Jean-Baptiste de Belloy

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Jean-Baptiste de Belloy-Morangle
Image illustrative de l’article Jean-Baptiste de Belloy
Biographie
Naissance
Morangles (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 98 ans)
Paris (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie VII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de Saint-Jean à Porta Latina
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Étienne-René Potier de Gesvres
Archevêque de Paris
Évêque de Marseille
Évêque de Glandèves

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean Baptiste de Belloy (ou J.B. de Belloi), né à Morangles dans le diocèse de Beauvais le et mort à Paris le , fut évêque de Marseille après Belsunce en 1756, archevêque de Paris en 1801 et cardinal.

D'un esprit modéré, il fut un des évêques qui facilitèrent la conclusion du Concordat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Bien qu'appartenant à une famille ancienne ayant quelque renom sur le plan militaire, le jeune Jean-Baptiste de Belloy préféra suivre une carrière ecclésiastique et fit ses études scolaires puis théologiques à Paris, où il fut ordonné prêtre et reçu docteur en théologie en 1737.

Portrait de Mgr de Belloy, entre 1736 et 1751.

Son évêque, le cardinal de Gèvres, le nomma vicaire général et archidiacre de la cathédrale. En 1751 il fut sacré évêque de Glandèves. Lors de l'Assemblée du clergé français de 1755, il se rangea dans le camp des modérés et contribua à restaurer la tranquillité dans l'Église de France. Dans le diocèse de Marseille, les dissensions occasionnées par la bulle Unigenitus étaient devenues si vives qu'à la mort de l’évêque Belsunce, il y avait un danger imminent de schisme. Face à cette situation critique, Belloy y fut transféré et rétablit la paix. Le il fut nommé membre de l'Académie de Marseille[1].

Il obtint l'abbaye Notre-Dame de Cormeilles[2] en 1766.

Le , il procèda à la bénédiction d'intronisation de Venture-Gabrielle de Pontevès de Maubousquet, la nouvelle abbesse de l'abbaye de Maubuisson, en présence de ses confrères Louis-Sextius Jarente de La Bruyère, évêque d'Orléans, et Louis-André de Grimaldi nouvel évêque du Mans[3].


Durant la Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

En juillet 1790, l'Assemblée nationale décréta la suppression du diocèse de Marseille. L'évêque se retira, tout en envoyant à l'Assemblée une lettre de protestation contre la suppression d'un des plus vieux sièges épiscopaux de France. Il se retira à Chambly, petite ville près de son lieu de naissance, où il resta pendant la période la plus critique de la Révolution française.

Quand, en 1801, le pape Pie VII ordonna aux évêques français de lui présenter leur démission de tous leurs sièges respectifs pour faciliter la conclusion du Concordat, Mgr de Belloy fut le premier à se soumettre, et son exemple eut une forte influence sur les autres évêques. Bonaparte, favorablement impressionné par cet acte de dévotion envers l'Église et de soumission à l'État, obtint qu'il fût nommé au siège de Paris, bien qu'il fût déjà nonagénaire.

Son grand âge ne l'empêcha pas de diriger son nouveau diocèse avec énergie. Il réorganisa les paroisses, leur donnant de bons prêtres et tint à visiter lui-même ses ouailles. Nonobstant, peu après avoir été nommé sénateur, il fut passagèrement malmené dans « l'affaire » des funérailles de la danseuse Marie-Adrienne Chameroy[4].

Le cardinal de Belloy, archevêque de Paris (1709-1808), Laurent Dabos, 1806

En effet, Bonaparte fut tellement satisfait de son service qu'il le fit même membre du Sénat conservateur, le () (27 fructidor an X), et qu'il demanda et obtint pour lui le chapeau de cardinal, que le pape Pie VII condescendit à placer lui-même sur la tête du prélat au cours d'un consistoire tenu à Paris, dans les appartements du Pape, au Louvre, le , en lui attachant, comme titulature romaine, le titre de la basilique San Giovanni a Porta Latina , titre que le cardinal, nonagénaire, garda de 1805 à sa mort en 1808. Le cardinal de Belloy remit la Sainte Couronne d'Épines à sa place d'honneur dans la Sainte-Chapelle (), cachée durant la tourmente révolutionnaire.

À sa mort, à 99 ans, le cardinal de Belloy avait passé soixante-quinze ans dans le ministère pour l'édification de tous, et à la satisfaction de Napoléon aussi bien que du pape Pie VII (alors qu'ils allaient être bientôt engagés dans une lutte acharnée, durant laquelle le pape allait être enlevé de Rome pour être déporté à Savone puis reclus au château de Fontainebleau, conflit qui ne s'acheva qu'avec la chute de Napoléon, permettant le retour triomphal du pape à Rome, le 24 mai 1814).

Le cardinal de Belloy fut inhumé en la cathédrale Notre-Dame de Paris, et Napoléon fit ériger en son honneur un monument sculpté par Louis Pierre Deseine.

L'inventeur de la cafetière[modifier | modifier le code]

Vers 1800, Mgr de Belloy inventa le système de la percolation du café (qui était auparavant infusé), en créant ainsi la première cafetière[5],[6],[7]

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Ornements extérieurs Evêques.svg
Blason fam fr de Belloy de Morangles.svg
Armes de la famille de Belloy de Morangles,

De gueules, à sept losanges d'or, 3, 3 et 1.[9]

Blason Jean Baptiste de Belloy de Morangles (1709-1808).svg Armes du comte de Belloy et de l'Empire,

De gueules à quatre losanges d'argent (3 et 1) ; au franc-canton brochant des Comtes Archevêques.[10],[11]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • A Paris, la rue de Belloy a été nommée en son honneur
  • A Marseille, une rue de Belloi existe dans le 6e arrondissement[12]

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Abbé Dassy, L'académie de Marseille, ses origines, ses publications, ses archives, ses membres, Marseille, Barlatier-Feissat, , 639 p. (lire en ligne), p. 597
  2. Charpillon, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure, page 846.
  3. « Notes de Mr Le Vallois, curé de Saint-Maclou de Pontoise de 1744 à 1779 », publiées par Henri Le Charpentier in Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, tome IV, Pontoise, 1883, p. 99.
  4. . C'est en fait au P. Claude-Marie Marduel, curé de la paroisse Saint-Roch qu'incombe la responsabilité première de cette « affaire » dès lors qu'il avait refusé l'accès de l'église au cercueil et au convoi de l'artiste de sa seule autorité (Firmin-Didot, Biographies, t. 9, p. 606 ; Le Globe, 9 décembre 1826, p. 272.
  5. dans le sens de 'machine à faire le café'.
  6. Gilles Pudlowski, A quoi sert vraiment un critique gastronomique?, Armand Colin, 2011.
  7. « Le moulin à café Peugeot ».
  8. Jean Baptiste de Belloy-Morangle sur roglo.eu.
  9. Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor, , 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com.
  10. Source : www.heraldique-europeenne.org.
  11. Nicolas Roret, Nouveau manuel complet du blason ou code héraldique, archéologique et historique : avec un armorial de l'Empire, une généalogie de la dynastie impériale des Bonaparte jusqu'à nos jours, etc..., Encyclopédie Roret, , 340 p. (lire en ligne).
  12. Canton Notre Dame du Mont Marseille - rue de Belloi

Liens externes[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]