Préfecture autonome tibétaine de Garzê

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux ou non latins. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation…), consultez la page d’aide Unicode.
Préfecture autonome tibétaine de Garzê
甘孜藏族自治州
དཀར་མཛེས་བོད་རིགས་རང་སྐྱོང་ཁུལ་
Localisation de la préfecture de Garzê (en jaune)
Localisation de la préfecture de Garzê (en jaune)
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province ou région autonome Sichuan
Chef-lieu Xian de Kangding
Statut administratif Préfecture autonome
Secrétaire du PCC 刘道平, liú dàopíng
Gouverneur 李昌平, lǐ chāngpíng (Tibétain)
Indicatif 0836[1]
Démographie
Population 880 000 hab.
Densité 5,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 30° 02′ 58″ nord, 101° 57′ 45″ est
Superficie 15 300 000 ha = 153 000 km2
Divers
PIB total 12,283 milliards de yuans (2010)
PIB par habitant 11 659 yuans
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Chine

Voir la carte administrative de Chine
City locator 14.svg
Préfecture autonome tibétaine de Garzê

Géolocalisation sur la carte : Chine

Voir la carte topographique de Chine
City locator 14.svg
Préfecture autonome tibétaine de Garzê
Liens
Site web www.gzz.gov.cn/

La préfecture autonome tibétaine de Garzê (chinois : 甘孜藏族自治州 ; pinyin : gānzī zàngzú zìzhìzhōu ; tibétain : དཀར་མཛེས་བོད་རིགས་རང་སྐྱོང་ཁུལ་, Wylie : dkar-mdzes bod-rigs rang-skyong khul, pinyin tibétain : Garzê Poirig Ranggyong Kü) est une division administrative du nord-ouest de la province du Sichuan en République populaire de Chine. Son chef-lieu est le xian de Kangding.

Histoire[modifier | modifier le code]

EN 1642, l’armée mongole des Qoshots, dirigée par Güshi Khan et située au Qinghai, envahit le Tibet et tue le Roi du Tibet, c'est la fin de la période Phagmodrupa (1351—1642). Güshi Khan fait de Lobsang Gyatso, l5e dalaï-lama des gelugpa, le maître religieux du Tibet[2] à la place des Kagyüpa et des bön favorisé par le roi tibétain. En échange le dalaï-lama le reconnaît comme nouveau roi du Tibet[2], c'est le début de la période du Ganden Phodrang (1642 —1959). Les royaumes du Kham sont convertis à la tradition Gelugpa et la région de Gartzé est placée sous l’autorité du dalaï-lama et divisée en 5 principautés horpa. Deux dzongs furent construits à cette époque à Gartzé à proximité de la Dza-chu (Yarlung). L’un d’entre eux fut ultérieurement occupé et transformé en caserne par les troupes de Chao Er-Feng. Ces dzongs ont été détruits[3].

En 1720, à la suite des différentes guerres entre Dzoungars et Qoshots pour le contrôle du Tibet, l'Empereur de Chine, Qing Kangxi intervient, et fait placer sur le trône à Lhassa le dalaï-lama, qui devient alors le chef temporel du Tibet. Des ambans et des garnisons de l'Empire gardent le territoire[4],[5],[6].

Royaume de Dergé[modifier | modifier le code]

Article principal : Royaume de Dergé.

Le xian de Dêgê abrita le Royaume de Dergé, un des plus importants de tous les royaumes du Kham. Ce royaume conserva son indépendance jusqu'en 1865, passant alors temporairement sous le contrôle du pouvoir central de Lhassa, avant de retrouver son autonomie à la fin du XIXe siècle. Le XXe siècle fut beaucoup plus agité : successivement intégré à la Chine impériale de la dynastie Qing, puis à la République de Chine jusqu'en 1918, à la suite de son occupation par les armées du seigneur de guerre Zhao Erfeng, puis sujet à des luttes intestines entre clans, il se retrouva finalement rattaché à la Intervention militaire chinoise au Tibet.

C'est au XVe siècle que le roi Lodro Tobten fit bâtir le monastère de Lhundrupteng (ou monastère de Derge Gonchen). Selon les légendes, Thangtong Gyelpo aurait consacré le site de construction en 1448, après une période de méditation dans une grotte située dans la falaise sur la rive opposée de la rivière ; cette grotte est encore aujourd'hui un lieu de pèlerinage.

Vue du monastère de Litang en 2009.
Maison tibétaine à Litang.
Yaks Dans une ruelle du monastère Ganden Thubchen Choekhorling.

Xikang[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Xikang.

Kangding, le chef lieu de la préfecture autonome tibétaine de Garzê, a été la capitale de la province du Xikang de 1939 à 1945.

D'abord « district administratif spécial », le Xikang devint officiellement une province en 1939. En 1950, après la défaite du Kuomintang face au Parti communiste chinois dans la guerre civile chinoise, la province fut amputée du territoire de Qamdo, officialisant ainsi la situation antérieure où les Tibétains contrôlaient toute la région à l'ouest du fleuve Yangzi[7], et sa capitale transférée à Ya'an[8]. La province ainsi réduite disparut en 1955, lors de l'intégration du Kham oriental à la province du Sichuan ; quant au territoire de Qamdo, il fut rattaché en tant que préfecture de Qamdo à la région autonome du Tibet lors de sa création en 1965.

Monastère de Litang[modifier | modifier le code]

Le monastère de Litang fut construit en 1560 par Sonam Gyatso, IIIe dalaï Lama, vers la même époque que le monastère de Kumbum[9].

Utilisé par la résistance tibétaine, le monastère de Litang fut assiégé pendant deux mois par l’armée chinoise avant d’être bombardé et totalement détruit le 1er juin 1956. Des centaines de moines et de nonnes furent achevés après les pires supplices, certains furent enterrés vivants dans des fosses communes. Une délégation tibétaine envoyée par le 14e dalaï-lama en 1980 à la demande du gouvernement chinois ne trouva à son emplacement que ruines et cendres[10].

Manifestations de 2014[modifier | modifier le code]

En août 2014, selon des organisations de défense des droits de l'homme et Radio Free Asia, cinq Tibétains furent tués par la police chinoise lors de manifestations suscitées par l'arrestation du chef de village, Dema Wangdak. Selon l'ONG Free Tibet Campaign, des blessés furent laissés sans soins médicaux[11].

Transports[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

La préfecture autonome tibétaine de Garzê se situe sur le bord sud-est du plateau du Tibet.

La réserve naturelle de Yading où se trouvent les trois montagnes sacrées tibétaines de Shenrezig, Jambeyang et Chanadorje est située dans l'actuelle préfecture autonome tibétaine de Garzê. La région a été explorée par Joseph Rock en 1928[12].

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

La préfecture autonome tibétaine de Garzê exerce sa juridiction sur dix-huit xian :

Démographie[modifier | modifier le code]

ethnie population proportion
rencensement 2000
Tibétains 703,168 78.37%
Hans 163,648 18.24%
Yi 22,946 2.56%
Qiang 2,860 0.32%
Hui 2,190 0.24%
Naxi 760 0.08%
Mongols 477 0.05%
Bai 292 0.03%
autres 898 0.11%

Personnalités liées à la préfecture de Garzê[modifier | modifier le code]

  • Phuntsok Wangyal est né en 1922 à Bathang (district de Batang). Phuntsok Wangyal a étudié dans une école missionnaire chrétienne à Bathang[9]. Phünwang a commencé son militantisme à l'école, où il a fondé le Parti communiste tibétain en secret en 1939. Il fut arrêté en 1960 et incarcéré pendant 18 ans à la prison de Qincheng.
  • Louis Liotard a effectué, en compagnie de André Guibaut, deux missions d'exploration au Kham. Lors de la première exploration, en 1936-37, ils furent les premiers a remonter la Salouen, aux confins du Yunnan occidental, jusqu'à la frontière tibétaine[13]. Lors de la seconde, en 1939-1940, ils partirent de Kangding, actuel chef-lieu de la préfecture autonome tibétaine de Garzê et se dirigèrent vers le nord au pays Goloks.
  • Tenzin Delek Rinpoché né en 1950 à Litang, est un lama arrêté par les autorités chinoises sur la base d'accusations d'attentats à la bombe et condamné à mort en décembre 2002[14]. Sa sentence, transformée en peine d'emprisonnement à perpétuité le 26 janvier 2005 suscita le scepticisme des Nations unies estimant que Tenzin Delek Rinpoché a été maltraité en prison, et qu'il n'a pas pu bénéficier d'un procès équitable. Les Tibétains de cette région, notamment ses disciples, et les membres de sa famille demandent un procès équitable. Sa libération a été demandée par plusieurs ONG[15], [16],[17].
  • Runggye Adak qui, lors d'un festival à Litang, a appelé au retour du Dalai Lama et à la libération de Gedhun Choekyi Nyima et de Tenzin Delek Rinpoché. Runggye Adak a été arrêté immédiatement. Une protestation spontanée des populations locales qui exigeaient sa libération a duré plusieurs jours avant d'être dispersée sous la menace par la police anti-émeute[18]. Adruk Lopoe, un moine, sera condamné à dix ans de prison pour avoir demandé la libération de Runggye Adak.

Culture[modifier | modifier le code]

C'est la région où sont parlées les langues rGyalrong.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Codes postaux et téléphoniques du Sichuan, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. a et b René Grousset, « L’Empire des steppes — Attila, Gengis-khan, Tamerlan », Classiques de l'Université du Québec à Chicoutimi Voir le chapitre « Le khanat khochot du Tsaïdam et du Koukou-nor, protecteur de l’Église tibétaine. (pages 644 à 647) »
  3. Marc Moniez, Christian Deweirdt, Monique Masse, Le Tibet, Éditions de l'Adret, Paris, 1999, (ISBN 2-907629-46-8).
  4. Ram Rahul, Central Asia : an outline, New Delhi, Concept Publishing Company, (ISBN 9788170226796, OCLC 44211475, présentation en ligne)
  5. (en) William Woodville Rockhill, « The Dalai Lama of Lhasa », p. 41
  6. Soloshcheva 2014.
  7. « On 10th October 1932, Liu and the Tibetan leaders signed a truce in which it was agreed that the Tibetan forces would remain west of the Yangtze river and the Chinese would remain east of it. The river remained the de facto border between Tibet and China until October 1950 (Peissel 1972 Guibaut 1949) » John Studley, « The History of Kham »,‎ (consulté le 10 décembre 2007)
  8. « Xikang », The Columbia Encyclopedia, Sixth Edition (consulté le 9 décembre 2007).
  9. a et b Roland Barraux, Histoire des Dalaï Lamas, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Albin Michel, 1993. Réédité en 2002, Albin Michel, (ISBN 2226133178).
  10. Gilles Van Grasdorff, Panchen Lama, Otage de Pékin, Ramsay, 1999, (ISBN 2-84114-283-3), p. 214.
  11. Agence France-Presse, La police chinoise ouvre le feu et tue cinq Tibétains, La Presse.ca, 20 août 2014.
  12. China Today
  13. Constantin de Slizewicz, Les peuples oubliés du Tibet, 2007, Perrin, Asie, 2007
  14. PE/Tibet: résolution sur le Tibet et le cas de Tenzin Delek Rinpoché
  15. Libérez Tenzin Delek Rinpoché
  16. Préoccupations d'Amnesty
  17. Trials of a Tibetan Monk
  18. RFA: Tibetan Protesters Withdraw Amid Threat of Force

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]