Saint-Symphorien-de-Mahun

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Saint-Symphorien-de-Mahun
Saint-Symphorien-de-Mahun
Église du hameau de Veyrines.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ardèche
Arrondissement Tournon-sur-Rhône
Intercommunalité Communauté de communes du Val d'Ay
Maire
Mandat
Xavier Balandrau
2020-2026
Code postal 07290
Code commune 07299
Démographie
Gentilé Sanfourio
Population
municipale
120 hab. (2018 en diminution de 16,67 % par rapport à 2013)
Densité 6,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 09′ 54″ nord, 4° 33′ 39″ est
Altitude Min. 539 m
Max. 1 286 m
Superficie 19,32 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Annonay
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton du Haut-Vivarais
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Saint-Symphorien-de-Mahun

Saint-Symphorien-de-Mahun est une commune française, située dans le département de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Un village à mi-pente en exposition sud.

La commune de Saint-Symphorien-de-Mahun, qui s'étend sur 19 km2, est essentiellement forestière et montagnarde, avec une altitude de 539 m sur le cours du Nant et de plus de 1 100 m au mont Chaix, à Combe Noire ou au Chirat blanc. Les replis du relief abritent des fermes de moins en moins actives et la forêt a donc tendance à gagner sur les prairies.

La population communale a compté autour de 900 habitants tout au long du XIXe siècle, au maximum de l'activité agricole. Le XXe siècle l'a vue décliner jusqu'à 131 habitants en 1999, puis 120 en 2017. Il reste quand même sur la commune une activité agricole.

Le village, par contre, maintient sa population, avec une cinquantaine d'habitants, en résidences principales ou secondaires. Il occupe une situation pittoresque à 700 m d'altitude, sur un flanc de la vallée du Nant, à 7 km au nord-ouest de Satillieu.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Saint-Symphorien-de-Mahun est limitrophe de cinq communes[1], toutes situées dans le département de l'Ardèche et réparties géographiquement de la manière suivante :

Rose des vents Saint-Julien-Vocance Vocance Rose des vents
N Satillieu
O    Saint-Symphorien-de-Mahun    E
S
Saint-Pierre-sur-Doux Lalouvesc

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Saint-Symphorien-de-Mahun est une commune rurale, car elle n'appartient à aucune unité urbaine[Note 1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Annonay, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 37 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[4],[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Un ancien prieuré au hameau de Veyrines.

L'étymologie montrerait que la région était peuplée au moins dès l'époque gauloise : le nom de Mahun (Maudunum en 1207) pourrait venir du radical celtique magos, qui signifie "marché, lieu de marché", et de dunos qui désigne une colline, puis une forteresse, souvent un oppidum ou ville fortifiée…

Une entrée ouvragée à l'église de Veyrines.

Saint Symphorien était un soldat romain martyr d’Autun mort vers 178.

Vers l'an 1000, Saint-Symphorien et son château était un fief important dans la région, aux mains de la riche famille des Pagan. Deux sites témoignent de ce passé glorieux: au nord-est du village, les ruines du château, détruit par des pillards en 1420. Plus bas dans la vallée, la très belle église romane de Veyrines, qui faisait partie d'un prieuré au XIIe siècle. L'église du village, bâtie sur le même modèle, est presque aussi ancienne. En 1594, chacune de ces deux églises était le centre d'une paroisse. Les cadastres de l'époque recensaient 313 propriétaires à Saint-Symphorien et 38 sur Veyrines, soit un total d'environ 700 habitants.

En 1793, Saint-Symphorien a eu le nom de Mahun libre. La commune a abrité à cette époque jusqu'à une vingtaine de prêtres. L'école privée a accueilli aussi, de 1800 à 1802, le petit séminaire clandestin organisé par Mgr d'Aviau. Ce séminaire clandestin donnera naissance par la suite à la congrégation de saint Basile dont le siège est aujourd'hui à Toronto au Canada.

L'expansion démographique du XIXe siècle a connu son maximum en 1861 avec 978 habitants. La population a ensuite décliné, avec aussi une cinquantaine de tués pendant la Première Guerre mondiale. Le dépeuplement s'est poursuivi au XXe siècle. Il semble s'être stabilisé dans les dernières décennies. Mais l'éloignement de la commune des centres urbains semble trop important pour attirer de nouvelles résidences principales.

Mais, même si son développement semble limité, le village et ses sites historiques restent des lieux pittoresques à découvrir. Ne serait-ce que par leur cadre somptueux en semi-altitude dans une nature verdoyante. Les randonneurs y font volontiers passage. Plusieurs gîtes accueillent au village ou dans les hameaux. Le café du village Lou Sanfourio fait restaurant sur réservation.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'ancien château de Mahun[modifier | modifier le code]

Quelques pans de murs sur une plate forme haut perché.

Il ne subsiste que quelques pans de murs du château de Mahun qui fut le centre de la seigneurie éponyme. Son site est remarquable, perché sur un promontoire rocheux au nord-est du village. On l'atteint facilement à partir des hameaux de Gonnet ou de Meunier. Le château semble avoir été édifié autour de l'an 1100. Pendant quelques siècles, les seigneurs de Mahun commandaient aussi toute la rive droite de la vallée de la Vocance. Ce fief a longtemps appartenu à la riche famille des Pagan, qui s'est cependant éteinte en 1362. Vers cette époque, déjà, les châteaux retirés étaient peu à peu délaissés au profit des habitats des vallées et des villes. Celui de Mahun fut pillé vers 1420 et abandonné en 1550. Mais son site colonisé par de grands pins a conservé de l'allure. 

L'église romane de Veyrines[modifier | modifier le code]

Une église du XIIe siècle dans un cadre tranquille.
A Veyrines, une ambiance romane d'origine.

L'église de Veyrines est le seul bâtiment subsistant d'un prieuré bénédictin fondé au XIe siècle, avec l'aide de la famille des Pagan. On peut la remarquer d'assez loin sur un replat tranquille au-dessus de la vallée du Nant. Sa construction a été assez solide pour en préserver l'essentiel jusqu'à aujourd'hui. Sa porte d'entrée est surmontée d'une large arcade sur colonnettes. La longue nef, sobre, a conservé son toit charpenté. Une abside semi-circulaire et deux absidioles complètent son plan en croix. La voûte du transept central repose sur huit colonnes dont les chapiteaux sont sculptés. Au-dessus, le clocher-tour, qui est un peu plus tardif, est accessible par un étroit et escarpé escalier intérieur. 

Un village pittoresque[modifier | modifier le code]

L'église du village.
Au village, un intérieur de style roman plus ou moins modifié.

Le village vaut déjà par sa situation en hauteur, à mi pente en fond de vallée et exposé au sud. La vue y est largement ouverte sur les reliefs forestiers de l'Ardèche Verte. Les maisons du village, bâties en pierres solides, ont été restaurées avec soin par leurs occupants. Le café du village "Lou Sanfourio" offre une terrasse ombragée face à l'église. Une exposition de peinture est ouverte les après-midis d'été dans ce qui était l'ancien lavoir.

L'église Saint-Symphorien [6] ressemble beaucoup à celle de Veyrines et est presque aussi ancienne. Elle date pour l'essentiel du XIIIe siècle, avec le rajout, au XIVe siècle, d'une voûte en ogives sur le transept et d'une chapelle gothique à droite de la nef. Sa porte d'entrée, installée en 1711, garde les traces d'effraction des Inventaires du début du XXe siècle. Elle et celle de Veyrines font partie de la paroisse Saint-François Régis (Ay-Daronne)[7].

Deux croix de chemins sont répertoriées parmi les monuments historiques depuis 1932 : la "croix de Saint-Symphorien-de-Mahun" [8] et celle de Veyrines [9].

Une peintre au village[modifier | modifier le code]

L'exposition est ouverte en été.

Pendant les mois d'été, on peut profiter au village de l'exposition de peinture de Geneviève Ponchon. On trouvera son local au-dessus de l'église. Il s'agit de l'ancien lavoir, dont on a refermé les ouvertures. Il avait ensuite servi de mairie. Geneviève Ponchon habite tout à côté, dans une maison qu'elle a peu à peu joliment restaurée avec son mari. Mais ils passent encore une partie de l'année à Lyon. Dans son exposition à entrée libre, on trouvera divers styles de toiles: acrylique ou huile, personnages ou paysages, figuratif, stylisé ou carrément abstrait. L'ensemble fait belle impression, avec en plus l'accueil aimable d'une artiste qui apprécie la vie et la campagne.

L'oppidum du Chirat blanc[modifier | modifier le code]

Des fonds de cabane d'époque gauloise.

Le Chirat blanc (ou suc du Barry) est un des sommets qui occupe la crête, au nord de la commune, entre Saint-Symphorien de Mahun et la vallée de la Vocance. Le chirat (l'éboulis) qui descend de son sommet se remarque assez facilement de loin, depuis la vallée. Mais l'originalité de ce sommet est surtout d'avoir été entouré d'une double enceinte de murs en pierres sèches, sans doute à l'époque gauloise. On y trouve aussi d'anciens emplacements de cabanes creusés dans le sol. Malgré tout, les diverses fouilles n'ont pas trouvé de vestiges domestiques. Son occupation a donc sans doute été très courte, pendant un danger momentané. Il a pu alors abriter quelques centaines de personnes[10].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Philippe Duclaux    
mars 2008 mars 2014 Frédérique Monod DVG  
mars 2014 En cours
(au 24 avril 2014)
Daniel Giraud[11]   Commerçant

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[13].

En 2018, la commune comptait 120 habitants[Note 3], en diminution de 16,67 % par rapport à 2013 (Ardèche : +2,29 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 010715859871873886897916934
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
959978933893903902920916919
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
828760769652574491503494373
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
308254197174150131133138119
2018 - - - - - - - -
120--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 1594, les cadastres recensaient 313 propriétaires à St-Symphorien et 38 sur Veyrines, soit un total d'environ 700 habitants. L'expansion démographique du XIXe siècle a connu son maximum en 1861 avec 978 habitants. La population a ensuite décliné, avec aussi une cinquantaine de tués pendant la 1re guerre mondiale. Le dépeuplement s'est poursuivi au XXe siècle. Il semble s'être stabilisé dans les dernières décennies. Mais l'éloignement de la commune des centres urbains semble trop important pour attirer de nouvelles résidences principales.

Un village à mi-pente, face aux reliefs boisés de l'Ardèche du Nord.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Certains rapprochent le nom des Pagan à celui de Hugues de Payens, fondateur de l'ordre des Templiers au XIIe siècle. Il serait alors né au château de Mahun le 9 février 1070. Son père, né à Langogne, était surnommé le "Maure de la Gardille" (son blason représentait trois têtes de Maures sur fond de sable). Hugues fut conseiller de Baudouin II de Jérusalem. Avec huit compagnons d'arme, il fonda la Milice des Pauvres Chevaliers du Christ qui deviendra par la suite l'Ordre du Temple. Mais aucun document écrit n'atteste réellement sa parenté avec la famille des Pagan. (Abbé Hillaire, Monographie de Satillieu, page 41-42).
  • Charles François d'Aviau du Bois de Sanzay (1736 - 1826), archevêque de Vienne et fondateur, durant la Révolution, d'un séminaire clandestin caché un temps dans la commune.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albin Mazon, Voyage autour d'Annonay, 1901.
  • Abbé Hillaire, Monographie de Satillieu, 1938.
  • Guide officiel de l'Union Touristique Ardèche Verte, 1991.
  • Archives municipales.
  • Articles du Dauphiné libéré et notamment articles du 10 juillet 2014 de François Bassaget.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), « Communes - Géoportail », sur http://www.geoportail.gouv.fr, (consulté le 31 juillet 2014).
  2. « Base des unités urbaines 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 6 novembre 2020)
  3. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 6 novembre 2020)
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 6 novembre 2020)
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 6 novembre 2020)
  6. Annuaire du diocèse de Viviers, diocèse de Viviers, , 224 p..
  7. site de la paroisse Saint-François Régis (Ay, Daronne)
  8. « Croix de Saint-Symphorien-de-Mahun », notice no PA00116805, base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. « Croix de Veyrines », notice no PA00116806, base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Henri Müller, « Le Chirat blanc, lieu de retranchement gaulois », Revue du Vivarais,‎
  11. « Liste des maires du département de l'Ardèche » [PDF], sur le site de la préfecture de l'Ardèche, (consulté le 30 août 2015).
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.