Aude de Kerros

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Aude de Kerros
Portrait-Aude-de-Kerros-2008-2.jpg

Aude de Kerros en 2008.

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Aude de Kerros, née à Batavia dans les Indes orientales néerlandaises le , est un graveur, peintre, critique d'art et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aude de Kerros est issue d’une famille de marins, d’artistes et de juristes. Son père rejoint dès juin 1940 la France libre. D'abord FFL, puis élève de la promotion 1942 de l'École Navale des FNFL à Dartmouth, il participe à la bataille de l'Atlantique. Après la guerre, il entre au Ministère des Affaires Etrangères et entraîne sa famille dans ses différents postes en Asie, Amérique du Sud, Proche-Orient et Israël.

Études[modifier | modifier le code]

Son enfance et son adolescence sont ainsi marquées par les voyages. De retour en France pour ses études supérieures, elle partage ses années d’apprentissage entre la préparation d’un diplôme à l'Institut d'études politiques de Paris (obtenu en 1969)[1], d'une maîtrise en droit ( en 1972)[2], et la fréquentation des ateliers des graveurs Henri Goetz, S.W. Hayter et Johnny Friedlaender.

Gravure[modifier | modifier le code]

Ses études achevées, Aude de Kerros fait le choix de la gravure. Plus de quatre-vingt expositions en France et en Europe, à Berlin, Munich, Mayence, Rome, Gênes, Londres et Varsovie la font connaître. Elle est invitée et pensionnée par la fondation Konrad Adenauer, en 1984.

Ses œuvres figurent dans les collections du National Museum of Women in the Arts de Washington. Elle participe à l'exposition « De Bonnard à Baselitz » au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France à Paris.

Au centre d'un corpus de cinq cents eaux-fortes, huit cycles de gravures forment un ensemble lié par la même quête spirituelle: Paysages intérieurs, Iggdrasil, La Genèse, L'Hortus Conclusus, Le Cœur d'amour épris, Le Chemin des Étoiles, Le Chant du Monde, l'Art d'Aimer. Aude de Kerros a également un important œuvre peint[3].

Débats sur l'art[modifier | modifier le code]

À partir des années 1990, Aude de Kerros se fait également connaître par de nombreux articles de décryptage et d’analyse du monde de l’art, influencée par les écrits de Wladimir Weidlé[4]. Elle prend part au débat sur l’« art contemporain », donnant un point de vue d'artiste indépendant. Elle contribue, à titre de témoin, à l'histoire de l’art du dernier demi-siècle en décrivant les deux faces d'une réalité complexe: le monde visible de l'art financier international, le conceptualisme strict de l'art officiel français et les divers courants picturaux non agréés. Elle souligne la rupture qui s'opère en 1983, en France, quand sont affectées des subventions importantes, crées des structures institutionnelles, et un corps d' inspecteurs de la création. Cet appareil bureaucratique prendra en compte l'unique courant conceptuel et affirmera un art officiel, rompant avec la pratique établie en 1880 par Jules Ferry, d 'un retrait de l'État du choix des artistes à consacrer, mais honorant l'ensemble des courants en offrant un cadre prestigieux à leurs expositions. L'observation de ce principe à réuni à Paris l'ensemble des courants artistiques, de l'académisme aux avant gardes et a attiré dans la capitale artistes et amateurs du monde entier. Aude de Kerros met en scène l'interaction de ces réalités contradictoires, raconte les péripéties du débat souterrain sur l'art tout au long des quatre dernières décennies. Elle évoque son contenu, commente ses publications, fait la chronique d'une nouvelle querelle, clandestine celle-là, celle « des modernes et des contemporains ».

Trois livres, notamment, évoquent cette réalité : L'Art Caché - Les dissidents de l'Art contemporain, Sacré Art Contemporain - Evêques, inspecteurs et commissaires et L'imposture de l'Art contemporain - Une utopie financière.

Médias[modifier | modifier le code]

Elle crée une collection d’entretiens d’artistes pour l’Institut des Archives Sonores de Franklin Picard, essayant ainsi d’approcher, grâce à leur récit, l’histoire de l’art du dernier demi-siècle.

Elle dirige le Libre journal d’Aude de Kerros sur Radio Courtoisie, émission consacrée à une réflexion et à une exploration du domaine des arts visuels, en dehors des tendances dominantes.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Lauréate de l'Institut en 2012. Prix Adolphe Boschot de la critique d'art pour Sacré Art Contemporain - Evêques, inspecteurs et commissaires, Ed Jean Cyrille Godefroy

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'Imposture de l'Art contemporain - Une utopie financière, Eyrolles, 2015
  • Sacré Art Contemporain - Évêques, Inspecteurs et Commissaires, éd. Jean Cyrille Godefroy, 2012 (ISBN 978 2 86553 233 9)
  • L'Art Caché : les dissidents de l'Art contemporain, Eyrolles[7], 2007 (ISBN 978-2212539332) ; réédition augmentée, octobre 2013 (ISBN 978-2-212-55783-1)
  • Les Échelles du Ciel, Éditions du Savoir Perdu, Parme, 2001 (ISBN 88-88231-10-2)

Livres collectifs[modifier | modifier le code]

  • Le Beau, l'art et l'homme, émergence du sens esthétique.CNRS éditions, 2014, (ISBN 978-2-271- 08079-0). Sous la direction de Henry de Lumley.. Contribution d'Aude de Kerros: La beauté interdite en art: 1960-2013, p. 181 à 192,
  • De la Renaissance aux Lumières -Allemagne, France, Pologne (ISBN 978-83-7702- 895-7). Sous la direction de Leszek Kanczugowski, Contribution d'Aude de Kerros: La Renaissance et les territoires imaginaires de l'Europe - Vision en perspective par un spectateur concerné. ( p. 17 à 36).
  • 1983-2013 - Les Années noires de la peinture - Une mise à mort bureaucratique ?, Ed Pierre Guillaume de Roux, (ISBN 978-2-36371-044-4). Auteurs: A. de Kerros, M. Sallantin, P. M. Ziegler, 2013
  • Art contemporain: Art ou mystification - Huit Essais, Éditions Russkiy Mir, Moscou, 2012 (ISBN 978-5-89577-168-6) Textes en français et en russe de Jean Clair, Marc Fumaroli, J.P. Domecq, Aude de Kerros, Christine Sourgins, Boris Lejeune, Kostas Mavrakis, préface de Tania Goritcheva, postface de Bernard Dumont.
  • La Guerre civile perpétuelle, Éditions Artège, 2012 (ISBN 978-2-36040-072-0). Sous la direction de Bernard Dumont et Christophe Reveillard, Contribution d'Aude de Kerros : L'art contemporain et la guerre contre soi-même .
  • Philippe Muray, Éditions du Cerf, 2011 (ISBN 978-2-204-09536-5). Sous la direction de Maxence Caron et Jacques de Guillebon, Contribution d'Aude de Kerros  : L'Empire du Bien, vingt ans après .
  • Qu'est-ce que la Métaphysique ?, éditions de l'Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-12901-6)Sous la direction de Bruno Bérard, . Auteurs: Bruno Bérard, Jacques Biés, Jean Borella, François Chénique, Kostas Mavrakis, Alain Santacreu, Wolgang Smith, Emmanue Tourpe, Jean Marc Vivenza, Pamphile. Contribution d'Aude de Kerros: La grande crise métaphysique de l'art.
  • 140 idées pour la France Ed Temporis, 2015, (ISBN 978-2-37300-008-5), Sous la direction de Anne Sophie Beauvais - Sciences Po Paris: Contribution d'Aude de Kerros: Libérons l'artiste de la concurrence déloyale de l'État
  • Goudgi - Itinéraire d'une œuvre, Ed Parole et Silence, 2016 (ISBN 978-2-88918-876-5). Sous la direction de Bernard Berthot, Nathalie Nabert et Dominique Ponneau - . Contribution d'Aude de Kerros : D'Est en Ouest p.29 à 43

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • La Bouffonerie de l'Art contemporain, Ed. Jean Cyrille Godefroy, 2016, (ISBN 978-2-865532-650) de Nicole Esterolle, préface d'Aude de Kerros
  • Désormais seul en face de Dieu, Ed. L'Âge d'Homme, (ISBN 2-8251-1144-9), de Georges Mathieu, postface d'Aude de Kerros

Catalogues[modifier | modifier le code]

  • Le Banquet de la peinture. L'œuvre d'Igor Bitman, Collection « Terre des peintres », 2012 (ISBN 978-2-905816-45-0)
  • Artémis. L'atelier des Cyclades, musée Jean Lurçat de la tapisserie contemporaine, Angers, 2013 (ISBN 978-2-35293-043-3)
  • Contribution aux catalogues de Pierre Yves Trémois, Davide Galbiati, Joan Blondeel, Boré Ivanof, Yuri Gherman, etc

Articles de revues[modifier | modifier le code]

Aude de Kerros publie régulièrement dans nombre de revues dont Artension, Le Débat (Gallimard), Commentaire, Nouvelles de l'estampe, La Nef, Kephas, Univers des Arts, les Cahiers de la Table Ronde, Liberté Politique, Catholica, Éléments, Valeurs Actuelles, Kultur Austosch, Money Week, NRH, Vox Patrimonia, l'Homme Nouveau, Il Covile, Xerfi, etc. ainsi que des tribunes dans Le Monde, Le Figaro, Les Échos.

Dessins de Presse dans Conflits, revue de géopolitique

  • Artension
    • no 28 : « L’art contemporain : l’inéluctable schisme »
    • no 36 : « Marcel Duchamp détourné par la politique », 21 juillet 2007
    • no 38 : « Où est passé l'Art » ?, novembre 2007
    • no 39 : « C'est officiel, il n'y a pas d'art officiel ! », janvier 2008
    • no 44 : « Le Financial Art, son concept et son avenir », novembre 2008
    • no 46 : « Le dernier art officiel du XXe siècle », mars 2009
  • Le Débat (Gallimard)
    • no 150 : « L'impossible débat », mai 2008
  • Commentaire
    • no 11 : « L’art caché », automne 2005
  • Les Cahiers de la Table Ronde
    • « L’art en Révolutions », printemps 2005
  • Les Échos
    • « Financial Art à Versailles », 15 septembre 2008
    • « L'art contemporain et la titrisation du Néant », 22 octobre 2010
  • Le Monde
    • « L'effondrement du Financial Art », 23 décembre 2008
    • « Peut-on critiquer l’interaction de l’art et du marché sans être qualifié de “réactionnaires” ? »[8], 28 septembre 2015
  • Monney Week
    • no 111 : « Les reliques barbares vont-elles terrasser les arts conceptuels ? », 16 décembre 2010
    • no 116 : « Comment vendre le Néant ? », 27 juillet 2011
    • no 120 : « Spiritualité financière et saintes liquidités », 24 février 2011
    • no 125 : « L'art contemporain et ses chefs-d'œuvre de design financier », 31 mars 2011
    • no 128 : « Pourquoi la régulation a tué le marché de l'Art contemporain en France », 21 avril 2011
  • Liberté Politique
    • numéros 16, 17, 18, 19 (feuilleton) : « L’art sacré à la fin du millénaire »
    • no 22 : « Dialogue et transgression : La politique culturelle de la conférence des évêques de France »
    • no 37 : « Aliénations réciproques »
    • no 40 : « Un événement caché du débat sur la liberté de l'art »
    • no 41 : « L'Art contemporain du sermon de carême »
    • no 42 : « Tous les sacrés sauf un »
    • no 49 : « Une défense théologique de l'art contemporain », juin 2010
    • no 50 : « Art Sacré de l'Église ou de l'État ? » p. 77, septembre 2010
    • no 52 : « Note de Vocabulaire sur la notion d'Art », p. 201, septembre 2011
    • no 56 : « La Métamorphose du blasphème en Art », p. 171, janvier 2012
  • La Nef
    • no 196 : « Art et Sacré - L'impasse », septembre 2008
    • no 233 : « L'Art en déconstruction », janvier 2012
  • Conflits actuels
    • no 7 : « Le non art : art officiel et international 1960-2000 », printemps 2001
  • Contrelittérature
    • no 21 : « Au cœur de la dernière utopie », printemps 2008
  • Catholica
    • no 92 : « La métamorphose postmoderne et les théoriciens de l’Art contemporain », été 2006
  • Il Covile
    • no 585 : « Una difesa “teologica” dell’arte contemporanea », avril 2010
    • no 593 : « L’arte e la “grande crisi” », juillet 2010
    • no 672 : « La metamorfosi del blasfemo in arte », décembre 2011
    • no 719 : « Da Sacrè art contemporain », septembre 2012
  • Kephas
    • « Peut-on inculturer une contre culture ? », novembre 2005
  • Nouvelles de l'estampe
    • Divers articles sur les graveurs Jean Delpech, Albert Decaris, Sergio Birga, Pierre Yves Trémois, Jean Marie Granier, etc.
  • Le Bois gravé
  • Décryptage
    • « L’affaire Pinoncelli » (feuilleton)
    • « What's Next? - Une image pieuse de la post modernité », 1er octobre 2011
    • « Les maîtres du désordre - Sorciers, chamanes et performers - Une théorie de l'art sacré contemporain », mai 2012
  • NRH
    • « L'arme de l'Art contemporain », n° 65, mars avril 2013, pp. 50 à 52
  • Kultur Austausch
    • "Politische sind unglaubwürdig", Février 2015, p.65
  • Eléments, n° 162,
    • "L'invention du Marché de l'Art contemporain"

Ouvrage en ligne[modifier | modifier le code]

  • Avec André Chouraqui, Le cœur d'amour épris, Institut de l'Internet et du Multimédia, 2011-2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.sciences-po.asso.fr/profil/aude.dekerros69_1.
  2. Université Paris 1, U.E.R. 07, le 20 juin 1972, Ref n°000059
  3. Un œuvre peint signifie l'ensemble des œuvres peintes
  4. Le livre qui a changé ma vie (5/5) : Aude de Kerros
  5. Décret du 13 novembre 2009 portant promotion et nomination sur le site legifrance.gouv.fr, 2 février 2016.
  6. EXPOSITION DE PEINTURES : LES LABYRINTHES D'AUDE DE KERROS
  7. [présentation en ligne].
  8. Voir sur lemonde.fr du 28 septembre 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]