Olivier Schrameck

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Olivier Schrameck
Image illustrative de l'article Olivier Schrameck
Fonctions
Président du Conseil supérieur de l'audiovisuel
En fonction depuis le
(4 ans 3 mois et 6 jours)
Prédécesseur Michel Boyon
Directeur de cabinet du Premier ministre français

(4 ans et 11 mois)
Premier ministre Lionel Jospin
Prédécesseur Maurice Gourdault-Montagne
Successeur Pierre Steinmetz
Biographie
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance 15e arrondissement de Paris
Nationalité Française
Diplômé de Institut d'études politiques de Paris
École nationale d'administration
Profession Haut fonctionnaire

Olivier Schrameck, né le dans le 15e arrondissement de Paris, est un haut fonctionnaire français. Il est à plusieurs reprises directeur du cabinet de Lionel Jospin, dont il décrit comme un proche, alors que celui-ci est ministre de l’Éducation nationale (1988-1991), puis Premier ministre (1997-2002).

Depuis janvier 2013, il est le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Olivier Schrameck est le petit-neveu d'Abraham Schrameck, qui fut ministre de l'Intérieur du Cartel des gauches puis vota les pleins pouvoirs à Pétain. Dès le 27 septembre 1940, Abraham Schrameck est arrêté et interné par le nouveau régime à Pellevoisin avec notamment Marx Dormoy, Vincent Auriol et Jules Moch.

Formation[modifier | modifier le code]

Olivier Schrameck est diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris, titulaire d’un DESS de droit public et ancien élève de l'École nationale d'administration (Promotion « André Malraux », 1977).

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1977, il entre au Conseil d'État en qualité d'auditeur, ce jusqu'en 1983.

De 1981 à 1982, il est commissaire du gouvernement près l’assemblée du contentieux et les autres formations de jugement du Conseil d'État. De 1982 à 1984, il est conseiller technique, puis chargé de mission auprès du ministre d’État, ministre de l’intérieur et de la décentralisation Gaston Defferre. L'année suivante, il est directeur de cabinet du secrétaire d’État chargé des enseignements supérieurs Roger-Gérard Schwartzenberg.

De 1985 à 1986, il est directeur des enseignements supérieurs au ministère de l’Éducation nationale. De 1987 à 1988, il est commissaire du gouvernement près l’assemblée du contentieux et les autres formations de jugement du Conseil d'État.

De 1988 à 1991, il est directeur du cabinet du ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports Lionel Jospin.

De 1991 à 1993, il réintègre le Conseil d'État. De 1991 à 1993, il est Rapporteur général du Haut Conseil à l'intégration. Du au , il est secrétaire général du Conseil constitutionnel. Durant cette période, il est nommé conseiller d'État en juin 1995.

À compter du , il est directeur de cabinet du Premier ministre Lionel Jospin. Il le restera jusqu'en 2002, durant toute le mandat de Jospin à Matignon. En 2001, il publie un livre, considéré à charge contre la cohabitation et Jacques Chirac avant les élections présidentielles[2],[3]. Lorsque Lionel Jospin est battu au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, devancé par Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen, la socialiste Marie-Noëlle Lienemann déclare « Olivier Schrameck est un déconnecté du pays réel. Il est de ces gens qui sont obsédés par les titres de une du Monde, mais qui ne connaissent rien à la gestion politique locale, qui n'ont jamais dépassé le périph parisien ». Elle estime qu'il aurait réussi peu à peu à enfermer Lionel Jospin dans une politique ne pouvant plaire qu'au microcosme parisien[4]. Cependant, au journal L'Opinion, en décembre 2013, elle explique : « Olivier Schrameck n'est d'aucune cour, il est très indépendant. Je dirais que c'est un "schrameckien" ».

De 2002 à 2004, il est ambassadeur de France en Espagne.

À compter du , il réintègre ses fonctions de membre du Conseil d'État. Le , il est président de la 6e sous-section de la section du contentieux. Par ailleurs, il devient, à partir de l'année universitaire 2005-2006, professeur associé à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. En juillet 2007, il est nommé au Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions mis en place par Nicolas Sarkozy. En juin 2009, il est nommé président du jury des trois concours de l'ENA.

Le , il est nommé président de la section du rapport et des études du Conseil d'État[5]. En juillet 2012, il est nommé par le président de la République François Hollande membre de la Commission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique, commission présidée par Lionel Jospin.

Le 24 janvier 2013[6] il est nommé par François Hollande à la présidence du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA)[7],[8] en dépit du fait qu'il n'a aucune compétence particulière dans ce domaine[3],[9]. Sa nomination est dénoncée comme une atteinte aux principes énoncés pendant la campagne présidentielle de François Hollande selon lesquels les hauts fonctionnaires seront nommés sur leur compétence et leur expérience et non pas selon des intérêts partisans[10]. Catherine Trautmann, ancienne ministre de la Culture et de la Communication sous Lionel Jospin, déclare dans Le Monde[11] : « Je pense qu'il a été choisi parce qu'il n'est mêlé à aucun intérêt dans ce secteur. En outre, c'est un homme qui sait construire des compromis en prenant en compte tous les points de vue ». De son côté, Laurent Mauduit souligne qu'il a bénéficié du soutien de David Kessler, conseiller de François Hollande pour les médias et l’audiovisuel « qui a travaillé sous son autorité à Matignon » lorsqu'il était directeur de cabinet de Lionel Jospin[12].

Il est mis en cause lors de la nomination de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions[13]. Les comités de rédaction de France 2 et France 3 dénoncent le 21 avril 2015 la procédure « opaque et anti-démocratique » mise en place par le CSA pour choisir le nouveau président de la télévision publique[14],[15]. Philippe Bilger critique également une nomination « dans un climat de connivence et de clientélisme aux antipodes de la transparence que l’audiovisuel aurait exigée »[16]. Laurent Mauduit décrit une désignation « entachée d’irrégularités »[12].

Olivier Schrameck explique la procédure mise en œuvre pour la nomination à la présidence de France Télévisions le 26 mai 2015 devant la Commission des Affaires culturelles et de l'Éducation de l'Assemblée nationale[17].

Le collège du CSA adopte, le 4 juin 2015, une déclaration commune, faisant valoir la parfaite régularité de la procédure de nomination à la présidence de France Télévisions. Un texte, co-signé par Olivier Schrameck, Nicolas About, Nicolas Curien, Patrice Gélinet, Memona Hintermann-Afféjee, Francine Mariani-Ducray, Sylvie Pierre-Brossolette et Nathalie Sonnac, intitulé "Nomination à France Télévisions : un choix assumé, un débat pour l'avenir", est ainsi publié et diffusé sur le site internet du CSA[18].

Grades au sein du Conseil d'État[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Fonction publique territoriale, Dalloz, 1995 (notice BnF no FRBNF37495961)
  • Les Cabinets ministériels, 1997, Broché
  • Matignon, rive gauche : 1997-2001, 2001, Broché
  • Mémoire d'alternance : l'Espagne de Zapatero, 2005, Broché
  • Dans l'ombre de la République : les cabinets ministériels, Dalloz, Paris, 2006, 224 p., broché (ISBN 2-247-07108-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 23 janvier 2013 portant nomination du président et de membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel, JORF no 20 du 24 janvier 2011, p. 1536, texte no 1, NOR HRUX1301126D.
  2. Matignon, rive gauche : 1997-2001, Seuil (2001).
  3. a et b Présidence du CSA : quand François Hollande nomme "un de ses amis politiques" et que cela ne choque personne, David Valence, atlantico.fr, 11 janvier 2013
  4. Marianne, le 19 janvier 2013, repris par Le Lab Europe 1
  5. « Le Conseil d'État et la juridiction administrative – La section du rapport et des études », sur le site du Conseil d'État, conseil-etat.fr, consulté le 10 novembre 2009.
  6. Le Nouvel Observateur, n°2578 du 27 février 2014, p. 28
  7. AFP, « Olivier Schrameck a été nommé président du CSA », sur 20minutes.fr, (consulté le 9 janvier 2013)
  8. Hollande : mon Schrameck à moi, liberation.fr, 9 janvier 2013
  9. Schrameck, un homme de Jospin au CSA, Claude Soula, tempsreel.nouvelobs.com, 24 janvier 2013
  10. Comment Hollande installe ses proches aux postes clés, lefigaro.fr, 2 février 2013
  11. Le Monde du 24 janvier 2013, portrait signé de Xavier Ternisien[1]
  12. a et b Laurent Mauduit, « France Télévisions : la désignation de la PDG entachée d’irrégularités », sur Mediapart, (consulté le 29 août 2015)
  13. Attaqué, le président du CSA défend son action, lefigaro.fr, 26 mai 2015
  14. « Présidence de France Télé : la procédure de nomination contestée », sur le site du quotidien Le Figaro, (consulté le 24 avril 2015).
  15. Laurent Telo et Alexandre Piquard, « La nomination de Delphine Ernotte fait toujours grincer des dents] », sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le 22 mai 2015).
  16. « Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions : scandale et impunité] », sur le site d'information Boulevard Voltaire, (consulté le 22 mai 2015).
  17. « Commission des affaires culturelles : M. Olivier Schrameck, pdt du CSA - Mardi 26 mai 2015 », sur videos.assemblee-nationale.fr (consulté le 27 octobre 2015)
  18. « CSA.fr - Déclaration des membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel - Nomination à France Télévisions : un choix assumé, un débat pour l’avenir / Communiqués de presse / Espace Presse / Accueil », sur www.csa.fr (consulté le 27 octobre 2015)
  19. Décret du 13 janvier 2016.

Liens externes[modifier | modifier le code]