Mont-Dol

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mont.
Mont-Dol
La mairie de Mont-Dol.
La mairie de Mont-Dol.
Blason de Mont-Dol
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Saint-Malo
Canton Dol-de-Bretagne
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Dol et de la Baie du Mont Saint-Michel
Maire
Mandat
Marie-Élisabeth Solier
2014-2020
Code postal 35120
Code commune 35186
Démographie
Gentilé Mont-Dolois
Population
municipale
1 128 hab. (2014)
Densité 43 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 34′ 11″ nord, 1° 45′ 57″ ouest
Altitude Min. 1 m – Max. 62 m
Superficie 26,44 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Ille-et-Vilaine

Voir sur la carte administrative d'Ille-et-Vilaine
City locator 14.svg
Mont-Dol

Géolocalisation sur la carte : Ille-et-Vilaine

Voir sur la carte topographique d'Ille-et-Vilaine
City locator 14.svg
Mont-Dol

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Mont-Dol

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Mont-Dol
Liens
Site web www.mont-dol.fr

Mont-Dol est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en Région Bretagne et peuplée de 1 128 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Mont-Dol donne sur la baie du mont Saint-Michel, et est entouré des communes de Cherrueix, Baguer-Pican, Dol-de-Bretagne, Roz-Landrieux, Hirel et Le Vivier-sur-Mer.

La commune se distingue par son mont qui lui a donné son nom. Le mont Dol, d'une hauteur de 65 m, situé au centre de la commune à proximité de la ville de Dol-de-Bretagne, apparaît dans le marais de Dol, terre gagnée naturellement sur la mer, contrairement aux polders créés par l'homme à partir de la chapelle Sainte-Anne de la commune de Saint-Broladre en direction du Mont-Saint-Michel.

On peut distinguer deux types de marais, le marais blanc côté nord du mont (où selon la légende s'étendait la forêt de Scissy) vers la baie et le marais noir côté sud du mont vers Dol-de-Bretagne. Du haut du tertre on peut encore distinguer les différences car la couleur de la terre renseigne bien les différentes zones du marais.

Géologie[modifier | modifier le code]

Il y a 600 millions d'années, une chaîne de montagnes se forme : la chaine cadomienne. Une intrusion tardive de leucogranite à biotite et muscovite[1] a lieu il y a 525 millions d'années par fusion de la croûte terrestre : ce granite, recuisant les roches encaissantes, donne naissance aux roches cornéennes.

Il y a 335 millions d'années le filon de dolérite se met en place dans une fracture de l'écorce terrestre pendant une période de distension. Enfin, entre 325 millions d'années et aujourd'hui, l'érosion agit sur le granite, la dolérite, la roche cornéenne et les roches encaissantes. Les roches encaissantes étant moins résistantes à l'érosion, le mont Dol forme un relief par rapport au paysage environnant.

Exploitation de la roche[modifier | modifier le code]

Cent-soixante carriers ont travaillé à Mont-Dol sur l'exploitation de la roche. L'activité cessa en 1948 lorsque la commission des sites obtint l'arrêt de l'exploitation. Si les carrières n'avaient pas cessé le mont Dol aurait pu être coupé en deux. En effet la dolérite, roche très dure, traverse le mont Dol de part en part et les carrières exploitaient de chaque côté ce filon. La roche extraite du mont Dol avait plusieurs utilisations, la plus récente étant le ballast de la ligne de chemin de fer reliant Rennes à Saint-Malo.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La première référence au mont apparaît dans l'ouvrage médiéval Historia Brittonum. Attesté sous les formes Mons Doli en 1158, ecclesia de Monte Dolis au XVe siècle[2], Mont Dol (sans trait d'union) en 1793, Mont-Dol (avec trait d'union) en 1801, le nom actuel est apparenté au gallois dôl, « méandre », le mot s'appliquant à une terre entourée par la boucle d'une rivière. L'auteur celtisant Eloi Johanneau qui se piquait d'étymologie, le faisait dériver du breton taol, « table », mais cette hypothèse est une aberration linguistique[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site est fréquenté dès le paléolithique, il y a environ 70 000 ans, par des chasseurs néanderthaliens. En 1872, des carriers exploitant le granit mettent au jour des os géants qu'ils crurent de baleine. L'archéologue Simon Sirodot (1825-1903) entreprend alors la première grande fouille archéologique de Bretagne et découvre de nombreux ossements (traces d'une cinquantaine de mammouths, d'une douzaine de rhinocéros, d'une cinquantaine de chevaux, de lions, de cerfs, de bœufs), silex taillés (racloirs, outils pour débiter la viande et travailler les peaux) qui font du Mont-Dol le plus important site paléolithique breton[4]. Ses travaux pourtant rigoureux n'échappent pas à la polémique sur l'origine de l'homme[5], des personnes comme l'abbé Hamard se refusant à admettre la haute antiquité de l'homme. [6].

Mont-Dol et la religion[modifier | modifier le code]

Plan du temple païen et de l'ancienne chapelle du Mont-Dol.
Autel taurobolique du Mont-Dol.

Ce tertre dominant les marais, à 65 mètres de hauteur (comparable au mont Saint-Michel qui se dessine à l'horizon) ne pouvait que cristalliser les manifestations du sacré[7]. Il fut peut-être un haut lieu de culte païen : culte celte de Taranis[8] ? Cultes gallo-romains de Mithra, de Cybèle (au printemps et aux marées d'équinoxe) ? Des traces de temple (substructions, maçonnerie de pierres sèches à mi-coteau) sont encore visibles aujourd'hui aux visiteurs avertis. Saint Samson aurait fait édifier une chapelle dédiée à Saint Michel dès le VIe siècle dans l'enceinte d'un temple dédié à Cybèle[9]. Sous les ruines de cette chapelle ont été découverts deux anciennes tables-passoires qui correspondraient aux autels tauroboliques[10] élevés au culte de Cybèle[11]. Le bas d'un pilier fut aussi récupéré pour l'église en contre-bas[12].

L'église Saint-Pierre date des XIIe et XVe siècles. On peut découvrir sur les côtés de la nef principale des traces de fresques très anciennes représentant le cycle de la Passion. Certaines demeurent encore bien visibles aujourd'hui et la représentation du malin mangeant des hommes en enfer est très particulière. Au cœur de la nef, l'archange sous forme de statue en bois tient une place privilégiée où on le voit en train de terrasser le diable à l'aide de sa lance.

Légendes[modifier | modifier le code]

Beaucoup de légendes[13] courent sur le mont Dol, souvent liées à saint Michel. En voici quelques-unes : Celle-ci raconte la formation du relief : « Garguantua se promenait dans la baie du mont Saint-Michel et se sentit gêné dans sa botte, il enleva donc sa botte et la secoua pour chasser les cailloux qui le gênaient. Et c'est ainsi que les trois rochers provenant de la botte de Gargantua ont donné naissance au mont Saint-Michel, au rocher de Tombelaine et au mont Dol. »

Une autre raconte la formation de l'étang au sommet du mont : « Un jour le diable (très présent à Mont-Dol) construisit sur un rocher un immense palais (le Mont-Saint-Michel). Saint Michel voyant cela et jaloux du malin construisit au sommet du tertre dans la nuit un magnifique château de verre. Une fois terminé, il proposa au diable un échange. Le malin, impressionné par la beauté du monument, accepta sans hésitation. Mais au petit matin le palais commença à fondre puisqu'en fait il était non pas en verre mais en glace. Les eaux ont donc ruisselé et formé l'étang que l'on connaît aujourd'hui sur le sommet du tertre. »

Une autre concerne l'une des nombreuses chamailleries entre saint Michel et le diable : « En temps de grande sécheresse, le diable et saint Michel ont dû s'allier. L'archange proposa donc au malin de cultiver ensemble du blé. Le diable accepta volontiers et c'est ainsi qu'ensemble ils cultivèrent leurs céréales. Au moment de récolter saint Michel dit au diable si tu es d'accord, je prends ce qu'il y a au-dessus du sol et toi tu prends ce qu'il y en dessous. Le diable accepta et se retrouva bien entendu avec uniquement les racines du blé, alors que l'archange lui récolta nombre de graines. Ensuite saint Michel proposa au diable de cultiver des pommes de terre, le malin accepta mais émit une condition : À la récolte je prends ce qu'il y a au-dessus, et toi (saint Michel) tu prends ce qu'il y a en dessous, je ne me ferais pas avoir deux fois !. Bien entendu le diable ne récolta que le feuillage pendant que saint Michel dégustait les délicieuses pommes de terre qu'il venait de récolter. Le diable fou de rage s'en alla combattre l'archange. »

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur au monde croiseté d'or.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
     ?? Macé    
    Auguste Bourdais    
  mars 1989 Joseph Peltier    
mars 1989 mars 2001 Éliane Quesnel    
mars 2001 mars 2008 Charles Bourdais   Président du syndicat intercommunal du Guyoult
mars 2008 février 2010[14] Rémy Fontaine   Pharmacien retraité
avril 2010 en cours Marie-Élisabeth Solier[15] SE Employée
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune comptait 1 128 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2008, 2013, 2018, etc. pour Mont-Dol[16]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 388 1 521 1 665 1 713 1 854 1 897 1 926 1 934 1 873
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 786 1 750 1 860 1 859 1 882 1 849 1 861 1 822 1 710
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 617 1 654 1 615 1 508 1 373 1 302 1 280 1 229 1 245
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
1 111 1 105 1 060 1 046 1 111 1 095 1 216 1 136 1 128
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue depuis le mont Dol.
  • Église Saint-Pierre.
  • Chapelle Saint-Michel.
  • La tour Notre-Dame-de-l'Espérance ou de Bonne-Espérance, piédestal d'une statue de Notre-Dame : tour octogonale en granite construite en 1857 à l'initiative du recteur du Mont-Dol, l'abbé Deminiac. La statue géante sur la plate-forme supérieure est l'œuvre du sculpteur rennais Rouaux[19].
  • Deux moulins.

La chapelle Saint-Michel[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint-Michel au sommet du mont Dol.

Une chapelle aurait été édifiée par Saint Samson dès le VIe siècle. Tombant en ruines, on la renverse complètement en 1802 pour faire servir ses matériaux à la construction de la cage du télégraphe de Chappe qui sera un point clef de la ligne Paris-Brest. Le télégraphe électrique, basé sur le morse, ayant rendu obsolète le télégraphe optique de Chappe supprimé en 1854, la commune récupère le bâtiment désaffecté et le recteur du Mont-Dol, l'abbé Deminiac, décide en 1857 d'en faire une petite chapelle consacrée à Notre-Dame de l'Espérance, protectrice des laboureurs et des marins. L'abbé ne laisse que le rez-de-chaussée[20] et rétablit la fonction première du bâtiment[21].

Les moulins[modifier | modifier le code]

Un des deux moulins de Mont-Dol.

Il y a deux moulins sur le sommet du mont Dol. L'un, qui a perdu ses ailes au début du XXe siècle, appartient à un propriétaire privé. Le second, le moulin du Tertre, construit en 1843, n'est plus exploité depuis 1954 mais est encore aujourd'hui en état de fonctionnement. Il appartient à la commune et est géré par l'association des Courous d'pouchées (littéralement en gallo : « coureurs de sac »).

Il y a eu deux autres moulins dans le marais mais ceux-ci n'ont pas fonctionné très longtemps.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014, légale en 2017.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chantal Bonnot-Courtois, Bruno Caline, Alain L'Homer, Monique Le Vot, La Baie du Mont-Saint-Michel et l'estuaire de la Rance, Éditions Technip, , p. 15
  2. « Etymologie et Histoire de Mont-Dol », infobretagne
  3. Gwenc'hlan Le Scouëzec, Jean-Robert Masson, Bretagne mégalithique, Seuil, , p. 70.
  4. Pierre-Roland Giot, Jean L'helgouac'h, Jean-Laurent Monnier, Préhistoire de la Bretagne, Ouest-France Université, , p. 96-100.
  5. Simon Sirodot, Conférence faite le 17 mai 1873 à la Société d’émulation des Côtes-du-Nord sur les fouilles exécutées au Mont-Dol (Ille-et-Vilaine) en 1872, éditeur Francisque Guyon, 49 p.
  6. M. l'abbé Hamard, Le gisement préhistorique du Mont-Dol (Ille-et-Vilaine) et les conséquences de cette découverte au point de vue de l’ancienneté de l’Homme et de l’Histoire, éditeur Plihon, 1877, 270 p.
  7. Louis Pape, La Bretagne romaine, Ouest-France Université, , p. 175-176.
  8. Hypothèse fondée sur un nom ancien du mont Dol, Mons Jovis (Mont de Jupiter, à l'époque gallo-romaine un lieu consacré à Taranis, le Jupiter celtique. La découverte dans un manuscrit d'une abbaye de Clermont-Ferrand relatant la vie de Saint Turiau, évêque de Dol, d'un nom plus ancien Lecteren , issu peut-être d'une évolution de Lexo-Taranis, le « lieu sacré de Taranis », appuie cette hypothèse.
  9. Cet édifice se trouvait sur la pointe orientale, entre la petite chapelle actuelle et la tour octogonale surmontée par la statue monumentale de la Vierge.
  10. Gilles Déric, Histoire ecclésiastique de Bretagne, tome IV, 1780
  11. Le temple possédait, à sa partie orientale, deux autels-passoires en pierre, dont la table, percée de trois rangs de neuf quadrilatères en entonnoir, reposait, par ses bords sur trois pièces de support, de manière que l'autel restât creux. Ces autels sont détruits en 1802 pour utiliser ses matériaux à la construction du télégraphe de Chappe. Une maquette du plus grand des autels a été faite.
  12. Il est encore en place aujourd'hui, il s'agit du pilier gauche lorsque l'on rentre face à la nef, doté de croix de christianisation gravées à sa base. Des croix de christianisation sont également présentes sur un rocher en haut du tertre.
  13. Légendes sur www.mont-dol.net
  14. Décès de Rémy Fontaine, maire de Mont-Dol sur saint-malo.maville.com, 24 février 2010
  15. « Marie-Elisabeth Solier réélue maire », Ouest-France, 1er avril 2014.
  16. Date du prochain recensement à Mont-Dol, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  19. Tour Notre-Dame-de-l’Espérance
  20. Aujourd'hui, il encore possible de voir les anciennes pierres du télégraphe.
  21. Eugène Royer, Joël Bigot, Guide des chapelles en Bretagne, Éditions Jean-Paul Gisserot, , p. 28.
  22. Déclaration de l'évêque de Dol, 1575

Liens externes[modifier | modifier le code]