Café littéraire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour l'émission télévisée, voir Café littéraire (émission de télévision).
Exemple d'un Café littéraire

Un café littéraire est un lieu de réunion où l'on parle de littérature, échange des idées, écoute des extraits de livres lus par des comédiens, assiste à des spectacles érudits tout en dégustant un café, ou autre boisson.

Il est à noter qu'un café littéraire n'a pas de forme spécifique et bien définie, puisque son apparence et son esprit varient selon divers facteurs tel que l'époque, le lieu ou encore la clientèle. Ce lieu représente un univers intellectuel, esthétique et émotionnel constamment en mouvement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le café Procope fut probablement le premier endroit de ce genre. Créé en 1686 à Paris par Francesco Procopio dei Coltelli dit « Procope », ce lieu, d'un genre nouveau, obtint ses lettres de noblesses de la fréquentation de Voltaire, Rousseau et Diderot, pour ne citer que ceux-là. Pour d'autres, le premier café littéraire serait le café de la Place du Palais-Royal, fondé en 1681, et qui deviendra après 1715 le café de la Régence[1].

Dans l'histoire littéraire de la France, les cafés littéraires ont joué un rôle dans l'élaboration et la diffusion des idées. Succédant à l'effervescence intellectuelle des cafés philosophiques du XVIIIe siècle, ils étaient les foyers privilégiés des idées nouvelles, un lieu particulièrement propice à l'avant-gardisme et pas seulement pour le monde littéraire. La presse, la politique, le théâtre, les arts du spectacles, la musique, la philosophie et toute autre discipline artistiques y ont droit de cité. D'ailleurs, ce serait grâce à l'aide de ces cafés, véritables « laboratoires d'idées et d'essai » que la littérature aurait trouvé le chemin de la modernité au XIXe siècle.

L'ascension de ce type de lieu serait aussi tributaire du déclin des salons. L'abandon d'un environnement codifié et élitaire pour celui plus libre et égalitaire des cafés. C'est pourquoi, avec l'aménagement des Grands Boulevards au cours du XIXe siècle et le déclin du Palais-Royal, on voit l'apparition de nouveaux cafés, notamment le Café Tortoni (1803), le café Le Divan ou bien le Café Frascati, fréquentés par nuls autres que Stendhal, Honoré de Balzac, Alfred de Musset, Jules Janin, Anthony Trollope, Charles Asselineau, Pétrus Borel ainsi que plusieurs autres littéraires et de nombreux peintres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Séry, « Les cafés littéraires du XVIIIe à nos jours », dans Le Monde de l'éducation (no 244), .
    Avec bibliographie sur Les Deux Magots et le Café de Flore.
  • Laisney, Vincent. « Cénacles et cafés littéraires : deux sociabilités antagonistes », Revue d'histoire littéraire de la France, vol. vol. 110, no. 3, 2010, pp. 563-588.
  • J.-P. Bertrand & G. Sicotte, art. « Cafés littéraires », dans Le Dictionnaire du littéraire, dir. A. Viala, D. Saint-Jacques, P. Aron, PUF, 2002.
  • Gérard-Georges LEMAIRE, « CAFÉS LITTÉRAIRES », Encyclopædia Universalis [en ligne].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On trouve dans Gérard-Georges Lemaire (Les Cafés littéraires. Vies, morts et miracles, La Différence, 1997) une étrange contradiction. Il écrit d’abord[Où ?] : « Le premier café littéraire digne de ce nom [...] porte le nom de son propriétaire, Procope » ; et plus loin[Où ?] : « Si, à Paris, le café Procope est essentiellement l’antichambre du Théâtre-Français jusqu’à la Révolution, on peut considérer que le premier café littéraire digne de ce nom est le Café de la Régence [...]. Diderot, Grimm, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre aiment à y venir, tout comme les architectes Percier et Fontaine et, plus tard, Robespierre, Bonaparte. »
    Voir Jacques Protat, Le Cabaret new-yorkais : Prolégomènes à l’analyse d’un genre spectaculaire, thèse de doctorat, Université de Bourgogne, Faculté de Sciences Humaines, École Doctorale 202, Département de Sciences de l’Information et de la Communication, déc. 2004, p. 41.

Liens internes[modifier | modifier le code]