Société d'électronique et d'automatisme

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La Société d'électronique et d'automatisme, fondée en 1948 par François-Henri Raymond[1], construit et met en service en 1955 les premiers ordinateurs français. La SEA jouera un rôle d'entrainement prépondérant dans le développement d'une filière informatique française, formant des générations d’ingénieurs et installant 170 ordinateurs entre 1955 et 1967[2].

Deux ans après la création de la société, un accord est passé en 1950 avec la Compagnie des machines Bull, mais les réunions de travail constatent une trop grande divergence sur la politique de produits à adopter pour qu'une collaboration réelle puisse s'engager.

La même année, la SEA commercialise un simulateur avec le calculateur numérique OME12, puis développe le Généphone (utilisant la puissance de la voix comme source d'énergie), qui sera transféré en 1956 à SIKEC alors filiale de Thomson.

La société a rapidement des marchés militaires et développe en 1951 le CUBA (Calculateur Universel Binaire de l'Armement) son premier calculateur numérique, puis installe au SDECE le CAB1011, système cryptographique.

Devenue en 1958 une filiale de Schneider-Westinghouse, la SEA dispose de moyens industriels accrus. Elle développe alors des ordinateurs de "2e génération": - un ordinateur de gestion à bandes magnétiques, conçu en collaboration avec le Crédit Lyonnais, le CAB3900, surnommé CABAN (Calculateur Bancaire). - le CAB500, petit calculateur scientifique doté d'une mémoire à tambour et d'une logique à base de composants magnétiques[3]. Il s'agit d'un véritable ordinateur personnel, livré à partir de 1961. Le CAB500 sera aussi vendu, à partir de 1963 par la Compagnie des machines Bull, alors mise en grande difficulté par IBM, et qui cède en échange à la SEA son usine des Andelys.

La SEA développe ensuite un ordinateur très différent, CAB1500, machine-langage inspirée par le langage Algol et les architectures à pile. Un prototype sera construit, mais sa commercialisation stoppée par le Plan Calcul. En 1964, la SEA signe un « memory of understanding » avec Control Data Corporation donnant à SEA l'accès aux technologies et aux périphériques du nouveau spécialiste américain des supercalculateurs, mais qui n'aura pas de suites pour la même raison – du reste CDC a établi sa propre filiale commerciale en France.

La SEA sera fusionnée en décembre 1966 avec la Compagnie européenne d'automatisme électronique, filiale commune de la Compagnie générale d'électricité, CSF, et Intertechnique, pour créer la Compagnie internationale pour l'informatique (CII), dont la priorité sera rapidement l'informatique distribuée, incluse au cœur du calculateur Iris 80.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. François-Henri Raymond pionnier de l'informatique française
  2. Pierre-Eric Mounier-Kuhn, « La SEA, matrice des grands DSI français », Le Monde Informatique, no 834,‎ , p. 80
  3. Calculatrice électronique CAB 500 (1962) sur histoireinform.com

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