Guy Boniface

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Guy Boniface

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Fiche d'identité
Naissance
à Montfort-en-Chalosse (Landes, France)
Décès à 31 ans
Taille 1,75 m
Surnom la Souris
Position Centre
Carrière en junior
Période Équipe  

1952-1958
AS Montfort-en-Chalosse
Stade montois
Carrière en senior
Période Équipe M (Pts)a
1957-1968 Stade montois
Carrière en équipe nationale
Période Équipe M (Pts)b
1960-1966 France 35 (45)[1]

a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.

Guy Boniface né le à Montfort-en-Chalosse, dans les Landes et mort le dans un accident de voiture sur une route des Landes, est un joueur de rugby à XV international français. Il évolue durant sa carrière de joueur au poste de trois-quarts centre aux côtés de son frère aîné, André Boniface.

Il compte trente-cinq sélections en équipe de France entre 1960 et 1966. Il marque quinze essais. Il évolue dix années avec le club du Stade montois de 1958 à 1968. Il est un des acteurs de la victoire française lors de deux Tournois des Cinq Nations (1960 et 1961). Il est Champion de France en 1962-1963.

Biographie[modifier | modifier le code]

Antoine Blondin a attribué aux « frères Boni », le premier usage de la passe croisée en ces termes : « La célèbre passe croisée, que les deux frères illustrèrent sur toutes les pelouses du monde et portèrent à sa plus ample perfection, était entre leurs mains la passe d'un croisé à l'autre. La Terre Sainte, ainsi appelle-t-on l'en-but adverse, n'était pas chez eux un vain mot »[2].

Lors du tournoi des Cinq Nations 1963, l'équipe de France s'incline à deux reprises, mais termine deuxième du Tournoi. Les 40 points des Français sont inscrits par l'ouvreur dacquois Pierre Albaladejo (16 points, 1 pénalité, 1 drop, 5 transformations), Christian Darrouy (9 points, 3 essais), Guy Boniface (9 points, 3 essais) et André Boniface (6 points, 2 drops), tous les quatre joueurs landais[3].

En 1963, Guy Boniface et son club se qualifie pour la finale. La finale du championnat de France disputée à Bordeaux suscite beaucoup de ferveur dans les Landes, puisque le Stade montois est opposé aux coéquipiers de Pierre Albaladejo, l'US Dax. 40 kilomètres séparent les deux villes, la préfecture et la sous-préfecture; aucun des deux clubs n'a encore gagné le titre[4]. Parmi les nombreuses couvertures médiatiques sur la semaine précédant l’événement sportif landais, l'une des plus notables est à l'initiative du journal régional Sud Ouest. Les rédactions départementales organisent une rencontre sur terrain neutre entre les capitaines et entraîneurs des deux clubs : Pierre Albaladejo et Jean Desclaux face à André Boniface et Fernand Cazenave répondent ainsi aux questions de la presse à Tartas, commune à équidistance des deux cités landaises concernées[5].

Le , pour le premier match du tournoi, la ligne d'attaque est composée par Jean Capdouze-Christian Darrouy-Jean Piqué-Guy Boniface-Jean Gachassin-Paul Dedieu[6]. Jean Capdouze, champion de France 1963-1964 avec la Section paloise, débute le tournoi des Cinq Nations 1965 au poste de demi d'ouverture avant de se blesser[7] et de perdre sa place pour la quatrième rencontre au profit de Jean Gachassin, qui glisse de l'aile à l'ouverture pour les trois derniers matchs de l'année 1965.

Le au stade olympique Yves-du-Manoir de Colombes, l'équipe de France reçoit celle du pays de Galles. C'est la première fois que les frères André et Guy Boniface jouent ensemble à Colombes, avec Jean Gachassin à l'ouverture[8]. « Si on ne voulait pas se planter, se rappelle Gachassin, il fallait prendre les avants avec nous. Il fallait leur parler pour qu'ils se battent comme jamais et qu'ils nous donnent de bons ballons (…) On avait donc conditionné Michel Crauste, notre capitaine et mon capitaine à Lourdes qui avait passé le message devant. » Dans les couloirs de Colombes, au moment de pénétrer sur la pelouse, Jean Gachassin déclare: « Ces sélectionneurs, ils nous emmerdent ! Maintenant, on est sur le terrain et on fait ce qu'on veut ! » [9] À l'issue de la première mi-temps, la France mène 19 à 0 grâce à quatre essais, dont deux de Guy Boniface et un d'André Herrero de près de 80 mètres[8]. Jean Gachassin est à l'origine de l'essai, les frères Boniface à la manœuvre et un avant, André Herrero, à la conclusion[8]. Le score final est de 22 à 13 pour les Français. Outre la qualité du match [9], l'arbitre irlandais, Gililand, est remplacé à la 32e minute par son suppléant français, Bernard Marie[10]. Il s'agit de la première fois qu'un arbitre français officie accidentellement dans un match du Tournoi[11]. La France termine deuxième du tournoi, privant le pays de Galles de Grand Chelem.

Le , le pays de Galles et la France s'affrontent à Cardiff avec la victoire dans le Tournoi comme enjeu. Les Gallois l'emportent 9 à 8. Stuart Watkins, l'ailier gallois, intercepte une passe de Jean Gachassin et marque l'essai de la victoire. Midi olympique écrit: « le pack français trahi ! ». La Fédération française en profite pour démettre Jean Prat de sa fonction d'homme de terrain, pour écarter Jean Gachassin, André, Guy Boniface[12],[13].

Palmarès[modifier | modifier le code]

En club[modifier | modifier le code]

En dix saisons passées avec le Stade montois, Guy Boniface remporte le Championnat de France en 1962-1963. Il est finaliste en 11958-1959. Il remporte le Challenge Yves du Manoir en 1960, 1961 et 1962. Il est finaliste en 1958 et 1966.

  • Finaliste de la Coupe d'Europe des Clubs FIRA en 1964

En équipe nationale[modifier | modifier le code]

Guy Boniface a remporté deux Tournois en 1960 et 1961. En 1960 et en 1961, c'est le Petit Chelem, une victoire sans défaite (trois matchs gagnés et un match nul).

Détails du parcours de Guy Boniface dans le tournoi des Cinq Nations.
Édition Rang Résultats France Résultats Guy Boniface Matchs Guy Boniface
Cinq Nations 1960 1 3 v, 1 n, 0 d 2 v, 0 n, 0 d 2/4
Cinq Nations 1961 1 3 v, 1 n, 0 d 3 v, 1 n, 0 d 4/4
Cinq Nations 1963 2 2 v, 0 n, 2 d 2 v, 0 n, 2 d 4/4
Cinq Nations 1964 3 1 v, 1 n, 2 d 0 v, 0 n, 1 d 1/4
Cinq Nations 1965 2 2 v, 1 n, 1 d 2 v, 1 n, 1 d 4/4
Cinq Nations 1966 2 2 v, 1 n, 1 d 2 v, 1 n, 1 d 4/4

Légende : v = victoire ; n = match nul ; d = défaite ; la ligne est en gras quand il y a Grand Chelem.

Statistiques en équipe nationale[modifier | modifier le code]

De 1960 à 1966, Guy Boniface dispute 35 matchs avec l'équipe de France au cours desquels il marque 15 essais[1]. Il participe notamment à six tournois des Cinq nations de 1960 à 1966[1]. Il remporte deux Petits Chelem et termine toujours dans les trois premiers du tournoi. Il participe aux tournées en Argentine en 1960, en Nouvelle-Zélande et en Australie en 1961.

Guy Boniface débute en équipe nationale à l'âge de 23 ans le [1]. Il joue jusqu'en mars 1966 en étant écarté puis rappelé en équipe de France.


  • 35 fois international (il ne joue aux côtés de son frère que 18 fois)
  • 15 essais (45 points)
  • Sélections par année : 7 en 1960, 10 en 1961, 1 en 1962, 6 en 1963, 1 en 1964, 6 en 1965, 4 en 1966
  • Tournée en Nouvelle-Zélande en 1961

Hommage[modifier | modifier le code]

Le stade de rugby à XV de Mont-de-Marsan porte son nom en son hommage, comme celui de Montfort-en-Chalosse, de Vendôme, d'Élancourt et de Villejuif entre autres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) « Guy Boniface », sur www.espnscrum.com, ESPN (consulté le 5 juin 2015).
  2. André Boniface, Nous étions si heureux... : Mémoires, Paris, La Table ronde, 283 p. (ISBN 2-7103-2853-4), p. 97
  3. Collectif 2007, p. 102.
  4. Robert Duthen, « La finale landaise Dax-Mont-de-Marsan s'annonce passionnante », sur www.lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 1 avril 2015).
  5. de Baillenx 2013, p. 59.
  6. (en) « France (5) 16 - 8 (5) Scotland », sur www.espnscrum.com, ESPN (consulté le 12 mai 2015)
  7. Prévôt 2006
  8. a, b et c Collectif 2007, p. 114-115.
  9. a et b France-Galles 1965 : la parenthèse enchantée [lire en ligne].
  10. (en) « France (19) 22 - 13 (0) Wales », sur www.espnscrum.com, ESPN (consulté le 12 mai 2015)
  11. L'année suivante, Bernard Marie est désigné officiellement par l'International Board pour diriger la rencontre Angleterre-Irlande du Tournoi 1966 et inaugure la liste des arbitres français du Tournoi des V Nations [lire en ligne].
  12. Antoine Grenapin et Émilien Lacroix, « Vidéo. Dans la mêlée avec... Jean Gachassin et les « sales moments » face aux Gallois », sur www.lepoint.fr, Le Point,‎ (consulté le 2 mai 2015).
  13. Collectif 2007, p. 122-123.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Lalanne, Le temps des Boni, Paris, Table ronde,‎ , 399 p. (ISBN 978-2-7103-2486-7)
  • André Boniface, Jean Glavany, Nous étions si heureux, Paris, Table ronde,‎ , 282 p. (ISBN 978-2-7103-2853-7)
  • Jérôme Prévôt, Messieurs Rugby : les grands joueurs français, éditions Midi Olympique - Société Occitane de Presse,‎ , 183 p. (ISBN 2-9524-731-3-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif Midi olympique, Cent ans de XV de France, Midi olympique,‎ , relié, 239 p. (ISBN 2-9524-7310-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [de Baillenx 2013] Olivier de Baillenx, Finale '63 U.S.Dax - Stade Montois, Biarritz, Éditions Atlantica,‎ , 2e éd. (1re éd. 2003), 132 p. (ISBN 978-2-7588-0471-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Richard Escot, Portraits mythiques du rugby, Tana,‎ , 143 p. (ISBN 9782845676824).
  • Henri Garcia, La fabuleuse histoire du rugby, La Martinière,‎ (ISBN 9782732445281)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Lasne 2013] Laurent Lasne, Rugby landais : origines, bourre-pifs et apothéose, Le Tiers livre,‎ , 128 p. (ISBN 978-2918822035) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Renaud de Laborderie, Le rugby dans le sang, Spanghero, Albaladejo, Camberabero, Herrero, Boniface, Calmann-Levy

Liens externes[modifier | modifier le code]