Philibert de Chalon

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Philibert de Chalon
Image illustrative de l’article Philibert de Chalon
Sanguine du prince d'Orange, dans le recueil de Béthune

Titre prince d'Orange
(1502-1530)
Autres titres seigneur de Arlay et de Nozeroy.
Arme cavalerie
Grade militaire Capitaine général
Années de service 1529 - 1530
Conflits Septième guerre d'Italie
Distinctions Ordre de la toison d'or
Biographie
Dynastie maison de Chalon-Arlay
Naissance
Lons-le-Saunier (Franche-Comté)
Décès (à 28 ans)
bataille de Gavinana (Toscane)
Père Jean IV de Chalon-Arlay
Mère Philiberte de Luxembourg
Enfants Jeanne de Chalon (illégitime)

Blason de Philibert de Chalon

Philibert de Chalon-Arlay, né le à Lons-le-Saunier et mort le à Gavinana, prince d'Orange, seigneur d'Arlay, de Lons, d'Arguel et de Nozeroy, est un noble du Saint-Empire, général de l'armée de Charles Quint à partir de 1523.

Il est le dernier représentant d'une branche cadette des comtes de Bourgogne de la maison de Chalon-Arlay, issue de Guillaume IV de Bourgogne (vers 1090-vers 1155), branche qui acquiert la principauté d'Orange par le mariage de Jean III de Chalon-Arlay (mort en 1418) avec Marie des Baux-Orange (morte en 1417), héritière de Raymond des Baux, prince d'Orange.

Après sa mort, son héritage passe à la maison de Nassau, notamment à Guillaume d'Orange-Nassau (1533-1584), un des fondateurs des Provinces-Unies (1581). Sa devise est à l'origine de l'actuelle devise des Pays-Bas : « Je maintiendrai ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et formation[modifier | modifier le code]

Il naît le à Lons-le-Saunier, dans l'actuel département du Jura, à l'époque dans le comté de Bourgogne, qui fait partie du Saint-Empire, contrairement au duché de Bourgogne, qui est du royaume de France.

Il est le fils de Jean IV de Chalon-Arlay, prince d'Orange, et de Philiberte de Luxembourg-Brienne, fille d'Antoine de Luxembourg, comte de Brienne, de Ligny et de Roucy.

Son père meurt à 49 ans, trois semaines après la naissance de Philibert, qui lui succède sous la régence de sa mère.

Son émancipation en 1517 donne lieu à de grandes célébrations qui culminent avec le tournoi de Nozeroy à la mi-septembre.

Portrait du Prince d'Orange Philibert, à partir d'un portrait contemporain du British Museum.

Entre la France et l'Empire[modifier | modifier le code]

Il prend part aux grands événements de la première partie des luttes[pas clair] entre François Ier de France et Charles Quint.

Celui-ci le fait chevalier de l'ordre de la Toison d'or en 1516, mais le prince demande que cela reste secret dans un premier temps afin de ne pas provoquer de rupture avec le roi de France.

Il prend clairement le parti de l'empereur en 1523, la même année que le connétable de Bourbon. Brantôme rapporte ainsi son changement de camp : après une incursion française dans sa principauté d'Orange, il se rend auprès de François Ier pour plaider sa cause, mais le roi le reçoit avec un tel mépris que le prince offre ses services à l’empereur quelques mois plus tard, alors que se déroule la sixième guerre d'Italie, commencée en 1521.

La campagne en Basse-Navarre et en Béarn (1523)[modifier | modifier le code]

En 1523 il est placé par Charles Quint à la tête d'une armée destinée à assurer l'occupation de la Navarre conquise pour la plus grande part en 1512 par Ferdinand d'Aragon. Il s'agit aussi d'affaiblir son roi Henri II de Navarre, qui tient encore la Basse-Navarreet est vicomte de Béarn. Il s'est allié au roi de France et depuis octobre 1521, un corps d'armée franco-béarnais occupe la ville frontalière de Fontarrabie, qui relève du royaume de Castille (province de Guipuscoa).

Il se met en marche en octobre, met le siège devant Fontarrabie, puis gagne la Basse-Navarre, où il assiège le château de Bidache qui est pris et incendié. Il obtient ensuite la capitulation de Mauléon en Soule. Le , il entreprend le siège de Sauveterre-de-Béarn qui capitule et, dans la foulée, occupe sans combats Navarrenx. L'hiver approchant, il décide de ramener ses troupes en Castille en évacuant les places conquises. Durant sa retraite, il pille Sordes, Garris et Saint-Jean-de-Luz. Il tente d'assiéger Bayonne, mais y renoncer, cette ville étant bien défendue par le maréchal de Lautrec. Il repasse en Espagne en . La reddition des occupants de Fontarrabie est obtenue le .

La campagne de Provence (1524) et la captivité (1524-1526)[modifier | modifier le code]

Il participe ensuite à la campagne de Provence menée par Charles III de Bourbon après la bataille de la Sesia.

Il est capturé par Andrea Doria en lors du siege de Marseille, et retenu prisonnier jusqu'à la signature du traité de Madrid en janvier 1526.

La septième guerre d'Italie (1526-1530)[modifier | modifier le code]

Il s'illustre pendant la septième guerre d'Italie (1526-1529). Après la mort du connétable de Bourbon en 1527 lors du siège de Rome, il est acclamé par ses troupes comme généralissime et tente d’apaiser les lansquenets protestants de Georg von Frundsberg, ainsi que les troupes espagnoles et italiennes, sans pouvoir empêcher le sac de Rome.

En , il exige du pape Clément VII, réfugié au château Saint-Ange, une capitulation complète, assortie d'un dédommagement de 400 000 ducats pour les troupes de Charles Quint.

Philibert de Chalon à cheval

Après la mort d'Hugues de Moncade, le , Charles Quint le nomme gouverneur et capitaine général du royaume de Naples.

Il meurt près de Florence le à l'âge de 28 ans, lors de la bataille de Gavinana.

Ses cendres sont rapatriées à Lons-le-Saunier où sa mère Philiberte de Luxembourg lui fait célébrer des obsèques grandioses ; il est inhumé dans l'église des Cordeliers de Lons-le-Saunier.

Succession[modifier | modifier le code]

Son neveu, René de Nassau, fils de sa sœur Claude de Chalon et du comte de Nassau, hérite à sa mort de tous ses biens, dont la principauté d'Orange. Il relève son nom et ses armoiries, étant désormais appelé René de Chalon.

René de Chalon étant mort sans descendant, tous ses biens patrimoniaux vont à son cousin germain, Guillaume de Nassau, qui devient « Guillaume d'Orange » (Guillaume le Taciturne), ancêtre de la maison d'Orange-Nassau, qui règne sur les Pays-Bas depuis 1815 XIXe siècle après avoir joué un rôle essentiel dans l'histoire des Provinces-Unies.

Sa devise « Je maintiendrai Chalon » devient alors « Je maintiendrai Orange ». Par la suite, c'est devenu, sous la forme « Je maintiendrai » (en français), la devise actuelle des Pays-Bas.

Titres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]