Aude de Kerros

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aude de Kerros
Portrait-Aude-de-Kerros-2008-1 (centré).jpg
Aude de Kerros en 2008.
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Henri Josseran (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Site web
Distinction

Aude de Kerros née le à Jakarta (Indonésie) est une peintre, graveur, critique d'art et essayiste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Aude de Kerros est née le à Jakarta, en Indonésie, et est la fille de Tanguy de Kerros, officier de marine et diplomate[2].

Son enfance et son adolescence sont marquées par les voyages en Asie, en Amérique du Sud et au Proche-Orient dus à la carrière diplomatique de son père. De retour en France pour ses études supérieures, elle partage ses années d’apprentissage entre la préparation du diplôme à l'Institut d'études politiques de Paris en 1969[3], d'une maîtrise en droit en 1972[4] et la fréquentation des ateliers des graveurs Henri Goetz, S.W. Hayter et Johnny Friedlaender.

Gravure[modifier | modifier le code]

Ses études achevées, Aude de Kerros fait le choix de la gravure. Plus de 90 expositions en France et en Europe, à Berlin, Munich, Mayence,Rome, Gênes, Londres et Varsovie la font connaître. Elle est invitée et pensionnée par la fondation Konrad Adenauer en 1984.

Elle participe à l'exposition « De Bonnard à Baselitz » au département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France à Paris.

Au centre d'un corpus de 500 eaux-fortes, huit cycles de gravures forment un ensemble lié par la même quête spirituelle : Paysages intérieurs, Iggdrasil, La Genèse, L'Hortus Conclusus, Le Cœur d'amour épris, Le Chemin des étoiles, Le Chant du monde, L'Art d'aimer. Aude de Kerros a également un important œuvre peint.

Collections[modifier | modifier le code]

Ses œuvres figurent dans les collections du National Museum of Women in the Arts de Washington. Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France à Paris. Académie des Beaux-Arts de Pékin- Collection du département de la gravure.

Essayiste sur l'art[modifier | modifier le code]

À partir des années 1990, Aude de Kerros se fait également connaître par de nombreux articles de décryptage et d’analyse du monde de l’art, influencée par les écrits de Wladimir Weidlé[5]. Elle prend part au débat sur l’art contemporain, donnant un point de vue d'artiste indépendant. Elle contribue, à titre de témoin, à l'histoire de l’art de la seconde moitié du XXe siècle en décrivant les deux faces d'une réalité complexe : le monde visible de l'art financier international, le conceptualisme strict de l'art officiel français et les divers courants picturaux non agréés. Elle souligne la rupture qui s'opère en 1983, en France, quand sont affectées des subventions importantes, créées des structures institutionnelles, et un corps d'« inspecteurs de la création ». Cet appareil bureaucratique prendra en compte l'unique courant conceptuel et affirmera un art officiel, rompant avec la pratique établie en 1880 par Jules Ferry, d'un retrait de l'État du choix des artistes à consacrer, mais honorant l'ensemble des courants en offrant un cadre prestigieux à leurs expositions. L'observation de ce principe a réuni à Paris l'ensemble des courants artistiques, de l'académisme aux avant-gardes et a attiré dans la capitale artistes et amateurs du monde entier. Aude de Kerros met en scène l'interaction de ces réalités contradictoires, raconte les péripéties du débat souterrain sur l'art tout au long des quatre dernières décennies. Elle évoque son contenu, commente ses publications, fait la chronique d'une nouvelle querelle, clandestine celle-là, celle « des modernes et des contemporains ».

Quelques livres évoquent ce point de vue : L'Art Caché. Les dissidents de l'Art contemporain, Sacré Art Contemporain. Évêques, inspecteurs et commissaires et L'imposture de l'Art contemporain. Une utopie financière. Nouvelle géopolitique de l'Art contemporain. Chronique dune domination économique et culturelle.

Médias[modifier | modifier le code]

Elle crée une collection d’entretiens d’artistes pour l’Institut des archives sonores de Franklin Picard, essayant ainsi d’approcher, grâce à leur récit, l’histoire de l’art de la seconde moitié du XXe siècle.

Elle dirige le Libre journal d’Aude de Kerros sur Radio Courtoisie, émission consacrée à une réflexion et à une exploration du domaine des arts visuels, en dehors des tendances dominantes.

Elle décrypte l'actualité de l'Art dans de nombreux articles publiés sur divers supports médiatiques. Elle écrit régulièrement sur la géopolitique de l'art dans la Revue Conflits.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est l'épouse d'Henri Josseran, qui fut militant pour l'Algérie française.

Participation à la vie artistique[modifier | modifier le code]

En 1979, elle crée avec le metteur en scène Dominique Leverd et Fanny Ardent, une association vouée aux expositions, création artistique, production théâtrale et de concerts : Art et Lumière. Cette association donne naissance à un Festival annuel : Le Festival de France, en l'Abbaye de Fontevraud. Ce Festival recevra le soutien actif de la Région des Pays de la Loire et de la Municipalité de Saumur. Une association qu’elle préside, Alliance pour une nouvelle culture, est créée en 1983, pour organiser un colloque analysant les choix gouvernementaux et administratifs, faisant alors polémique, en raison de la création de nouvelles institutions encadrant tous les aspects de la création artistique.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'Imposture de l'Art contemporain. Une utopie financière, Eyrolles, 2015.
  • Sacré Art Contemporain. Évêques, Inspecteurs et Commissaires, Éd. Jean Cyrille Godefroy, 2012 (ISBN 978 2 86553 233 9).
  • L'Art Caché : les dissidents de l'Art contemporain, Eyrolles[8], 2007 (ISBN 978-2212539332) ; réédition augmentée, (ISBN 978-2-212-55783-1).
  • Les Échelles du Ciel, Parme, Éditions du Savoir Perdu, 2001 (ISBN 88-88231-10-2).
  • Art Contemporain, manipulation et géopolitique : chronique d'une domination économique et culturelle, Eyrolles, 2019, 264 p.

Participations[modifier | modifier le code]

  • Le Beau, l'art et l'homme, émergence du sens esthétique.CNRS éditions, 2014 (ISBN 978-2-271- 08079-0). Sous la direction de Henry de Lumley. Contribution d'Aude de Kerros : « La beauté interdite en art : 1960-2013 », pp. 181 à 192.
  • De la Renaissance aux Lumières. Allemagne, France, Pologne (ISBN 978-83-7702- 895-7). Sous la direction de Leszek Kanczugowski, Contribution d'Aude de Kerros : « La Renaissance et les territoires imaginaires de l'Europe. Vision en perspective par un spectateur concerné », pp. 17 à 36.
  • A. de Kerros, M. Sallantin, P. M. Ziegler, 1983-2013. Les Années noires de la peinture. Une mise à mort bureaucratique ?, Éd. Pierre Guillaume de Roux, 2013 (ISBN 978-2-36371-044-4).
  • Art contemporain : Art ou mystification - Huit Essais, Moscou, Éditions Russkiy Mir, 2012 (ISBN 978-5-89577-168-6) — Textes en français et en russe de Jean Clair, Marc Fumaroli, J.P. Domecq, Aude de Kerros, Christine Sourgins, Boris Lejeune, Kostas Mavrakis, préface de Tania Goritcheva, postface de Bernard Dumont.
  • Sous la direction de Bernard Dumont et Christophe Reveillard, La Guerre civile perpétuelle, Éditions Artège, 2012 (ISBN 978-2-36040-072-0). Contribution d'Aude de Kerros : « L'art contemporain et la guerre contre soi-même ».
  • Sous la direction de Maxence Caron et Jacques de Guillebon, Philippe Muray, Éditions du Cerf, 2011 (ISBN 978-2-204-09536-5). Contribution d'Aude de Kerros : « L'Empire du Bien, vingt ans après ».
  • Bruno Bérard (dir.), Jacques Biés, Jean Borella, François Chénique, Kostas Mavrakis, Alain Santacreu, Wolgang Smith, Emmanue Tourpe, Jean Marc Vivenza, Pamphile, Qu'est-ce que la Métaphysique ?, Éditions de l'Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-12901-6). Contribution d'Aude de Kerros : « La grande crise métaphysique de l'art ».
  • Sous la direction d'Anne Sophie Beauvais, Sciences Po Paris, 140 idées pour la France, Éd. Temporis, 2015 (ISBN 978-2-37300-008-5). Contribution d'Aude de Kerros : « Libérons l'artiste de la concurrence déloyale de l'État ».
  • Sous la direction de Bernard Berthot, Nathalie Nabert et Dominique Ponneau, Goudji. Itinéraire d'une œuvre, Éd. Parole et Silence, 2016 (ISBN 978-2-88918-876-5). Contribution d'Aude de Kerros : « D'Est en Ouest », pp. 29 à 43.

Préface ou postface[modifier | modifier le code]

  • Nicole Esterolle, La Bouffonnerie de l'Art contemporain, préface, Éd. Jean Cyrille Godefroy, 2016 (ISBN 978-2-865532-650).
  • Georges Mathieu, Désormais seul en face de Dieu, postface, Éd. L'Âge d'Homme (ISBN 2-8251-1144-9).

Catalogues[modifier | modifier le code]

  • Le Banquet de la peinture. L'œuvre d'Igor Bitman, Collection « Terre des peintres », 2012 (ISBN 978-2-905816-45-0).
  • Artémis. L'atelier des Cyclades, Angers, musée Jean Lurçat de la tapisserie contemporaine, 2013 (ISBN 978-2-35293-043-3).
  • Contribution aux catalogues de Pierre Yves Trémois, Davide Galbiati, Joan Blondeel, Boré Ivanof, Yuri Gherman, etc.

Articles de revues[modifier | modifier le code]

Aude de Kerros publie régulièrement des articles dans Conflits, La Nouvelle Revue d'histoire, Artension, Le Débat, Commentaire, Nouvelles de l'estampe, La Nef, Kephas, Univers des Arts, les Cahiers de la Table Ronde, Liberté Politique, Catholica, Éléments, Valeurs actuelles, L'Homme nouveau, Il Covile, ainsi que des tribunes dans Le Monde, Le Figaro, Les Échos.

Elle publie régulièrement sur Internet des décryptages de l'actualité notamment dans Contrepoints, Le vadrouilleur Urbain, La Newsletter de Conflits.

Ouvrages en ligne[modifier | modifier le code]

Lisibles sur le site d'Aude de Kerros :

  • Avec André Chouraqui, Le cœur d'amour épris, Institut de l'Internet et du Multimédia, 2011-2012.
  • Le Chemin des étoiles, un chemin de Saint-Jacques gravé
  • Le Chant du monde, images de l'Apocalypse

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Laloup, « Un Français Libre parmi 61011. Tanguy Kerros alias de Kerros », sur francaislibres.net, .
  2. Tanguy Kerros est né à Porspoder, alias « de Kerros » dans son engagement aux Forces françaises libres (FFL). Il rejoint la France libre le pour répondre à l'appel du général de Gaulle. Il part d'Ouessant sur une barcasse, est récupéré en mer d'Irlande par les Britanniques et rejoint les FFL. Élève de la promotion 1942 de l'École navale anglaise à Dartmouth, il participe à la bataille de l'Atlantique d' à , date à laquelle il est hospitalisé, puis réformé. Après la guerre, il entre au ministère des Affaires étrangères et entraîne sa famille dans ses différents postes en Asie, en Amérique du Sud et en Israël. Il meurt en poste aux Pays-Bas[1].
  3. sciences-po.asso.fr.
  4. Université Paris 1, UER 07, le , Réf. n°000059.
  5. Le livre qui a changé ma vie (5/5) : Aude de Kerros.
  6. Décret du portant promotion et nomination sur le site legifrance.gouv.fr, .
  7. EXPOSITION DE PEINTURES : LES LABYRINTHES D'AUDE DE KERROS.
  8. [présentation en ligne].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]