Pascal Cribier

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Pascal Cribier, né le 21 septembre 1953 à Louviers (France) et mort le à Paris, est un architecte paysagiste français.

Avec près de cent-quatre-vingts jardins publics ou privés dessinés en trente années de carrière, Pascal Cribier illustre aux côtés de Patrick Blanc, Louis Benech et Gilles Clément une génération de jardiniers à la fois héritiers d'André Le Nôtre par l'esprit[1], le sens de l'espace[2], et révolutionnaires par les techniques écopaysagères employées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les quatre cents coups (1953-1973)[modifier | modifier le code]

Né en Normandie, fils d'un cadre administratif[3], Pascal Cribier vit à Paris une enfance indisciplinée et joyeuse avec ses deux frères dans un deux pièces de la Porte de Vincennes[2]. Dès l'âge de dix ans, il se passionne pour la Renault 8 Gordini et les courses automobiles de Montlhéry[2].

Il quitte le lycée Voltaire[3] à l'âge de quatorze ans pour travailler dans un studio de photographies publicitaires[1]. Un physique avantageux lui permet de gagner sa vie en posant pour les magazines[1]. À seize ans, il a les moyens de s'acheter un kart et, sans avoir le permis, participe à des compétitions[2]. Inscrit dans un lycée technique d'Argenteuil[3], l'École nationale des professions de l'automobile GARAC, il est renvoyé de celui ci[2].

Sans baccalauréat, il fréquente dans l'heureuse confusion de l'après-Mai 68 l'université de Vincennes et dessine frénétiquement voitures et circuits de course[2]. En 1971, tout en devenant un adepte de la plongée sous-marine[3], il intègre pour trois années l'équipe de France de kart[2]. En 1972[1], il présente ses dessins à l'École nationale supérieure des beaux-arts et est admis dans une section d'arts plastiques.

Cette même année 1972, un ami d'ami[2], Eric Choquet, acquiert huit hectares dominant une falaise du Pays de Caux, à Varengeville[1]. En suivant les conseils de Robert Morel, un ami originaire du lieu, Pascal Cribier, qui a vingt ans, entame le travail titanesque d'aménager le site[1]. Les trois hommes, durant leurs weekends, inventeront pour ce terrain impossible une série de jardins paysagers, aussi surprenants que la main de l'homme parait absente.

Architecte paysagiste (1974-1989)[modifier | modifier le code]

Dès 1974, Pascal Cribier se tourne vers l'architecture et l'urbanisme et est admis en troisième année d'architecture de l'Université Paris-VI, où l'attire un enseignement politiquement orienté à gauche[2]. C'est là qu'il se lie avec un autre étudiant, le futur urbaniste Patrick Ecoutin[2]. Il décroche le diplôme DPLG en 1978. Toujours impliqué dans son projet varengevillois, il travaille pendant deux années au bureau d'études d'un pépiniériste[3] de Nemours et, en 1980, s'établit comme architecte paysagiste[3] indépendant.

Reçu dans une société[1] de millionnaires, il trouve ses chantiers, souvent à l'étranger, par relation, guidés par les affinités personnelles, sans créer d'entreprise, montant des équipes de spécialistes en fonction des besoins[1]. Il les réalise en accordant autant sinon plus d'écoute aux attentes du client que de soin aux effets optiques (perspectives, évolution des couleurs...)[2]. Pour Pascal Cribier, qui aime à se définir avant tout comme jardinier[4], créer un jardin c'est d’abord rencontrer un commanditaire, public ou privé, et un site : un jardin n’est ni un pastiche, ni un décor, c’est un lieu où les questions économiques, de maintenance et d’entretien, l’emportent sur les aspects formels et esthétiques.

La reconnaissance (1990-2015)[modifier | modifier le code]

En 1990, il accède à la notoriété[2] en travaillant aux côtés de Louis Benech à la réhabilitation du jardin des Tuileries dessiné par André Le Nôtre, chantier qui durera six années[3]. Il est invité à donner des conférences, y compris à l'université, à partir de 1993[5]. En 1995, il entame une collaboration de vingt ans avec le futur directeur du Musée Picasso, Laurent Le Bon[6].

Tout en continuant son travail de « jardinier », il enseigne depuis 1994[3] à l’École nationale supérieure des arts décoratifs et à l’École nationale supérieure du paysage de Versailles[5]. Ami du dendrologue Francis Hallé, il fonde en 2012 les Rencontres botaniques de Varengeville-sur-Mer, symposium annuel réunissant botanistes et jardiniers, scientifiques et artistes.

Âgé de soixante deux ans mais physiquement diminué, il met fin à ses jours dans son appartement du jardin du Luxembourg dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4[7] novembre 2015 en se tirant une balle avec un fusil de chasse après avoir fait ses adieux à ses amis[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Principales réalisations

Jardins de bâtiments publics[modifier | modifier le code]

Parcs publics ou privés[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Reconversions[modifier | modifier le code]

  • 2000-2002 : requalification de la zone industrielle mi-plaine à Chassieu et du couloir de la chimie à Feyzin.
  • Requalification de la zone industrielle Lyon la Mouche.

Écologie paysagère[modifier | modifier le code]

Jardins privés[modifier | modifier le code]

Projets interrompus[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • « Pascal Cribier, les racines ont des feuilles… »,
espace Électra, Paris, du 15 mai au 28 septembre 2008,
rééd. espace EDF Basacle, Toulouse, de janvier à septembre 2009.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Ce ne sont pas les paysagistes qui font le paysage, c'est l'économie, la politique, les décisions administratives[8]. »
  • « Nous ne voyons que la moitié d'un arbre[9]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Michel Guérin, « Pascal Cribier, mort d'un grand jardinier », in Le Monde, Paris, 12 novembre 2015.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l S. Vincendon, « Pays (pas) sage », in Libération, Paris, 30 juillet 2009.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h « Biographie Pascal Cribier », in Who's who, Laffite Hébrard, Levallois-Perret, 2015.
  4. P. Cribier, « Avant propos », in Pascal Cribier : itinéraires d'un jardinier, op. cit.
  5. a et b F. Pellerin, « Hommage à Pascal Cribier », Ministre de la Culture et de la Communication, Paris, 6 novembre 2015.
  6. Michel Guérin, « Pascal Cribier, mort d'un grand jardinier », in Le Monde, Paris, 7 novembre 2015.
  7. S. Vincendon, « Pascal Cribier, tout un paysage », in Libération, 5 novembre 2015.
  8. G. Allix, « La destruction d'un paysage unique », in Le Monde, Paris, 8 septembre 2010.
  9. F. Joignot, « L'arbre, allié de taille », in Le Monde, Paris, 20 novembre 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

Revue de presse[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]