Indochine (groupe)

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Indochine
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Indochine en concert lors du festival des Vieilles Charrues 2014.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Pop rock, new wave
Années actives Depuis 1981
Labels BMG (Ariola)
Sony
Columbia
Sony BMG
Jive Epic
Indochine Records[1]
Site officiel indo.fr
Composition du groupe
Membres Nicola Sirkis (chant, guitare, synthés, harmonica depuis 1981)
Marco (basse depuis 1992)
Boris Jardel (guitare, ukulélé, percussions depuis 1998)
oLi dE SaT (guitare, claviers depuis 2002) Ludwig Dahlberg (batterie depuis 2015)
Anciens membres Stéphane Sirkis † (guitare, claviers, 1982-1999)
Dominique Nicolas (guitare, 1981-1995)
Dimitri Bodianski (saxophone, synthétiseur, 1981-1989)
Arnaud Devos (batterie, 1985-1986)
Diego Burgard (basse, sur scène en 1988)
Jean-My Truong (batterie, 1988-1994)
Philippe Eidel (accordéon, 1992)
Jean-Pierre Pilot (claviers, 1994-2001)
Alexandre Azaria (guitare, 1996)
Monsieur Tox (Xavier Géronimi) (guitare, 1996-1997)
Monsieur Yann (Yann Cortéla) (batterie, 1996-1998)
Matthieu Rabaté (batterie, 1999-2002)
Frédéric Helbert (claviers, 2002-2003)
Mr Shoes (batterie, 2002-2015)
Matu (claviers, 2005-2015)

Indochine est un groupe de pop rock français, issu du courant new wave[2], formé en 1981.

Révélé par le titre L’Aventurier en 1982, le groupe connaît un grand succès dans les années 1980 avec des tubes comme 3 nuits par semaine, 3ème sexe, Tes yeux noirs ou Canary Bay. Après un désintérêt manifeste des médias pour Indochine dans les années 1990, celui-ci retrouve le succès en 2002, avec la sortie de l'album Paradize dont est issu le single J'ai demandé à la lune.

Indochine est le premier groupe de rock français à remplir le Palais Omnisports de Paris-Bercy (en 2003) et le Stade de France (en 2010). De plus, Indochine est l'un des rares groupes français à s'exporter dans d'autres pays. En 2011, le groupe reçoit une Victoire d'honneur lors des Victoires de la musique. Enfin, avec 10 millions de disques vendus, c'est le groupe de rock français ayant vendu le plus de disques devant Telephone[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Les premières années d'un succès croissant (1980 - 1984)[modifier | modifier le code]

En septembre et paraissent deux annonces dans Rock & Folk pour un groupe parisien nommé Les Espions qui cherche un bassiste et un chanteur. Dominique Nicolas et Nicola Sirkis y répondent et sont recrutés, le premier à la basse et le second au chant. Les deux acolytes deviennent rapidement amis et, la musique de ce groupe étant trop compliquée à leur goût[4], ils décident de monter leur propre formation le  : Indochine. Il ne leur faudra que quelques mois pour composer leurs premiers morceaux.

Le , ils donnent un premier concert au Rose Bonbon à Paris avec l'aide d'un ami qui débute au saxophone, Dimitri Bodianski, et de Stéphane Sirkis au son. Grâce à ce court passage sur scène, ils décrochent leur premier contrat avec le producteur Didier Guinochet de la maison de disques Clemence Mélodie, un label créé par Gérard Lenorman[5].

1982 : L'Aventurier[modifier | modifier le code]

En , ils enregistrent leur premier single avec les chansons Dizzidence politik et Françoise (Qu'est-ce qui t'as pris ?). Celui-ci ne leur vaut qu'un succès d'estime mais il a le mérite de faire découvrir le groupe aux critiques rock et aux médias.

Stéphane Sirkis, frère jumeau de Nicola, rejoint officiellement le groupe et, en , ils assurent les premières parties de Depeche Mode et de la tournée de Taxi Girl. L'engouement pour Indochine prend de l'ampleur à chaque passage sur scène, à tel point que le manager de Taxi Girl décide de les déprogrammer de la tournée, craignant qu'ils ne fassent de l'ombre à son propre groupe[6]. Indochine enregistre alors son premier album L'Aventurier qui sort le . Le single du même nom, référence à l'univers de Bob Morane de l'auteur belge Henri Vernes, fait un véritable carton durant l'été 1983 en s'écoulant à 500 000 exemplaires[7]. L'album s'écoule quant à lui à plus de 250 000 exemplaires[8]. La presse s'enthousiasme et décerne au groupe le Bus d'Acier 1983, qui récompensait alors les artistes de la scène rock.

1983 : Le Péril jaune[modifier | modifier le code]

Le , ils sortent leur deuxième album, Le Péril jaune, qui reprend les thèmes exotiques et dansants du précédent. Un concert à guichets fermés est donné le à l'Olympia de Paris. Ils enchainent avec une tournée à travers toute la France durant l'année 1984. Le succès se confirme avec les singles Miss Paramount et Kao Bang, permettant à l'album de se vendre à 225 000 copies en France[8].

La consécration et les tournées mondiales (1985 - 1992)[modifier | modifier le code]

1985 : 3[modifier | modifier le code]

Le 10 mai 1985, paraît leur troisième album, 3, dans lequel Indochine délaisse les univers BD et asiatique qui ont fait leur succès pour aborder des thèmes plus ambigus. Les chansons 3e sexe, Canary Bay et Trois nuits par semaine (inspirée de L'Amant de Marguerite Duras[9]) font sensation. Une émission spéciale leur est consacrée dans Les Enfants du Rock, le rendez-vous culte des fans de rock d'Antenne 2, marquant le début de l'Indochine-mania.

C'est à cette période que le groupe commence à exporter sa musique, remportant notamment un véritable succès dans les pays scandinaves et au Québec. Une tournée de huit dates est organisée à travers la Suède et le Danemark. En 1986, leur tournée française passe par le Zénith de Paris pour quatre concerts sold out : devant le succès remporté, elle sera prolongée par une tournée d'été. Serge Gainsbourg est également séduit et réalise le clip du titre Tes yeux noirs qui sera un des tubes de l'été 1986 (n°8 au Top 50). En un peu plus d'une année, Indochine a écoulé plus de 750 000 albums[10] et 1 300 000 singles en France[11].

En octobre 1986, pour fêter son cinquième anniversaire, le groupe décide de publier l'enregistrement du concert donné au Zénith de Paris. L'album se vend à plus de 350 000 exemplaires en France[12] et marque le début du succès du groupe au Pérou : l'album y sera certifié quadruple disque de platine pour plus de 150 000 ventes, un record pour le pays[13].

1987 : 7000 danses[modifier | modifier le code]

L'enregistrement de l'album 7000 danses se déroule entre la France, l'île de Montserrat et Londres. Le single Les Tzars, sorti pendant l'été 1987, fait l'effet d'une bombe tant il tranche avec ce que le public et les médias attendent. Sans concession et avide d'évolution, Indochine propose un album au son plus rock et à l'univers sombre. Et comme pour tout phénomène à la mode et au succès affirmé, les mauvaises langues se déchainent.

Certains critiques musicaux n'hésitent pas à dire que le groupe est une vulgaire copie de The Cure, tandis que d'autres considèrent que Nicola Sirkis chante faux, et que leur musique ne tient la route en concert que grâce à des bandes pré-enregistrées. Malgré tout, l'album se vend à près de 320 000 exemplaires[12] et, en mars 1988, Indochine entame une tournée qui les conduira en France, Belgique, Suisse, Canada et au Pérou pour quatre concerts à guichets fermés à Lima rassemblant 48 000 personnes[13]. À cette occasion les concerts de la tournée sont filmés et une vidéo sera publiée en 1989 sous le titre Indochine Tour 88 conçu sous la forme d'un documentaire entrecoupé de titres live.

L'année 1989 marque également une première rupture dans la vie du groupe : Dimitri Bodianski décide de prendre ses distances pour se consacrer davantage à sa famille.

1990 : Le Baiser[modifier | modifier le code]

Devenu trio, Indochine sort un nouvel album, Le Baiser, en février 1990. Au-delà des références cinématographiques et littéraires qui ont inspiré Nicola Sirkis pour l'écriture des textes, l'album se veut plus abouti au niveau des arrangements et de la production avec un son plus acoustique qui se détache de la new wave des années 1980. L'apport d'instruments tels que le violoncelle, l'harmonica, le santour ou le kemantche (instruments de musique iraniens) aux sonorités inhabituelles, renouvelle le "son" Indochine. L'album recevra cependant un accueil critique peu enthousiaste de la part de certains médias[14]. Entré à la 9e place du Top albums, le disque se vendra finalement à près de 250 000 exemplaires[10].

En 1991, Indochine fête ses dix ans d'existence. À cette occasion paraît Le Birthday Album (compilation regroupant dix-huit titres et un inédit) qui rencontre un succès considérable, réveillant la fibre nostalgique du public : plus de 600 000 albums sont vendus à travers l'Europe[10]. En 1992 Marc Éliard rejoint le groupe. Indochine reprend la route à l'occasion du Birthday Tour qui attire une nouvelle génération de fans et permet au groupe d'entrevoir les années 1990 sereinement. Cependant, la suite des événements sera plus chaotique.

Les années noires (1993 - 2000)[modifier | modifier le code]

1993 : Un jour dans notre vie[modifier | modifier le code]

L'album Un jour dans notre vie sort en novembre 1993. À l’époque où dominent le grunge et la techno, les médias considèrent Indochine comme un groupe du passé. Faisant l’objet d’un véritable boycott radiophonique[réf. nécessaire], l’album ne remporte pas le succès escompté (environ 90 000 exemplaires vendus en France[15]. Une tournée suit en 1994 au cours de laquelle Indochine se produit sur la grand-place de Spa (Belgique) lors des Francofolies. Un live y est enregistré et sort sous le nom de Radio Indochine à la fin de l’année. Le public est toujours là, bien que moins nombreux, et la nouvelle génération de fans aperçue lors du Birthday Tour de 1992 grandit malgré la sous-médiatisation du groupe.

Fin 1994, nouvelle rupture : Dominique Nicolas, principal compositeur des plus grands tubes d’Indochine, décide de quitter le groupe. Une première version indiquait qu'il ne supportait plus l’ignorance subie par Indochine de la part des médias mais il reconnaîtra plus tard[16] que la tension au sein du groupe fût la véritable raison de son départ. Les deux frères Sirkis se retrouvent seuls, et partent à la recherche d’un nouveau guitariste qu’ils trouveront en la personne d’Alexandre Azaria (ex guitariste du groupe Le Cri de la mouche).

Un nouveau best-of, Unita, est commercialisé en 1996, réunissant dix-sept chansons, dont une inédite issue du futur album, Kissing my song. Il s’écoule en France à près de 200 000 exemplaires[17] et prouve à leur maison de disques que le groupe est toujours présent sur le devant de la scène. Il est accompagné d’un deuxième CD, Les Versions Longues, regroupant les versions des singles sortis entre 1984 et 1991 sur support maxi 45 tours ou maxi CD single.

1996 : Wax[modifier | modifier le code]

En l'absence de soutien médiatique et de promotion de la part de la maison de disques, la sortie de l'album Wax, en novembre 1996, passe quasiment inaperçue (environ 50 000 exemplaires vendus[18]. Il sera pourtant la première pierre de la résurrection du groupe. Principalement composé par les frères Sirkis avec l'aide d'Alexandre Azaria (guitariste) et de Jean-Pierre Pilot (claviériste), l'album a une tonalité plus « pop » que le précédent. Bien que les textes de Nicola restent fidèles à l'univers d'Indochine, une touche nouvelle apparaît, une sorte de « fausse naïveté adolescente ».

Aux yeux des médias et même de leur propre maison de disques, Indochine est ringard et n'a plus d'avenir. Au cours de l'année 1997, Indochine est remercié par BMG qui ne les trouve plus assez vendeurs[19]. Le salut vient de la scène qu'Indochine arpente depuis dix-sept ans : le Wax Tour remplit de nombreuses salles. Au mois de mai 1997, ils enregistrent dans une ambiance survoltée le concert donné à l'Ancienne Belgique (Bruxelles), qui sortira quelques mois plus tard sous la forme d'un double CD Indo Live : édité par le label de TF1, Une Music, il bénéficie d'une grosse campagne publicitaire, permettant au live de s'écouler à 300 000 exemplaires[20]. Le renouveau médiatique a débuté.

Au sein de la formation, les guitaristes se succèdent : Alexandre Azaria est remplacé par M. Tox qui est lui-même remplacé par Boris Jardel. En 1998, au vu de la réussite d' Indo Live, Indochine décide de poursuivre sa série de concerts et entame une nouvelle tournée, le Live tour, qui attire un public de plus en plus nombreux.

1999 : Dancetaria[modifier | modifier le code]

Pour l'album Dancetaria, Nicola fait appel, pour les arrangements, à Olivier Gérard, un fan du groupe qui s'est fait connaître en lui envoyant ses remixes. Les compositions restent néanmoins l'œuvre de Jean-Pierre Pilot et des frères Sirkis.

Le , alors que l'enregistrement de l'album Dancetaria vient de commencer, Stéphane meurt d'une hépatite foudroyante. Nicola décide alors de continuer l'aventure et déclare : « Indochine vivra comme Stéphane le souhaitait ». La sortie du CD est décalée pour éviter une médiatisation morbide, et sort en . Album sombre aux accents pop, glam et gothique, il bénéficie des arrangements modernes et des trouvailles sonores d'Olivier Gérard et sonne comme un hommage à Stéphane avec des chansons comme She Night ou Atomic Sky.

L'album entre à la 14e place du Top albums. Il sera le deuxième acte, et certainement le plus important, de la trilogie qui ramènera le groupe au-devant de la scène. Près de 120 000 exemplaires sont vendus[21] par le simple bouche à oreille, le groupe étant toujours très peu médiatisé. Indochine repart en tournée pour un Tour 99 riche en émotions, passant notamment par le Forest National de Bruxelles et le Zénith de Paris. En 2000, le Dancetaria Tour reprend. Finalement, la tournée durera deux ans et donnera lieu à 80 concerts auxquels ont assisté plus de 150 000 personnes. Un documentaire mi-live mi-reportage, Les Divisions de la joie, est commercialisé le 16 avril 2002.

Du concert acoustique donné à la Maroquinerie de Paris le à la mémoire de Stéphane, naîtra l'idée des Nuits intimes, une tournée acoustique d'une trentaine de dates dans de petites salles et dont le concept sera repris pour l'album enregistré en studio dans des conditions live Nuits intimes, sorti le 9 janvier 2001.

C'est également en 2000 que l'ancienne maison de disques d'Indochine, BMG, fait opportunement paraître la compilation Génération Indochine sans l'accord du groupe. Les trois membres fondateurs et Lou Sirkis (la fille de Stéphane) décident d'un commun accord d'assigner en référé la maison de disques devant le tribunal des prud'hommes, en demandant l'interdiction de la commercialisation du disque[22], ce qu'ils finiront par obtenir.

La renaissance (2001 - 2009)[modifier | modifier le code]

2002 : Paradize[modifier | modifier le code]

Concert d'Indochine, Paradize Tour (2003, Yzeure)

En mars 2002, Indochine sort l'album Paradize qui marque définitivement le retour médiatique et commercial du groupe. Pour la première fois, Indochine s'ouvre aux collaborations, de nombreux artistes ayant participé à sa conception dont Melissa Auf der Maur, Mickey 3D, Gérard Manset, Jean-Louis Murat et les romancières Ann Scott et Camille Laurens. Les textes abordent « le flou de l'identité sexuelle, la religion, l'exotisme asiatique et une certaine idée de la spiritualité »[2].

Musicalement, le groupe a ressenti le besoin de remettre en avant les guitares électriques et leur énergie[2] après la tournée acoustique Nuits Intimes. Les compositions sont principalement de Nicola Sirkis et d'Olivier Gérard, qui devient membre du groupe à part entière et dont les influences comme le metal industriel (Marilyn Manson, Nine Inch Nails…) se font ressentir sur les arrangements et la production. Gareth Jones (producteur habituel de Depeche Mode et d'Erasure) a été chargé du mixage et de la réalisation.

Dès sa sortie, l'album entre directement n°3 des meilleures ventes et surprend les programmateurs qui vont s'emparer du titre J'ai demandé à la lune en lui offrant un large support radiophonique. Face à ce succès inattendu, les médias présentent de nouveau Indochine comme la référence rock en France, oubliant qu'ils avaient méprisé le groupe tout au long de la décennie 1990, les traitant notamment de « sinistre ringardise échappée des années 1980 »[23].

2002 est donc l'année du retour en grâce pour Indochine qui obtient un MTV Europe Music Awards, une Victoire de la musique ainsi qu'un NRJ Music Awards. L'album se vend à plus d'un million d'exemplaires en France[10] et reçoit un Disque de diamant. Le total des ventes des 6 singles extraits approche pour sa part les 1 500 000 exemplaires[24].

La tournée Paradize Tour va s'étaler sur 2 ans et 94 dates, ayant rassemblé 500 000 spectateurs. Le dernier concert, complet des mois à l'avance, a lieu le 3 juin 2003 à Bercy devant 17 000 personnes : Indochine devient alors le troisième groupe français à remplir cette salle (après Kassav et les 2 be 3 en 1998).

2004 : 3.6.3[modifier | modifier le code]

En janvier 2004, Indochine publie le live 3.6.3, en référence à la date de son enregistrement, le . Ce dernier entre directement à la première place du Top Albums en France, ce qui n'était jamais arrivé pour Indochine jusqu'alors. Il sera suivi d'un triple DVD, Paradize Show. Le succès est encore au rendez-vous : 200 000 albums et 100 000 DVD vendus[25].

En septembre 2004, l'ancienne maison de disques du groupe, BMG, décide en accord avec Indochine de rééditer Le Birthday Album 1981-1991. La compilation Le Birthday album 1981-1996 comporte six titres de plus qu'en 1991 et bénéficie d'une remasterisation au format SACD. Le 14 décembre 2004, c'est au tour de L’Intégrale des clips de sortir en DVD.

2005 : Alice & June[modifier | modifier le code]

Le dixième album studio d'Indochine, Alice & June, sort le . Avec un son plus rock, ce double album se situe malgré tout dans la lignée de Paradize. Cette fois, Indochine a collaboré avec Brian Molko, Didier Wampas, le groupe AqME et la chorale Scala. Le titre de l'album fait référence au livre de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles, et raconte les tracas adolescents de deux fillettes évoluant dans le quotidien de notre monde moderne.

Quatre singles sont extraits de l'album : Alice and June, Ladyboy, Adora et Pink Water. Si les ventes de l'album n'atteignent pas celles de Paradize (450 000 exemplaires vendus en France[26], contre plus d'un million pour Paradize), la tournée Alice & June Tour est un véritable triomphe puisqu'elle rassemble plus de 600 000 spectateurs entre mars 2006 et mai 2007, avec 3 Bercy complets et plusieurs dates doublées, triplées voire quadruplées. Cette tournée est également marquée par les deux concerts donnés au Viêt Nam les 6 et 7 juin 2006 à l'opéra de Hanoï (copie conforme de l'opéra Garnier), avec l'orchestre philharmonique de Hanoï à l'occasion des 25 ans du groupe. Ces concerts font l'objet d'une parution en double CD et DVD en février 2007.

La tournée est prolongée par trois dates dans des festivals au cours de l'été 2007, dont un concert en plein air devant 11 000 personnes à la foire aux vins de Colmar durant lequel Nicola Sirkis a accueilli sur scène sa nièce, Lou, membre du groupe Toybloïd et fille de Stéphane. La tournée est à nouveau prolongée en décembre 2007 par le Dernier petit Tour d’Alice & June, composé de cinq dates dans des petites salles.

Afin de conserver une trace discographique de cette mémorable tournée, un CD et DVD live est publié le . Le DVD est certifié Triple platine au cours de l'année 2008.

En avril 2008, Indochine participe à la campagne de boycott des Jeux olympiques de Pékin qui se sont déroulés fin août. À cette occasion, le groupe enregistre et tourne le clip de You spin me round (reprise du groupe Dead Or Alive) au profit de RSF puis se concentre sur l'écriture et la composition d'un nouvel album.

2009 : La République des Meteors[modifier | modifier le code]

Indochine à Tours en 2009 (Meteor Tour).

L'album La République des Meteors sort le , soutenu par les singles Little Dolls, Play Boy, Le Lac, Un ange à ma table (dont le clip est réalisé par Nicola lui-même) et Le dernier jour. Musicalement, cet album se démarque des deux précédents par l'utilisation de nouveaux instruments tels que le toy piano, le ukulélé ou l'accordéon, et par sa sonorité beaucoup plus pop. La thématique générale des textes est basée sur la séparation et la rupture amoureuse, symbolisée notamment par les hommes partant au front durant la première guerre mondiale.

À sa sortie, l'album est certifié disque de platine[27] en France et disque d'or[27] en Belgique. En France, il se classe à la 13e place des meilleures ventes d'albums pour l'année 2009, avec plus de 230 000 exemplaires[28]. À ce jour, près de 400 000 exemplaires ont été vendus en Europe, dont 300 000 en France.

Le Meteor Tour débute le 26 juin 2009 à l'Olympia de Paris, puis est suivi d'un concert donné le 14 juillet 2009 sur les plaines d'Abraham lors du Festival d'été de la ville de Québec[27]. La tournée d'une soixantaine de dates affichant complet quasiment partout, s'est poursuivie en France, en Belgique et en Suisse. Point d'orgue du Meteor Tour : le concert du au Stade de France devant 80 000 spectateurs, durant lequel Dimitri Bodianski et Lou Sirkis montent sur scène pour accompagner le groupe sur Tes yeux noirs. Offrant un spectacle de grande dimension avec trois scènes et 690 m2 d’écrans[29], Indochine devient le premier groupe de rock français à remplir le Stade de France[réf. nécessaire].

Durant l'été 2010, Indochine participe à plusieurs festivals, notamment aux Vieilles Charrues, au festival Musilac d'Aix-les-Bains, au Paléo Festival de Nyon, ainsi qu'à la Foire aux Vins d'Alsace à Colmar. Le 2 septembre, Indochine donne un concert privé au Studio 104 de la Maison de la Radio à Paris devant un parterre de fans et de journalistes. Après trois nouvelles dates en septembre (dont l'inauguration de l'Arena Montpellier), le Meteor Tour s'achève à Bercy le 15 septembre, après avoir réuni plus de 800 000 spectateurs.

L'album live ainsi que le DVD du Stade de France nommé Putain de stade sort le 17 janvier 2011. À cette occasion, Indochine repart sur les routes en janvier en version club pour 6 concerts exceptionnels, Le Meteor Club Tour. Toutes les places de ces concerts seront vendues en moins de 2 heures.

Le 9 février 2011, le groupe reçoit une Victoire d'Honneur aux Victoires de la musique, trophée que Nicola Sirkis remet immédiatement à une personne du public pour symboliser le lien entre le groupe et ses fans. Quelques jours, le chanteur refuse d'être nommé Chevalier des Arts et des Lettres à cause du remettant de l'époque, Nicolas Sarkozy.

Le 18 mars 2011, Indochine enregistre avec la chanteuse japonaise Amwe Un ange à ma table en version japonaise, afin de soutenir l'action de la Croix-Rouge au Japon à la suite du séisme et du tsunami que le pays a connu le 11 mars 2011[30]. Mis en vente sur le site officiel du groupe, la vente de ce titre permet de verser plus de 12 000 aux Japonais sinistrés.

L'apothéose (2010 - Aujourd'hui)[modifier | modifier le code]

2012 : Paradize +10[modifier | modifier le code]

Afin de fêter les dix ans de l'album Paradize, une nouvelle édition remastérisée, Paradize+10, sort le 13 février 2012. Indochine organise alors deux concerts au Zénith de Paris. Lors de la mise en vente des billets, les 12 000 places sont vendues en douze minutes[31].

2013 : Black City Parade[modifier | modifier le code]

Indochine à Brest en mars 2013.

En février 2013, paraît l'album Black City Parade, qui reçoit un très bon accueil critique [32] et public (l'album sera certifié double disque de platine)[1]. Après le single Memoria, Indochine sort le titre College Boy, dont le clip réalisé par Xavier Dolan fait polémique : la vidéo raconte l'histoire d'un enfant qui se fait martyriser par ses camarades, et qui finit crucifié et exécuté par des tirs de mitraillettes sous les yeux bandés d'enfants et d'adultes. Le CSA souhaite voir ce clip interdit aux moins de 16 ans, ce qui interdit toute diffusion du clip avant minuit.

Dix jours après la sortie de l'album, Indochine entame une nouvelle tournée à travers la France[33], Black City Tour 1, première étape d'une tournée en trois actes : d'abord dans des petites salles dans lesquelles le groupe n'avait pas joué lors du Meteor Tour, puis Black City Tour 2 dans des Zéniths et des grandes salles, et enfin Black City Tour 3 avec une date au Palais 12 de Bruxelles et une au Stade de France[34]. Quelques mois plus tard, le groupe se produit à l'Institut du Monde Arabe, à Paris, sous l'égide de l'ancien ministre de la Culture (et actuel directeur de l'institut) Jack Lang.

Après avoir publié en décembre 2014 le DVD live du Black City Tour enregistré à Bruxelles[1] (le live Black City Concerts enregistré au Stade de France sortira un an après), le groupe annonce une série de concerts dans des petites salles (500 personnes environ) de grandes villes européennes pour le printemps 2015 (Barcelone, Milan, Berlin, Copenhague, Stockholm, Oslo, Anvers et Amsterdam). Lors de la première date de cette tournée, intitulée Europe City Club Tour, le public découvre que François Soulier et François-Régis Matuszenski ne font plus partie du groupe : Ludwig Dahlberg officie désormais à la batterie tandis que les claviers ont disparu au profit d'un ordinateur, en attendant un futur remplaçant.

En 2016, le groupe renoue avec les festivals d'été en participant à 7 dates lors d'un Festivals Tours.

2017 : 13[modifier | modifier le code]

Article détaillé : 13 (album d'Indochine).

Le , Indochine dévoile le titre La vie est belle[35], premier extrait de l'album 13, annoncé pour le . Le 18 août 2017 un extrait vidéo de La vie est belle est sorti. La pochette de l'album est réalisée par le photographe néerlandais Erwin Olaf[36].

Une nouvelle tournée est prévue de février à , passant notamment par l'AccorHotels Arena de Paris et le Palais 12 de Bruxelles.

Les 40 ans (2021)[modifier | modifier le code]

2021 : Anniversaire[modifier | modifier le code]

Nicola Sirkis a reconnu dans l'émission Quotidien le jeudi 8 juin 2017 qu'il prévoyait quelque chose pour les 40 ans du groupe qui auront lieu en 2021.

Membres du groupe[modifier | modifier le code]

Pour plus de lisibilité, seuls les albums studio sont indiqués. L'année 1999 a connu deux guitaristes, oLi dE SaT ayant succédé à Stéphane Sirkis, décédé d'une hépatite en février de la même année.

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie d'Indochine.

Albums studio[modifier | modifier le code]

Live[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

En solo[modifier | modifier le code]

En 1992, Nicola Sirkis sort son unique album solo, Dans la lune..., réalisé avec Marion Bataille, sa petite amie de l'époque. Il reprend une partie des artistes ou groupes faisant partie de son univers musical : Tears for fears, Patti Smith, The Sparks...

Tournées[modifier | modifier le code]

Reprises[modifier | modifier le code]

En 2010, le groupe Nouvelle Vague a repris L'Aventurier dans son quatrième album Couleurs sur Paris (en version bossa nova). Michael Gregorio en avait également fait de même précédemment mais en imitant Nicola Sirkis dans son spectacle Michael Gregorio pirate les chanteurs.
Le groupe américain Nada Surf a fait lui aussi une reprise de L'Aventurier, arrangée par Benjamin Biolay en 2003. Vincent Malone a lui aussi apporté sa touche en reprenant L'Aventurier dans une sorte de parodie bossa nova. Une reprise du groupe Brett de 3 nuits pas semaine a également été faite.

Plus étonnant, le groupe de Black Metal français Anorexia Nervosa propose une reprise du titre Les Tzars sur leur album Redemption Process (2004).

En , la troupe des Enfoirés reprend le titre J'ai demandé à la lune intitulée On ne demande pas la lune, ce sera leur hymne de l'année[37].
En 2013, le groupe The Hiram Key sur leur album Escape from Tzolk'in, reprennent la chanson Electrastar, arrangée et chantée en anglais sous le nom d'Electrostar.
En , la troupe des Enfoirés reprend le titre Trois nuits par semaine chanté par Michaël Youn, Jenifer, Patrick Fiori, Lââm, Emmanuel Moire, Tal ainsi que Kad Mérad. Pendant la chanson, Dany Boon, Grégoire et Jean-Baptiste Maunier interprètent le refrain de L'Aventurier.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Récompenses d'Indochine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Indochine crée son label Indochine Records et annonce la sortie d'un nouvel album », sur Charts in France, (consulté le 19 septembre 2014)
  2. a, b et c Sylvain Siclier, « Indochine Paradize », Le Monde,‎
  3. Christian Eudeline, Jean-Louis Aubert, Editions Prisma, , p. 47.
  4. Jean-Eric Perrin, Indochine (1986), p. 62
  5. En 1986, suite à certains différents, Indochine engagera un procès contre Didier Guinochet et Clemence Melody. Le groupe le gagne et fondent son propre label « Indochine Musique ». cf. (en) International Media Law, Oyez Longman, , p. 32.
  6. « Fiche complète de Indochine », sur Musique Radio
  7. « Flash80 : INDOCHINE par Jean-Christophe de Theil Sur Vanne », sur Flash80.com
  8. a et b « Rubrique Archives-Historique (1981-1984) », sur Indo.fr
  9. Interview de Nicolas Sirkis sur Le Mouv',
  10. a, b, c et d « Biographie de Indochine », sur RFI Musique,
  11. Jean-Eric Perrin, Indochine (1986), StarPassion Indochine (1988)
  12. a et b « Rubrique Archives-Historique (1985-1989) », sur Indo.fr
  13. a et b Livre Le Septenat, Marc Thirion, 1988
  14. Thomas Sotinel, « La chute d'Indochine », Le Monde,‎
  15. Jean-Claude Perrier, Indochine Le roman vrai (2005).
  16. « Interview - Nicolas Dominique », sur indochineperu.com, (consulté le 28 juillet 2014)
  17. Album certifié disque d’or par le SNEP en 1996.
  18. Anouk Vincent, Indochine Story (2009)
  19. « Interview de Nicola Sirkis », sur Kissing.iquebec.com
  20. Gilles Médioni, « La longue route d'Indochine », sur L'express,
  21. Hervé Deplasse, SonyBMG (2004)
  22. « ROCK : le groupe Indochine a assigné en référé son ancienne maison de disques BMG », Le Monde,‎
  23. « Des fleurs pour Indochine », sur Voir.Ca,
  24. certifications SNEP des singles J'ai demandé à la lune (disque de diamant) et Le Grand secret (disque d'argent) auxquelles s'ajoutent les ventes des singles Punker, Mao Boy, Marilyn et Un singe en hiver
  25. certifications SNEP
  26. certifié disque de platine par le SNEP
  27. a, b et c (fr) « Site officiel du groupe Indochine », sur http://www.indo.fr (consulté le 31 juillet 2010)
  28. classement annuel SNEP/GFK
  29. Article sur le site du journal Le Parisien du 26 juin 2010
  30. « Indochine – « Un ange à ma table » – single solidarité en faveur du Japon », sur muzicity.fr,
  31. « Indochine vend 12000 places en 12 minutes », sur lefigaro.fr
  32. « Critique de "Black City Parade" dans Le Figaro. »
  33. http://www.indo.fr/category/indo-live/page/1
  34. https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=5-rjeuRCThA
  35. Quotidien de Yann Barthes, « Indochine - La Vie est Belle », sur TF1.fr, (consulté le 8 juin 2017)
  36. https://www.connaissancedesarts.com/photo/la-pochette-du-nouvel-album-dindochine-est-signee-erwin-olaf-1172615/
  37. Vidéo de On ne demande pas la Lune par les Enfoirés

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Bataille, Indochine de A à Z, Éditions L'Express, coll. Les guides MusicBook, 2003, 3e éd. 2005, (ISBN 9782843433023)
  • Sébastien Bataille, Indochine. La BD, Éditions Fetjaine/La Martinière, 2012, (ISBN 978-2354252786)
  • Philippe Crocq et Jean Mareska, Sur la muraille d'Indochine, Éditions de la Lagune, coll. Biographies, 2007, (ISBN 9782849690543)
  • Philippe Crocq et Jean Mareska, Petit dico Indochine, Éditions du Rocher, coll. Documents, 2007, 133 p. (ISBN 9782268071756)

Partitions[modifier | modifier le code]

  • Indochine, compilation L'Aventurier & Le Péril jaune, Musicom distribution, 1986
  • 3, Musicom distribution, 1985
  • 7000 danses, Musicom distribution, 1987
  • Le Baiser, Musicom distribution, 1990
  • INDO LIVE, Éditions Musicales Françaises, 1998
  • Songbook intégral, Beuscher/Bookmakers International, 2004
  • Alice & June, Beuscher/Bookmakers International, 2006
  • La République des météors, Beuscher/Bookmakers International, 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]