Transgression flandrienne

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On appelle première transgression flandrienne l'épisode où, au Pléistocène récent, à la fin de la dernière glaciation de Würm, c'est-à-dire il y a environ de 17 000 à 10 000 ans, l'eau des inlandsis a fondu et entrainé une remontée du niveau de la mer (d'environ 100 m) : à cette époque la Manche, puis les Pays-Bas et les Flandres belge et française se sont trouvées envahies par la mer, d'où le nom de cet épisode.

En effet, la transgression, en géologie, est un déplacement de la ligne de rivage vers l'intérieur des terres, due à un affaissement continental ou à une élévation du niveau de la mer ou à une conjonction de ces deux situations (par exemple en période de réchauffement climatique).

Toutefois, l'eau n'est pas montée de manière régulière. Il y a eu succession de transgressions et régressions. Les transgressions provoquées par une élévation de quelques mètres du niveau de la mer par rapport au niveau actuel expliquent le phénomène des plages suspendues, formées parfois de cordons de galets fossilisés, visibles par exemple le long du littoral de la Baie d'Audierne où il a été décrit par Pierre-Roland Giot et André Guilcher dès 1946.

Rappels concernant l'holocène récent[modifier | modifier le code]

En paléoécologie, on le découpe souvent en :

  • préboréal (vers -10 000) ; subboréal moyen, Boréal moyen
  • boréal ;
  • Atlantique (atlantique ancien ; atlantique récent);
  • subboréal (correspondant à la période de Régression subboréale)
  • subatlantique (-1 000), avec remobilisation dunaire du Petit age glaciaire (- 1300/1500 cal AD)

Évolution du niveau marin[modifier | modifier le code]

Brignogan-Plages : rochers dans la campagne témoignant de la transgression flandrienne 1
Brignogan-Plages : rocher dans la campagne témoignant de la transgression flandrienne 2

On sait que dans l'Atlantique, l'eau est montée de 1,2 mm/an en moyenne, avec une accélération forte dans la période récente dite de « civilisation industrielle » (en gros, après 1850) : la cause n'en est pas encore scientifiquement déterminée, car les mesures précises de ce phénomènes sont trop récentes (Topex-Poséidon, Jason, Envisat…) pour être comparée aux phénomènes qui se sont produits à l'échelle des temps géologiques récents (plutôt quelques milliers d'années que quelques dizaines d'années) ; des causes anthropiques sont plausibles, mais encore discutées dans leurs proportions.

En Flandre maritime, comme aux Pays-Bas, depuis le haut Moyen Âge, l'homme n'a cessé de lutter pour gagner des terres sur la mer, en créant des polders : ceci pour des raisons agricoles.

En 2005, il est admis que, la disette n'atteignant plus les populations, il était plus important d'avoir une politique d'aménagement du rivage et du littoral concertée. Un programme important de suivi satellitaire est engagé pour permettre aux géologues et géographes de prendre la mesure du phénomène. D'autre part, les mesures dans les mares, marais ou tourbières avoisinant le rivage permettent aisément de remonter, sur la dizaine de milliers d'années antérieures, au calcul du niveau de la pleine mer : ainsi les travaux des géologues de terrain complètent-ils le travail des géophysiciens.

En France, les bas-pays se trouvent dans les deux baies classées de l'Atlantique : la baie du Mont Saint-Michel (les prés-salés sont connus pour leurs moutons) et la baie de la Somme (les bas-champs de Cayeux) ; on compte aussi le bas pays de Montreuil, entre Canche et Authie, le Golfe du Morbihan (Quiberon et Vannes) : dans ces zones les apports alluvionnaires, y compris ceux déplacés le long de la côte par les courants et répartis dans les estuaires par la marée, tendent naturellement à combler ces estuaires ; la transgression qui à l'origine était progressive et à l'origine de la formation de la Manche et du Golfe du Morbihan, est aujourd'hui plutôt dégressive dans ces estuaires qui dès lors s'élargissent en grignotant les terres tout autour pour les combler en format des zones de marais (de plus les basses profondeurs favorisent la colonisation par la flore et l'accumulation de dépôts organiques, ce qui joue un rôle modérateur de l’évolution progressive de la transgression).

En revanche dans la Camargue, proche de la Méditerranée, la transgression est ici due à la diminution des apports alluviaux du Rhône, sans que des courants marins le long de la côte viennent compenser cette évolution : la mer « ronge » alors lentement le delta, tendant encore à l'élargir mais sans parvenir à le combler, alors que les alluvions sont progressivement entrainés vers le large dans des fosses sous-marines assez profondes, et l'évolution de la transgression méditerranéenne dans les estuaires est redevenue progressive ; le même phénomène est encore plus visible dans le delta du Nil ou dans les pays d’Asie du Sud où la progression est accentuée par une érosion importante par les fleuves.

D'autres transgressions ont lieu aussi dans les atolls du Pacifique ou les îles volcaniques des Caraïbes, d'une part à cause de l'effondrement progressif du plancher océanique par déformation élastique, mais aussi à cause de l'érosion marine (quand elle n'est pas freinée ou compensée par la croissance des dépôts organiques et minéraux par les massifs coralliens) et l'élévation du niveau des océans sous l'influence du climat : la mer finit par ouvrir des passes qui s'élargissent en séparant les îles qui apparaissent autour de l'anneau volcanique, en même temps que ces îles (au moins celles qui n'ont pas d'activité organique suffisante pour la croissance de la fragile végétation), continuent de s'enfoncer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]