Roman de la Moselle

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Le roman de la Moselle est une langue gallo-romane éteinte qui s'est développée après la chute de l'Empire romain le long de la Moselle, en Allemagne, près de la frontière avec la France et le Luxembourg. Malgré une forte influence germanique, elle a persisté dans des poches isolées jusqu'au XIe siècle[1].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Après que César eut conquis la Gaule en 50 av. J.-C., une culture gallo-romaine se développa progressivement dans ce qui est aujourd'hui la France, le sud de la Belgique, le Luxembourg et la région entre Trèves et Coblence.

Émergence du roman de la Moselle[modifier | modifier le code]

Les Angles et les Saxons, en route vers la Grande-Bretagne, depuis leurs terres ancestrales dans l'ouest des Pays-Bas et en Allemagne, ont traversé la Hollande, les Flandres et le Brabant et refoulé les Francs locaux au sud-est le long des rivières Ourthe et Sûre vers la région de Metz et de la Haute-Moselle (de), enfonçant un coin de soixante kilomètres entre les Gallo-Romains de la région de Trèves et Coblence et ceux du reste de la Gaule.

À en juger par l'archéologie, ces Francs nouvellement arrivés ont pratiqué l'élevage dans les régions de Bitburg, Gutland, la Moyenne et la Haute Sarre, et la vallée de la Moselle, avec une forte préférence pour ces deux dernières.

Selon le linguiste Alberto Varvaro (de), la frontière linguistique entre les populations de langue germanique et romane vers le XIIIe siècle était similaire à la frontière actuelle de la langue, mais seulement quelques années auparavant il y avait encore une « zone résiduelle de locuteurs du néolatin » dans les vallées de la Moselle (près de l'ancienne ville romaine d'Augusta Treverorum).

Déclin[modifier | modifier le code]

Les toponymes gallo-romains de la région suggèrent que la rive gauche de la Moselle a été germanisée après le VIIIe siècle, mais que la rive droite a continué de parler roman au moins au Xe siècle. Les noms concernés sont Maring-Noviand, Osann-Monzel, Longuich, Riol, Hatzenport, Longkamp, Karden et Kröv ou Alf.

Il s'agissait d'une région viticole, un certain nombre de termes viticoles du roman de la Moselle ont survécu dans le dialecte allemand local.

Exemple de texte[modifier | modifier le code]

L'inscription latine tardive suivante du VIe siècle montre l'influence du roman de la Moselle :

  • Hoc tetolo fecet Montana, conlux sua, Mauricio, qui visit con elo annus dodece ; et portavit annus qarranta ; trasit die VIII K(a)l(endas) Iunias.

"Pour Mauricius sa épouse Montana qui a vécu avec lui pendant douze ans a fait cette pierre tombale, il avait quarante ans et est mort le 25 Mai."[2]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hans-Josef Niederehe et E. F. K. Koerner, History and Historiography of Linguistics: Papers from the Fourth International Conference on the History of the Language Sciences (ICHoLS IV), Trier, 24-28 August, 1987, John Benjamins Publishing, (ISBN 902724541X, lire en ligne), xxii
  2. Kramer (1997) p. 282; CIL XIII, 7645 de données

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Wolfgang Jungandreas: Zur Geschichte des Moselromanischen. Studien zur Lautchronologie und zur Winzerlexik (Mainzer Studien zur Sprach- und Volksforschung; 3). Steiner Verlag, Wiesbaden 1979,  (ISBN 3-515-03137-5)
  • (de) : Zwischen Latein und Moselromanisch: die Gondorfer Grabinschrift für Mauricius. Dans: Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik vol. 118 (1997) pp. 281–286
  • (de) Rudolf Post: Zur Geschichte und Erforschung des Moselromanischen. Dans: Rheinische Vierteljahrsblätter vol.  69 (2004), pp. 1-35

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]