Matra (entreprise)

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MATRA
Description de l'image Matra logo.gif.
Création 1937
Fondateurs Marcel Chassagny
Personnages clés Marcel Chassagny, Jean-Luc Lagardère, Sylvain Floirat
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Jacques Bonneville
Société mère Lagardère SCA

Matra (acronyme de Mécanique Aviation TRAction) est une entreprise fondée en 1937. Historiquement, elle couvre une large palette d'activités dans l'aéronautique, l'aérospatiale, l'automobile, le sport automobile, le transport, les télécommunications et la défense. Elle s'est progressivement orientée vers les métiers de la presse, des médias, de l'entertainment et du sport sous l'impulsion de Lagardère SCA, en particulier sous le nom de Matra-Hachette.

Historique[modifier | modifier le code]

Marcel Chassagny, sur les ruines de la Société des Avions Bernard en liquidation judiciaire, crée en 1937 la Capra (Compagnie anonyme de production et réalisation aéronautique). La société vit alors de contrats de sous-traitance[1]. Marcel Chassagny en est tout à la fois son fondateur, son dirigeant et l'un de ses actionnaires.

Repliée en zone libre au début de la Seconde Guerre mondiale dans la région de Toulouse, la Capra est renommée Matra en 1941, pour fabriquer de l'armement pour le compte des forces armées d'occupation. En 1942, après l'occupation de la zone libre, la société revient à Paris. Elle échappe aux sanctions à la Libération grâce à Jacques Piette, haut fonctionnaire socialiste chargé de faire le tri des entreprises collaborationnistes.

Après guerre, Matra se spécialise dans les lance-roquettes, puis dans les missiles. En 1962, elle se diversifie d'une part dans l'aérospatiale et d'autre part dans les activités de René Bonnet, l'automobile et la plasturgie. Elle est alors présente dans l'armement, l'aérospatiale, l'aéronautique, la construction automobile, le sport automobile et les sports nautiques. Elle construisait aussi des piscines qui avaient une forme de dôme avec des rangées de hublots tout le long.

En 1977, Jean-Luc Lagardère devient PDG de Matra. La société rencontre des succès dans les satellites, les missiles ou des matériels militaires C3I. Matra rachète Europe 1 puis Hachette, Manurhin (armes terrestres, machine-outil), Péritel et Depaepe (téléphone), Matra-Harris (composants), Jaeger et Jaz (horlogerie), Solex. Matra sponsorise l’équipe de football du Racing Club de Paris. Matra transport est à l’origine du Véhicule automatique léger à Lille[2],[3].

En 1981, le nouveau gouvernement socialiste nationalise toutes les entreprises de Défense. Jean-Luc Lagardère obtient que l’État ne prenne que 51 % du capital, mais la branche communication doit rester séparée des autres métiers industriels. Le groupe va alors rencontrer quelques difficultés dans le secteur civil, il se désengage de certains secteurs pour ne garder que ses filiales automobiles (avec le modèle Espace distribué par Renault), de téléphone et d’informatique. Dans le secteur militaire, Matra, comme ses concurrents, doit faire face à une baisse des crédits européens de la Défense[3]. En 1987, Matra est privatisé, Jean-Luc Lagardère en devient l’actionnaire de référence alors qu'il en possède seulement quelque 5 % à 6 %[4].

Hachette de son côté reprend La Cinq, opération qui se termine par la liquidation de la chaîne, qui engloutit tous les fonds propres du groupe. Jean-Luc Lagardère y voit son « plus grave échec ». Il crée alors Lagardère SCA afin de ré-équilibrer les finances de Matra d’une part et de Hachette d’autre part. Grâce au statut de société en commandite par actions, Jean-Luc Lagardère conserve le contrôle de la gestion avec quelque 10 à 13 % des actions. Mais, comme associé gérant à titre personnel, il est responsable du passif sur ses biens propres. Son fils unique Arnaud est désigné comme son successeur[2].

En 1992, lors de la vente des Mirages de Taïwan par un groupement réunissant Thomson-CSF, Snecma, Dassault Aviation et Matra, ce dernier réussit lors des négociations à doubler sa part dans le contrat, au détriment de ses partenaires. Le président de Thomson, Alain Gomez va alors chercher à faire payer Matra. Il monte alors l’opération « Couper les ailes de l’oiseau » qui à coup de guérilla judiciaire aboutira à une haine tenace entre les états-majors des deux entreprises[5].

En 1996, le gouvernement français souhaite privatiser Thomson avec une « logique européenne ». Candidat, Matra va alors nouer des annonces avec le britannique General Electric Company et l’allemand DASA[6]. Auparavant, Matra et British Aerospace avaient mis en commun leur activité missile tactique avec la création de Matra BAe Dynamics (qui est à l’origine de MBDA)[7]. Bien que Thomson soit repris par Alcatel, ce sera Matra qui sera à l’origine de la consolidation des industries de la Défense. En effet en 1999, grâce à Jacques Chirac, Lionel Jospin, et Dominique Strauss-Kahn, le petit Matra fusionne alors avec aerospatiale, groupe public pourtant beaucoup plus important et plus diversifié, qui pilote les géants mondiaux Airbus et Ariane, devenant le groupe aerospatiale-Matra, lors de sa privatisation, avec Jean-Luc Lagardère à sa tête[4]. Un an plus tard, aerospatiale-Matra formera avec l’allemand DASA et l’espagnol CASA le groupe EADS[8]. Mais l'implication du groupe Lagardère sera de courte durée : en 2012, les actions EADS seront vendues avec une plus value pour Lagardère d'1,8Md €.

Présidents-Directeurs Généraux[modifier | modifier le code]

Automobile et sport automobile[modifier | modifier le code]

L'entrée de l'usine Matra à Romorantin-Lanthenay.

Le nom Matra devint célèbre en 1964 quand il vint dans la construction automobile en reprenant l'acquis des Automobiles René Bonnet. La première Matra produite fut en fait une évolution de la René Bonnet Djet, rebaptisée Jet. La première voiture de conception propre était la 530, puis la Bagheera en 1973, puis la Rancho en 1977, un des premiers véhicules de loisirs, puis le succès de production ira culminant avec la Renault Espace. Il entra en Formule 1 en 1968 et Jackie Stewart devint champion du monde l'année suivante au volant d'une Matra Sports propulsée par le moteur Cosworth. En course d'endurance avec son moteur V12 Matra Sports, la 670 gagna aux 24 Heures du Mans en 1972, 1973 et 1974, et remporta le championnat du monde des marques en 1973 et 1974.

En raison de ventes insuffisantes de l'Avantime en 2003, et alors que Renault cessait de confier la fabrication de l'Espace à Matra pour la transférer dans sa propre usine de Sandouville, l'usine de Romorantin est fermée cette même année avec la vente aux enchères du commissaire-priseur industriel Roux Troostwijk[10].

En septembre 2003, le groupe Pininfarina SPA fait l'acquisition des activités d'ingénierie, d'essais, d'avant-projets et prototypes de Matra Automobile. La société d'ingénierie ainsi créée a pour nom Matra Automobile Engineering[11], rachetée en 2009 par Segula Technologies.

Les activités automobiles non cédées, dont l'activité liée aux pièces de rechange toujours implantée à Romorantin, sont regroupées au sein de Matra Manufacturing & Services[12]. En 2004, Matra Manufacturing & Services a adopté une stratégie de développement technologique et de produits ainsi que de Marketing dans le domaine des véhicules récréatifs, électriques légers et de proximité. L'entreprise aujourd'hui développe, produit et commercialise, du deux au quatre roues, des solutions de transport électrique de proximité. Elle fait toujours office de société innovante grâce à des produits comme son vélo électrique Iflow, son scooter Emo qui ont accumulé les premiers prix.

Transport[modifier | modifier le code]

  • Métro de type VAL

Matra Transport a été racheté par Siemens et renommé Siemens Transportation Systems.

Défense[modifier | modifier le code]

  • Missiles sol-sol
  • Missiles sol-air
  • Missiles air-air
  • Missiles mer-mer
  • Missile nucléaire ASMP

Espace[modifier | modifier le code]

  • Fusée Diamant BP4 Case à équipements, case de basculement
  • Fusée Ariane Case à équipements
  • Satellite D2B
  • Satellites de télécommunication Eurostar
  • Satellites d'observation (Spot, Helios)
  • Radiomètre du satellite METEOSAT

La société Matra Espace est maintenant devenue Astrium, la division spatiale d'EADS.

Télécommunications[modifier | modifier le code]

Matra a créé une filiale spécialisée dans les télécommunications. Elle s'est appelée d'abord TEMAT (Téléphones Matra), puis Matra Communication, puis Matra Nortel Communications lorsque Nortel a pris une participation dans cette filiale.

Elle avait plusieurs activités :

Ses activités étaient principalement situées :

La société a ensuite été démantelée petit à petit, notamment à la suite de l'explosion de la bulle Internet, qui a fortement affecté Nortel. Ce qu'il en reste aujourd'hui :

  • L'activité communication d'entreprise, après un passage chez EADS, a été reprise par Aastra Technologies
  • L'activité communications sécurisées est maintenant le cœur d'EADS Defence and Communication Systems
  • L'activité Réseaux radio mobile a été reprise par Nortel Networks
  • Les activités de développement de terminaux de télécommunications (téléphones compris) a été reprise par le groupe BRIME Technologies puis par Assystem et a étendu ses activités à d'autres types de produits électroniques.
  • Les activités industrielles ont été reprises par Solectron (en) puis par Asteel, Novatech et Lagassé.
  • Les activités commerciales de vente de terminaux grand public ont été reprises par le groupe suédois Doro, ses produits proviennent de ce groupe mais sont encore parfois commercialisés sous le nom Doro Matra.
  • La filiale Matra Nortel Communication Distribution a été vendue au groupe SPIE, donnant naissance à la société Spie Communications.

Logiciel[modifier | modifier le code]

Matra Datavision a créé et distribué des logiciels de CAO et CFAO dont Euclid[13]. Racheté par IBM en 2002 [14].

En 2010[modifier | modifier le code]

Sa branche aérospatiale est maintenant appelée Astrium. Les missiles ont été repris par EADS MBDA groupant Aérospatiale Missiles et Matra devenue MBD Matra Bae Dynamics (en), Otomelara. Matra Transport a depuis été repris par Siemens Transportation Systems.

Réalisations marquantes[modifier | modifier le code]

Bombes Durandal anti-pistes embarqué par un F-111 de l'USAF en 1981.
Poste de tir Mistral
  • Dans les années 1960, elle a construit les deux prototypes du Moynet Jupiter.
  • Elle a produit différents missiles :
  • Dans les années 1970, elle a construit le VAL, métro automatique à petit gabarit.
  • Elle produisit un micro-ordinateur personnel en collaboration avec Tandy, le Matra Alice.
  • En collaboration avec MM. Bouhot et Cottin sous le nom de MBC, Matra produisit également une gamme de micro ordinateurs Alcyane comprenant des A6 monopostes et des A10 multipostes. Le système d'exploitation Alcybase avait comme particularité intéressante d'être à la fois un système d'exploitation et un langage de programmation.
  • téléphones
    • commercialisés sous la marque Matra
      • TM1 (poste électronique)
      • gamme Contact
        • Ambiance (filaire avec écoute amplifiée)
        • Multi (poste avec afficheur)
        • Espace (mains-libres, une version avec télécommande infra-rouge a existé)
        • Latitude (un des premiers sans-fil analogiques CT0 en France)
        • Amplitude (la version avec écoute amplifiée sur la base)
      • gamme Nautila (100, 200)
      • gamme Sensoria (200, 220, 400, 420)
      • gamme professionnelle MATRACOM (30, 40, 50, 60)
      • gamme de postes numériques d'entreprise MATRACOM
        • 410, 510, 610
        • puis 420, 520, 640
      • Un produit CT2
      • Gamme DECT Matra 200, 250, 450, M30, M40
      • Répondeurs gamme Odea 30, 35
    • commercialisés par France Telecom
      • S63 (le poste à cadran de l'administration française des Télécommunications, et sa version avec clavier DTMF)
      • Alto, Rondo, Soprano, Soprano+
      • Chorus (= TM1)
      • Aria, Aria Intercom (= Latitude et Amplitude)
      • Amarys 100, 200, 220, 400
      • Amarys 150SF, 250SF (sans fil CT0 monocanal)
      • Amarys 155SF, 255SF, 265SF, 365SF, 465SF (sans-fil CT0 multicanal)
      • Amarys 275, 285 (DECT)
  • terminaux hors téléphones
    • Minitel 5 (écran plat)
    • Visiophone Visages
  • GSM
    • MATRA 2082 (B215 Bouygues)
  • PABX
    • Digimat
    • Gamme M650x

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vincent Nouzille et Alexandra Schwartzbrod, L'acrobate, Seuil,‎ , 348 p.
  2. a et b Jacques Isnard, « L'aigle à deux têtes de Jean-Luc Lagardère », Le Monde,‎
  3. a et b Françoise Vaysse, « Matra : haute technologie,petits profits », Le Monde,‎
  4. a et b Anne-Marie Rocco, « La plus belle victoire industrielle de Jean-Luc Lagardère », Le Monde,‎
  5. Jacques Follorou, « Sur fond d'espionnage, la rivalité entre Thomson et Matra devant le tribunal correctionnel », Le Monde,‎
  6. Christophe Jakubyszyn et Anne-Marie Rocco, « Matra lance la restructuration européenne avant la privatisation de Thomson-CSF », Le Monde,‎
  7. Christophe Jakubyszyn, « British Aerospace et Lagardère fusionnent dans les missiles tactiques », Le Monde,‎
  8. Christophe Jakubyszyn, « EADS, futur géant européen de l'aéronautique, constitue son équipe avant sa création en juin », Le Monde,‎
  9. sitematrarama.free.fr
  10. [1], Article Chalenges, décembre 2003
  11. Matra Automobile Engineering
  12. Matra Manufacturing & Services
  13. [2], Disparition de l'un des pères de la CAO française
  14. « IBM rachète Matra Datavision », L'Usine Nouvelle,‎ [3]