Préfecture de Ngari

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Idéogrammes chinois Cette page contient des caractères chinois. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
image illustrant le Tibet image illustrant le monde chinois image illustrant la géographie
Cet article est une ébauche concernant le Tibet, le monde chinois et la géographie.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Ālǐ Dìqū
(zh) 阿里地区
(bo) མངའ་རིས་ས་ཁུལ་
Image illustrative de l'article Préfecture de Ngari
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province ou région autonome Tibet
Chef-lieu Xian de Gar
Statut administratif Préfecture
Indicatif 0897[1]
Démographie
Population 80 000 hab. (2004)
Densité 0,23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 32° 30′ 00″ nord, 80° 06′ 05″ est
Superficie 34 500 000 ha = 345 000 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Chine

Voir la carte administrative de Chine
City locator 14.svg
Ālǐ Dìqū

Géolocalisation sur la carte : Chine

Voir la carte topographique de Chine
City locator 14.svg
Ālǐ Dìqū
Liens
Site web www.xzali.gov.cn/

La préfecture de Ngari (chinois simplifié : 阿里地区 ; pinyin : Ālǐ Dìqū ; tibétain : མངའ་རིས་ས་གནས་, Wylie : mnga' ris sa gnas, pinyin tibétain : Ngari Sanai, THL : ngari sané) est une subdivision administrative de la région autonome du Tibet en Chine. Son centre administratif est situé dans le xian de Gar.

On y trouve notamment les sites exceptionnels du lac Manasarovar et du mont Kailash, d'importants lieux de pèlerinage, les ruines imposantes du royaume de Gugé, ainsi que de nombreux sites liés à la culture de Zhangzhung, en voie d'exploration.

Géographie[modifier | modifier le code]

La préfecture de Ngari est située dans l'extrême ouest de la région autonome du Tibet, sur la partie nord-ouest du plateau tibétain, et s'étend jusqu'à l'Himalaya occidental sur ses frontières ouest et sud-ouest avec l'Inde et le Népal. Sa superficie est de 345 000 km2.

Histoire[modifier | modifier le code]

La région du Ngari fut le berceau de deux grandes civilisations: Zhang Zhung et Gugé[2].

La civilisation pré-bouddhiste de Zhang Zhung s'étend sur une sur une période d'environ quinze siècles d'environ 1 000 av. J.-C jusqu'au milieu du VIIe siècle[3],[4].

Au VIIe siècle, le Ngari est absorbé dans l'Empire du Tibet (629 – 877). Durant l'Ère de la fragmentation (IXe siècleXIe siècle) qui suit la mort du dernier empereur Langdarma, le Ngari passe sous le contrôle des successeurs du roi Ösung tandis que ceux de Yumtän contrôlent l'Ü[5]. [5]

Nyimagön (ཉི་མ་མགོན།), petit-fils d'Ösung, vécut vers la fin du Xe siècle et conquiert tout le Tibet occidental. Il partage son territoire entre ses trois fils : Gugé (གུ་གེ) revient à Tashigön (བཀྲ་ཤིས་མགོན།), le Zanskar (ཟངས་དཀར།) à Detsugön (བདེ་བཙུགས་མགོན།) et le Ladakh à Palgyigön.

Aux alentours de l'an 1 000, le Ngari devient l'un des centres de l'essor du bouddhisme au sein du Royaume de Gugé (Xe siècle – milieu du XVIIe siècle).

Au XIIIe siècle, lors de la conquête du Tibet par les Mongols, la région est intégrée à l'Empire mongol, puis à la dynastie Yuan de 1270 à 1350.[Passage problématique]

Empire du roi Tsewang Namgyal aux environs de 1560 à 1600)

Le royaume de Gugé est annexé par le Ladakh en 1630 et Lac Manasarovar passe sous son contrôle[6]. Après la mort de Güshi Khan en 1655, Lobsang Gyatso, le 5e dalaï-lama devient très puissant et décida d'envahir le Ladakh. Le lama Ganden Tshewangpel Sangpo ( Wylie : Gah-den Tshe-wang-pal Sang-po ou Lama Sang) commande une armée tibéto-mongole depuis Ganden et avance vers le Ladakh[7]. D'après le missionnaire moravien, August Hermann Francke cette invasion est probablement en partie pour ses mines d'or. Une guerre eu alors lieu entre le Tibet, l'Empire moghol et le Ladakh[6].

À la suite de l'expédition militaire britannique au Tibet (1903-1904) et de la signature de la Convention entre la Grande-Bretagne et le Tibet, Gartok (ainsi que Yatung et Gyantsé au Tibet central) est ouvert au commerce britannique[8].

Après l'intervention militaire chinoise de 1950 - 1951 le Tibet est incorporé à la République populaire de Chine, qui repousse sa frontière sud-ouest au détriment de l'Inde. L'armée populaire de libération pénétra au Ladakh le , et construit une route reliant le Xinjiang au Tibet à travers l'Aksai Chin revendiqué par l'Inde[9]. la Guerre sino-indienne éclate en 1962, et l'armée chinoise occupe le territoire de l'Aksai Chin qui sera incorporé aux provinces du Xinjiang et de la Région autonome du Tibet, mais demeure aujourd'hui toujours revendiqué par l'Inde. Ce conflit a renforcé les tensions à la frontière sino-indienne et a causé la perte d'environ 3 000 Indiens et de 900 Chinois, essentiellement militaires[10].

Lors de la Révolution culturelle (1966-1976), de nombreux biens culturels et religieux du Ngari sont mis à sac ou détruits, causant des pertes inestimables[11].

La préfecture de Ngari est établie en 1970 dans le cadre de la région autonome du Tibet créée en 1965.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de la préfecture était estimée à 80 000 habitants en 2004[12]. C'est la préfecture de Chine dont la densité de population est la plus faible, avec 0,23 habitant au km2.

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Les districts de la préfecture de Ngari

La préfecture de Ngari exerce sa juridiction sur sept xian :

Nom Tibétain Wylie Chinois Pinyin
xian de Gar སྒར་རྫོང་ sgar rdzong 噶尔县 Gá'ěr Xiàn
xian de Burang སྤུ་ཧྲེང་རྫོང་ spu hreng rdzong 普兰县 Pǔlán Xiàn
xian de Zanda རྩ་མདའ་རྫོང་ rtsa mda' rdzong 札达县 Zhádá Xiàn
xian de Rutog རུ་ཐོག་རྫོང་ ru thog rdzong 日土县 Rìtǔ Xiàn
xian de Gê'gyai དགེ་རྒྱས་རྫོང་ dge rgyas rdzong 革吉县 Géjí Xiàn
xian de Gêrzê སྒེར་རྩེ་རྫོང་ sger rtse rdzong 改则县 Gǎizé Xiàn
xian de Coqên མཚོ་ཆེན་རྫོང་ mtsho chen rdzong 措勤县 Cuòqín Xiàn

Monuments[modifier | modifier le code]

Sur une falaise au-dessus du centre urbain du xian de Burang (appelée aussi Taklakot) se trouvaient l'ancienne forteresse (dzong) de Tegla Kar (le fort du tigre couché) et le monastère de Simbiling (tous deux totalement détruits en 1967 par l'artillerie chinoise pendant la révolution culturelle, le monastère a été partiellement restauré depuis). En dessous se trouve le Tsegu Gompa ou « monastère à neuf étages » qui était probablement un établissement Bön à l'origine[13]. Tsegu couvre de nombreuses terrasses, on peut y accéder par des échelles, et il contient de nombreuses fresques uniques et anciennes, assombries par des siècles de fumée[14].

Il semble que le Tegla Kar ait été construit à l'époque de la dynastie Zhang Zhung qui a été conquise par le roi tibétain Songsten Gampo au cours du début du VIIe siècle. Il est devenu le fort principal du royaume de Purang au Xe siècle sous le règne du roi Kori, un des deux fils de Tashi Gon, le roi du royaume de Gugé. Le royaume de Purang aurait disparu au XVe siècle.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Codes postaux et téléphoniques de la région autonome du Tibet, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. John Vincent Bellezza, 2009, http://www.tibetarchaeology.com/october-2009/
  3. (en) John Vincent Bellezza, Zhang Zhung, Foundations of Civilization in Tibet. A Historical and Ethnoarchaeological Study of the Monuments, Rock Art, Texts, and Oral Tradition of the Ancient Tibetan Upland, Denkschriften der phil.-hist. Klasse 368. Beitraege zur Kultur- und Geistesgeschichte Asiens 61, Verlag der Oesterreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien 2008.
  4. John Vincent Bellezza, 2009, http://www.tibetarchaeology.com/october-2009/
  5. a et b Shakabpa 2010, p. 177.
  6. a et b (en) The Mongolia-Tibet Interface: Opening New Research Terrains in Inner Asia, International Association for Tibetan Studies (lire en ligne), p. 88
  7. (en) Omacanda Handa, Buddhist Western Himalaya : Part1 A politico-religious history, New Delhi, Indus Pub. Co., (ISBN 9788173871245, OCLC 50110316, lire en ligne), p. 150-151
  8. Convention entre la Grande-Bretagne et le Tibet (1904) (traduction en français).
  9. (fr) Serge-André Lemaire, « L'Himalaya indien », sur http://www.zonehimalaya.net/, Zone Himalaya,‎ (consulté le 14 mars 2010) .
  10. (en) This tallies.
  11. John Vincent Bellezza, 2009, http://www.tibetarchaeology.com/october-2009/ "many religious and cultural assets of Ngari were looted or razed, causing losses on an almost unimaginable scale"
  12. (en) Tibet AR population - Source: China Admin Divisions, 2004
  13. (en) Charles Allen, The Search for Shangri-La: A Journey into Tibetan History, Little, Brown and Company, 1999, réimpression 2000 Abacus Books, Londres, (ISBN 0-349-11142-1), p. 55.
  14. (en) Tibet Handbook, Edited by Sarah Thorowgood, Passport Books, Chicago, 1999, (ISBN 0-8442-2190-2), p. 351.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) W.D. Shakabpa, One Hundred Thousand Moons: An Advanced Political History of Tibet, vol. 1, Brill Publishers, (ISBN 9789004177888, lire en ligne)
  • John Vincent Bellezza, Zhang Zhung. Foundations of Civilization in Tibet. A Historical and Ethnoarchaeological Study of the Monuments, Rock Art, Texts, and Oral Tradition of the Ancient Tibetan Upland. Denkschriften der phil.-hist. Klasse 368. Beitraege zur Kultur- und Geistesgeschichte Asiens 61, Verlag der Oesterreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]