Pythéas

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Pythéas
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Statue de Pythéas sur la façade du palais de la Bourse à Marseille. Œuvre d'Auguste Ottin.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
ΠυθέαςVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Vers IVe siècle av. J.-C.Voir et modifier les données sur Wikidata

Pythéas (en grec ancien, Πυθέας) est un astronome grec, considéré comme l'un des plus anciens explorateurs scientifiques ayant laissé une trace dans l'Histoire.

Pythéas a effectué un voyage dans les mers du nord de l'Europe vers 325 av. J.-C., mais son récit, connu dans l'Antiquité, n'a pas survécu. Il n'est maintenant partiellement révélé que par les écrits de quelques auteurs parmi lesquels Strabon, Diodore de Sicile, Pline l’Ancien et Polybe. Il est le plus ancien des auteurs de l'Antiquité que nous connaissions à avoir décrit, notamment, les phénomènes polaires, les marées ainsi que le mode de vie des populations du nord de l’Europe.

Pythéas a évoqué l’île de Thulé et sa description des marées est le texte le plus ancien qui suggère la lune comme leur cause.

Le voyage de Pythéas[modifier | modifier le code]

Le voyage de Pythéas fut entrepris sans doute vers 330-320.

On ignore la date du périple de son compatriote[note 1], le massaliote Euthymènes, qui se serait dirigé vers l’Atlantique sud : cet explorateur aurait longé les côtes de l'Afrique, depuis les « Colonnes d'Hercule », jusqu'au fleuve Sénégal.

Pythéas aurait pu être aidé dans son expédition par la cité de Massalia, alors à l’apogée de sa prospérité[1] mais cette hypothèse n’est étayée par aucune source antique qui nous soit parvenue. L’hypothèse selon laquelle il aurait été envoyé par Alexandre le Grand[2] pour explorer l'Océan est également plausible, puisque ce conquérant s’apprêtait à faire le tour de l’oïcoumène lorsqu’il mourut[note 2].

Toutes les hypothèses sur le détail et les conditions de son voyage sont, par nécessité, des conjectures. On peut penser, par exemple, que parti en mars, il dut rentrer en octobre ou novembre, après avoir parcouru 9 038 milles marins[3] ; son navire devait être une de ces galères mixtes du IVe siècle av. J.-C., genre catascopium[note 3], avec un bordé doublé d’un vaigrage et protégé par des préceintes pour résister aux glaces de la mer du Nord[4] ; il est possible qu’il ait fait à la fois du cabotage et du long cours.

Quant au but de cette expédition, la seule certitude, c’est qu’elle avait une visée scientifique. Certains historiens[5] ont imaginé que Pythéas et Euthymènes seraient partis à la recherche de nouvelles sources de matières premières ; il est vrai que Marseille fut longtemps en rivalité commerciale avec Carthage[1], mais Pythéas devait surtout vouloir établir une table des latitudes et « vérifier des phénomènes que démontrait clairement la géométrie mais auxquels il semblait difficile de croire[6]. »

Datation[modifier | modifier le code]

On peut déduire de ces sources que le voyage de Pythéas aurait eu lieu entre 330 et 300 av. J.-C.[note 4].

Itinéraire[modifier | modifier le code]

Itinéaire hypothétique de Pythéas, selon R. Burton, R. Cavendish et B. Stonehouse [9]. En pointillé, routes probables. L'itinéraire de Pythéas est mal connu. Sans doute a-t-il franchi le cercle arctique. L'hypothèse d'une navigation fluviale au départ de Marseille n'est pas à écarter.

Parti de Massalia[10],[11], Pythéas rejoignit l'Atlantique vraisemblablement après avoir franchi les colonnes d'Hercule (détroit de Gibraltar), mais certains auteurs n'écartent pas l'hypothèse d'un voyage fluvial jusqu'au débouché de la Gironde ou de la Loire. Son voyage se poursuivit vers l'Armorique puis la Grande-Bretagne. Poussant plus au nord au large des Orcades, il atteignit une région où la nuit ne durait que deux heures. Il évoqua également l'île de Thulé, située sur le cercle arctique, ainsi qu'une zone de la mer où la navigation devient impossible, l'océan ressemblant à un « poumon marin », peut-être un mélange de glace et d'eau dans les bruines et les brumes sur la banquise[12].

L'association de son nom à l'ambre, notamment par Pline l'Ancien, conduit certains auteurs à imaginer que Pythéas, à son retour, aurait également exploré la mer Baltique. Les étapes de son voyage restent largement inconnues, même si l'hypothèse d'un second voyage en mer Baltique n'est pas à écarter totalement[12]. Quant à l'emplacement de Thulé, il reste de nos jours sujet à débat. Il pourrait s'agir de l'Islande ou de la Norvège.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Pythéas rédigea deux ouvrages intitulés, l'un De l'Océan (Περὶ τοῦ Ὠκεανοῦ, Perì toû Ôkeanoû)[13], et l’autre, Description ou Voyage autour de la Terre (Περίοδος γῆς) ou périple (περίπλους)[14]. On a pu penser que ces deux titres appartenaient à un seul et même ouvrage. Il n'est pas rare en effet qu'un ouvrage de l'Antiquité soit diffusé et cité par les auteurs anciens sous plusieurs titres différents, parce que parfois une seule partie de l'œuvre est éditée avec un titre propre. Ces ouvrages ne nous sont pas parvenus, peut-être ont-ils disparu dans l'un des incendies de la bibliothèque d'Alexandrie, mais plusieurs auteurs antiques nous en ont transmis des fragments épars ; ces fragments se réduisent à quelques citations dans les écrits d’auteurs antiques, parmi lesquels le géographe Strabon, principal détracteur de Pythéas qu’il accuse d'affabulation[15],[16], Diodore de Sicile[17] et Pline l'Ancien[18],[1]. On peut aussi tirer profit de passages d'Ératosthène[Lesquels ?], de Géminos, de Cléomède et de Polybe[19].

Thulé est le nom donné entre 330 et 320 av. J.-C. par Pythéas à une île qu'il présente comme la dernière de l'archipel britannique, et qu'il est le premier à mentionner. Extrait de la carta marina.

Découvertes[modifier | modifier le code]

La relation de Pythéas abonde en observations et en indications chiffrées qui furent utilisées par des savants tels que Timée, Hipparque et Ératosthène, puis rapportées par Diodore de Sicile.

  • Pythéas a accompli une exploration maritime dans l'Atlantique nord, exceptionnelle à une époque où les colonnes d'Hercule (détroit de Gibraltar) marquent l'extrémité occidentale du monde civilisé. Les Carthaginois avaient été jusqu’alors soucieux d’assurer leur suprématie à Gadès et de se réserver les routes maritimes de l’Atlantique[20] ; ils connaissaient et tenaient jalousement le détroit de Gibraltar, comme en témoigne Strabon[note 5] ; le seul document écrit qui pourrait attester une exploration carthaginoise antérieure à celle de Pythéas est le récit d'Hannon et d'Himilcon, connu sous le titre de Périple d’Hannon, roi des Carthaginois, fiction anachronique issue d’un manuscrit grec du IXe siècle publié en 1533, dont les invraisemblances et les incohérences sont la marque d’un récit imaginaire. Menacés par une concurrence grecque, les Carthaginois entendaient se réserver les marchés commerciaux[21],[22].
  • Au cours de son escale à Gadès (l’actuelle Cadix), Pythéas observe à l’horizon la fameuse étoile Canope qu’Eudoxe avait observée à la même place à Cnide, ce qui indiquait que Gadès et Cnide étaient situées sur un même parallèle de latitude[23].
  • À Gadès, il constate le phénomène des marées océaniques[24], inconnu des Méditerranéens, et particulièrement sensible aux entours du détroit de Gibraltar ; il signala le synchronisme des marées avec les phases de la Lune, comme en témoigne un auteur antique : « Pythéas le Massaliote explique par la lune qui devient pleine les marées montantes, et par la disparition de la lune les marées descendantes[25]. » Si leur synchronisme peut lui avoir été décrit par les peuples rencontrés, il y ajoute sa connaissance astronomique pour en donner une description précise.
    Le St Michael's Mount pourrait être l'île d'Ictis (en) (ou Mictis).
  • Du Cap Ortegal, il traverse l’Océan et cingle vers Ouessant en Armorique, où il évoque le commerce très prospère de l’étain produit par les îles de la Cornouailles — les Cassitérides — avant son transport à l’île d'Ictis (en)[note 6]. Il semble que le St Michael's Mount en Cornouailles soit le Mictis de Timée, mentionné par Pline l'Ancien et l’île Ictis de Diodore de Sicile. En effet, ces deux auteurs s'appuieraient sur des textes perdus de Pythéas. À cette époque, le commerce de l’étain transporté par bateau s’étendait jusqu’à Gadès et en Ibérie[26].
  • Il présente une description géographique de la Grande-Bretagne, dont il indique la forme triangulaire et dont il estime le périmètre à 42 500 stades (entre 7200 et 7 650 km, ordre de grandeur proche des 7 850 km mesurés)[27].
  • En s’approchant du cercle arctique, Pythéas a constaté que les jours duraient de plus en plus longtemps au fur et à mesure que l’on s’avançait vers le nord, et il put vraisemblablement observer le Soleil de minuit[28] : il a en effet expressément indiqué que Thulé — que l’on assimile parfois à l’Islande, mais plus vraisemblablement à la Norvège — se trouvait en un lieu où, au solstice d’été, le soleil ne se couche pas[23].
  • Pénétrant vraisemblablement en mer Baltique (confondue par les Anciens avec l’Océan du Septentrion), Pythéas a pu constater qu’on récoltait de l’ambre sur les plages en un point qu’on peut identifier entre Vistule et Niemen, là où cette précieuse matière tombe des falaises[29].
  • Il « découvre » des peuples barbares (au sens grec ancien du terme), décrivant leur habitat, leurs us et coutumes, leur alimentation, etc. (Celtes d'Armorique, Brittons d'Albion, Calédoniens, Goths).
  • Il décrit l’environnement du cercle polaire et les phénomènes qui en découlent[30] : un mélange, semblable au « poumon marin qui n’est ni eau ni terre » qu'il affirme avoir vu de ses yeux. Il précise qu’on ne peut ni naviguer au travers (en grec ancien : πλωτά) ni avancer dessus (πορευτά). Peut-être s'agit-il de l’aspect que présente la mer lors de la formation de la banquise, phénomène qui ne se produit que dans les régions situées immédiatement au nord de l’Islande[30].
  • Il détermine avec exactitude la place du pôle, qu’il situe en « cet endroit vide avec lequel trois étoiles du Dragon forment un quadrilatère[23] » : la constellation du Dragon longe en effet une partie de la Petite Ourse ; selon toute apparence, il s’agirait des trois étoiles de la Petite Ourse, ou encore de β de la Petite Ourse, α et κ du Dragon. Cette observation a été reprise par l'astronome Hipparque.
  • Il contribue à apporter la preuve de la sphéricité de la Terre, qui à son époque passe du statut d'hypothèse[31] à celui de connaissance scientifique (Aristote)[32],[33],[34],[35],[36]. Pythéas en apporte la confirmation notamment par la mesure des durées diurnes et nocturnes : à son époque, la géométrie de la sphère en mouvement est fort avancée, comme en témoignent les travaux d’Autolycos de Pitane, son contemporain, et l’usage courant de la sphère armillaire[37].
  • Ses mesures de latitude, faites à l'aide d'un gnomon, sont d'une précision étonnante pour l'époque[38]. Pour la première fois en dix-neuf siècles, Pierre Gassendi reprendra les mesures au XVIIe siècle ; vingt-trois siècles plus tard, la latitude de Marseille est établie à 43° 18', à peine 5' de la valeur calculée par Pythéas, 43° 13′ (en tenant compte de l'inclinaison de l'axe de la Terre à son époque).

Jugements et postérité[modifier | modifier le code]

Certains auteurs antiques considèrent Pythéas comme un affabulateur. C'est en particulier l'opinion de Polybe et de Strabon, pour qui il est inconcevable qu'une mer puisse être entièrement gelée. Mais les témoignages de son périple, et surtout ses observations astronomiques, ont été pris en considération par des savants comme Ératosthène ou Hipparque. Au fil du temps, ses récits sont apparus crédibles et plus personne de nos jours ne remet son existence en doute[39].

Le voyage de Pythéas selon une conjecture de Jean Mabire, dansThulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens, éd. Robert Laffont, 1978. L’accès de Pythéas en Islande demeure très hypothétique. En revanche il est probable qu’il soit allé plus loin en direction du nord.

Winston Churchill le qualifia de « Christophe Colomb des contrées nordiques[40] ».

On a donné son nom à un cratère lunaire[41].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • (en) Cameron McPhail, « Pytheas of Massalia's route of travel », Phoenix, vol. 68, nos 3-4,‎ , p. 247–257 (lire en ligne)
  • François Herbaux, Puisque la Terre est ronde : Enquête sur l'incroyable aventure de Pythéas le Marseillais, Paris, Vuibert Sciences, , 170 p. (ISBN 978-2-7117-2486-4, présentation en ligne).
  • Barry Cunliffe (trad. Marie-Geneviève l'Her), Pythéas le Grec découvre l'Europe du Nord, Autrement, , 174 p. (ISBN 978-2-7467-0361-2, présentation en ligne).
  • Raymond D'Hollander, Sciences géographiques dans l'antiquité : connaissance du monde, conception de l'univers, Paris, Aft et Ign, , 465 p. (ISBN 2-901264-53-0) : approche astronomique mathématique.
  • Yvon Georgelin et Hugues Journès (ill. Jean-Marie Gassend), Pythéas, explorateur et astronome, Éditions de la Nerthe, , 160 p. (ISBN 978-2913483101)
  • Yvon Georgelin, Hugues Journès et Jean-Marie Gassend, « Pythéas, astronome moderne », Marseille, Revue culturelle, no 189, décembre 1999, pages 60 à 66 ;
  • Monique Mund-Dopchie, « La survie littéraire de la Thulé de Pythéas », L’Antiquité classique, t. 59,‎ , p. 79-97 (lire en ligne, consulté le 30 juillet 2020).
  • Roger Dion, « Alexandre le Grand et Pythéas », in Aspects politiques de la géographie antique, Paris, 1977.
  • Roger Dion, « Où Pythéas voulait-il aller ? », in Mélanges Piganiol, Paris, 1966, p. 1315-1336.
  • Emmanuel Davin, « Pythéas le Massaliote : premier grand navigateur provençal », Bulletin de l’Association Guillaume Budé, no 2,‎ , p. 60-71 (lire en ligne, consulté le 30 juillet 2020).
  • (de) H. J. Mette, Pytheas von Massalia, Berlin, 1952 (avec l'édition des fragments) ;
  • Gaston-E. Broche, Pythéas le Massaliote, découvreur de l’extrême Occident et du nord de l’Europe IVe siècle av. J.-C. : Essai de synthèse par les textes, Paris, Société française d’imprimerie et de librairie, , 260 p. (présentation en ligne)
    Thèse complémentaire pour le doctorat d’État.
  • Jean Malye, « Pythéas », Bulletin de l’Association Guillaume Budé, no 41,‎ , p. 34-47 (lire en ligne, consulté le 30 juillet 2020).
  • (en) Henry Fanshawe Tozer, History of ancient geography, Cambridge, University Press, (lire en ligne).
  • Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, vol. 34, Paris, C. Desplaces, (lire en ligne), p. 593.
  • Joachim Lelewel, Pythéas de Marseille et la Géographie de son temps, Paris, Joseph Straszewicz, , 80 p. (lire en ligne).
  • Antoinette Hesnard, Manuel Moliner, Frédéric Conche et Marc Bouiron, Marseille : 10 ans d'archéologie, 2600 ans d'histoire, Musées de Marseille/Edisud, 1999 ;
  • Dimitri Michalopoulos, « Ultima Thule ou Dieu a de l'humour », Science et foi, Lille, no 122,‎ , p. 17–19 (lire en ligne).
  • François Salviat, « Les voyages de Pythéas », Dossiers d'Archéologie, Les périples antiques, no 285,‎ , p. 20-27.

Littérature de fiction[modifier | modifier le code]

  • Dimitri, Le Voyage, bande dessinée,  éd. Albin Michel, 2003 ;
  • François Herbaux, Les Nuits blanches de Pythéas le Marseillais, éd. Mémoires Millénaires, 2016 (ISBN 978-2-919056-49-1)
  • Thibaud Guyon, Jeanine Rey et Philippe Brochard, Pythéas l'explorateur : De Massalia au cercle polaire,  éd.École des loisirs, 2001 (ISBN 2-211-06251-2)
  • Ferdinand Lallemand, Journal de bord de Pythéas, géographe marseillais du IVe siècle av. J.-C., roman,  éd. de Paris, 1956 ;
  • Jean Mabire, Thulé, le Soleil retrouvé des Hyperboréens, éd. Pardès, 1975 (ISBN 2867142873) ;
  • Philippe Régniez, Le Voyage de Pythéas,  éd. de La Reconquête, Asuncion, 2008.
  • Samivel, L'or de l'Islande,  éd. Arthaud, Paris, 1963 ;
  • Raoul Schrott, Finis Terrae, roman traduit par Nicole Casanova,  éd. Hachette, 1999 (ISBN 2-01-235451-3) ;
  • Ileana Wisket, Pythéas au-delà de l'Océan, roman, éd. Coresi, 2017 (ISBN 978-606-996-071-4) ;

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les commentateurs modernes placent l’expédition d’Euthymènes au VIe siècle av. J.-C., tandis que d’autres, comme Jean Malye (op. cit. p. 35), la donnent comme contemporaine de celle de Pythéas. Jehan Desanges est fondé à dire qu’il n’y a aucune raison de lier les navigations de ces deux Marseillais.
  2. Faire le tour d’une île avec ses bateaux de guerre était une manière symbolique d’en prendre possession, comme Néarque l’avait fait pour la conquête de l’Asie. Isocrate avait déjà assigné Gadès comme objectif à Philippe de Macédoine.
  3. Au temps de Pythéas, Marseille construisait des navires et disposait d’une flotte importante ; elle participa aux côtés du Romain Cnaeus Cornelius Scipion à la victoire de Tarragone contre les Carthaginois, en 217 av. J.-C.
  4. Si on suppose que Timée n'a pas écrit après l'âge de vingt ans, vers 330, et que Dicéarque aurait eu besoin de temps avant d'écrire l’œuvre de sa maturité (après 300), il n'y a pas de raison de ne pas accepter la fenêtre temporelle proposée par Henry Fanshawe Tozer de 330 à 300 av. J.-C. (A History of Ancient Geography, Cambridge University Press, 2014 p. 152-153 Lire en ligne). Certains donnent cinq ans de plus à Timée, ramenant la date à 325. Si Pythéas n'a pas écrit avant l'âge de vingt ans, il aurait été un contemporain de Timée et de Dicéarque. Comme ils ont lu ses écrits, il les aurait produits vers le début de cette fenêtre temporelle.
  5. « Les Carthaginois envoyaient impitoyablement par le fond tout navire étranger qu’ils rencontraient dans leurs parages et se dirigeant soit vers l’île de Sardaigne, soit vers les colonnes d’Hercule ; c’est même là ce qui explique pourquoi la plupart des renseignements sur les contrées d’Occident sont si peu dignes de foi. »
  6. Peut-être le St Michael's Mount.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Emmanuel Davin 1954, p. 62.
  2. Jacques Blamont, Le Chiffre et le songe, Histoire politique de la découverte, éditions Odile Jacob, 1993, p. 102.
  3. Emmanuel Davin 1954, p. 65.
  4. Emmanuel Davin 1954, p. 66 et 67.
  5. Édouard Will, Claude Mossé et Paul Goukowsky, Le Monde grec et l’Orient, Tome II, Le IVe siècle et l’époque hellénistique, P.U.F., 1975, p. 168.
  6. Germaine Aujac, « Astronomie et géographie scientifique dans la Grèce ancienne », 1973, p. 446.
  7. « Strabon, Geographica, II-4-1 et II-4-2 »
  8. « Strabon, Geographica, II-1-12 »
  9. Rosemary Burton, Richard Cavendish et Bernard Stonehouse, Les grands explorateurs, p. 19.
  10. Jean Malye 1933, p. 46.
  11. Germaine Aujac, « Astronomie et géographie scientifique dans la Grèce ancienne », 1973, Bulletin de l'Association Guillaume Budé, n° 32, p. 445.
  12. a et b Emmanuel Davin 1954, p. 64.
  13. L'astronome Geminos de Rhodes cite une « Description de l'Océan ».
  14. D’après Marcianus, le scholiaste d'Apollonios de Rhodes.
  15. « Strabon - Géographie », Livre I, chap. 4, al. 2 & al. 3 & al. 4 & al. 5, sur https://mediterranees.net (consulté le 12 avril 2020)
  16. « Strabon - Géographie », Livre II, chap. 5, al. 8 & al. 43, sur https://mediterranees.net (consulté le 12 avril 2020)
  17. « Diodore de Sicile - Bibliothèque Historique », e.g. XV, 23, sur http://remacle.org (consulté le 12 avril 2020)
  18. « Pline l'Ancien - Historia Naturalis », e.g. XXXVII, 11, 5, sur http://remacle.org (consulté le 12 avril 2020)
  19. (fr) Polybe, Histoire générale, vol. 3, livre XXXIV, p. 251, trad. Félix Bouchot, 1847.
  20. Jean Malye 1933, p. 38-39.
  21. Maurice Euzennat, Le Périple d’Hannon, Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1994, no 2,p. 562 et 579, lire en ligne
  22. Joachim Lelewel 1836, p. 22.
  23. a b et c Germaine Aujac 1973 op. cit., p. 445.
  24. « Pline l'Ancien - Historia Naturalis », Livre II, chap. XCVII al. 6, sur http://remacle.org (consulté le 12 avril 2020)
  25. Pseudo-Galien, Sur les Philosophes, chap. XII.
  26. Emmanuel Davin 1954, p. 63 et 67.
  27. « Strabon - Géographie », Livre I, chap. 4 al. 3, sur https://mediterranees.net (consulté le 12 avril 2020)
  28. « Pline l'Ancien, Historia Naturalis », Livre II, chap. LXXV al. 1, sur http://remacle.org (consulté le 12 avril 2020)
  29. Jacques Blamont, op. cit., p. 103.
  30. a et b « Strabon, Géographie », Livre XXIV, chap. IV al. 1, sur http://remacle.org (consulté le 12 avril 2020)
  31. Figure de la Terre dans l'Antiquité#Le modèle de Terre sphérique
  32. Météorologiques II, 7.
  33. Aristote, Jocelyn Groisard & Pierre Pellegrin 2014, p. 950-952.
  34. Monique Dixsaut & Brisson 2008, p. 1230-1231.
  35. Aristote, Du ciel, 297 b 31 à 298 a 8.
  36. Catherine Dalimier & Pierre Pellegrin 2014, p. 767-768.
  37. Germaine Aujac 1973, op. cit., p. 445-446.
  38. « Strabon - Géographie », Livre I, chap. IV al. 4, sur https://mediterranees.net (consulté le 12 avril 2020)
  39. Tristan Vey, « Pythéas, un astronome antique dans l'Arctique », Le Figaro, samedi 5 / dimanche 6 août 2017, page 9.
  40. Raymond D'Hollander 2002, p. 102.
  41. Pytheas, site Gazetteer of Planetary Nomenclature.

Sources historiographiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]