Sanguine

La sanguine est une famille de pigments de couleur rouge terre qui se décline également en orange, ocre, marron et beige. La couleur sanguine est produite à partir de l'hématite, une roche contenant de l'oxyde de fer. Son usage se répand durant la Renaissance.
Par extension, une œuvre (monochrome) exécutée avec de la sanguine porte le nom de sanguine et la technique de dessin employant la sanguine porte également ce nom. On trouve des craies, des crayons et des pastels de couleur sanguine.
Historique
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On trouve des traces de l'utilisation de la sanguine dès la Renaissance pour la coloration ou pour l'exécution de dessins. Son usage se répand surtout à Florence ainsi qu'en Lombardie. Léonard de Vinci et ses disciples y recourent systématiquement. L'apogée de son utilisation se situe au XVIIIe siècle, avec l'introduction de nouvelles méthodes permettant d'enrichir les possibilités de modulation de la couleur. En France, Jean-Honoré Fragonard et Hubert Robert développent encore la technique[1]. Après cela, son usage connaît un net déclin.
La désignation du terme « sanguine » à cette technique se fixe à partir du XIXe siècle[1].
Parmi les peintres utilisant la sanguine, on peut citer Nicolas Poussin, Antoine Watteau, Jean-Baptiste Greuze, Jean Honoré Fragonard, Jacques-Louis David, Dominique Ingres et Léonard de Vinci (utilisée dans son autoportrait).
Technique
[modifier | modifier le code]Les crayons de sanguines proviennent de l'extration d'hématite, de couleur rouge brique, de l'argile ferrugineuse. La matière étant friable, elle est placée dans un porte-crayon ou un roseau afin d'éviter qu'elle salisse les mains et tâche la feuille. Selon le type d'argile employée, ses traits peuvent se décliner sous des tons plus clairs et délicats à plus chauds et plus profonds[1].
Les caractéristiques de la sanguine permettent à celle-ci d'être délayée en lavis à l'aide de pinceau imbibé d'eau, créant un effet plus doux et flou[1]. La sanguine sous forme de craie s'étale facilement et a une utilisation proche de celle du fusain ou du pastel. Elle nécessite ainsi d'être fixée à la fin de l'exécution de l'œuvre.
La sanguine trouve son utilisation naturelle dans la production de croquis, de modèles vivants et de scènes rustiques. Elle est idéale pour le rendu des modelés et des volumes[2].
Comme pour le pastel, le ton du papier est primordial pour l'exécution d'une sanguine. Ainsi, une technique picturale ayant été mise au point pendant la Renaissance, la technique des trois crayons, consiste à représenter un modèle vivant à l'aide d'une craie sanguine, d'une pierre noire et d'une craie blanche sur un papier teinté (couleur crème par exemple). La combinaison de ces couleurs permet de rendre toutes les nuances carnées du modèle vivant avec le plus grand réalisme.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Antonella Fuga et Dominique Férault, Techniques et matériaux des arts, Hazan, coll. « Guide des arts », , 383 p. (ISBN 978-2-85025-976-0), p. 26-27
- ↑ (en) « Sanguine | Renaissance, Drawing, Chalk | Britannica », Encyclopedia Britannica, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Les pigments en peinture
- Pierre noire
- Pastel
Liens externes
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :