GRTgaz

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Ne doit pas être confondu avec GRDF, autre filiale d'Engie s'occupant de la distribution de gaz naturel en France
Ne doit pas être confondu avec Teréga, autre société s'occupant du transport de gaz naturel dans le sud-ouest de la France
Page d'aide sur l'homonymie Pour le réseau de transport d'électricité, voir RTE (entreprise).

GRTgaz
logo de GRTgaz

Création
Forme juridique société anonyme
Slogan Connecter les énergies d'avenir
Siège social 6, rue Raoul-Nordling
92277 Bois-Colombes Cedex
Drapeau de France France
Direction Thierry Trouvé
Actionnaires 75 % Engie, 25 % (Consortium public composé de CNP Assurances, de CDC Infrastructure et de la Caisse des dépôts et consignations)
Activité Transport de gaz naturel
Produits Services d'acheminement et de livraison de gaz naturel par canalisations (grâce à 32 320 km de canalisations haute pression,
27 stations de compression en France et 4 411 postes de livraison)
Société mère Engie
Sociétés sœurs GRDF, Storengy,
Filiales Elengy,
GRTgaz Deutschland
Effectif 2 959 (en 2015)[1]
Site web grtgaz.com

Fonds propres en augmentation 3,808 Md (+4.31 %; 2015)[1]
Dette Increase Negative.svg 4,417 Md € (+3,03 %; 2015)[1]
Chiffre d’affaires en diminution 1,867 Md (2015)[1]
-4,59 %
Résultat net en diminution 223 M (2015)[1]
-11,87 %

GRTgaz est une société française créée le . L'entreprise est un des deux gestionnaires de réseau de transport de gaz en France avec Teréga (qui gère le réseau du sud-ouest de la France).

GRTgaz reprend les activités préalablement assurées par le service transport de Gaz de France.

Statuts et gouvernance[modifier | modifier le code]

GRTgaz est une société anonyme.

Son conseil d'administration comprend des représentants de l'État et des salariés, des administrateurs indépendants, des représentants du groupe ENGIE et des autres actionnaires[2].

Thierry Trouvé est directeur général depuis le , date à laquelle il a succédé à Philippe Boucly[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

GRTgaz est une filiale du groupe industriel ENGIE pour 75 % et d'un consortium public (25%) composé de :

La société a été créée le en application des directives européennes sur le marché européen de l’électricité et du gaz.

Lors de sa création, GRTgaz était une filiale de l'ancien groupe Gaz de France, fusionné avec l'ancien groupe Suez pour devenir GDF SUEZ, renommée Engie en mai 2015.

Une ouverture et augmentation du capital de GRTgaz à hauteur de 25 % - impliquant un consortium public – pour 1,1 milliard d'euros a été finalisée le 12 juillet 2011.

GRTgaz agit dans le secteur régulé de l'énergie : les tarifs de ses prestations sont publics et décidés par l’État, et son action est contrôlée par la CRE[5] (Commission de régulation de l'énergie).

Si l’activité de GRTgaz est un monopole naturel, la société ne gère pas l’ensemble du transport de gaz naturel en France : Teréga, filiale d'un consortium Snam / GIC / EDF, est le gestionnaire du réseau de transport dans le quart sud-ouest de la France.

GRTgaz possède également une filiale en Allemagne, GRTgaz Deutschland (30 salariés), qui opère en collaboration avec Open Grid Europe le gazoduc MEGAL reliant la République Tchèque, l’Allemagne, l’Autriche et la France. Cette canalisation assure notamment l'approvisionnement en gaz naturel du sud de l’Allemagne et de la France.

En 2017, GRTgaz a également acquis la société Elengy, précédemment filiale directe d'Engie[6].

Activités[modifier | modifier le code]

GRTgaz exploite, entretient et développe un réseau de gazoducs faisant circuler du gaz naturel à haute pression et commercialise des capacités de transport auprès de ses clients, les expéditeurs de gaz naturel présents sur le marché français du gaz (130 fin 2015[7]).
GRTgaz offre aussi des prestations de raccordement au réseau de transport[8], et permet aux clients industriels (768 fin 2015) d'accéder directement aux marchés de gros du gaz naturel en choisissant librement leur fournisseur.

GRTgaz assure l’équilibre général du système entre les entrées et les sorties de gaz et remplit des missions de service public pour garantir la continuité d’acheminement (transport) de gaz naturel, y compris par grand froid. La loi française prévoit en effet que, même en cas de froid exceptionnel, le réseau doit être en mesure de répondre au pic de la demande des consommateurs[9]. Cette notion de froid exceptionnel est définie par la loi comme :

  • un hiver froid tel qu’il s’en produit un tous les 50 ans ; dans le jargon gazier, c'est le « risque 2 % »[10],
  • des températures extrêmement basses pendant une période de trois jours au maximum, telles qu’il s’en produit tous les 50 ans.

Ce nouveau centre de recherche et développement baptisé RICE, aura pour thématiques la sécurité industrielle ou encore les gaz renouvelables.

Début 2018 GRTgaz crée un centre de R&D (dit RICE pour Research & innovation center for energy). Il reçoit les laboratoires d’analyses de la qualité du gaz existants et et les anciennes activités "R&D infrastructures gazières" d’ Engie Lab Crigen. Environ 100 personnes y travaillent quatre thèmes : 1) analyse et comptage des gaz, 2) canalisations, 3) performance et sécurité industrielles, 4) innovation/valorisation. Le centre est implanté dans un sites à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), mais aussi à Alfortville (Val-de-Marne)[11].

Le réseau de transport de GRTgaz[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, GRTgaz est propriétaire du réseau de transport qui est son outil industriel et son actif principal.

Les canalisations de transport de gaz naturel de GRTgaz[modifier | modifier le code]

Le réseau de canalisations géré par GRTgaz concerne l’ensemble de la France à l’exception du sud-ouest. Il est composé :

  • d’un réseau principal long de 8 346 km à fin 2015 : les plus grandes artères (diamètres de 400 mm à 1 200 mm et pressions de 67,7 à 95 bar, voire plus ponctuellement).
  • d'un réseau régional, long de 23 974 km à fin 2015 : de plus petit diamètre (de 80 mm à 400 mm ; pression de 16 à 40 bar), ces gazoducs ont pour objet d’alimenter les clients industriels et les distributions publiques.

Les gazoducs sont en France quasi-systématiquement enterrés[12]. Ils sont généralement installés dans les campagnes (90 %). Ils sont repérable par des bornes jaunes en surface qui signalent sa proximité et par une bande de servitude, de 5 à 20 m, sur laquelle aucune végétation haute ne doit pousser et aucune construction ne doit être implantée. C’est donc en forêt que le passage des gazoducs est le plus « visible », car leur tracé constitue une bande sur laquelle aucun arbre haut ne doit pousser.

Les autres installations industrielles de GRTgaz[modifier | modifier le code]

Le gaz circulant dans ces canalisations perd de la vitesse et de la pression au fur et à mesure de son parcours. Il faut donc le re-comprimer à intervalles réguliers. Tous les 150 à 200 km environ, des compresseurs sont rassemblés dans une station de compression (le réseau GRTgaz en compte 28), pour redonner de l'énergie cinétique au gaz. Des stations d’interconnexion permettent d’orienter le gaz dans telle ou telle direction, à l'image d'un réseau de distribution d'eau.

Les gazoducs et les stations de compression sont les principaux constituants du réseau de transport, avec les stations d’interconnexion et les postes de sectionnement, les postes de coupure et les postes de détente-livraison.

Les investissements sur l'outil industriel[modifier | modifier le code]

Chantier de pose de gazoduc.

GRTgaz a un programme d’investissements sur 10 ans, pour développer et optimiser son outil industriel[13]. Les finalités de ce programme sont :

  • le développement du réseau : décongestion des points d’entrée, de sortie du réseau, augmentation de la capacité de transport ;
  • le respect des obligations de service public : notamment le dimensionnement du réseau régional afin de répondre aux pics de consommation en cas d’hiver très froid ;
  • la sécurité du réseau : déploiement des normes de sécurité régissant les ouvrages de transport de gaz revues en 2006, sur les ouvrages à venir comme les gazoducs et stations de compression existantes, pour une protection optimale des populations et de l’environnement ;
  • le respect de l’environnement : application des évolutions de la réglementation environnement à nos ouvrages, certification ISO 14001 des stations de compression ;
  • la fiabilisation et la maintenance des installations ;
  • le raccordement de nouveaux consommateurs sur le réseau de transport : notamment les centrales de production d’électricité.

En 2015, l'entreprise a investi 624 millions d'euros, dont 287 millions pour la maintenance des installations, et 337 millions pour le développement des installations[14].

GRTgaz a déjà investi plus de 2 milliards d'euros entre 2013 et 2015, avec notamment le développement des projets « Hauts de France II » et « Arc de Dierrey » (180 km) pour raccorder le nouveau terminal méthanier de Dunkerque, ou le développement des interconnexions avec la Belgique, l’Allemagne et l’Espagne[15].

GRTgaz est responsable de l'entretien régulier de la signalétique associée à son réseau.

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

GRTgaz a lancé en 2007 un nouveau projet de gazoduc de 220 km entre les Bouches-du-Rhône et la Drôme, pour augmenter les capacités de transport de gaz naturel dans le Sud-Est français[14]. Ce projet, baptisé Eridan, a fait l’objet d’études approfondies pour trouver les solutions de moindre impact, associées à une politique de concertation sur plus de 5 ans, avec un débat public organisé sous l’égide de la Commission nationale du débat public en 2009[16], une enquête publique en 2013 et de nombreuses réunions publiques.

Eridan a cependant suscité plusieurs critiques, notamment de la part des exploitants agricoles et des associations de riverains[17] :

  • la vallée du Rhône subit d’ores et déjà les contraintes de plusieurs infrastructures industrielles : LGV, autoroutes, centrale nucléaire…
  • risques de servitude environnementale dans les propriétés environnantes,
  • impact sur l’environnement des produits acheminés en cas d’incident.

Les négociations avec les parties prenantes locales ont conduit GRTgaz à faire évoluer le tracé du projet[18],[19].

Le projet a reçu le feu vert du gouvernement français et a été déclaré d'utilité publique par arrêté interpréfectoral le 27 octobre 2014[18], mais un recours en annulation a été porté par des associations et communes[16]. GRTgaz a par la suite obtenu l’Autorisation Ministérielle de construire et d’exploiter l’ouvrage le 5 janvier 2015 (arrêté publié au Journal Officiel le 16 janvier)[20].

Si Eridan reste inscrit dans le Plan de Développement Décennal 2015-2024 de GRTgaz[13] (pour une mise en service après 2020), l'ouvrage est désormais conditionné par l’éventuelle création de nouvelles capacités d’entrée de gaz par le sud de la France :

  • renforcement de l’interconnexion gaz entre la France et l'Espagne (projet Midcat en cours de négociation),
  • nouvelles capacités d’entrée créées dans les terminaux méthaniers de Fos-Tonkin et de Fos-Cavaou.

Nouvelles solutions énergétiques[modifier | modifier le code]

GRTgaz participe à la filière dite « gaz renouvelable » en permettant l'injection de biométhane dans le réseau de transport (gaz issu du biogaz produit par méthanisation d'ordures ménagères, de biomasse-énergie ou de boues de stations d'épuration. Le premier poste de raccordement biométhane au réseau de transport français a été mis en service à Chagny (Saône-et-Loire) en 2015[21].

GRTgaz s'est également investi dans la conversion d’électricité en gaz (ou power to gas), qui permet conjointement d’utiliser les surplus d’électricité d’origine renouvelable et de recycler les émissions de CO2 industrielles. Le méthane de synthèse ainsi produit par méthanation peut ensuite être injecté dans le réseau de transport de gaz. Décidé en 2015, le premier pilote industriel de ce type, JUPITER 1000, coordonné par GRTgaz, sera construit à Fos-sur-Mer pour un démarrage envisagé en 2018[22].

Dans le domaine du gaz naturel pour véhicules (GNV), GRTgaz a été désigné par l'AFGNV pour préparer la feuille de route GNV France à horizon 2020. L’objectif est d’installer plus de 200 nouvelles stations publiques de recharge pour un parc de 11 000 poids lourds et 20 000 véhicules utilitaires[23].

Innovations technologiques[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de l'innovation technologique, GRTgaz fait notamment usage de drones pour la surveillance de son réseau[24] et l'entretien de ses bandes de servitude, pour une meilleure prévention des risques naturels et humains, en complément des dispositifs traditionnels (survols en avion ou hélicoptère, inspections terrestres, centres de contrôle).

La réalité virtuelle est en outre utilisée par la société pour la formation des techniciens de maintenance : un casque immersif leur permet de simuler des actions de maintenance peu fréquentes, sans pénaliser le fonctionnement courant du réseau[25].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Bilan 2015 de la société GRTgaz, sur societe.com, consulté le 10 avril 2017.
  2. « Composition du conseil d'administration », sur grtgaz.com, (consulté le 27 septembre 2017)
  3. « Energymed, avril 2013 »
  4. « Portefeuille de la CDC Infrastructure », sur cdcinfrastructure.com (consulté le 27 septembre 2017)
  5. cre.fr Site officiel de la Commission de régulation de l'énergie.
  6. « Délibération CRE N°2017-168 » [PDF], sur cre.fr, (consulté le 27 septembre 2017)
  7. « Le Figaro.fr, novembre 2015 »
  8. « Legifrance.gouv.fr, Délibération du 20 avril 2016 portant approbation des conditions générales des contrats de raccordement aux réseaux de transport de gaz de GRTgaz et TIGF »
  9. « Legifrance.gouv.fr, Décret n° 2015-1823 du 30 décembre 2015 relatif à la codification de la partie réglementaire du code de l'énergie »
  10. Ministère de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique, Direction générale de l’énergie et du climat, Evaluation des risques susceptibles d’affecter la sécurité d’approvisionnement en gaz de la France, , 56 p. (lire en ligne)
  11. Gomez E (2018) article GRTgaz crée un nouveau centre R&D| Environnement-Magazine |4 janvier 2018
  12. « "Le gaz, comment ça marche ?" Module pédagogique du CRE »
  13. a et b grtgaz.com Plan décennal 2015-2024.
  14. a et b « grtgaz.com, Plaquette institutionnelle 2016 »
  15. « grtgaz.com, Plan décennal 2015-2024 »
  16. a et b « Débat Public - Projet Eridan »
  17. Christophe Coffinier, « Le gazoduc Eridan est-il toujours pertinent ? - Journal La Marseillaise » (consulté le 30 juin 2016)
  18. a et b Service Dvlpt ALEAUR, « CPDP Eridan Gaz », sur cpdp.debatpublic.fr (consulté le 2 juillet 2016)
  19. « L'Agriculture Drômoise, juin 2012 »
  20. « Arrêté du 5 janvier 2015, Journal Officiel »
  21. « L‘usine de méthanisation enverra le méthane dans le réseau GRT gaz » (consulté le 11 juillet 2016)
  22. « Site du projet Jupiter 1000 »
  23. « Le Point, mars 2016 »
  24. « L'Usine Nouvelle, janvier 2014 » (consulté le 27 septembre 2017)
  25. « LesEchos.fr, avril 2016 » (consulté le 27 septembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]