se lit /d͡ʒ/ ("dj").
  • sci devant a, o, u, ü, œ et sc devant e, i se lit /ʃ/ ("ch").
  • ssci devant a, o, u, ü, œ et ssc devant e, i se lit /ʃt͡ʃ/ ("chtch").

Dans la langue monégasque, le diacritique utilisé pour indiquer un accent tonique qui ne serait pas régulier en utilisant les règles classiques de prononciation de la langue sur une voyelle est une barre verticale au-dessus de la voyelle. Il peut être observé sur chacune des voyelles.

Exemples:

Scia̍: Madame

Tambe̍n: Aussi

Merçi̍: Merci

Po̍: Peut

Mu̍negu: Monaco

Ce diacritique se trouve également sur le Œ, cependant il n’est pas disponible dans Unicode. Un exemple en est le mot bœ (bœuf), qui comporte un accent sur le œ.

Ce diacritique peut également être utilisé en combinaison avec d'autres diacritiques notamment avec le tréma.

Usage[modifier | modifier le code]

Plaque de rue bilingue monégasque - français

À Monaco, 17 % de la population de la principauté parlerait encore le monégasque (essentiellement des personnes âgées, appelée localement le munegascu). Le monégasque était considéré comme une langue en voie d’extinction dans les années 1970, mais son introduction dans les écoles semble lui avoir donné un second souffle. En effet, l'apprentissage de la langue monégasque est désormais obligatoire depuis 1977 du CE2 au CM2 puis jusqu'à la 5e au collège[3]. À partir de la 4e jusqu'en terminale où elle peut être présentée en option au baccalauréat, au choix du lycéen de continuer ou non. Des concours écrits et oraux officiels sont organisés dans le cadre des cours, et une cérémonie de remise des prix est organisée le 23 juin dans la cour de la mairie de Monaco en présence du Prince Souverain, des autorités civiles et religieuses, ainsi que des mécènes[4].

La seule langue officielle de la Principauté de Monaco étant le français, il y a peu d’activités visant à diffuser le monégasque : peu de publications paraissent en monégasque, et aucune émission de radio ou de télévision régulière ne l’utilise, même sur radio Monaco. Seul le Comité national des traditions monégasques publie chaque année un « Calendari » (calendrier), dans lequel il y a de nombreux poèmes en monégasques (traduits) et d'hommages. Il existe plusieurs ouvrages : des dictionnaires français-monégasque et monégasque-français, une grammaire, une thèse en Sorbonne sur « Le Parler monégasque »[5], des ouvrages sur les traditions monégasques et poèmes divers.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]