L'Homme de Rio

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'Homme de Rio
Réalisation Philippe de Broca
Scénario Jean-Paul Rappeneau
Ariane Mnouchkine
Philippe de Broca
Daniel Boulanger
Acteurs principaux
Sociétés de production Drapeau : France Les Artistes Associés
Drapeau : France Les Films Ariane
Drapeau : Italie Vides Cinematografica
Drapeau : Italie Dear Film Produzione
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre film d'aventure
Durée 110 minutes
Sortie 1964

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Homme de Rio est un film franco-italien réalisé par Philippe de Broca et sorti sur les écrans en 1964.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le soldat de 2e classe Adrien Dufourquet (Jean-Paul Belmondo) arrive de Besançon à la gare de Lyon à Paris pour une permission d'une semaine au cours de son service militaire.

Une statuette brésilienne de la civilisation maltèque (imaginaire) est volée au musée de l'Homme. Elle faisait partie d'un ensemble de trois statues, ramenées par trois explorateurs : le professeur Catalan (Jean Servais) qui travaille au musée de l'Homme, le professeur Villermosa tragiquement disparu et André de Castro, un riche homme d'affaires brésilien. Le professeur Catalan est enlevé devant le musée.

Adrien rejoint chez elle sa fiancée Agnès Villermosa (Françoise Dorléac) qui est la fille du professeur disparu et auprès de qui un inspecteur enquête. Agnès est enlevée et Adrien vole une moto pour se lancer à la poursuite de la voiture des ravisseurs. Ils arrivent à l'aéroport d'Orly (le plus moderne de France à l'époque), pour constater qu'Agnès embarque dans un avion entre deux hommes. Il réussit à embarquer aussi. Dans l'avion, il retrouve Agnès, mais probablement droguée, elle déclare ne pas le connaître. Pour éviter la police à l'arrivée à Rio de Janeiro, Adrien s'enfuit de l'avion et rejoint la ville.

Il se lie d'amitié avec un petit cireur de chaussures qu'il surnomme « Sir Winston ».

Ils suivent l'un des hommes qui ont enlevé Agnès jusqu'au Mirante de Dona Marta, où « Sir Winston » amène des touristes pour faire fuir les hommes qui essayaient de tuer Adrien. Ils repèrent l'hôtel où les hommes sont descendus, en supposant qu'Agnès s'y trouve aussi. Adrien réussit à s'en échapper avec Agnès complètement droguée. Ils se retrouvent sur la plage pour une soirée musicale très romantique. Ils passent la nuit dans la maison de « Sir Winston » au sommet de la colline.

Le lendemain, Agnès est totalement dégrisée. Ils se rendent dans la maison où Agnès habitait avec son père et réussissent à déterrer la statue dans le jardin. Mais ils se la font voler. Ils cherchent dès lors le troisième archéologue pour le prévenir de ne pas se laisser voler la statuette. Pour le trouver, ils vont en voiture jusqu'à Brasília (alors en construction). Sur le trajet, ils libèrent le professeur Catalan de ses ravisseurs.

Ils retrouvent l'architecte de Castro qui les emmène chez lui où il donne une grande fête en leur honneur. Pendant la fête, de Castro emmène Catalan voir la statue, mais celui-ci l'étrangle et emporte la statue. Il s'en va en emmenant Agnès dont il est amoureux. Il lance ses hommes pour tuer Adrien dans Brasília.

Adrien réussit à s'échapper, mais voit Agnès enlevée à bord d'un hydravion Catalina. Il s'empare d'un petit avion de tourisme pour s'élancer à sa poursuite, mais doit sauter en parachute quand l'hydravion se pose sur le fleuve entouré par la forêt amazonienne.

Quand il se pose, il manque d'être dévoré par un crocodile, mais il est sauvé par un Français qui l'amène dans un bar tenu par une chanteuse, Lola. Il s'avère que le professeur Catalan est chez Lola qui l'a aidé à financer ses recherches. Il lui dit qu'avec les 3 statues il va découvrir le trésor des Maltèques, mais Lola est sceptique et surtout jalouse d'Agnès.

En profitant d'une bagarre générale, le professeur Catalan emmène Agnès pour remonter le fleuve à la recherche du trésor, mais Adrien réussit à monter sur le bateau en cachette. Arrivés à destination, Catalan et ses hommes s'enfoncent en forêt en compagnie d'Agnès. Il découvre une grotte où il positionne les trois statues pour refléter les rayons du soleil et il découvre ainsi un coffre plein de diamants. Mais des explosions se font entendre. Pendant ce temps, Adrien arrive pour sauver Agnès. Les explosions s'enchaînent et ensevelissent la grotte où le professeur Catalan est tué. Adrien et Agnès essaient de fuir les explosions qui abattent les arbres, mais finalement ils découvrent que ce ne sont que les explosions destinées à ouvrir la route transamazonienne avec d'énormes bulldozers.

Ils rentrent en France sans encombre. Adrien arrive de justesse à la gare pour reprendre le train vers sa caserne de Besançon, sa permission étant terminée.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

Les scénaristes ont admis s'être allègrement inspirés des Aventures de Tintin[3],[4],[5],[6] : L'Oreille cassée : le musée de l'Homme rappelle le Musée ethnographique (une réplique du fétiche des Arumbayas semble d'ailleurs apparaître à côté de la statue volée), de même que les fléchettes empoisonnées; Tintin en Amérique: l'échappée d'Adrien, à flanc de façade d'un immeuble de grande hauteur; Le Lotus bleu et Le Temple du Soleil: la rencontre et la complicité d'un jeune indigène; Le Secret de la Licorne: la chasse aux trois fétiches, dans lesquels ont été dissimulés trois parchemins qu'il faut superposer face à une source lumineuse, pour voir apparaître la clé de l'énigme: « C'est de la lumière que viendra la lumière » (qui devient dans le film « Tout vient de la lumière »); Les Sept Boules de cristal: une malédiction plane sur les trois explorateurs ayant découvert les statuettes sacrées (dans l'aventure de Tintin, ils sont sept à avoir profané la tombe où reposait la momie de Rascar Capac; Adrien et Agnès, comme Tintin et le Capitaine Haddock, déploient avec difficulté sous une pluie battante, la capote de leur voiture; Agnès, comme le professeur Tournesol, est kidnappée et droguée par ses ravisseurs afin de pouvoir être emmenée en Amérique du Sud; Les Cigares du Pharaon: la poursuite de l'hydravion, dans un petit avion volé, se termine par une chute en pleine jungle, rappelant les circonstances de la fuite de Tintin[7].

On peut aussi penser à la potion magique du druide Panoramix : dans la scène de la taverne, Adrien, sonné par les coups de poings qu'il vient de recevoir, est instantanément revigoré après avoir avalé un verre d'alcool, et règle en quelques secondes le compte de tous les combattants en distribuant quelques "châtaignes", à la façon d'Obélix.

La remontée du fleuve et la chute du professeur Catalan, qui perd son humanité aveuglé par l'appât du gain, semblent inspirées de la nouvelle de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres (1899).

Une autre inspiration de ce film se trouve dans les films d'Alfred Hitchcock Les 39 marches et La Mort aux trousses. Bien que l'intrigue emprunte davantage à l'univers de Tintin et de Bob Morane, on y retrouve le procédé du MacGuffin, la course effrénée à la poursuite d'un objet avec des rebondissements qui soutiennent l'attention du spectateur.

Le personnage de Mario de Castro est inspiré par l'architecte Oscar Niemeyer (1907-2012).

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a eu lieu du 16 mai au 2 août 1963[8] à Paris et au Brésil, notamment à Rio de Janeiro et à Brasília, ville-nouvelle alors en construction et quasi déserte imaginée par Niemeyer.

Belmondo a réalisé lui-même toutes les cascades sans protection, notamment celle où il change de chambre en passant par l'extérieur de la façade de l'hôtel à Copacabana ou encore celle où il passe d'un immeuble à l'autre suspendu à un câble et pendant laquelle il a eu une défaillance l'obligeant à revenir en arrière. Il rééditera ces exploits en 1975 dans Peur sur la ville.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Quelques éléments suggèrent une possible influence de ce film sur le long métrage d'animation Porco Rosso (1992) du réalisateur japonais Hayao Miyazaki. Les plus évidents semblent bien sûr être l'hydravion et la cinématographie de certaines séquences aériennes. Mais le parallèle le plus significatif est plutôt la présence d'un cabaret entouré par les eaux (bar flottant sur un fleuve d'Amazonie chez de Broca, hôtel Adriana au large des côtes italiennes chez Miyazaki), fréquenté par une clientèle exclusivement masculine d'aventuriers sans foi ni loi, et dont la patronne (Lola chez de Broca, Gina chez Miyazaki) — apparemment unique présence féminine de l'établissement — fait une brève apparition à l'occasion d'un tour de chant attendu, accueilli par l'assistance d'un silence respectueux.
  • Le film a également inspiré OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) avec Jean Dujardin. On y retrouve une atmosphère et des personnages similaires, notamment lors de la scène se déroulant au sommet du Corcovado.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Au début du film, l'appartement d'Agnès, où Adrien vient la rejoindre et où elle se fait enlever, se trouve sur l'île Saint-Louis, rue de Bretonvilliers.
  • On voit dans le film une séquence de décollage d'un hydravion Consolidated PBY Catalina. Dans la séquence suivante où Adrien vole un petit avion pour s'élancer à la poursuite de l'hydravion, on voit furtivement un B-17 Flying Fortress.
  • Le film montre la vie quotidienne en France dans les années 1960, avec entre autres des appartements typiques, des trains, des avions (DC-8, Douglas Constellation…) et l'aéroport d'Orly.
  • À l'origine, le co-scénariste Jean-Paul Rappeneau était crédité au générique avec les initiales de son prénom (J.P.) et un P en moins à son nom. Un élément qui a été finalement corrigé lors des sorties en DVD et Blu-Ray.
  • Le train de Besançon arrive et part de la gare de l'Est alors que, dans la réalité, les trains Paris-Besançon partent et arrivent à la gare de Lyon, y compris de nos jours (TGV PSE et TGV Rhin-Rhône). Le train, en début de film, est tracté par une BB 9400 (série sortant d'usine en 1963) ; sur la ligne impériale PLM, les BB 9400 ne peuvent pas fonctionner dans la gare de l'Est.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.livres-cinema.info/livre/4871/philippe-de-broca
  2. http://www.livres-cinema.info/livre/4702/jean-paul-belmondo
  3. Zug, L'Homme de Rio, louvreuse.net, 26 octobre 2011.
  4. « Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne : Tintin le reporter, « hergérie » de Spielberg  », revueversus.com, 25 octobre 2011.
  5. « Les Mystères de Tintin (4) : Steven Spielberg et Tintin », gemini.neetwork.net, 6 octobre 2011.
  6. Daniel Couvreur, « L'innocence perdue des premiers Tintin », lesoir.be, 21 octobre 2011.
  7. L'Homme de Rio, cinequartier.over-blog.com, 28 mai 2008.
  8. « Tournage » sur le site de la Cinémathèque française.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]