Charles Angrand

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Charles Angrand
Self Portrait Charles Angrand.jpg
Charles Angrand, Autoportrait (1892)
New York, Metropolitan Museum of Art.
Naissance
Décès
(à 71 ans)
Flag of France.svg Rouen
Nom de naissance
Charles Théophile Angrand
Nationalité
Activité
Formation
École municipale de peinture et de dessin de Rouen
Maître
Mouvement

Charles Théophile Angrand, né le à Criquetot-sur-Ouville (Seine-Inférieure) et mort le à Rouen (Seine-Inférieure), est un peintre néo-impressionniste de l'École de Rouen, de convictions libertaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Couple dans la rue (1887), Paris, musée d'Orsay.

Charles Angrand est le fils de Pierre-Charles Angrand, instituteur, et d'Élisa, née Grenier.

Il est pensionnaire à l'École normale d'instituteurs de Rouen de 1871 à 1874, date à laquelle il obtient son brevet de capacité de l'enseignement secondaire spécial. En 1875, il est nommé aspirant répétiteur, puis maître répétiteur au lycée Corneille de Rouen, jusqu'en 1881.

Une visite de l'exposition rétrospective de Jean-Baptiste Corot, à l’École des beaux-arts de Paris, conforte sa vocation d’être peintre. Il suit alors parallèlement les cours de l’école municipale de peinture et de dessin de Rouen, sous la direction de Gustave Morin. En 1878, il participe pour la première fois à une exposition, à l’occasion du 26e Salon municipal des beaux-arts de Rouen.

Nommé répétiteur au lycée Chaptal, boulevard des Batignolles, il gagne Paris en 1882, où il poursuit sa carrière de peintre. Vers 1883-1884, il rencontre Georges Seurat, avec lequel il se lie d'amitié, et participe activement à la fondation de la Société des artistes indépendants, qui organise annuellement le Salon des indépendants. Vers 1886, il noue également des liens avec Vincent van Gogh, Paul Signac, Albert Dubois-Pillet et Maximilien Luce.

Van Gogh proposa à l'artiste un échange de tableaux peu après sa visite de l'exposition des Indépendants, fin octobre 1886. Le peintre hollandais désirait acquérir Les Poules : dans la basse-cour, une peinture de 1884.

Françoise Cachin et Bogomila Welsh-Ovcharov soulignent l'influence que la peinture d'Angrand eut alors sur le style de van Gogh : "Vincent ne fut sans doute pas long à remarquer l'épaisseur de la touche sur l'ensemble de la composition", trait caractéristique des toiles d'Angrand qu' "il prit en considération dans l'évolution de sa propre technique"[1].

Il étudie la technique du crayon Conté, utilisé par Seurat, dès 1890, et crée, après une série biblique commencée en 1894, la série des Maternités. Après un bref retour à la peinture à l'huile, entre 1905 et 1908, il se dirige vers le pastel, qui devient sa technique de prédilection jusqu'à la fin de sa vie, en 1926.

Dans une série d'articles parue en 2015 sur le site temoignages.re (rubrique « C'en est trope ! »), Jean-Baptiste Kiya, à partir de la Correspondance et les publications de Gustave Coquiot, démonte la rumeur de l'artiste accablé par la disparition de son ami Seurat au point d'en délaisser la peinture'[2]. Il montre, au contraire, que les années 1900 correspondent, pour le néo-impressionniste retiré à Saint-Laurent-en-Caux, à une période d'intense bonheur, doublé d'un élan mystique, qui se sont traduits par la production de crayons Conté remarquables (Autoportrait, Ma mère, Les Maternités, Antoine, Emmanuel, Le Bon Samaritain, L'Apparition aux bergers…). Un ensemble d'indices, précise l'auteur de ces articles, indique qu'Antoine (Paris , musée d'Orsay) et Emmanuel (Chicago), ayant figurés à l'exposition Durand-Ruel de 1899, étaient les fils naturels du peintre et d'une couturière qui travaillait pour son ami « tailleur d'habits », Benoni Néel, et que ces naissances ont eu une répercussion considérable sur son approche artistique.

Charles Angrand repose au cimetière monumental de Rouen.

L'école maternelle et primaire de Saint-Laurent-en-Caux porte son nom.

Une rue de Mont-Saint-Aignan porte son nom.

Engagement libertaire[modifier | modifier le code]

Charles Angrand participe au financement du journal Les Temps nouveaux, édité par Jean Grave, en offrant des œuvres destinées à des tombolas notamment en avril 1899 (La Lessive) et en 1908.

Après une collaboration inaboutie pour L'Album de lithographies annoncé dès avril 1896, un dessin d'Angrand est publié dans Patriotisme-Colonisation (1903)[3].

Les Temps nouveaux publieront deux dessins de l'artiste en 1907 (numéros du 4 mai un Semeur, et du 28 septembre On tue ce qu'on peut... Superbe, ce Marocain-là), en 1914 paraît dans le numéro du 27 juin un dessin : une femme à l'enfant.

L’œuvre On tue ce qu'on peut sera reprise, de façon non légendée, par Jean Grave en février 1927 pour la couverture d'un fascicule.

En 1913, paraît le libelle de Pierre Kropotkine La Loi et l'Autorité (publications des Temps nouveaux n°65) avec pour illustration de couverture un dessin expressionniste d'Angrand.

La correspondance connue entre l'artiste et le fondateur des Temps nouveaux couvre 26 ans (de 1899 à 1925) et comprend 13 lettres de Charles Angrand (dont trois inédites).

C'est très vraisemblablement sous la sollicitation de Maximilien Luce, comme l'indique Jean Grave dans Le Mouvement libertaire sous la IIIe République (1930) qu'Angrand participa au renflouement des caisses du journal, et à l'illustration.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis
En France
  • Paris, musée d'Orsay :
    • Les Villottes, entre 1887 et 1889, huile sur carton [5] ;
    • Couple dans la rue, 1887, huile sur toile[6] ;
    • Antoine endormi, vers 1896, crayon Conté, 62 × 48 cm ;
    • La Maison blanche'', pastel sur papier[7].
  • Rouen, musée des beaux-arts :
    • Vue intérieure du musée des beaux-arts de Rouen en 1880, 1880, huile sur toile, 114 × 154 cm[8] ;
    • Dans le jardin, ou Le Jardinier, 1885, huile sur toile, 72 × 91 cm[9].
En Suisse

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Françoise Cachin et Bogomila Welsh-Ovcharov., Van Gogh à Paris, Paris, Editions de la Réunion des musées nationaux., , 405 p. (ISBN 2-7118-2-159-5), pp. 144, 146, 181.
  2. « Le secret de Charles Angrand (1854-1926) », (consulté le 12 juillet 2016)
  3. « Patriotisme, colonisation : dix dessins de Agar, Angrand, Couturier, Cross, Hermann-Paul, Jourdain, Lebasque, Luce, Roubille, Willaume », in Les Temps nouveaux, 1903 (notice).
  4. metmuseum.org.
  5. musee-orsay.fr.
  6. musee-orsay.fr.
  7. musee-orsay.fr.
  8. collections.musees-haute-normandie.fr.
  9. base Joconde.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Angrand, Charles Angrand -peintures, pastels, dessins-, catalogue de l'exposition Galerie André Maurice, décembre 1960-janvier 1961.
  • Pierre Angrand, Naissance des artistes indépendants, Paris, Nouvelles Éditions Debresse, 1965.
  • Jean Sutter (dir.), Les Néo-impressionnistes, Neuchâtel, éditions Ides et Calendes, 1970 (article de Pierre Angrand intitulé : "Charles Angrand 1854-1926").
  • (en) Bogomila Welsh-Ovcharov, The Early work of Charles Angrand and his contact with Vincent van Gogh, Utrecht, Éditions Victorine, 1971.
  • Pierre Angrand (préf. Pierre Bazin), Charles Angrand 1854-1926, Dieppe, Château-musée de Dieppe, , 46 p. (OCLC 25588469)
  • François Lespinasse (préf. François Bergot), L'École de Rouen, Sotteville-lès-Rouen, Fernandez, , 221 p. (OCLC 18496892, LCCN 80155566), p. 32-37
  • François Lespinasse, Charles Angrand, 1854-1926, Rouen, Lecerf, 1982.
  • Aline Dardel, "Les Temps Nouveaux" 1895-1914, un hebdomadaire anarchiste et la propagande par l'image, Paris, éditions de la Réunion des musées nationaux, 1987.
  • Françoise Cachin et Bogomila Welsh-Ovcharov, Van Gogh à Paris, Paris, édition de la Réunion des musées nationaux, 1988.
  • Charles Angrand et François Lespinasse, Correspondances, 1883-1926, Rouen, F. Lespinasse, 1988 (ISBN 2906130001).
  • François Lespinasse, L'École de Rouen, Rouen, Lecerf, 1995 (ISBN 2901342043).
  • L'École de Rouen de l'impressionnisme à Marcel Duchamp 1878-1914, Musée des Beaux-Arts de Rouen, 1996 (ISBN 2-901431-12-7).
  • Christophe Duvivier, François Lespinasse et Adèle Lespinasse, Charles Angrand, 1854-1926, Paris et Pontoise, 2006 (ISBN 2-85056-976-3).
  • François Lespinasse, Charles Angrand 1854-1926 : Maternités, Rouen, Association des Amis de l'École de Rouen, , 31 p. (OCLC 888718057)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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