Zanskar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ne doit pas être confondu avec Zanskar (rivière).
Zanskar
rivière Zanskar se jetant dans l'Indus
rivière Zanskar se jetant dans l'Indus
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
État ou territoire Jammu-et-Cachemire
District Kargil
Statut tehsil
Fuseau horaire IST (UTC+05:30)
Démographie
Population 13 849 hab. (2006)
Coordonnées 33° 29′ nord, 76° 50′ est

Géolocalisation sur la carte : Inde

Voir sur la carte administrative d'Inde
City locator 14.svg
Zanskar

Géolocalisation sur la carte : Jammu-et-Cachemire

Voir la carte administrative de la zone Jammu-et-Cachemire
City locator 14.svg
Zanskar

Géolocalisation sur la carte : Jammu-et-Cachemire

Voir la carte topographique de la zone Jammu-et-Cachemire
City locator 14.svg
Zanskar
Carte de localisation du Zanskar

Le Zanskar ou Zangskar (ladakhi : ཟངས་དཀར, Translittération Wylie : zangs dkar) est un tehsil (sous-district), du district de Kargil, dans la partie nord-ouest de l'État indien du Jammu-et-Cachemire.

Son centre administratif est Padum, capitale de l'ancien royaume.

On y parle le Kenhat, des dialectes du haut-Ladakh et du Zanskar[1].

La région est célèbre pour les treks qu'elle propose[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

On trouve des traces humaines datent de l'âge du bronze. Des pétroglyphes disséminés sur le territoire, laissent penser que des tribus turco-mongoles de l'Altaï auraient vécu dans la région[3].

Sous l'influence de l'Empire kouchan (Ier siècle av. J.-C.IIIe siècle), appelés par la population locale Mon, la région s'est convertie au bouddhisme ou s'y tient un 4e conseil légendaire, sous le règne du roi Kanishka (125 — 152)[4].

Envahis par l'Empire du Tibet (629 – 877) fondé par Songtsen Gampo au VIIe siècle, ils furent obligés de se convertir à leur religion animiste, le Bön.

Lorsque ce dernier se convertit au bouddhisme par l'influence chinoise de la princesse Wencheng de la dynastie Tang et népalaise de la princesse Bhrikuti, offertes en mariage à l'Empereur en signe d'alliance et en échange de l'arrêt de ses conquêtes, la région put de nouveau pratiquer ce culte.

Après l'assassinat du dernière empereur, Langdarma par un ermite bouddhiste en 841 ou 842, Ses deux fils se battent pour le pouvoir, une guerre fratricide pour la prise du pouvoir commence entre Yumtän (tibétain : མངའ་བདག་ཡུམ་བརྟན་, Wylie : mang' bdag yum-brtan, THL : Ngadak Yumten) et Ösung (tibétain : འོད་སྲུང་།, Wylie : 'od srung, THL : ösung ou tibétain : མངའ་བདག་འོད་སྲུང།, Wylie : mang' bdag vod-srung, THL : Ngadak Ösung). Les successeurs d'Ösung contrôlent alors le Ngari, qui devient le royaume de Gugé, tandis que ceux de Yumtän contrôlent l'Ü[5].

Nyimagön (ཉི་མ་མགོན།), petit-fils d'Ösung, vécut vers la fin du Xe siècle et conquiert tout le Tibet occidental. Il partage son territoire entre ses trois fils : Gugé (གུ་གེ) fondé par Tashigön (ou Trashigön བཀྲ་ཤིས་མགོན།), le Zanskar (ཟངས་དཀར།) à Detsugön (བདེ་བཙུགས་མགོན།) et le Maryül (Ladakh) à Palgyigön (ou Pelgigön)[6].

Zanskar, devient une monarchie en 930, le pays est gouverné par 2 à 4 maisons de la même famille.

À partir du XVIe siècle, le pays est subordonné au Ladakh.

En 1822, une coalition de Kullu, Lahoul et Kinnaur envahissent le Zanskar et détruisent le palais royal à Padum.

Vers la moitié du XXe siècle, le Ladakh est divisé entre la Chine, le Pakistan et l'Inde, le Zanskar se retrouve alors en Inde.

People[modifier | modifier le code]

Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama visita le Zanskar en août 1980[7].

Géographie[modifier | modifier le code]

La région se situe dans la plus haute vallée peuplée de l'Himalaya à plus de 4 000 mètres d'altitude. Le Zanskar comporte de hautes altitudes et est isolé du reste du monde quasiment huit mois par an. Le point le plus bas du Zanskar se situe à 3 600 mètres d'altitude. Nichées à 3 500 mètres d'altitude[Passage problématique] en plein Himalaya, les hautes vallées du Zanskar sont isolées du monde durant l'interminable saison froide par la neige qui bloque les cols. Pour rejoindre le Ladakh voisin, une seule voie est alors possible : emprunter un cours d'eau gelé et marcher sur la glace incertaine le long d'un parcours de 150 kilomètres pour une traversée de 8, 10 ou 20 jours, selon les difficultés rencontrées. Certains passages peuvent, au moindre faux pas, devenir mortels : l'eau vive qui coule entre les glaces brisées est trop froide pour y nager. Parfois le fleuve gelé rompt, les voyageurs n'ont pas d'autres issues que de contourner l'obstacle par l'escalade d'une falaise glissante. Une chute, et l'eau vive qui coule à leurs pieds leur serait fatale.

Coutumes[modifier | modifier le code]

  • Hisser un drapeau est, au Zanskar, une manière de manifester sa foi et de se concilier la bienveillance des divinités. Humbles morceaux d'étoffe où l'on inscrit parfois des mantras, on en voit partout sur les chemins, les ponts, les terrasses, dans les cours des maisons et des temples, sur les « chörtens » (monuments pieux) ou au sommet des cols.
  • Sur des pierres isolées, empilées ou formant des sortes de murets, il est fréquent de voir des images saintes ou, beaucoup plus souvent encore, sculpté en tibétain, le mantra libérateur : Om Mani Padme Hüm.

Population[modifier | modifier le code]

Sa population mêle bouddhistes et musulmans - Padum héberge la seule mosquée de la région - et est très faible. Environ 12 000 habitants vivent pauvrement de l'agriculture et de l'élevage des moutons et des yaks. Dès les premières neiges, qui tombent en novembre, le Zanskar entre en hibernation. La population du Zanskar reste stable, en effet il y a un système de régulation de la population car les terres cultivables ne peuvent s'étendre.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zeisler 2011.
  2. Bouquet 1996.
  3. (Francfort, Klodzinski et Mascle 1990)
  4. (Francke 1995, p. 20)
  5. (Shakabpa 2010, p. 177)
  6. (en) Matthew T. Kapstein, The Tibetans, Malden, MA ; Oxford, Blackwell Pub., (lire en ligne), p. 77
  7. Film — La Traversée du Zanskar - Le périple de 17 enfants dans l’Himalaya

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références universitaires[modifier | modifier le code]

(en) August Hermann Francke, A History of Wastern Tibet: One of the Unknown Empires, Madras, New Delhi, Asian Educationnal Services, (lire en ligne)

  • (en) Hoshi Michiyo (星実千代) et Tondup Tsering, Zangskar Vocabulary: A Tibetan Dialect Spoken in Kashmir, Tokyo, Institute for the Study of Languages and Cultures in Asia and Africa,‎ , 96 p.
  • Michel Neyroud, « Organisation de l'espace, isolement et changement dans le domaine transhimalayen : le Zanskar », Espace géographique, t. 14, no 4,‎ , p. 271-284 (DOI 10.3406/spgeo.1985.4058, lire en ligne)
  • Henri-Paul Francfort, Daniel Klodzinski et Georges Mascle, « Pétroglyphes archaïques du Ladakh et du Zanskar », Arts asiatiques, vol. 45, no 1,‎ , p. 5-27 (DOI 10.3406/arasi.1990.1275, lire en ligne)
  • Isabelle Riaboff, « Chos rgyal et lha chen. Dimensions religieuses de la figure royale au Zanskar / Chos Rgyal and lha Chen. On the Religious Aspects of the King's Figure in Zanskar. », Archives de sciences sociales des religions, no 99, Religion, politique et identités en Himalaya,‎ , p. 105-128 (DOI 10.3406/assr.1997.1135, lire en ligne)
  • (en) N.F. Howard, « The Political Geography of South-east Zanskar, and a Reconsideration of the Royal Chronologies of Zanskar and Ladakh in the 15th Century », South Asian Studies, vol. 18, no 1,‎ , p. 91-108 (DOI 10.1080/02666030.2002.9628612)
  • (en) W.D. Shakabpa, One Hundred Thousand Moons: An Advanced Political History of Tibet, vol. 1, Brill Publishers, (ISBN 9789004177888, lire en ligne)
  • (en) Bettina Zeisler, « Kenhat, The Dialects Of Upper Ladakh And Zanskar », Himalayan Languages and Linguistics., Brill, vol. 5, no 12,‎ , p. 235-302 (DOI 10.1163/ej.9789004194489.i-322.69, présentation en ligne)
  • (en) Rob Linrothe, « Site Unseen: Approaching a Royal Buddhist Monument of Zangskar (Western Himalayas). », The Tibet Journal, vol. 40, no 2,‎ , p. 29-88 (présentation en ligne)
  • (en) Rob Linrothe, Seeing into stone : pre-Buddhist petroglyphs and zangskar's early inhabitants, New Delhi, Studio Orientalia, (ISBN 9788192450285)

Autres références[modifier | modifier le code]

  • Michel Peissel, Zanskar, royaume oublié aux confins du Tibet, Paris, Laffont, 1979, 256 p. (trad. de l'œuvre originale en anglais, Zanskar: The Hidden Kingdom, par Théo Carlier).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]